Plongée dans un état d’excitation et de terreur

ville surveillance panoptiqueLa Ville. Comme dans une aventure de Lemmy Caution, nos vies se mêlent aux faisceaux des autos qui passent, nos rêves s’habillent des grésillements des antennes, sous le regard bienveillant de la cité panoptique. La ville. Artères, bretelles, tunnels, parking sous-terrain, frénésie des voies rapides, ville d’ombres, villes bétonnées. Nature morte. Desseins grossiers. En un éclair, la ville ordinateur, la ville horloge, polymorphe et artificielle dévore nos dernières parcelles d’humanité.

La ville. Urbanisme entropie, ville générique, ville progressiste, ville faite de murs et de voies rapides, de machines complexes et d’industries nouvelles. Las, l’humain-marionnette avance, mué par des lignes invisibles qui le guident vers l’inénarrable destinée. Humain de papier, ambiance électronique, culture contemporaine, matières inertes, froideur du béton, géométrie pure. Conversion banalisée de cathédrales en galeries, d’entrepôts en discothèques, de logements en bureaux, de hangars à bananes en alcôves à pigeons, de squats vivants en tombeaux HLM.

La ville, dans une danse improvisée. Assemblage empirique d’acier et de ciment jusqu’aux cieux. Équilibre fragile, maîtrise des forces en présence, entité abstraite. Inconsciente, la ville dort, repliée sur elle-même dans un amas de câbles électriques au fond d’une cave abstraite. La ville bâtie sur les ruines de la précédente, inexorablement.

La ville. Urbaine auto-organisée. Planification, contrôle, mécanique des déplacements, gestion des populations, traçabilité, marcher dans les clous. Tracés figés dans l’espace et le temps, villes qui accueilleront la vie. Bien-être. Logique de bien-être. Dynamiques urbaines et maîtrise des territoires. Multiplication des espaces et des humains oubliés.

La ville. Lieu unique et uniformisé. Usines convertibles. Abrutissement des masses. Fabriques de consentement. Écœurement, lorsque la conscience et la possibilité d’un changement se font de plus en plus ténues.

La ville. Pandémonium ivre d’ombres et d’orgueil.

Notre ville ? Imaginaire. Ville tissée de songes. Ville utopique. Ville humaine et culturelle, féminine et masculine. Ville métaphore, cité mystique, allégorique. Architecture humaniste, cité rayonnante, cité végétale. Ville naturelle, ville illusion, ville écologique et artistique. Ville peinte et colorée, foisonnante de créativité. Passerelles entre nos maisons et le ciel, cafés littéraires, esthétique naturelle, maçonnerie mélodieuses posées sur les franges des déshabillés du fleuve. Ville où les machines seraient capable de rêver.

Notre ville ? Vivante. Ville impression, ville symbolique.

Notre vie.