TER 858253 Nantes-Quimper, comme un petit air de Vichy

Le lieu : Lundi matin, 6h45. Dans le train TER 858253 au départ de Nantes et à destination de Quimper, un camarade est confronté au zèle et à des brimades humiliantes de la part d’un contrôleur.

Le flic/contrôleur : individu de forte stature, la cinquantaine, cheveux poivre et sel, calot et costume bleu marine, œil morne, regard semis-clos, joues pendantes. Teint écarlate. Postillonnant.

Les faits : notre ami grignote un biscuit sablé. L’agent commercial du train [comprendre : chef de bord & contrôleur – N.dZeka] lui impose de remonter son masque : « Monsieur, votre masque ! ». Avec respect, notre ami lui répond qu’il va le remettre mais qu’il finit sa bouchée avant. C’est le drame. Le contrôleur-flic éructe : « Qu’est-ce que vous dites Monsieur ? », « Vous vous révoltez ? », « C’est criminel ». À cet instant, un poto se lève avec l’intention de recadrer le type dont la chemise vient de virer du bleu au brun. Finalement, on se ravise, le spécimen menace désormais d’envoyer la « Pôoolice » à l’arrivée si on ne baisse pas d’un ton. En bon maniaque, il persiste dans sa folie : « Vous ne mangez pas ! Non messieurs, vous ne mangez pas ! Vous grignotez ». Pathétique. Nous lui répétons que ce n’est pas la fin du monde, que notre ami porte le masque dix-sept heures par jour et qu’il est plutôt respectueux. Ce qui est vrai. « Non, vous ne l’êtes pas » insiste-t-il. Il répète, en postillonnant violemment dans son masque, qu’il ne va pas « baisser son froc » devant nous ! Nous le rassurons en lui expliquant poliment qu’on ne lui en demandait pas tant… Le fonctionnaire s’enflamme et nous accuse carrément de mettre en danger la vie des autres passagers. Il répète à l’envi que des gens comme nous sont « une menace » pour les autres.

Quelques humiliation et intimidations publiques plus tard, ça sentait bon le totalitarisme dans la rame ce matin… Mais l’histoire se répèterait-elle ?! À une époque pas si lointaine, des agents des Chemins de Fer Français collaient des étoiles jaunes sur les gens dans les wagons. Quatre-vingt ans plus tard, il suffit de prendre le train (de son plein gré) pour tomber sur des agents de la SNCF qui s’autorisent à agir comme des kapos.

Note aux ami·es

Camarade voyageur, libre-fraudeuse ou resquilleur, si tu croises le rail de ce fanatique de l’autorité, arrondis les angles : met-lui la tête au carré !