Idéal qui germe sous nos pas, sous nos voix

Violences policièresL’état d’urgence en France a été prolongé jusqu’au 26 mai prochain. Incivilités, fraude ou acte terroriste, on y retrouve toutes sortes de délits dans un imbroglio chaotique. Les amalgames sont grossiers et révélateurs de la politique socialiste de notre époque, laquelle joue aujourd’hui le jeu de la droite et des extrêmes. Les multiples lois votées sous prétexte d’« antiterrorisme » n’ont abouti qu’à plus de fichages ADN, plus de surveillance, de prison pour les fraudeurs, de répression pour les mineurs, etc. Ces lois iniques sont promulguées avec un objectif unique, celui de criminaliser les quartiers populaires, les pauvres ou les mouvements sociaux et d’empêcher ainsi toute forme de contestation.

Policiers, marchands de douleur

VINCI qu'El KhomriDeux jours après ces évènements, une question me taraude encore toujours l’esprit : les « dégénérés » dont parlaient certains médias ne seraient-ils pas aussi ces hommes en uniformes, conditionnés et embrigadés pour une véritable vénération de la violence ? Il est évident qu’on retrouve une poignée de casseurs dans chaque manifs. Ils allument des feux de joie dans les rues, brûlent des poubelles et, parfois, des voitures. Principalement jeunes, ils répondent aux tirs de flash-ball et de bombes lacrymogènes envoyés par les forces de l’ordre avec des jets de pierre ou d’œufs remplis de peinture. Bien que toujours accusés de troubler les manifestations pacifiques, la réalité s’émaille d’une autre agressivité démesurée, celle perpétrée par la Police des polices, les CRS ou la Brigade anti-criminalité. La BAC, une meute sur-entraînée contre un impitoyable ennemi : le citoyen lambda, devenu du jour au lendemain un terroriste en puissance. Ces flics sont à classer dans une catégorie spéciale, celle des mercenaires de l’État, agissant en toute impunité, cagoulés pour se dissimuler dans les foules, armés de matraques et de lacrymo en aérosols qu’ils prendront plaisir à utiliser contre leur prochain. Brutaux, frénétiques, leur but est simple : diviser les citoyens, frapper, créer la confusion parmi les manifestants. Pour tout observateur lucide ou doué de sens critique, il apparaît évident que les heurts de ces derniers jours devraient aussi être imputés en partie à la violence inouïe de ces brigades mobiles.

Ceux-là aiment sincèrement briser les os, casser les dents, fendre les crânes. Fétichistes de la haine, ils font de leur brutalité un acte de foi, lui vouent un culte. Avançant dans l’ombre, ils se cachent dans les défilés, exhortant les cortèges. Puis, lorsque la tension est à son comble, ils frappent en moulinet, tordent les bras et blessent les chairs meurtries. Et l’on recharge les canons pour une nouvelle salve. Crosses et bottes à crampons ne sont pas loin, en d’autres temps on les aurait appelés fascistes.

Ouvrez les frontières. Licenciez les flics.

Affiche Révolution © ZeKAinsi que le ressasse l’État depuis maintes décades ; sous le prétexte de vivre dans une belle « démocratie » — la meilleure de toutes a-t-on ouï-dire — le peuple français ne devrait aucunement ressentir le besoin de se révolter. Élémentaire, mon cher. Et les forces de l’ordre de demeurer le bras armé de cet État, des milices apolitiques à qui l’on charge, moyennant salaire, d’imposer par la force la domination de l’administration du Pouvoir sur le peuple. Pour cela, le combat contre l’institution policière est donc fondamental. Inutile de vous faire un dessin car les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis les années 2000 on recense près de 140 personnes assassinées par la police, soit dans la rue, soit lors d’une garde à vue. Dans la très grande majorité des cas, les victimes sont des enfants de l’immigration. Ces meurtres ne sont ni des dérapages accidentels, ni des bavures, mais l’aboutissement d’une violence quotidienne, volontairement exercée au nom du maintien de l’ordre.

De plus, si terroristes il y a sur le territoire, les rassemblements massifs de ces dernières semaines furent pour eux une occasion en or de semer la terreur. Pourtant, les seules explosions que nous eurent l’occasion d’entendre furent celles provoquées par les grenades de désencerclement et autres joyeusetés létales de nos belligérants en uniforme. Il est donc indéniable que l’instauration de l’état d’urgence et le vote des lois antiterroristes a pour seul effet d’accroître et de durcir les violences policières / sécuritaires vécues au quotidien et lors des manifestations.

Ça commence par un « R », un air de fête…

Nous étions là, la nuit. La nuit debout sous les étoiles, chantant en chœur autour d’un Feu de Joie, un feu de tourbe, un feu de bois Place de Bouffay, le 32 mars de l’année 2016, à Nantes.

À toutes les prochaines manifestations, soyons là. Résistons. Désarmons-les !

Idéal qui germe chez les étudiants,
Notre voix est ferme. Notre nombre est grand.