Citoyens de seconde Zone & Contrôle Absolu

Seconde zone

Chaque fois qu’un régime d’exception despotique est instauré et que les garanties constitutionnelles sont suspendues, il en résulte — comme cela s’est produit sous les (trop) nombreux régimes fascistes de notre histoire commune — la discrimination d’une catégorie d’humains, relégués au rang de citoyens de seconde zone. Car il est évident que c’est là un des objectifs de la création de ce qu’on appelle le passe sanitaire. Ce n’est pas le seul et nous y reviendrons plus loin.

Qu’il s’agisse d’une discrimination fondée sur des convictions personnelles — et non sur la base d’une certitude scientifique objective — est prouvé par le fait que dans le domaine scientifique, les débats sont toujours en cours quant à la sécurité et l’efficacité de ces nouveaux vaccins, ce qui, selon l’avis de nombreux médecins et scientifiques, ne devrait pas être ignoré. Ces produits ayant été créés dans l’urgence et sans tests adéquats ne permet ni de garantir leur efficacité, ni leur innocuité.

Malgré cela, ceux qui s’en tiennent à leur conviction libre et fondée et refusent de se faire vacciner seront exclus de la vie sociale. Que le vaccin se transforme ainsi en une sorte de symbole politico-religieux visant à créer une discrimination entre les citoyens est évident. Un fait dont la gravité politique ne devrait être sous-estimée. Que devient un pays dans lequel se crée une classe discriminée ? Comment accepter de vivre avec des citoyens de seconde zone ? La volonté de discriminer est aussi vieille que la société elle-même et nous avons toutes et tous pu constater comment de telles formes de discrimination étaient présentes dans nos sociétés dites démocratiques ; mais que ces discriminations factuelles soient sanctionnées par la loi est une barbarie que nous ne pouvons accepter.

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Mais le passe sanitaire ne constitue pas seulement, pour celles et ceux qui ne l’ont pas, une discrimination. Car au travers de ce sésame vert, l’objectif inavoué de nos gouvernements est, en réalité, un contrôle méticuleux et inconditionnel de tout mouvement des citoyens, semblable au passeport intérieur, la Propiska que chaque Russe devait avoir pour se déplacer d’une ville à l’autre dans le régime soviétique. Dans notre cas, cependant, le contrôle est encore plus absolu, car il concerne tout déplacement du citoyen, qui devra désormais montrer son laissez-passer à chaque fois qu’il se déplace, même pour aller au cinéma, assister à un concert ou s’asseoir à la terrasse d’un café ou dans un restaurant.

Paradoxalement, le citoyen non-enregistré sera beaucoup plus libre que celui qui a un passe sanitaire, et ce devrait être la masse même des citoyens détenteurs de cet odieux sésame qui devrait maintenant protester et se rebeller. Car désormais ils seront comptés, surveillés et contrôlés dans une mesure sans précédent, mesure jamais acquise même dans les régimes les plus totalitaires. Il est important de noter que la Chine a annoncé qu’elle maintiendrait ce système de suivi et de surveillance même après la fin de la pandémie. Comme il devrait être évident, avec le passe sanitaire, que ce n’est nullement la santé mais bien le contrôle de la population qui est en jeu. Tôt ou tard, même le public partisan du passe sanitaire le comprendra à ses dépens. Il sera pour lui, hélas, bien trop tard pour espérer revenir en arrière…

Note personnelle

Ex-habitant d’une autre zone, je suis et reste un citoyen de seconde zone depuis que j’ai rejeté en bloc le récit dominant de l’histoire en cours, la science, la technopolice, le fonctionnement du monde capitaliste et sa réalité, bien avant la farce covidienne. C’est pourquoi je vis en marge de ce monde pour en tirer quelques avantages, mais dès que je le peux, je plonge et nage librement dans mon propre récit, infiniment plus vaste et stimulant, et dont je reviens toujours enrichi.

Pour la quiétude de la vie & le respect de la biodiversité

petite pie libérée

En France, 20 espèces d’oiseaux sont encore chassés et piégés alors que leur population ne cesse de décroître. Cest le cas notamment de la tourterelle des bois qui a perdu 80% de sa population. Hier au soir, sur la commune de Plessé (Loire-Atlantique), nous avons libéré quatre pies d’un piège octogonal meurtrier installé par un agricult(u)eur. Trois des oiseaux se sont envolés à tire-d’aile, le quatrième, moins chanceux, avait la queue brisée…

Comble de l’aberration, cet agriculteur, un des plus gros industriels en production laitière sur la commune est labellisé… agriculture biologique ! C’est chez ce même individu que nous avions, le mois dernier, sauvé in extremis un chat d’une horrible noyade dans une fosse à lisier grillagée… de 3 m de profondeur. De ce sauvetage une question demeure : que faisait-il ici ?

Abomination écologique, monstruosité du point de vue éthique, le piégeage est une pratique atroce et pourtant légale. Le massacre de la chasse, la guéguerre permise aux hommes en temps de paix, en est de même ! Pourtant, nous continuerons de détruire les pièges et les installations de chasse, où qu’ils soient et quelques soient les réglementations en vigueur.

Pour la vie !
Pour l’abolition du piégeage et de la chasse !

Bibliothèque Vigilante : petit guide de l’esprit critique

Art fluide zeka

Avant-propos

Au regard du nombre croissant de pétitions en provenance de l’extrême-droite et de l’inquiétante prolifération d’idées nauséabondes dans certains mouvements sociaux, nous re-publions ici cette tribune (commencée fin 2013). Il est essentiel en ces temps troublés de se positionner contre les dérives sécuritaires du gouvernement, mais cela ne devrait jamais se faire en sombrant dans la confusion, insidieusement semée dans nos esprits par certains courants politiques, tous aussi inégalitaires et individualites que le gouvernement qu’ils prétendent combattre.

La liste qui suit est née d’une constatation alarmante : derrière les sites de « ré-information » se cachent souvent des personnalités dont les prises de position ou les collusions laissent peu de doute sur leurs intentions.

Initialement diffusée en 2014 dans notre guide Alliances extrêmes chez les anti-systèmes (voir ici), cette liste — non exhaustive — est mise à jour de façon régulière, suivant nos propres investigations et les liens qui nous sont signalés. Pour chaque site, nous avons fourni le maximum d’informations sur sa provenance ainsi que des éléments de compréhension de la ligne éditoriale. Enfin, notre objectif n’étant pas de faire la promotion de ces portails de propagande nauséabonds, nous avons remplacé les points dans les URL par des astérisques.
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Plesséole : STOP au projet d’éoliennes à Plessé !

Le Dresny Plessé

Reçu par mail.

Des citoyens qui s’étaient déjà impliqués dans les parcs éoliens citoyens Bégawatts et Isac-Watts ont décidé d’en impulser un sur notre belle commune, Plessé, en Loire-Atlantique. Derrière un discours « écolo » et soi-disant « citoyen » se cache une toute autre réalité que la plupart d’entre nous refusent encore de voir. Un éclaircissement s’impose :

Les industriels, de façon à pérenniser leurs marchés, doivent s’adapter à un discours écologiste, via le développement de concepts tels que le « développement durable » (un oxymore que nous dénoncions dans cet article). Manipuler la sémantique de l’écologie permet donc d’invisibiliser des processus industriels qui n’ont rien à voir avec les notions utilisées.

La mise en avant de l’énergie éolienne fait partie de ces processus. En effet, en s’intéressant de plus près à qui bénéficie et participe à l’implantation de sites d’éoliennes, nous nous retrouvons face aux mêmes acteurs faisant la promotion du nucléaire ou autres immondices industriels. Tout est prévu pour faciliter l’ouverture d’un marché financier juteux qui n’a rien à voir avec une recherche d’autonomie énergétique impliquant un minimum d’impact sur l’environnement. Il en est de même, hélas, pour les parcs dits « citoyens. »

Un impact destructeur sur les écosystèmes

Une éolienne, c’est entre 1 300 et 2 400 tonnes de béton armé (et les machines qui vont creuser les trous, broyer la terre, aplatir les sols, pulvériser des millions d’individus végétaux et d’insectes), un pylône en acier de 100 mètres et des pales gigantesques en plastique (non recyclable évidemment). L’éolien ce n’est pas de l’écologie, c’est de l’industrie. De plus, l’énergie produite par le futur parc sera envoyée directement dans le réseau national de RTE. Impossible alors pour les habitant·es de Plessé de savoir si l’énergie qu’iels consommeront vient réellement de leur joli parc éolien…

Aujourd’hui toute marchandise est « verte », « écologique », « durable »… L’écologisme ce sont de nouvelles entreprises, l’exploitation de nouvelles sources d’énergie, des entreprises de recyclage, des bâtiments aux nouvelles normes à construire, etc. Le développement durable ça rapporte. Les éoliennes, les panneaux solaires, les banques éthiques… autant de nouvelles perspectives de profit. De plus, le discours écolo vient à point pour faire passer des augmentations des taxes et autres ponctions sur les salaires, etc. Quoi de mieux que de se servir de réels problèmes pour faire augmenter le taux d’exploitation ? Vive le capital (sic) !

Idéologie écologique

L’écologisme n’est pas quelque chose de nouveau mais en quelques décennies c’est devenu le centre de campagnes de plus en plus envahissantes. Toutes sortes de colloques, conférences, sommets, tous les rouages de l’État se mobilisent pour nous embrigader dans ces campagnes.

Mais les réponses de l’État sont aussi idiotes qu’assassines. Halte à la croissance, pour la décroissance, et la croissance « durable ». C’est oublier que tout capital ne survit qu’en s’accroissant, en se reproduisant de façon élargie et en n’obéissant qu’à son profit immédiat !

Vers la non-remise en cause de notre Système

De plus, il est demandé à des communes peu consommatrices d’énergie (les sites d’implantation d’éoliennes sont habituellement en milieu rural) de subir les excès des zones urbaines saturées. Nous n’allons donc pas dans le sens d’une remise en cause de notre façon de consommer mais bien dans une course sans fin à la conquête de nouvelles ressources jusqu’alors laissées intactes. Proposer une énergie « 100% renouvelable d’ici 2050 » est le rêve de tous les industriels du Système capitaliste actuel.

Il s’agit donc toujours de préserver le capital, son développement, sa capacité à faire du profit. Il nous faut cesser de croire qu’il pourrait être efficace de mettre des pansements sur un corps pourri à la base. De cette façon, nous ne touchons jamais à la racine du problème. Des pansements tel que le « recyclage » ou les énergies « renouvelables » ne changeront rien, au contraire. La saloperie continuera à s’entasser ! Les armes continueront à être produites pour mener la guerre du profit !

Au lieu d’arrêter cet engrenage, nous y apportons sans cesse un peu plus de graisse, encore et encore. Mais cette graisse est « verte », « écologique » et « durable ». Capitalisme à visage humain, économie verte, commerce équitable… tous les termes sont bons pour nous faire croire à un capitalisme bio-éthique à développement durable ! Faire durer le système et que le profit qu’il en tire soit durable ! Voilà bien le seul mobile de toutes ces campagnes moralisantes.

Pendant des siècles, la bourgeoisie nous a fait bouffer du progrès à toutes les sauces sous les auspices de la déesse Science. Le capital a développé la camelote à tout va. Aujourd’hui, les politiques nous répètent que notre confort coûte cher et ils nous gavent de sciences du recyclage, du souci d’économie de l’énergie, de sauvegarde de la planète, de développement durable, de simplicité volontaire, etc. Le capital veut laver plus blanc que blanc. Sous le goupillon de l’écologisme, l’humanitaire et de l’éthique, tout pourrait retrouver un sens moral pourvu qu’on y mette un peu du nôtre. La bourgeoisie ne cherche qu’à se blanchir de ses guerres et de sa responsabilité d’avoir conduit le monde à la catastrophe.

L’État se fait écologiste parce qu’il ne peut pas nier la catastrophe générale et qu’il doit mettre en place des chicanes afin d’éviter que tout n’explose — et notre colère en premier.

Mais alors que faire ?

Allons à la racine des choses : il faut détruire le capitalisme. Battons-nous ensemble pour sa destruction. Cette « solution » de l’éolien et du renouvelable est capitaliste. Elle ne résout rien du tout. Elle s’oppose même à notre lutte collective. Soyons ensemble car il n’y a pas de solutions individuelles.

NON à celleux qui espèrent créer un monde meilleur en s’enfermant dans une entreprise « durable », « éthique » et « bio » ! NON au comportement de l’autruche qui met sa tête dans le sable et ne veut pas voir dans quelle merde elle vit !


Des habitant·es de Plessé qui refusent de se cacher derrière des solutions qui n’en sont pas et qui nous divisent.

Photo : le site d’implantation du futur parc éolien Plesséole…

Police raciste, Dérive fasciste : Ne nous laissons pas (anti)terroriser !

En prison pour des opinions

Ce texte revient sur l’Affaire du 8/12, ce coup de filet Qui Tombe à Pic témoigne des dérives fascistes qui nous concernent tou·te·s. Elle montre encore une fois qu’il est possible pour la police, grâce à l’outil antiterroriste, d’emprisonner des militant·es (et assimilé·es) pour de « vagues soupçons » d’intentions de « s’en prendre aux forces de l’ordre ». Nous pensons important de mettre en perspective cette affaire avec la remontée des fascismes — et du fascisme d’État — en France (articulés autours de l’islamophobie, le nationalisme et l’antiterrorisme) et les collaborations avec le régime turc, dont la répression des kurdes résidant en France.

Depuis plus de 24 semaines maintenant, 7 enfants, frangin·es, ami·es et camarades arraché·es à leurs proches, sont inculpé·es pour « association de malfaiteurs terroristes » (AMT). Trois d’entre elleux sont encore emprisonné·es sous régime « terroriste » (Détenus Particulièrement Signalés), et un à l’isolement. Il s’agit-là de ce que l’on appelle cyniquement la « torture blanche » : interrogatoires quotidiens, interdiction de boire, de manger, de dormir, éclairage sous des néons 24h/24 et 7j/7, une pression psychologique terrible et bien vénère. La Police les soupçonne d’avoir eu l’intention de planifier des « actions violentes » contre la Police. La boucle s’est bouclée sur les Inculpé·es du 8/12.

À propos des incarcérations du 8 décembre, avec le Comité de soutien aux inculpé-e-s du 8/12 de Rennes : https://hearthis.at/radiopikez/acentrale-060221-pikez/

Les Forces de quel Ordre ?

En quelques mois, nous avons vu l’État passer des lois sécuritaires et islamophobes au nom de la République, imposer un contrôle policier général au nom de la santé de la Nation, hurler contre l’islamogauchisme et emprisonner nos ami·es au nom de l’Antiterrorisme. Nous voyons aussi les avant-gardes néo-fascistes multiplier les attaques (Action Française, Loups Gris, Génération Identitaire, membres de la Police Nationale, anciens-militaires, etc.) contre des manifestations, des mosquées, des squats, des exiléEs, des universitaires, des librairies…

Un des inculpé·es du 8/12, en Quartier d’Isolement depuis bientôt 6 mois maintenant, était sous surveillance depuis son retour du Rojava en 2018. Tous les éléments « pro-kurde » trouvés lors des perquisitions ont été saisis (quelques affiches, livres ou brochures) et utilisés “à charge” par l’a-Justice, comme par exemple cette interview de Zehra Dogan publiée par la revue Ballast : « Un jour nous vaincrons ». 1

Criminaliser toute forme de contestation

De manière systématique et graduelle, la France organise une criminalisation violente de sa population. Qu’elle soit racisée, révoltée, et/ou appauvrie. Elle use de l’outil antiterroriste pour étendre le domaine du non-droit et soumettre le peuple à des désirs punitifs et des peurs. Enfin, elle psychiatrise la déviance, la marginalité et la révolte.

L’ « islamo-gauchisme », le « racisme anti-blancs », l’ « ultragauche », les « valeurs de la république », le « délit de solidarité » ou de « séparatisme » … sont autant d’indices logiques du désastre prévu que nous vivons en direct. La pénétration croissante des thèmes conçus par l’extrême-droite dans le débat public et dans la presse est un prémisse de mauvaise augure, maintes fois décrit comme étape préliminaire à l’avènement d’un régime fasciste.

La production médiatique méticuleuse de “menaces” (« ultragauche », « immigration », « islam politique”, « racialisateurs », etc.) fonctionne chez beaucoup de gens, les rendant complices inconscients de la nécrose républicaine. Et pour ce qui est des milieux de gôche, parlons-en ! Nous sommes bien loin des déclarations de François Hollande affirmant en 2008 au sujet de Tarnac :

Au nom d’une cause juste – lutter contre le terrorisme – on est en train de faire des amalgames et des confusions. Celui qui n’est plus dans la norme, qui peut avoir un comportement déviant, peut être assimilé à un terroriste, ce qui est une atteinte grave aux libertés. »

Comment se fait-il qu’un des plus grands traîtres de l’histoire du socialisme, tienne des propos bien plus critiques sur l’antiterrorisme que la plupart de la gauche radicale aujourd’hui ? Avons-nous oublié que le terme de “terrorisme” vient de la Terreur d’État, théorisée dans la philosophie politique au fondement même de la République française, et ayant servi de modèle dans le monde entier ?

La terrorisation démocratique (Guillon 2009) est au fondement même de la politique étatique. « L’antiterrorisme n’a pas vocation à anihiler un certain niveau de violence, mais un niveau de dissidence politique. »

Cette apathie des « progressistes » de tous bords pour la critique de l'(anti)terrorisme ; à l’heure du rebasculement de l’État dans ses racines fascistes; est la résultante de l’efficacité de l’antiterrorisme et d’une radicalisation de la République. Six années d’État d’Urgence, de lois sécuritaires et de défaites sociales auront réussi à faire de toutes les aspirations, – hors et au delà de la « république » – des aspirations « séparatistes » ou « extrémistes » : alors que l’État se radicalise, toutes les autres formes de radicalisations nécessaires (écologistes, féministes, antispécistes, anti-racistes, décoloniales, etc…) peuvent tomber sous le vaste joug de l’antiterrorisme. En témoignent les approbations nauséabondes de l’élite politicienne à la récente tribune des militaires, inspirés par le fasciste Renaud Camus (théoricien du « Grand Remplacement ») Ou encore les soutiens aux défilés de flics.

Qu’en sera-t-il bientôt chez nous ?

À l’heure où les masses statistiques jouissent déjà de l’écrasement des ZAD, s’indifèrent [ou se réjouissent] des milliers de meurtres aux frontières de l’Europe, mais pleurent la perte d’un flic, le pire est déjà-là. L’antiterrorisme est la même marionnette d’un pouvoir dissimulant ses propres horreurs. Et le gouvernement continue de doter l’a-Justice des outils pour terroriser les minorités culturelles et les dissidences politiques, ainsi que leurs soutiens.

Un de ses derniers outils, la loi séparatisme, prévoit une peine de 7 ans de prison et 100 000€ d’amende « le fait de provoquer directement à des actes de terrorisme ou de faire publiquement l’apologie de ces actes ». Nous vivons le moment de l’épuration vitale d’un pouvoir qui se doit d’être l’Unique quand prendre d’autres chemins n’a jamais été aussi désirable. Là où nos sens ne demandent qu’à s’en séparer ; tout savoir, toute critique, toute différence et toute liberté sont méticuleusement comprimé·es dans Un futur autoritaire. À l’heure où il est plus que nécessaire de rompre avec les racines marchandes et coloniales de notre société, l’État ne supporte plus aucune critique profonde, aucune dissidence, aucune pluralité radicale. Dans son délire autoritaire, il impose de choisir un camp : Charlie ou terroriste ? Patriote ou séparatiste ?

Brandir la « menace d’ultragauche » et ses « projets d’actions violentes » participe de cette stratégie. Tout comme la mémoire des victimes des attentats sont souillés par le gouvernement, empaillés pour servir ses intérêts. Être gouverné sera toujours être marionnette. Samuel Paty [paix à son âme] ne restera dans l’histoire qu’une malheureuse aubaine pour un gouvernement liberticide. L’article 18 de la loi Séparatisme (sensé empêcher qu’un meurtre identique ne se répète) prévoit de punir la « diffusion d’informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d’une personne permettant de l’identifier ou de la localiser ». Elle prévoit jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 € d’amende lorsque la personne visée est dépositaire de l’autorité publique. Nul doute qu’elle sera utilisée pour les personnes pratiquant le copwatching ou la vigilance antifasciste. Et nul doute que cela n’empêchera pas d’autres meurtres. Le terme « séparatisme » est d’ailleurs entré pour la première fois dans le droit français en 1937, sombre époque où la police fusillait syndicalistes et communistes lors de la contre-manif de Clichy qui voulait empêcher un rassemblement d’extrême-droite.

Autorisation d’un rassemblement fasciste et répression des contre-manifestant·es, ça ne vous rappelle rien ? À Rennes par exemple, c’étaient les néo-fascistes de l’action française, [les mêmes qui ont attaqué le centre culturel islamique de Villjean à deux reprises], qui tabaissaient des pro-PMA et des membres de la communauté LGBT lors de la contre-manif pour tous il y a quelques mois.

Mais il reste des gentes, dans le monde entier, que cet Ordre du monde répugne, sensibles et hostiles face aux saccages et à l’immonde. C’est ce qu’on reproche aux inculpé·es du 8/12 qui ont cela en commun, et plus que jamais aujourd’hui — de voir au delà du mirage. C’est ce qu’o reproche aux militant·es en général, de tendre à faire sécession avec l’Ordre qui nous est imposé. C’est aussi ce que font les composantes de la révolution écologiste, féministe et communaliste en cours au Rojava, contre deux régimes fascistes : l’État Islamique et la Turquie. Et ce sont aujourd’hui des personnes qui militent pour ces rares « étincelles d’espoir » qui sont victimes de la terrorisation démocratique.

Pour que le monde ne devienne pas une prison : Abrogation des lois Antiterroristes, Abolition de la Police, de la Prison et du système Pénal !

Jin, Jiyan, Azadî !

Abolir Frontex et le régime des frontières de l’UE !

Abolish Frontex

Stop the War on Migrants et AbolishFrontex sont des campagnes contre les politiques actuelles de l’UE en matière de frontières et de migration. Elles se concentrent sur la manière dont l’UE militarise la sécurité des frontières, à la fois à ses propres frontières (extérieures) et dans les pays tiers, et les sociétés d’armement et de sécurité, telles qu’Airbus et Thales, font pression et en profitent.

Ces deux campagnes réclament la fin de la sécurité aux frontières, des détentions et des expulsions, et la création d’itinéraires sûrs pour les réfugié·es, de bons abris ainsi qu’une importante remise en question sociale et environnementale pour éliminer les causes qui forcent les gens à fuir.

Arrière-plan

L’UE mène une guerre contre la migration, qui est également au cœur de la politique étrangère de l’UE. La migration est perçue comme une menace pour la sécurité, plutôt que comme un problème humanitaire et politique. La réponse de l’UE à cette « menace » consiste à militariser la sécurité des frontières, à la fois aux frontières extérieures de l’UE et dans les pays tiers, pour arrêter les réfugiés déjà en route vers l’Europe. Cela comprend l’envoi de forces armées aux frontières, l’érection de barrières de sécurité (avec toutes sortes de technologies de surveillance et de détection), l’utilisation croissante de systèmes autonomes (drones, intelligence artificielle, reconnaissance faciale, etc.), l’utilisation de moyens militaires par la police des frontières, des opérations (para)militaires de Frontex en Méditerranée, l’opération Sophia devant les côtes libyennes, avec le soutien de l’OTAN, et la formation et la fourniture d’équipements militaires aux gardes-frontières dans les pays tiers.

L’industrie militaire et de sécurité européenne a été très influente dans la définition de ce discours qui fait le lien entre migration et sécurité et dans l’élaboration des politiques pour y répondre. Les grandes entreprises d’armement et de technologie, en particulier Airbus, Thales, Leonardo et Indra, ainsi que les organisations de lobbying, telles que l’Organisation européenne pour la sécurité (EOS), ont été très efficaces pour faire pression sur l’UE. Grâce à d’innombrables réunions avec des représentants de l’UE, des tables rondes avec la participation de commissaires européens, la production de documents de lobbying, etc., ils ont réussi à faire avancer leur programme. Cela est particulièrement visible, notamment dans la façon dont le financement de la R&T sécuritaire (et désormais militaire) par l’UE est presque entièrement basé sur des documents de conseil des organes de consultation installés par l’UE, dans lesquels ont joué des représentants des entreprises d’armement et des instituts de recherche militaire. Ces entreprises y jouent un rôle de premier plan.

Outre les dépenses croissantes de l’UE pour ses propres mesures de sécurité aux frontières, l’UE finance des achats de sécurité aux frontières par les États membres de l’UE et par des pays tiers, principalement en Afrique, pour lesquels les budgets de la coopération au développement sont pillés. L’industrie militaire et de sécurité est le principal bénéficiaire de ces dépenses. Ils vendent de tout, des navires et des hélicoptères à la technologie de surveillance et d’identification (biométrique), dans un marché de la sécurité frontalière en pleine croissance. Airbus, Thales, Leonardo et Indra sont à nouveau des acteurs importants dans ce domaine.

Pendant ce temps, l’UE ferme les yeux à la fois sur son propre rôle dans les raisons pour lesquelles les gens sont contraints de fuir et sur les conséquences horribles de ses politiques. Les politiques commerciales internationales de l’UE se résument à l’exploitation de l’hémisphère sud et l’UE coopère de plus en plus avec, et donc légitime et renforce, les régimes bafouant les droits de l’homme dans les pays tiers, en particulier en matière de lutte contre les migrations. Des politiques environnementales faibles ne parviennent pas à enrayer le changement climatique, qui sera une cause de plus en plus importante de nouvelles crises obligeant les gens à quitter leur foyer. Les opérations militaires de l’UE et de l’OTAN en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie ont contribué au chaos et à la violence au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Comme cela a été fait en autorisant l’exportation d’armes, pour plus de 80 milliards d’euros depuis les pays de l’UE au cours de la seule dernière décennie, vers cette région, où elles alimentent les violations des droits de l’homme, les conflits internes (Irak, Libye) et les guerres (Syrie, Yémen).

Le renforcement et la militarisation de la sécurité aux frontières ont conduit à des attaques contre des réfugiés, par exemple par des gardes-frontières hongrois, bulgares, grecs et espagnols. Elle oblige également les réfugiés à rechercher d’autres routes migratoires, souvent plus dangereuses. Après l’accord avec la Turquie et la quasi-fermeture subséquente de la route migratoire dite des Balkans occidentaux, de nombreux réfugiés ont divergé vers la Libye pour tenter de se rendre en Italie. Une route connue plus dangereuse, cela a conduit à des taux de mortalité beaucoup plus élevés de personnes décédées en Méditerranée. Les politiques de l’UE mettent les réfugiés en danger d’expulsion vers des pays dangereux, de détention (prolongée) en Europe ou dans des pays tiers, par exemple dans l’enfer de la Libye, et compromettent le développement économique et social des pays tiers, en particulier en Afrique. Et en décrivant les réfugiés comme des menaces pour la sécurité, l’UE alimente la montée du nationalisme, du racisme, de la xénophobie et de l’islamophobie en Europe. Les politiciens d’extrême droite surfent sur les vagues anti-immigration suscitées par les politiques et le langage officiels de l’UE et de tous ses États membres.

Abolissons FRONTEX

Frontex

Frontex est l’agence des frontières de l’Union européenne et est un acteur clé dans l’application du régime des frontières de l’UE. Il est responsable des violations systémiques des droits humains par le biais de ses opérations ; participation à des expulsions; coopération avec les pays tiers et rôle dans le renforcement des frontières de l’UE.

Pour la délocalisation des contrôles, renforcée par la possibilité de constituer un corps d’« officiers de liaison » appelés à intervenir hors UE, Frontex s’appuie pour une large part sur la collaboration des pays tiers desquels s’effectuent les départs. L’inscription de la « lutte contre l’immigration clandestine » au cœur de la politique de coopération entre l’Europe et ses voisins fait depuis longtemps déjà partie du programme de l’UE. Cet aspect a été rappelé dans le Pacte européen pour l’asile et l’immigration de 2008, qui soulignait que « la migration doit devenir une composante importante des relations extérieures des États membres et de l’Union, ce qui suppose de prendre en compte, dans les relations avec chaque pays tiers, la qualité du dialogue existant avec lui sur les questions migratoires ». Frontex dispose en outre de la capacité de négocier ses propres accords opérationnels avec les autorités de pays tiers. Elle a déjà conclut des partenariats techniques avec les polices d’Ukraine, de Moldavie, de Géorgie, d’Albanie, ou encore de Turquie, de Libye et de Mauritanie afin d’y faciliter la gestion commune des flux migratoires. Sur la base de ces « accords de travail », des fonctionnaires de ces pays sont associés aux opérations conjointes et Frontex a les coudées franches pour exercer ses activités hors du territoire européen.

Aux critiques des conséquences de certaines alliances, dangereuses pour le respect des droits humains, le directeur de Frontex oppose le caractère strictement technique de ce partenariat établi non avec un pays tiers ou un gouvernement, mais avec « les autorités de contrôles des frontières de ce pays ». Une façon d’écarter tout contrôle démocratique ou juridictionnel sur les négociations qu’elle mène dans une opacité totale. (sic)

Airbus

Airbus est une entreprise aérospatiale et militaire trans-européenne. Il s’agit d’une fusion d’entreprises allemandes, françaises et espagnoles, et la plupart de la production a encore lieu dans ces pays, tandis que leurs gouvernements détiennent ensemble plus d’un quart des actions. Pour des raisons fiscales, le siège est toutefois à Leyde (Pays-Bas). Airbus est le deuxième producteur d’armes d’Europe et le septième au monde (2016). Ses principaux produits militaires sont des hélicoptères, des avions de chasse et des missiles. Airbus est également impliqué dans la production et la maintenance d’armes nucléaires.

L’entreprise vend des armes dans le monde entier, y compris à des pays en conflit, à des régimes autoritaires et à des violateurs des droits humains. C’est également un acteur majeur sur le marché de la sécurité aux frontières. Elle a vendu des hélicoptères pour la sécurité des frontières à la Biélorussie, la Bulgarie, la Finlande, l’Allemagne, la Lituanie, la Roumanie et la Slovénie. Les achats de la Finlande et de la Roumanie ont été financés par l’UE. La division de sécurité aux frontières d’Airbus, désormais une société distincte appelée Hensoldt, a vendu des systèmes de sécurité aux frontières à la Roumanie (toujours avec un financement de l’UE), à la France, à l’Espagne et à la Bulgarie. En collaboration avec l’industrie aérospatiale israélienne (IAI), Airbus a développé le drone Harfang (drone), qu’il promeut pour les travaux de sécurité aux frontières.

Airbus est membre des deux plus importantes organisations de lobbying de l’industrie militaire et de la sécurité dans l’UE : l’Organisation européenne pour la sécurité (EOS) et l’Association des industries aérospatiales et de défense d’Europe (ASD). La société elle-même compte douze lobbyistes en poste à Bruxelles et a rencontré la Commission européenne au moins 119 fois depuis novembre 2014.

Thales

Thales est une entreprise française d’armement et de technologie. C’est le quatrième producteur d’armes d’Europe et le dixième au monde (2016). La société d’armement néerlandaise Hollandse Signaalapparaten (HSA) fait partie de Thales depuis 1990 et s’appelle désormais Thales Pays-Bas. Son principal site de production se trouve à Hengelo (Overijssel), tandis qu’il possède également des succursales à Delft, Den Haag, Eindhoven et Huizen. Les produits comprennent le radar, les systèmes de conduite de tir, la cybersécurité et la biométrie. Le groupe Thales produit en général une large gamme d’armes, notamment des drones, des armes légères et des véhicules blindés. Elle est également impliquée dans la production et la maintenance d’armes nucléaires.

L’entreprise vend des armes dans le monde entier, y compris à des pays en conflit, à des régimes autoritaires et à des violateurs des droits humains. C’est également un acteur majeur sur le marché de la sécurité et du contrôle des frontières. Elle a livré un système de sécurité frontalière à la Lettonie, vendu des unités thermiques mobiles et des systèmes de sécurité frontalière à l’Espagne et son équipement radar est utilisé sur de nombreux navires à travers le monde, y compris ceux qui sont utilisés pour les patrouilles frontalières. En collaboration avec la société espagnole Aerovisión, elle a développé le drone Fulmar (drone), qui a déjà été présenté à l’agence de sécurité des frontières de l’UE Frontex.

Thales est également très actif dans la gestion électronique des identités, il a vendu des systèmes pour cela à l’Ouzbékistan, la France, le Maroc, le Kenya, le Royaume-Uni et sept autres pays non identifiés en Afrique. Au cours de l’année 2018, Thales rachètera Gemalto, une société néerlandaise de sécurité numérique et de biométrie. Les clients des passeports et cartes d’identité biométriques de Gemalto sont l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Liban, la Moldavie, le Nigeria et la Turquie.

Comme Airbus, Thales est membre des groupes de pression EOS et ASD. La société elle-même compte six lobbyistes en poste à Bruxelles et a rencontré la Commission européenne au moins 18 fois depuis novembre 2014.

ABOLISHFRONTEX

Les politiques frontalières de l’UE sont intrinsèquement racistes et renforcent les structures de pouvoir coloniales et capitalistes. Il est temps d’abolir Frontex et le système qu’il représente !

Abolish Frontex

Vos urnes sont trop petites pour nos Rêves

la servitude volontaire

À nouveau, l’heure de choisir les bergers va bientôt sonner…

Bien que troublés, les électeurs s’apprêtent à reprendre au refrain. Sous la baguette des chefs d’orchestre, tous les votards donneront de la voix. Tant pis, s’ils ne chantent pas juste. Candidats ! à vos trombones. Peuple souverain ! attention… Nous rénoverons le parlement. Une, deux ! une, deux ! Peuple ! aux urnes !… Gauche, droite ! c’est pour la République ! Une, deux ! gauche, droite ! En mesure…
— Vous n’êtes que des poires ! Zo d’Axa (1900).

« Une chose m’étonne prodigieusement – j’oserai dire qu’elle me stupéfie – c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose. Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ? Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l’électeur moderne ? Et le Charcot qui nous expliquera l’anatomie et les mentalités de cet incurable dément ? Nous l’attendons. » 1

« Nous n’irons plus aux urnes »

Tel est le titre de l’essai du québécois Francis Dupuis-Déri, le tout assorti du sous-titre : Plaidoyer pour l’abstention. 2 L’auteur ne se contente pas de couper les lauriers de l’électoralisme mais il argumente avec force sur l’inutilité du suffragisme. Son apologie de l’abstention est bâtie d’une part sur un refus du « vote utile » et du voter pour le moins pire, ritournelle très utilisée en France depuis plusieurs années. D’autre part sur l’inefficacité du vote en matière de transformation sociale ; d’autant que pendant longtemps les « élites » se réservèrent ce « devoir civique » par crainte des pauvres, des femmes ou des esclaves qui auraient pu en faire mauvais usage. « Élites » qui d’ailleurs, quand cela les arrange, n’hésitent à jouer de l’abstention. Pour exemple, François de Rugy dépositaire d’une proposition de loi visant à rendre le vote obligatoire, s’est abstenu de voter 398 fois sur les 648 scrutins à l’Assemblée de 2012 à 2016. 3 Son cas n’est pas unique. Le 10 mai 2019, l’Assemblée nationale débattait sur la Loi de restauration de la cathédrale Notre-Dame, suite au discours solennel de Macron déclarant que l’État restaurerait le bâtiment en moins de cinq ans. Ce jour-là, sur les 577 députés [sensés « représenter » les françaises et français- N.d.Zeka], seuls 47 étaient présents. Le taux d’abstention des parlementaires a donc atteint 92 % !

Carte postale eugène petit 1909
Vive l’Anarchie ! Carte postale d’Eugène Petit (1909)

Voter ou ne pas voter, telle est la question qu’on n’ose pas poser dans nos régimes parlementaires, où les élections sont des rituels sacrés. En défendant la légitimité de l’abstention, cet essai attaque de front la conviction selon laquelle le vote serait un devoir, et le refus de voter une dangereuse hérésie. Bien plus qu’une simple apologie de l’abstention, cet ouvrage propose ainsi une critique radicale du système électoral.

Au-delà, l’auteur dénonce les rituels d’embrigadement et d’endoctrinement de la jeunesse mis en place un peu partout pour conditionner le futur électeur. Que ce soit, lors d’élections dans les établissements scolaires, les conseils municipaux de jeunesse, etc. De fait, la critique de l’auteur porte sur le système délégataire et parlementaire du vote. En effet, il prône comme dans les écoles alternatives l’utilisation du conseil comme lieu d’apprentissage de la démocratie réelle voire de l’autogestion. En bref, Dupuis-Déri défend globalement le principe de l’action directe politique et le refus de délégation.

Le vote de facto, même dans sa forme obligatoire ou pas, n’a d’autre fonction que d’entretenir l’illusion d’un pouvoir politique détenu par d’autres. Un tour de passe-passe habilement orchestrer par les libéraux. Alors, à quoi bon élire ceux qui sont « en grande partie responsable de la situation misérable » de beaucoup ? A quoi bon, par le vote délégataire « légitimer l’élite qui gouverne, commande, autorise et interdit » ? A quoi bon, « élire des parlementaires qui ne décident plus grand-chose » quand de fait le pouvoir est ailleurs ; au FMI, à l’OMC… Enfin, « les parlementaires prétendent servir le peuple mais n’est-ce pas plutôt la population qui travaille pour les parle-menteurs ?
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  1. Octave Mirbeau, La Grève des Électeurs. 1888.
  2. Nous n’irons plus aux urnes : Plaidoyer pour l’abstention (2019), par Francis Dupuis-Déri, Lux éditeur, A Publico, 192 p, 12 €.
  3. Soit environ 62% d’abstention à lui tout seul…

Pour l’Abolition du Système Pénal

abolition système pénal

Questions d’avant-propos

Le droit pénal, par définition, est fondé sur la peine. Une peine est une souffrance qu’on inflige. Est-ce bien de faire du mal à quelqu’un ? Est-ce intelligent ? Utile ? À qui ? Personne n’ose plus dire que la prison permet à celles et ceux qui y sont enfermés de s’amender. Elle ne sert qu’à une seule chose — qu’elle réussit d’ailleurs fort bien — : punir. Même les plus timides réformateurs se heurtent à cette évidence, adoucir les cruautés de l’incarcération s’oppose forcément à son principe : elle est une peine, elle est faite et uniquement faite pour punir, pour être pénible aux prisonniers.

Pourquoi punir ?

Le châtiment s’ancre dans l’histoire la plus archaïque de l’humanité, celle des terreurs suprêmes que les hommes ont traduites en dieux et déesses au cœur démoniaque. Pas une religion pour sauver l’autre lorsqu’il est question des supplices réservés aux damnés. L’enfer chrétien n’a rien à envier à l’enfer hindou. En Occident, la condamnation terrible de la faute lors d’un jugement de l’âme après la mort s’enracine dans le culte orphique introduit en Grèce entre le VIIe et le VIe siècle avant notre ère ; ses origines se perdent dans les traditions védiques du deuxième millénaire. Il est vraisemblable que l’idée d’une faute punie dans l’au-delà était déjà à l’époque bien ancienne. L’orphisme a beaucoup influencé les pythagoriciens puis Platon. Sous tous les cieux, les humains scandalisés de voir l’éternelle injustice du monde ont cherché à rétablir au séjour des ombres l’impossible équité. On a d’abord puni pour bien montrer aux dieux qu’on prenait leur parti contre ceux qui, volontairement ou non, les offensaient.

Nous avons connu en septembre 2001 un exemple parfait de ce qu’est une punition ; ce n’est pas un hasard si l’état-major américain a donné comme nom à l’opération militaire qui a suivi ces attentats « Justice sans limites ». On ne pouvait mieux dire. Les terroristes, quels qu’ils aient été, voulaient punir les États-uniens de leur politique, les États-uniens voulaient les punir en représailles. Au cours des vingt années qui ont suivi, le conflit s’est déplacé jusqu’en Irak, en Libye, en Syrie et n’en finit pas de laisser derrière lui de violents stigmates sanglants. Georges W. Bush a condamné un homme, Ben Laden et, faute de le trouver, a fait tuer froidement à cette intention des milliers d’innocents. 1 La question ici n’est pas de savoir si les guerres saintes d’un bord ou de l’autre sont justes ou injustes, mais assurément la conception que se font du bien certains présidents des États-Unis n’est pas celle de toute la planète. Ce qui est bien est bien pour certains, voilà tout ce que l’on peut dire.

Qu’est-ce que la Loi ?

La Loi n’est pas l’expression d’une éthique quelconque : au service du pouvoir disposant des plus grandes forces de coercition, elle n’existe que par la sanction. La Loi du Milieu ou la Loi d’un groupe rebelle peut s’affirmer aussi brutale que celle de l’État. Quelle que soit la situation, la Loi est toujours celle du plus fort. Entre la justice (l’équité) à laquelle chacun aspire et la Justice (l’institution) qui fait fonctionner la machine sociale au détriment des relations libres entre les êtres, le précipice est infranchissable.

Les philosophes se sont donné du mal pour justifier le châtiment (on peut remarquer que la clémence n’a aucun besoin d’être justifiée et qu’on s’est partout et toujours incliné devant les exemples qu’en a donnés l’histoire). Pour tenter de faire admettre qu’il est nécessaire de faire du mal, trois types d’arguments sont mis en avant par ceux que nous appellerons les légalistes (1), les sociétaires-réalistes (2) et les humanitaires (3).

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  1. L’ONU évalue entre 32 000 et 60 000 le nombre de civils afghans tués dans ce conflit (https://unama.unmissions.org/) En 2010, WikiLeaks révélait que selon des documents militaires secrets américains, 66 081 civils ont été tués en Irak par la coalition militaire occidentale.

Psychose sécuritaire : Mythe, fantasme et réalité

psychose

La France est un des pays du monde où règne le plus la sécurité des personnes et des biens. Les données statistiques sont incontournables. Les homicides sont rares : 863 victimes en 2020 1, pour une population de 67 millions d’habitants. Les morts de policiers et de gendarmes dans l’exercice de leurs fonctions sont plus rares encore : environ 20 par an de 2014 à 2018 2, 11 en 2020 3, pour un effectif total de près de 250 000 4. La délinquance est rare elle aussi. Ainsi, pour la période 2017-2019, 93% des ménages déclarent n’avoir subi aucun vandalisme sur leur voiture, 97% déclarent n’avoir subi aucune tentative de cambriolage, 97% déclarent n’avoir subi aucun acte de vandalisme, et 98,5% déclarent n’avoir subi aucun vol de voiture 5. Enfin, près de 90% des personnes interrogées dans les enquêtes de victimation de l’INSEE déclarent ne ressentir aucun sentiment d’insécurité dans leur quartier (ou leur village).

Alors que la France est donc un pays où la quasi-totalité de la population vit en sécurité, le thème de l’insécurité se classe pourtant quatrième préoccupation « tout à fait prioritaire » pour les Français 6. Comment expliquer un tel gouffre entre la réalité tangible et les représentations ?

La réponse est à chercher non pas dans ce que les Français vivent, mais dans ce que les journaux papiers et télévisés leur montrent. L’INA a ainsi constaté que le nombre de sujets qu’ils consacrent aux faits-divers (meurtres, cambriolages, rixes entre bandes, enlèvements d’enfants…) a doublé de 2003 à 2012. Or toutes les grandes chaînes et la quasi-totalité des grands médias français, privés comme publics, posent ce problème de « fait-diversion » de l’actualité, manipulant la réalité au profit d’un discours politique totalement faux (et très dangereux).

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  1. Interstats, Analyse n°32, janvier 2021.
  2. Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, Note n°39, 2019.
  3. https://www.sudouest.fr/politique/gerald-darmanin/onze-policiers-et-gendarmes-sont-morts-dans-l-exercice-de-leurs-fonctions-en-2020-selon-darmanin-1581713.php
  4. C’est-à-dire un peu moins de 250 000 ETP (équivalents temps plein).
  5. Insee Références, édition 2020, Fiches, Qualité de vie, page 269.
  6. IFOP, « Les enjeux saillants à un an de l’élection présidentielle », Avril 2021.