Rave-Party Redon – Crimes policiers en bande organisée

rave party redon violences policières

Les 18 et 19 juin dernier, lors d’une rave-party qui se tenait à Redon en Ille et Vilaine pour rendre hommage à Steve Maïa Caniço assassiné par la police le 21 Juin 2019 à Nantes lors de la fête de la musique, un énorme dispositif policier avait attaqué avec une extrême violence les teufeurs. Du matériel avait été détruit à coup de bottes et matraques et un danseur avait eu la main arrachée par une grenade.

Au lendemain des faits, Amnesty International avait dénoncé « un usage de la force illégal et disproportionné au regard du droit international relatif aux droits humains. » Encore une fois, les autorités avaient choisi la violence en lieu et place du dialogue. Des pluies de lacrymos et de grenades s’étaient abattues sur une foule qui ne désirait que faire la fête. De nombreux blessés étaient à déplorer.

Mardi 9 novembre, le tribunal correctionnel de Rennes inversait les rôles et condamnait trois personnes à des peines de quatre à six mois de prison avec sursis pour « violences à l’égard des gendarmes » ! Or, selon l’avocate des prévenus, le dossier est non seulement « cruellement vide » mais, fait plus étrange encore, « aucun des gendarmes ne s’est porté partie civile. »

Nous ne nous laisserons ni assassiner, ni emprisonner, ni mutiler et nous continuerons de danser. Nous sommes toujours là après 30 ans de répression et nous serons encore là tant que la seule réponse qu’on nous apportera sera celle de la violence ! – Teknival des Musiques Interdites

Flics = casseurs / association de malfaiteurs

Encore une fois, c’est Philippe Astruc, à l’heure actuelle le plus représentatif de ces politiques de répression et de stigmatisation, qui a « géré » les dossiers de l’affaire Steve ou de la rave du nouvel an. Un parfait exemple d’une politique démagogique, ouvertement raciste, discriminatoire et sanglante comme celle qui fleurit depuis deux ans sur les plateaux télé et font baver les Darmaprout et autres politiques totalitaires de ce quinquennat. Une vision d’une société orwellienne que nous combattrons toujours avec cette même soif de vie, de joie et de liberté.

Pour la Vie ! Vive l’Anarchie !
ACAB !

Police raciste, Dérive fasciste : Ne nous laissons pas (anti)terroriser !

En prison pour des opinions

Ce texte revient sur l’Affaire du 8/12, ce coup de filet Qui Tombe à Pic témoigne des dérives fascistes qui nous concernent tou·te·s. Elle montre encore une fois qu’il est possible pour la police, grâce à l’outil antiterroriste, d’emprisonner des militant·es (et assimilé·es) pour de « vagues soupçons » d’intentions de « s’en prendre aux forces de l’ordre ». Nous pensons important de mettre en perspective cette affaire avec la remontée des fascismes — et du fascisme d’État — en France (articulés autours de l’islamophobie, le nationalisme et l’antiterrorisme) et les collaborations avec le régime turc, dont la répression des kurdes résidant en France.

Depuis plus de 24 semaines maintenant, 7 enfants, frangin·es, ami·es et camarades arraché·es à leurs proches, sont inculpé·es pour « association de malfaiteurs terroristes » (AMT). Trois d’entre elleux sont encore emprisonné·es sous régime « terroriste » (Détenus Particulièrement Signalés), et un à l’isolement. Il s’agit-là de ce que l’on appelle cyniquement la « torture blanche » : interrogatoires quotidiens, interdiction de boire, de manger, de dormir, éclairage sous des néons 24h/24 et 7j/7, une pression psychologique terrible et bien vénère. La Police les soupçonne d’avoir eu l’intention de planifier des « actions violentes » contre la Police. La boucle s’est bouclée sur les Inculpé·es du 8/12.

À propos des incarcérations du 8 décembre, avec le Comité de soutien aux inculpé-e-s du 8/12 de Rennes : https://hearthis.at/radiopikez/acentrale-060221-pikez/

Les Forces de quel Ordre ?

En quelques mois, nous avons vu l’État passer des lois sécuritaires et islamophobes au nom de la République, imposer un contrôle policier général au nom de la santé de la Nation, hurler contre l’islamogauchisme et emprisonner nos ami·es au nom de l’Antiterrorisme. Nous voyons aussi les avant-gardes néo-fascistes multiplier les attaques (Action Française, Loups Gris, Génération Identitaire, membres de la Police Nationale, anciens-militaires, etc.) contre des manifestations, des mosquées, des squats, des exiléEs, des universitaires, des librairies…

Un des inculpé·es du 8/12, en Quartier d’Isolement depuis bientôt 6 mois maintenant, était sous surveillance depuis son retour du Rojava en 2018. Tous les éléments « pro-kurde » trouvés lors des perquisitions ont été saisis (quelques affiches, livres ou brochures) et utilisés “à charge” par l’a-Justice, comme par exemple cette interview de Zehra Dogan publiée par la revue Ballast : « Un jour nous vaincrons ». 1

Criminaliser toute forme de contestation

De manière systématique et graduelle, la France organise une criminalisation violente de sa population. Qu’elle soit racisée, révoltée, et/ou appauvrie. Elle use de l’outil antiterroriste pour étendre le domaine du non-droit et soumettre le peuple à des désirs punitifs et des peurs. Enfin, elle psychiatrise la déviance, la marginalité et la révolte.

L’ « islamo-gauchisme », le « racisme anti-blancs », l’ « ultragauche », les « valeurs de la république », le « délit de solidarité » ou de « séparatisme » … sont autant d’indices logiques du désastre prévu que nous vivons en direct. La pénétration croissante des thèmes conçus par l’extrême-droite dans le débat public et dans la presse est un prémisse de mauvaise augure, maintes fois décrit comme étape préliminaire à l’avènement d’un régime fasciste.

La production médiatique méticuleuse de “menaces” (« ultragauche », « immigration », « islam politique”, « racialisateurs », etc.) fonctionne chez beaucoup de gens, les rendant complices inconscients de la nécrose républicaine. Et pour ce qui est des milieux de gôche, parlons-en ! Nous sommes bien loin des déclarations de François Hollande affirmant en 2008 au sujet de Tarnac :

Au nom d’une cause juste – lutter contre le terrorisme – on est en train de faire des amalgames et des confusions. Celui qui n’est plus dans la norme, qui peut avoir un comportement déviant, peut être assimilé à un terroriste, ce qui est une atteinte grave aux libertés. »

Comment se fait-il qu’un des plus grands traîtres de l’histoire du socialisme, tienne des propos bien plus critiques sur l’antiterrorisme que la plupart de la gauche radicale aujourd’hui ? Avons-nous oublié que le terme de “terrorisme” vient de la Terreur d’État, théorisée dans la philosophie politique au fondement même de la République française, et ayant servi de modèle dans le monde entier ?

La terrorisation démocratique (Guillon 2009) est au fondement même de la politique étatique. « L’antiterrorisme n’a pas vocation à anihiler un certain niveau de violence, mais un niveau de dissidence politique. »

Cette apathie des « progressistes » de tous bords pour la critique de l'(anti)terrorisme ; à l’heure du rebasculement de l’État dans ses racines fascistes; est la résultante de l’efficacité de l’antiterrorisme et d’une radicalisation de la République. Six années d’État d’Urgence, de lois sécuritaires et de défaites sociales auront réussi à faire de toutes les aspirations, – hors et au delà de la « république » – des aspirations « séparatistes » ou « extrémistes » : alors que l’État se radicalise, toutes les autres formes de radicalisations nécessaires (écologistes, féministes, antispécistes, anti-racistes, décoloniales, etc…) peuvent tomber sous le vaste joug de l’antiterrorisme. En témoignent les approbations nauséabondes de l’élite politicienne à la récente tribune des militaires, inspirés par le fasciste Renaud Camus (théoricien du « Grand Remplacement ») Ou encore les soutiens aux défilés de flics.

Qu’en sera-t-il bientôt chez nous ?

À l’heure où les masses statistiques jouissent déjà de l’écrasement des ZAD, s’indifèrent [ou se réjouissent] des milliers de meurtres aux frontières de l’Europe, mais pleurent la perte d’un flic, le pire est déjà-là. L’antiterrorisme est la même marionnette d’un pouvoir dissimulant ses propres horreurs. Et le gouvernement continue de doter l’a-Justice des outils pour terroriser les minorités culturelles et les dissidences politiques, ainsi que leurs soutiens.

Un de ses derniers outils, la loi séparatisme, prévoit une peine de 7 ans de prison et 100 000€ d’amende « le fait de provoquer directement à des actes de terrorisme ou de faire publiquement l’apologie de ces actes ». Nous vivons le moment de l’épuration vitale d’un pouvoir qui se doit d’être l’Unique quand prendre d’autres chemins n’a jamais été aussi désirable. Là où nos sens ne demandent qu’à s’en séparer ; tout savoir, toute critique, toute différence et toute liberté sont méticuleusement comprimé·es dans Un futur autoritaire. À l’heure où il est plus que nécessaire de rompre avec les racines marchandes et coloniales de notre société, l’État ne supporte plus aucune critique profonde, aucune dissidence, aucune pluralité radicale. Dans son délire autoritaire, il impose de choisir un camp : Charlie ou terroriste ? Patriote ou séparatiste ?

Brandir la « menace d’ultragauche » et ses « projets d’actions violentes » participe de cette stratégie. Tout comme la mémoire des victimes des attentats sont souillés par le gouvernement, empaillés pour servir ses intérêts. Être gouverné sera toujours être marionnette. Samuel Paty [paix à son âme] ne restera dans l’histoire qu’une malheureuse aubaine pour un gouvernement liberticide. L’article 18 de la loi Séparatisme (sensé empêcher qu’un meurtre identique ne se répète) prévoit de punir la « diffusion d’informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d’une personne permettant de l’identifier ou de la localiser ». Elle prévoit jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 € d’amende lorsque la personne visée est dépositaire de l’autorité publique. Nul doute qu’elle sera utilisée pour les personnes pratiquant le copwatching ou la vigilance antifasciste. Et nul doute que cela n’empêchera pas d’autres meurtres. Le terme « séparatisme » est d’ailleurs entré pour la première fois dans le droit français en 1937, sombre époque où la police fusillait syndicalistes et communistes lors de la contre-manif de Clichy qui voulait empêcher un rassemblement d’extrême-droite.

Autorisation d’un rassemblement fasciste et répression des contre-manifestant·es, ça ne vous rappelle rien ? À Rennes par exemple, c’étaient les néo-fascistes de l’action française, [les mêmes qui ont attaqué le centre culturel islamique de Villjean à deux reprises], qui tabaissaient des pro-PMA et des membres de la communauté LGBT lors de la contre-manif pour tous il y a quelques mois.

Mais il reste des gentes, dans le monde entier, que cet Ordre du monde répugne, sensibles et hostiles face aux saccages et à l’immonde. C’est ce qu’on reproche aux inculpé·es du 8/12 qui ont cela en commun, et plus que jamais aujourd’hui — de voir au delà du mirage. C’est ce qu’o reproche aux militant·es en général, de tendre à faire sécession avec l’Ordre qui nous est imposé. C’est aussi ce que font les composantes de la révolution écologiste, féministe et communaliste en cours au Rojava, contre deux régimes fascistes : l’État Islamique et la Turquie. Et ce sont aujourd’hui des personnes qui militent pour ces rares « étincelles d’espoir » qui sont victimes de la terrorisation démocratique.

Pour que le monde ne devienne pas une prison : Abrogation des lois Antiterroristes, Abolition de la Police, de la Prison et du système Pénal !

Jin, Jiyan, Azadî !

Manifs du 12 décembre : le carnage répressif en Marche

Que fait la police ? Ça crève les yeux !

Une soixantaine de mobilisations contre la proposition de loi « Sécurité globale »  1 ont rythmé cette fin de semaine dans tout l’Hexagone. Au moins 60 000 personnes ont marché ce samedi 12 décembre. Plus de 150 villes, des métropoles jusqu’aux localités plus modestes, ont déjà connu au moins un rassemblement depuis le 28 novembre. Nous nous en félicitons.

Toutefois, comme nous le redoutions, la manifestation parisienne, bien que dûment déclarée par un collectif d’organisations et autorisée par la préfecture de police, s’est transformée en un véritable carnage répressif.
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  1. Lien vers un décryptage de cette loi par l’association de défenses des droits et libertés sur internet La Quadrature du net

Les 3 F de Macron : Floutage, Filoutage, Flicage

Violences ACABlantes

Un commissariat est bombardé à coups de feu d’artifice pour venger un copain blessé suite au pare-chocage de son scooter par les flics, d’autres flics jouant aux cowboys sont piteusement dépouillés de leurs armes. Ce contexte est pris comme prétexte par le pouvoir pour satisfaire les exigences du FN/RN et de ses alliés de la droite, retransmises par les syndicats policiers.

Désormais, obligation de floutage des vidéos filmant les actions des forces de l’ordre qui circulent sur les réseaux, éloignement des journalistes et des observateurs humanitaires, peine planchers pour ceux qui sont qualifiés d’« agresseurs » de policiers.

Il ne reste que le droit de tirer à vue sur la foule. À ce rythme là, ça ne va pas tarder. Jusqu’ici les actes de barbarie de la police, yeux crevés, mains arrachées, morts par asphyxie, étranglements ou encore pare-chocages… sont restés pratiquement impunis. Mais une partie des ces crimes pouvaient au moins être démasqués grâce aux vidéos et témoignages. Avec les nouvelles mesures décidées et celles dans les cartons, la police peut maintenant les camoufler encore plus.

Cette logique de floutage/flicage est dans l’ADN du pouvoir. C’est elle qui est à l’œuvre dans la gestion de l’épidémie de coronavirus. Toutes les données statistiques de la 1ère vague ont été floutées ; le pouvoir n’a pas cessé de filouter concernant les masques puis les tests et le suivi des contaminations ; plutôt que d’ouvrir des lits d’hôpitaux le pouvoir en a supprimé (comme au CHU de Nantes où 100 lits ont été fermés), la seule réponse a été répressive et liberticide : le couvre feu qui assure le flicage de la population.

Floutage, filoutage, flicage, les 3 F de Macron agissent comme une logique aveugle et cynique même dans le cas de la tragédie de l’assassinat du professeur du collège de Conflans, Samuel Paty. Floutage des circonstances exactes qui ont conduit à ce meurtre ignoble ; filoutage du discours sur l’unité nationale qui conduit directement à la stigmatisation des musulmans ; flicage avec la chasse aux sorcières lancée contre toutes celleux qui oseraient dénoncer l’islamophobie ambiante.

Gardons les yeux ouverts malgré l’obscurité de l’époque, la logique des 3F continuera d’agir. Ne baissons pas la garde.

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Rester Humain, c’est Résister !

Homme-Machine
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Ces derniers mois, les mots que nous entendons le plus souvent sont « santé », « bien-être » et « état d’urgence ». Dans ce contexte, renouvelé et renforcé avec les décrets gouvernementaux, la bonne santé coïncide – ou plutôt ne peut être séparée – de la mise en place d’un état d’urgence qui permet les pleins pouvoirs pour ceux qui prétendent nous gouverner. En plus de détruire toutes les formes de liberté, ce régime techno-sanitaire est également engagé dans la mortification de l’avenir des générations futures. On le constate avec ce qui se passe actuellement dans les écoles – mais pas seulement – à l’encontre de nos enfants. Ce pouvoir, qui ne cache désormais plus ses intentions, se prépare à changer le monde de manière irréversible.

Mais si nous sommes sous une dictature sanitaire, où sont les troupes ?

Ce régime techno-sanitaire va bien au-delà des quelques marionnettes qui s’agitent à Matignon mais fonctionne à travers des techniciens et des « experts » qui ne sont pas de simples consultants mais sont issus du monde de la finance. Aujourd’hui, l’obéissance est obtenue grâce au contrôle de la santé avec des données manipulées et créées ad hoc, gérées essentiellement par les entreprises du tout numérique.

Les actuelles mesures de limitation de la liberté, imposées par différents décrets, ont peu à voir avec l’urgence sanitaire en cours ; elles visent à vider les rues des villes de toute activité autre que productive et fonctionnelle au système, à mettre de côté toute dissension, à faire taire les voix étrangères […], à juguler le conflit social. Il n’y a pas besoin de trop d’analyses politiques, il suffit simplement d’observer la réalité qui se présente brutalement devant nos yeux : au-delà de la rhétorique du « tout ira bien », de l’effort commun demandé « pour le bien de tout le monde », avec ou sans pandémie, il n’y a qu’un seul domaine dans lequel l’État brille par sa diligence : la répression.
– Attaque, 17 nov. 2020

Nous subissons une attaque constante sur la dimension émotionnelle, attaque qui terrorise d’abord puis qui créé de l’espoir. Attaque qui oblige les gens à demeurer dans un état constant d’anxiété et de peur – et ce pouvoir a besoin de beaucoup de peur pour ses projets. Parce que la peur, étouffée derrière les masques ; évite la formation de pensées, la création de critiques et donc de réaction à ce que nous subissons depuis des mois. Nous atteignons une forme de contrôle et de la digitalisation de tout : aussi bien à l’extérieur comme à l’intérieur de nos foyers.

Ce nouveau monde mis en place à grande vitesse a besoin de notre soumission pour fonctionner, mais il a également besoin d’un nouveau réseau de téléphonie mobile : la 5G.
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[Tract] Nous refusons de respecter le couvre-feu !

Plus allume-feu que couvre-feu

Initialement publié sur Indymedia Nantes le 26 octobre 2020, un tract en A5 recto/verso dont voici une libre transcription :

Parce que ce couvre-feu est légitimé par la « lutte » contre le virus alors que c’est avant tout un outil de gestion de la population. Quelle est la logique à continuer les activités la journée, mais de les interdire le soir  ? Ou d’interdire les rassemblements de plus de 10 personnes, mais de garder la main d’œuvre d’aujourd’hui et de demain au travail et à l’école  ? Une logique selon laquelle ce qui n’est pas nécessaire à l’économie et au maintien de l’ordre peut être supprimé  !

Nous refusons de respecter le couvre-feu parce qu’on ne croit pas une seconde que l’état agit « pour notre bien », il est comme toujours là pour maintenir l’ordre en place, qui profite aux mêmes : les dominants de ce monde. Comme lorsqu’ils utilisent le vernis humanitaire pour leurs guerres néocoloniales, ils avancent l’excuse de « sauver des vies » pour justifier leurs mesures sécuritaires. Mais nous refusons cette idée fallacieuse de nous empêcher de vivre, au nom de la « vie ».

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Contre la terreur et les fanatiques libéraux qui en tirent profit

The Face of War Skull - Salvador Dali

Au-delà de l’émоtiоn suscité par l’assassinat de Samuel Paty, le pоuvоir macrоnien effectue un virage vers l’extrême drоite. Sur fоnd de déclaratiоns irrespоnsables et prоvоcatrices, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, semble оrchestrer cette оpératiоn dоnt les principales victimes serоnt les libertés d’оpiniоn, d’expressiоn et d’assоciatiоn.

Ci-après, un petit flоrilèges desdits cоmmentaires et quelques réflexiоns au sujet des « cоrpоratismes » et des « séparatismes » passés sоus silence : ceux des riches capitalistes et des technоcrates fascistes qui nоus gоuvernent. Enfin, nous ajoutons une analyse pertinente de ACTA au sujet de l’hypocrisie des « démocraties » libérales qui prétendent combattre le terrorisme.

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Comment l’État produit les régimes de violence dont les classes dominantes ont besoin ?

Police partout justice nulle part

Est-il absurde de rêver d’une police non autoritaire ? Un slogan lapidaire a tranché la question : « CRS, SS ». Il y a pourtant deux manières de concevoir l’autorité. Soit comme un certain style, vertical et viril, dans l’exercice de la force : montrer qu’on en a. Soit comme le contraire : avoir de l’autorité, c’est se faire obéir sans recourir à la force. Sur le premier point, la police française en connaît un rayon. Sur le deuxième, moins : il est grand temps qu’elle s’y mette.

Un flic est au sens du droit pénal un « dépositaire de l’autorité publique ». À l’expression « agent de la force publique » s’est substituée et généralisée celle de « dépositaire de l’autorité publique ». Être agent de la force publique, c’est être simple exécutant de la force. Dépositaire de l’autorité publique, le flic devient le plein titulaire de la puissance publique, puissance qui s’épanouit dans toute sa plénitude et ne se réduit plus à sa simple instrumentalité, la force physique. Dépositaire et non plus agent, il décide de la force qu’il emploie et n’est plus seulement son instrument. La qualification pénale du flic veut durcir l’autorité dont il est le représentant, mais le projette dans le même temps dans un horizon de responsabilité individuelle qui permet d’autant moins au flic de s’exonérer de ses responsabilités.

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Le Monde n’est pas Blanc ! C’est la couleur du Pouvoir…

All lives matter

On ne peut pas changer tout ce que l’on affronte mais rien ne peut changer tant qu’on ne l’affronte pas.
— James Baldwin, “I’m not your negro” (2016)

L’idée d’un « racisme anti-Blancs » empêche de penser. L’esprit se trouve comme sidéré face à cette notion dont chacun perçoit confusément le caractère antinomique, sans oser pourtant contester qu’elle puisse exister. À quel titre les injures « sale Blanc », « sale Français », « face de craie » seraient-elles en effet moins condamnables que « sale Nègre », « bougnoule » ou « youpin » ? Pourtant, on sent bien que quelque chose « ne colle pas ». Phénomène historique, politique, social, le racisme déborde bien au-delà du cadre étroit de sa définition juridique et les questions de racisme et de « racisme anti-blancs » ne peuvent être dissociées des rapports de forces et de domination qui gouvernent l’histoire des sociétés humaines occidentales à travers les siècles.
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La Peur : virus sécuritaire

carnivorous

À partir du constat largement partagé selon lequel « le monde est dangereux », les dispositifs de coercition se sont considérablement renforcés, et cela est d’autant plus vrai avec la crise sanitaire actuelle. Il est flagrant, à l’heure où nous écrivons ces mots, que l’« insécurité » contre laquelle l’État veut s’édifier est celle de nos corps, de notre santé physique, psychique et mentale, et beaucoup moins la précarité sociale, laquelle bien que déjà catastrophique ne cesse de s’accroître avec le confinement. Si l’on accorde à Zigmunt Bauman que la « vulnérabilité et l’incertitude humaines sont les fondements de tout pouvoir politique » 1, il ne s’agit plus pour l’État de justifier son autorité par la protection qu’il accorde en regard des pénuries alimentaires ou des violences du marché engendrées par la crise, mais de légitimer, et d’accroître, son pouvoir par le recours théâtralisé à une « peur officielle » provoquée par le virus et transmise jusqu’aux recoins les plus éloignés des mondes « civilisés. »

Dramatisation de l’insécurité des corps

On dira qu’il s’agit de la même illusion qui consiste à croire dans la fonction protectrice de l’État, en lui conférant la charge invraisemblable de parer aux incertitudes de l’existence. Mais, là où l’État était confronté à la société comme à un interlocuteur qui interrogeait son autorité, l’État sécuritaire ne donne plus que deux directions possibles : la « menace » d’une crise sanitaire et économique sans précédent et celle des citoyen·ne·s recentré·e·s sur leurs peurs. D’un côté le modèle du conflit, de l’autre celui de la « guerre ». Cette dramatisation de l’insécurité des corps et l’exagération de l’insécurité économique n’a pas d’autre objectif : nous faire oublier l’autorité et restaurer la puissance.

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  1. Zigmunt Bauman, « Pouvoir et insécurité. Une généalogie de la “peur officielle“ », Esprit, novembre 2003.