VIVA LA LIBERTÉ ! Pour l’Émancipation Individuelle & la Libre-Association des Individus

La Liberté ne peut être que TOUTE LA LIBERTÉ ; un morceau de liberté n’est pas la Liberté.
Max Stirner

Les mythes de l’Ordre et de la Nation

Nos sociétés et nos États existent, sans que nous les fassions, ils sont réunis sans notre assentiment, ils sont prédestinés, ils ont une existence propre, indépendante, ils sont contre nous, les individualistes, ce qui existe de façon indissoluble. Le monde d’aujourd’hui est, comme on dit, en lutte contre l’ « état des choses existant ». Cependant, on se méprend, en général, sur le sens de cette lutte, comme s’il ne s’agissait que de troquer ce qui existe actuellement contre un nouvel ordre qui serait meilleur.

« C’est bien plutôt à tout ordre existant, c’est-à-dire à l’État, que la guerre devrait être déclarée, non pas à un État en particulier, encore moins à la forme actuelle de l’État. L’objectif à atteindre n’est pas un autre État (« l’État populaire » par exemple), mais l’association, association toujours changeante et renouvelée, de tout ce qui existe. »

« La nation elle-même, pour laquelle le sang n’a jamais cessé d’être versé au nom d’intérêts qui ne sont pas ceux des individus, n’est rien d’autre que le produit d’un imaginaire utilitaire et un assemblage de mythes épars. Les créateurs de nationalismes sont parfois prêts à l’admettre d’eux-mêmes, jusqu’à en faire leur force. En effet, il est indéniable qu’aucun nationalisme ne se fonde sur autre chose que sur des mythes et des visions erronées de l’histoire. La Nation est un concept proche de celui de Peuple, qui est lui-même un concept mobilisateur basé sur des interprétations simplistes de l’histoire. La nation comme le peuple sont censés recouvrir la pseudo-réalité d’une communauté humaine identifiée dans des limites géographiques (parfois fluctuantes au cours de l’histoire), mais dont le trait commun supposé est la conscience d’une appartenance à un même groupe. Mais au fond, quelle appartenance commune entre picards, celtes et germains des siècles passés, intégrés de force ou non dans le carcan de la très conceptuelle nation française et de son État ? Aucune. C’est donc à partir du mythe que l’on peut forger dans les rêves des concepts comme Nation ou Peuple. De fait nous appartenons à une nation comme nous appartenons à une religion, on est français ou allemand comme on est catholique ou musulman, c’est-à-dire par le biais de la domestication civilisatrice. »

Face à l’illusion des frontières : faire le choix de Vivre et d’Aimer

« Les individus dans ce monde ne se choisissent pas les uns les autres, ils ne s’associent pas, mais sont associés. C’est-à-dire qu’ils n’ont aucun pouvoir sur les critères qui sont censés les rassembler entre eux et les regrouper autour d’une nation, d’un pays, d’un peuple ou entre les frontières préétablies d’un État. Et si en tant qu’individu je peux me sentir plus proche d’un individu « Quechua » du Pérou que de mon frère biologique, ce n’est de toute façon pas moi qui choisis ce que je suis aux yeux du pouvoir : ma carte d’identité affiche que je suis français, que mes yeux sont de telle couleur et que ma mère a perdu les eaux à tel endroit du globe, et c’est cela qui me définit, pas ma créativité, pas mes idées, pas ma façon de vivre et d’aimer. »

« Lorsque l’on expulse une personne qui a traversé une frontière sans les autorisations nécessaires, si les accords diplomatiques entre États le permettent, il est renvoyé dans son pays. Les policiers, juges et autres préfets qui effectuent cette tâche aux divers maillons de la chaîne de commandement ne se posent pas la question de savoir si l’individu en question (qui n’est en fait pas un individu, mais une parcelle d’une unité plus large, comme un pays) identifie ce pays comme le sien. S’il y a même déjà vécu autre chose qu’une naissance ou un coup de tampon dans un bureau n’est pas la question, si son cœur habite aux côtés d’un être cher qui est ici ou encore ailleurs ne rentre pas dans l’équation non plus, puisque son identité géographique est forgée par un coup de tampon et non pas par l’endroit où son cœur a choisi de jeter l’ancre. »

« Le regroupement dans un monde où la vie en commun est basée sur le principe d’autorité c’est justement cela : l’absence de choix, la prédominance de la raison d’État sur les raisons du cœur. La liberté est donc bannie des formes d’associations qui nous sont imposées avant même que nous ne soyons capables de faire nos propres choix. Et si je ne possède pas le carburant de la vie sous domination, l’argent, je ne pourrai jamais me départir entièrement de ce système de domination, lui-même en partie basé sur l’argent. »

Lutter contre l’autorité

« Pourquoi donc sommes nous regroupés, parqués à l’intérieur de catégories imaginaires comme la nation, l’État, le peuple ou l’ethnie ? Parce qu’il faut, pour gouverner, savoir qui l’on gouverne, il faut délimiter les contours d’un dominion à gouverner, et il faut bien trouver des critères géographiques pour délimiter, et créer une mythologie pour assurer la cohésion de ces critères géographiques forcément irrationnels. »

« Selon moi, la lutte contre toute autorité commence par l’affirmation de l’individu comme un être indivisible et insécable, comme une unité et non comme une parcelle d’unité que l’on peut ranger dans des catégories du pouvoir. Elle nécessite une pensée et une pratique iconoclaste en ce qu’elle doit avoir pour but de détruire tous les mythes mobilisateurs qui permettent aux pouvoirs de diviser l’humanité, d’effectuer des regroupements autoritaires selon des critères qui ne sont pas ceux de l’individu comme les États, les Nations, les ethnies, les religions, les idéologies. Cette lutte ne doit pas accepter que l’on puisse diviser la liberté en catégories séparées et marchandisées, la liberté ne se conjugue pas, ne se négocie pas, ne s’achète pas ni ne se troque, elle est totale ou elle n’est pas. »

Extraits de « Aux origines du pouvoir » de Aviv ETREBILAL.

La Liberté totale et indivisible, comme chacun d’entre nous

Refuser toute forme de gestion de l’humain, et donc de toute forme de politique est la voie qui mène à la Liberté. Rien dans nos gènes ne nous rattache à un peuple, une terre ou une nation. Il faut se débarrasser de tous les mythes fondateurs pour détruire les fondations sociales et retrouver une liberté qui ne peut se conjuguer qu’au singulier.