L’erreur est Urbaine

Nantes - European Greed CapitalL’article qui suit a été écrit contre le projet d’Aéroport de Notre-Dame-des-Landes et il fait suite aux rencontres publiques avec le maire et son équipe qui avaient pour thème « Nantes Métropole : quels grands projets d’avenir pour la ville ? »

Bilan de ces 4 réunions : la mise en avant de Patrick Rimbert (maire de Nantes) et Johanna Rolland (1ere adjointe)… On y a surtout parlé d’expansion, d’aéroport et des 50 000 nouveaux logements prétendus sociaux que Nantes construit chaque année. Une petite opération de marketing à 300 000 € organisée par La Netscouade, dont le patron Benoît Thieulin fut directeur numérique de la campagne de Ségolène Royal en 2007. Bref, inutile de vous faire un dessin, ces 4 réunions à un an des municipales ont surtout permis une chose : celle de mettre la municipalité à l’abri du code électoral qui régit les dépenses durant l’année précédant les élections.

Nantais, habitants d’ici et d’ailleurs, on vous fait communément croire qu’il est difficile d’être heureux. Mais il serait aisé de le devenir si chez les hommes de pouvoir, les réflexions précédaient les actions. Les dirigeants de notre Région (tous entichés qu’ils sont d’expansionnisme effréné) ne savent pas ce que c’est que d’être citoyens. Ils gouvernent, façonnant ce fief à leur image. Et leurs actions, si petites soient-elles, ne se font jamais sans bouleversements.

Qu’est-ce que cet argument de la nouveauté péroré par nos journaux Mari-ligériens ? Où est la raison selon laquelle les choses, les idées nouvelles sont toujours supérieures aux anciennes ? Est-il nécessaire de nous étendre encore ? D’élargir nos frontières par de nouveaux jalons ?

Il faut croire que l’horizon actuel ne leur suffit plus pour qu’ils souhaitent encore échafauder ce nouvel aéroport. Ils nous parlent de temps lointains où la ville accueillera des millions de visiteurs par an. Ah ! Je me gaude de vos schémas étudiés pour les siècles à venir. Nous, citoyens, c’est le présent qui nous importe.

La Greed Capital 2013, consciente de sa nature et du monde environnant ne devrait-elle pas aborder son royaume avec vénération ? Par vos opérations sectaires et partiales, vous allez massacrer, saccager, épuiser et miner la nature de ce lieu. Assurément, vous tenterez d’éblouir nos yeux par de belles tirades mais je ne suis pas dupé par la douceâtre phraséologie de Nantes Passion. Nantes, Capitale de la verdure…

Pourquoi cette quête chimérique de grandeur ? Contre vos appétits naturels et sophistiqués, nous parlerons. La civilisation que vous nous proposez ne doit s’empoisonner d’une morale contraire à notre nature, elle ne saurait s’embarrasser d’obstacles ou de contraintes, ni entraver nos mouvements, ni s’adjoindre des craintes qui nous effraient.

Or, fourbes magnats et princes de carnaval, c’est pour vous seul que vous nous pétrissez comme vous l’entendez. Pliés de siècles en siècles, nous courbons sous le joug qu’une légion de pendard nous impose. Entraîné par les circonstances, livré en pâture aux espérances, nos esprits se noient, persuadés de rêves catéchisés. On nous entrave et on nous traîne à grands coups d’assommoir, vers des obstacles érigés à notre encontre.

À trop souvent vanter les mérites de vos félonies vous ne parviendrez plus à tromper l’œil vigilant de nos consciences. Que nous importe que vous nous rabaissez là où les autres nous élèvent, nous portons avec nous un appui. Oui, nos convictions nous suffisent.

N’y a t-il nulle part qu’ici plus de lumières acquises ? Pourquoi vouloir aller plus loin ? Cette contrée dont vous vous octroyez la garde est trop pleine de vos vices et vertus fallacieuses. Cette identité culturelle européenne doit-elle nous conduire à grossir nos frontières et à faire du commerce son principe et sa substance ? Peut-elle justifier l’extermination de la nature ?

Ingénieurs et meneurs, vous seuls avez le pouvoir de propager un nouveau système. Pourquoi vous y refuseriez-vous ? Pourquoi cet air arrogant ? Tyrans, puissants, nantis, quand chercherez-vous enfin à multiplier le bonheur de notre société ?