Notre-Dame-des-landes : les 10 vérités qui dérangent

NON à l'aéroport
NON à l’aéroport © Val K.

« Notre-Dame-des-Landes : fabrication d’un mensonge d’État », écrivait récemment Françoise Verchère, ex-maire de Bouguenais, la commune d’implantation de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique. A l’heure où les partisans du nouvel aéroport ne cessent de répéter à l’envi que le débat public a été respecté et que les opposants doivent l’admettre, la réalité est bien différente. L’analyse fine des procédures le démontre : de Nantes à Notre-Dame-des-Landes en passant par les plus hautes sphères du pouvoir, la parole donnée au public n’est qu’une simple formalité et, au fond, le pouvoir ne se partage pas. L’association indépendante et non politique Atelier Citoyen (créée en 2014) dénonce elle aussi les mensonges de nos politiques corrompus et les manipulations d’un État qui se prétend démocratique, mais dont la stratégie consiste en réalité à provoquer volontairement la saturation de l’actuel aéroport de Bouguenais, tout en imposant aux Nantais manipulés la pseudo-nécessité d’un nouvel aéroport.

1. Le mensonge financier

Nantes-Atlantique, l’aéroport international de Nantes, peut être conservé et amélioré sur son emprise actuelle pour accueillir davantage de passagers, pour un coût tout à fait raisonnable.

2. Manipulation au sujet des pistes

La piste unique de l’aéroport nécessite seulement des travaux de rénovation. Lors de la prochaine opération de surfaçage, il sera possible de corriger les creux du profil actuel de la piste. D’autres travaux permettront d’améliorer son efficacité (ajout de bretelles de sorties rapides, rampe lumineuse côté nord) et de réaliser les mises en conformité nécessaires (élargissement du taxiway, prolongation de la piste de 60 m). Le coût de l’ensemble, 25 millions d’euros, est tout à fait cohérent avec diverses rénovations récentes de pistes.

3. Le mensonge sur le survol de la ville de Nantes

Les trajectoires d’arrivée et de départ de Nantes-Atlantique peuvent être revues de façon à contribuer à la réduction des nuisances sonores et à fluidifier le trafic. Cela a été fait à Marseille, Toulouse, Lyon… à Nantes, c’est tout à fait réalisable ; certains équipements, pour améliorer la sécurité, sont présents et disponibles sur le site, dans des cartons. Ils ne sont tout simplement pas mis en place.

4. Le mensonge sur les accès au site

La desserte de Nantes-Atlantique en transports en commun est facilement réalisable. Deux solutions existent, simples à mettre en œuvre. Le tramway peut être prolongé de 2 km depuis son terminus actuel de Neustrie, ligne qui peut en outre desservir la zone d’activité proche (plus de 8 000 salariés). Cette option coûterait de 40 à 50 millions d’euros, pour 30 mois de travaux. La liaison ferroviaire peut être réactivée par une rénovation de la voie existante qui arrive à l’aéroport. Grâce la connexion avec la gare de Nantes, à peu près 2 millions d’habitants seraient à moins d’une heure de train de l’aéroport. Coût : 25 à 35 millions d’euros.

Rappel : Le tram-train du projet de NDDL coûterait au minimum 150 millions d’euros, avec un déficit annuel de 6 millions d’euros !

5. Multiples fabulations concernant les gains

A l’exception des banques (encore elles), tous les acteurs seraient financièrement gagnants avec le maintien de Nantes-Atlantique, surtout les collectivités locales.

6. Mystification sur le coût du nouvel aéroport

Au total, conserver et rénover Nantes-Atlantique coûtera huit à dix fois moins cher que de construire Notre-Dame-des-Landes.

7. L’imposture sur le bruit du couloir aérien

Nantes-Atlantique maintenu ne signifiera pas plus de personnes soumises aux nuisances sonores, au contraire. La réduction des zones de bruit s’observe sur la quasi-totalité des aéroports dans le monde et va se poursuivre avec l’arrivée, en cours, d’une nouvelle génération d’appareils nettement moins bruyants.

8. Manipulation et mensonge économique

Le maintien de Nantes-Atlantique consoliderait le pôle économique le plus important du sud de Nantes, en particulier Airbus. Le sud Loire, moins pourvu d’emplois que le nord Loire, conserverait les 1 800 emplois menacés de transfert. En outre, l’arrivée d’une desserte en transports en commun de la plate-forme bénéficierait à un vaste tissu industriel et de recherche.

9. Le mensonge énergétique du nouvel aéroport

L’aérogare de Nantes-Atlantique peut réduire de 40 % ses consommations énergétiques et diviser par 3 ses émissions de gaz à effet de serre. Une rénovation thermique et un travail approfondi sur l’usage de l’énergie permettrait d’arriver à de telles améliorations. Même si le projet de Notre-Dame-des-Landes est celui d’un aéroport économe en énergie, les ressources nécessaires à sa construction équivaudraient à 50 ans de sa consommation énergétique et à 110 ans de ses émissions de gaz à effet de serre.

10. Nombreuses contrevérités quant aux frais de résiliation

Les frais de résiliation que l’État devrait payer à AGO-Vinci en cas d’arrêt du projet de Notre-Dame-des-Landes seraient de 150 à 250 millions d’euros, largement moins que les sommes astronomiques qui ont été avancées par les défenseurs du OUI.

Un autre point clé qui NOUS dérange : la pseudo-consultation du 26 juin

Il est évident que voter massivement NON lors du référendum du 26 juin prochain ne peut être que bénéfique. Toutefois, le problème crucial de cette « consultation » est que toutes les données d’expertise et les supports de communication qui seront distribués aux citoyens de Loire-Atlantique afin qu’ils fassent leur choix seront réalisés par les défenseurs du OUI, ce qui, au fond, est parfaitement anti-démocratique. Encore une vérité qui dérange…

L’Atelier Citoyen, pour sortir pacifiquement du dossier problématique NDDL

Pour comprendre en détail l’ampleur des manipulations et des mensonges de l’état, des politiques Nantais et des défenseurs du OUI, consultez l’excellent site indépendant Atelier Citoyen ou téléchargez Les 10 points clés qui dérangent (PDF).

A lire aussi : « Notre-Dame-des-landes, la fabrication d’un mensonge d’état » (Françoise Verchère, 2016, Tim Buctu éditions).