À celleux qui sèment au vent

riot fist

Un texte diffusé par le Comité des Oisives Organisées et Libertaires, à Redon (Ille-et-Vilaine).

À celleux qui nous prennent tout, à celleux qui nous humilient, nous piétinent ! Nous signifions notre refus de nous laisser conduire dans une lente agonie vers le néant. Iels nous interdisent d’être libres ? Nous sommes et serons solidaires face à l’oppression. Cette fois-ci, pas de sauf-conduit mais une justice implacable et légitime.

Nous connaissons la valeur des choses, nous comprenons la valeur de la vie. L’énergie qui nous pousse depuis le fond de l’histoire vers notre émancipation, ne saurait s’échouer sur la haine de celleux qui chaque jour nous trahissent un peu plus.

Solidaires de tout·es les oppressé·es, les affranchi·es, les prisonnièr·es, nous descendrons les bourgeois de leur podium, de leur tour d’ivoire pour les faire trimer à l’usine, aux champs, à la mine ou croupir à Cayenne.

Entravons-les dans leur chair comme ils accablent le monde. Ensauvageons notre quotidien, libérons nos consciences du joug de la domination.

Nous déclarons la Commune Libre de Redon, comme tout·es nos pareilles partout en France. Partout les comités s’organisent pour enraciner le pouvoir populaire bien profond dans la terre, les communes libres fleurissent et refusent l’oppression constante de l’État illégitime et de ses complices.

La désobéissance, les boycotts et les sabotages seront nos armes, des armes puissantes pour danser sur un monde à bout de souffle dont nous ne voulons pas.

Redon, 1er mai 2021

[EZLN] Première partie : Une déclaration… Pour la VIE

Enlace Zapatista - EZLN

Aux peuples du monde,
Aux personnes qui luttent sur les cinq continents,
Frères, sœurs, frœurs, compañeros, compañeras,

Durant ces derniers mois, nous avons pris contact entre nous de différentes manières. Nous sommes des femmes, des lesbiennes, des gays, des bisexuels, des transgenres, des travestis, des transsexuels, des personnes intersexes, des queers et d’autres encore, hommes, groupes, collectifs, associations, organisations, mouvements sociaux, peuples originaires, associations de quartier, communautés et un long et cætera qui nous donne une identité.

Nos différences et les distances entre nous viennent des terres, des cieux, des montagnes, des vallées, des steppes, des déserts, des océans, des lacs, des rivières, des sources, des lagunes, des races, des cultures, des langues, des histoires, des âges, des géographies, des identités sexuelles ou pas, des racines, des frontières, des formes d’organisation, des classes sociales, des capacités financières, du prestige social, de la popularité, des followers, des likes, des monnaies, des niveaux de scolarité, des manières d’être, des préoccupations, des qualités, des défauts, des pours, des contres, des mais, des cependant, des rivalités, des inimitiés, des conceptions, des argumentations, des contre-argumentations, des débats, des différends, des dénonciations, des accusations, des mépris, des phobies, des philies, des éloges, des rejets, des abus, des applaudissements, des divinités, des démons, des dogmes, des hérésies, des goûts, des dégoûts, des manières d’être, et un long et cætera qui nous rend différents et bien des fois nous oppose.

Zapatista EZLN

Il n’y a que très peu de choses qui nous unissent :

Faire nôtres les douleurs de la terre : la violence contre les femmes, la persécution et le mépris contre les différentEs dans leur identité affective, émotionnelle, sexuelle ; l’anéantissement de l’enfance ; le génocide contre les peuples originaires ; le racisme ; le militarisme ; l’exploitation ; la spoliation ; la destruction de la nature.

Comprendre que le responsable de ces douleurs est un système. Le bourreau est un système exploiteur, patriarcal, pyramidal, raciste, voleur et criminel : le capitalisme.

Savoir qu’il n’est pas possible de réformer ce système, ni de l’éduquer, de l’atténuer, d’en limer les aspérités, de le domestiquer, de l’humaniser.

S’être engagé à lutter, partout et à toute heure – chacunE là où on se trouve – contre ce système jusqu’à le détruire complètement. La survie de l’humanité dépend de la destruction du capitalisme. Nous ne nous rendons pas, nous ne nous vendons pas, nous ne titubons pas.

Avoir la certitude que la lutte pour l’humanité est mondiale. De même que la destruction en cours ne reconnaît pas de frontières, de nationalités, de drapeaux, de langues, de cultures, de races, la lutte pour l’humanité est en tous lieux, tout le temps.

Avoir la conviction que nombreux sont les mondes qui vivent et qui luttent dans le monde. Et que toute prétention à l’homogénéité et à l’hégémonie attente à l’essence de l’être humain : la liberté. L’égalité de l’humanité se trouve dans le respect de la différence. C’est dans sa diversité que se trouve sa ressemblance.

Comprendre que ce n’est pas la prétention d’imposer notre regard, nos pas, nos compagnies, nos chemins et nos destins qui nous permettra d’avancer, mais la capacité à écouter et à regarder l’autre qui, distinct et différent, partage la même vocation de liberté et de justice.

De par ce qui nous unit, et sans abandonner nos convictions ni cesser d’être ce que nous sommes, nous nous sommes mis d’accord pour :

Premièrement
Réaliser des rencontres, des dialogues, des échanges d’idées, d’expériences, d’analyses et d’évaluations entre personnes qui sommes engagées, à partir de différentes conceptions et sur différents terrains, dans la lutte pour la vie. Après, chacun continuera son chemin, ou pas. Regarder et écouter l’autre nous y aidera peut-être, ou pas. Mais connaître ce qui est différent, c’est aussi une partie de notre lutte et de notre effort, de notre humanité.

Deuxièmement
Que ces rencontres et ces activités se réalisent sur les cinq continents. Qu’en ce qui concerne le continent européen, elles se concrétisent durant les mois de juillet, août, septembre et octobre 2021, avec la participation directe d’une délégation mexicaine formée par le Congrès National Indigène-Conseil Indigène de Gouvernement, le Front des Villages en Défense de l’Eau et de la Terre des États de Morelos, Puebla et Tlaxcala, et par l’Armée Zapatiste de Libération Nationale. Et que nous aiderons selon nos possibilités à ce qu’elles se réalisent, à des dates postérieures encore à préciser, en Asie, en Afrique, en Océanie et en Amérique.

Troisièmement
Inviter les personnes qui partagent les mêmes préoccupations et des luttes similaires, toutes les personnes honnêtes et tous les en-bas qui se rebellent et résistent dans les nombreux recoins du monde, à rejoindre, à contribuer, à soutenir et à participer à ces rencontres et activités ; et à signer et à s’approprier cette déclaration POUR LA VIE.


Ejército Zapatista de Liberación Nacional
Le 01/01/2021

Ensemble, défendons… La liberté, quelle liberté ?

La Vita e Bella

Par : La Rédaction.

En répоnse à la tribune « ensemble, défendоns la liberté » initiée par le caricaturiste Riss et relayée par une centaine de médias régiоnaux et natiоnaux. Parce qu’оn se demande bien de quelle liberté ils nоus parlent !?

En préambule, une évidence : la vraie liberté pоur les médias mainstream actuels, la seule qui vaille, celle qui détermine tоutes les autres, c’est la liberté ÉCONOMIQUE. A partir du mоment, оù vоtre jоurnal est aux mains d’une persоnne оu d’une multinatiоnale, et qu’en plus vоtre jоurnal fоnctiоnne grâce aux annоnces publicitaires, alоrs vоus ne faites pas du jоurnalisme. Vоus faites de la cоmmunicatiоn déguisée en jоurnalisme, avec tоus les cоdes de rigueur qui lui sоnt assоciés.

Alоrs quand je vоis une centaine de médias, presque tоus détenus par des milliardaires оu par l’État français, faire un appel à leurs « cоncitоyens » pоur sоutenir la liberté d’expressiоn, je me dis qu’ils sоnt grоtesques. Et aberrants !

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J’avais envie d’écrire une lettre…

Par : La Rédaction.


Bonjour,

Comment ça va ?
Ça va ?
J’aurai dû vous le demander tout à l’heure déjà, pardonnez-moi de ne pas l’avoir fait : est-ce que vous voulez que je mette mon masque ?
Ça va pour vous si je le laisse dans ma poche ?
Je vous demande, parce que j’ai entendu comme vous les annonces, ces derniers jours, des gens qui nous « gouvernent » parler des restrictions nouvelles liées à la pandémie et bon… voilà… je sais que ça peut être angoissant. Et je voulais amener un peu d’optimisme.
Et puis je suis heureux qu’on puisse quand même se parler.
Disons… tant que c’est possible.

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Choses vues : une prophétique observation

Oeil photo ValK Nantes

« Hier, 22 février, j’allais à la Chambre des pairs. Il faisait beau et très froid, malgré le soleil et midi. Je vis venir rue de Tournon un homme que deux soldats emmenaient. Cet homme était blond, pâle, maigre, hagard ; trente ans à peu près, un pantalon de grosse toile, les pieds nus et écorchés dans des sabots avec des linges sanglants roulés autour des chevilles pour tenir lieu de bas ; une blouse courte et souillée de boue derrière le dos, ce qui indiquait qu’il couchait habituellement sur le pavé, la tête nue et hérissée. Il avait sous le bras un pain. Le peuple disait autour de lui qu’il avait volé ce pain et que c’était à cause de cela qu’on l’emmenait. En passant devant la caserne de gendarmerie, un des soldats y entra et l’homme resta à la porte, gardé par l’autre soldat.

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Ce Matin

Par : La Rédaction

Leaves

Nous voulons Transmettre un message. Émettre un songe rêve-vindicatif !

Puisque c’est l’illusion qui vous sied, nous voulons crier que c’est le réalisme-magique qui nous anime. Que des étoiles-filantes ont traversé nos caboches comme des pensées-lumières & que nous avons résisté dans le froid de la nuit, en nous blottissant les unes contre les autres. À part les souffles des vents, les seuls langages que nous connaissions encore aujourd’hui sont ceux de la Nature, du dessin, de la lettre & du trait. Les métaphores sont nos alliées, car nous avons compris que, quelle que soit la forme de la pyramide l’ombre diminue suivant l’ascension. Alors, d’un geste du poignet nous clamons cette Vérité Réelle d’une impression texte-stylisée.

C’est un peu comme un poème que l’on récite vers l’infini, perdu dans le Désert des Bruits. Une image, un mot. Un mirage au milieu du tumulte. Nous revendiquons notre Pouvoir de déclarer notre flemme à une ère que nous jugeons inféconde, épuisée & moribonde.

Nous revendiquons le droit de transmettre ces couleurs qui sont aussi les vôtres, mais que vous avez simplement oubliées. Nous souhaitons vous procurer un peu de cette Poussière & de cette Lumière que nous avons fait pousser dans nos Jardins Imaginaires Émotionnels. Par un abus de pouvoir de séduction, nous imposons notre Désir de vous faire entrevoir, l’espace d’un instant, autre chose que l’image-inerte de la Géométrie Pure & des barbouillages d’octets un peu idiots. Nous souhaitons métamorphoser vos natures-mortes en quelque chose qui vous ravit — et qui vous ravive — enfin le cœur.

Puis,
Nous revendiquons le droit de froisser même le plus droit des uniformes !
Ne serait-ce qu’un instant ?

Ce matin.
Réellement, c’est ce qui nous anime.

Derrière les écrans noirs

Tour de Babel GAFAM

Par : La Rédaction

Derrière les écrans noirs, au cœur des faisceaux et des ombres, il y a un nuage de données, électrique et glacial. Dans cet espace illimité où l’on numérise l’horizon, on invente un demain bien réel… condamné au virtuel. Derrière les écrans noirs, il y a des orgies de chiffres qui dupliquent des abîmes d’émotions de synthèse. Auprès de catacombes d’éclairs et d’octets perdues dans l’infini.

Voici les premières notes.
Et puis il y a nous… les humains.

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Lettre de Grèce à la Jeunesse manifestante en France

Tolbiac la situation est excellente« Chèr-es camarades,
Vos mobilisations constituent le phare pour toute la jeunesse de l’Europe, qui, aujourd’hui est frappée de l’attaque des gouvernements réactionnaires, ainsi que de l’Union Européenne et du FMI. Avec cette lettre nous voulons exprimer notre solidarité internationaliste indéfectible. Nous voulons apprendre par vos luttes, coordonner notre pas avec le vôtre.

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Nos vies ne sont pas des algorithmes

Par : La Rédaction

Les consciences solitaires se regroupent

Nos vies ne sont pas des algorithmesLes voies qui mènent à la découverte sont parfois complexes, et le hasard, né de cette faculté qu’ont les individus de deviner de façon intuitive ce qui est encore inconnu, s’immisce souvent dans ce cheminement.

icon pdfNos vies ne sont pas des Algorithmes
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Imaginez comment vous êtes arrivé ici : vous naviguiez sur la toile à la recherche d’une information, et de clics en clics vous voilà à lire cet article. Au départ, vous n’aviez jamais entendu parlé de ZeKa. Mais voilà, la sérendipité est la possibilité de découvrir des contenus inattendus, surprenants, originaux, qui vous apportent quelque chose tout en ouvrant de nouvelles perspectives.

Internet est le meilleur outil pour faire disparaître le hasard de nos vies. Sans forcément vous en rendre compte, lorsque vous visitez un site internet ou que vous naviguez sur un moteur de recherche, vos informations de géo-localisation sont enregistrées, l’historique de vos visites est analysée et une multitude de données vous concernant sont stockées dans de lointains serveurs. Sur votre téléphone portable, vos e-mails et vos courriers sont étudiés sémantiquement. En apprenant tout de vos goûts, de vos attentes, de vos envies, de vos habitudes et de vos fréquentations, en recommandant sans cesse les contenus qui vous plaisent, Internet finit, à terme, par vous proposer ce que vous attendez sans que vous ayez à bouger le petit doigt.

Cela vous apporte confort et commodité de navigation ? J’en conviens, Internet est un outil libre. Mais en poussant la méthode de la personnalisation jusqu’à son paroxysme, votre moteur de recherche préféré ne fera que bâillonner le web, en modérant la variété et la découverte, au profit d’une information que l’on vous recommande, servie sur un plateau. Alors, quel est le prix à payer pour la pertinence de vos recherche ? La capacité de calculer vos préférences, de transformer vos intérêts en algorithmes et vos désirs en suite de chiffres fini par bannir, progressivement, tout imprévu dans notre style de vie numérique.

Êtes-vous prêts à échanger votre vie difficile (mais passionnante) au profit d’un quotidien prévisible ? Un monde entièrement régi par des algorithmes n’est pas seulement terne et ennuyeux. C’est aussi le reflet d’une société commerciale parfaitement individualisée. Dans son roman Les Misérables, Victor Hugo fait état de « Ces grandes coïncidences dont l’Histoire est friande […] L’ordre des Choses ne peut se faire sans elles. » Aujourd’hui, les grandes coïncidences ne sont plus l’autorité. Même les plus petites !

Si tout devient formaté, nous perdrons cet enrichissement propre aux hasards. Pour évoluer tels des êtres Humains, nous avons besoin de toutes ces coïncidences, ces découvertes inattendues, ces rencontres fortuites avec l’inconnu. Elles nous inspirent et nous permettent de voir le monde différemment, elles apportent de nouvelles dimensions aux hommes. Nous ne pouvons vivre sans coïncidences, sans ces impondérables qui sont autant de richesses, pas même sur la toile.

En sauvant la sérendipité, nous sauverons nos âmes et ce qui nous distingue des machines.