G7 & Camp Climat : comment la NON-VIOLENCE protège l’État et les politiques écocidaires ?

Le week-end dernier c’était le G7 à Biarritz. Comme chaque année, les 7 chefs d’État des plus grandes puissances économiques mondiales se sont réunis pour continuer d’asseoir leur domination sur le reste du monde. En parallèle, un contre-sommet était organisé à 34 kilomètres de Biarritz pour dénoncer l’inaction de ces sept pays en matière d’écologie, de démocratie et de justice sociale. Ce contre-sommet fut organisé par des associations qui se revendiquaient non-violentes.

En d’autres termes, les actions proposées par ce contre-G7 étaient essentiellement symboliques et ont donc très peu dérangé les chefs d’État et leurs réunions. Ce n’est pas tant qu’ils n’ont pas réussi à déranger ce sommet, ils ne l’ont simplement pas voulu !

Sur le site, on pouvait lire leur consensus d’action : les manifestants agiront avec « calme et détermination » et ils ne « dégraderont rien ». De même pouvait-on lire : « étant donné que pour l’État et ses représentants tout doit être sous contrôle et se passer dans une ambiance strictement non violente, prônée dès le départ par certains signataires de la plateforme, les responsables de la plateforme seront prompts à condamner tout acte considéré comme violent. »

Or, comme l’expliquent les Antifas du Pays Basque Nord (qui ont refusé de participer) : « donner une légitimité à des institutions qui nous oppriment au quotidien, en se soumettant à leurs désirs, en désignant qui sont les bons ou mauvais manifestants, vont à l’encontre des bases de notre lutte ou idéologie que sont la lutte des classes et l’autonomie. Ils tombent dans le jeu du discours sécuritaire de la classe oppressante. »

Nous retrouvons également les Gilets Jaunes, lesquels ont attaqué le contre sommet sur ce consensus non violent : « nous voyons dans ce consensus une forme de dé-solidarisation vis-à-vis des formes d’actions qui ont marqué le mouvement des Gilets Jaunes, et tant d’autres avant lui. Des formes d’actions qui impliquaient d’autres choses que des techniques non violentes et pacifiques, qui ont permis de construire ce mouvement, de le nourrir et de lui permettre de perdurer« .

Au delà du nombre croissant de ces groupes qui ont décidé de ne pas se joindre au consensus, ces organisations non-violentes se substituaient régulièrement aux policiers en organisant par exemple un service d’ordre pour protéger les banques et les autres lieux symboliques du capitalisme. Ou alors encore en annulant certaines de leurs plus grosses actions pour faire « BAISSER LA TENSION » !

Ici, on retrouve totalement ce que Peter Gelderloos appelle les « paciflics » dans son ouvrage « Comment la non-violence protège l’état ?« .

À vouloir être trop « populaires », nous ne serons ni « radicaux » ni « populaires »

L’échéance des 18 mois avant de basculer vers l’inévitable effondrement de notre société industrielle, telle qu’annoncé par le dernier rapport 2019 du GIEC, ne nous permet plus d’attendre encore des années et des années pour sensibiliser les gens, ou que nos représentants politiques décident de sauver la planète. Nous ne réfléchissons pas assez à nos objectifs, lesquels déterminent nos stratégies.

Cette non-violence dogmatique est un problème majeur. Ne sommes-nous pas tombés dans un tel niveau de psychose, une telle crainte d’être taxés de « radicaux » ou de « casseurs » que nous finissons par devenir totalement inoffensifs ?

Retrouvez l’intégralité du reportage ici :

https://invidio.us/watch?v=ZSA4-PNn9OE

Sources :

Photo : © Dikaseva, Kota Garut, Indonésie.