Plesséole : STOP au projet d’éoliennes à Plessé !

Le Dresny Plessé

Reçu par mail.

Des citoyens qui s’étaient déjà impliqués dans les parcs éoliens citoyens Bégawatts et Isac-Watts ont décidé d’en impulser un sur notre belle commune, Plessé, en Loire-Atlantique. Derrière un discours « écolo » et soi-disant « citoyen » se cache une toute autre réalité que la plupart d’entre nous refusent encore de voir. Un éclaircissement s’impose :

Les industriels, de façon à pérenniser leurs marchés, doivent s’adapter à un discours écologiste, via le développement de concepts tels que le « développement durable » (un oxymore que nous dénoncions dans cet article). Manipuler la sémantique de l’écologie permet donc d’invisibiliser des processus industriels qui n’ont rien à voir avec les notions utilisées.

La mise en avant de l’énergie éolienne fait partie de ces processus. En effet, en s’intéressant de plus près à qui bénéficie et participe à l’implantation de sites d’éoliennes, nous nous retrouvons face aux mêmes acteurs faisant la promotion du nucléaire ou autres immondices industriels. Tout est prévu pour faciliter l’ouverture d’un marché financier juteux qui n’a rien à voir avec une recherche d’autonomie énergétique impliquant un minimum d’impact sur l’environnement. Il en est de même, hélas, pour les parcs dits « citoyens. »

Un impact destructeur sur les écosystèmes

Une éolienne, c’est entre 1 300 et 2 400 tonnes de béton armé (et les machines qui vont creuser les trous, broyer la terre, aplatir les sols, pulvériser des millions d’individus végétaux et d’insectes), un pylône en acier de 100 mètres et des pales gigantesques en plastique (non recyclable évidemment). L’éolien ce n’est pas de l’écologie, c’est de l’industrie. De plus, l’énergie produite par le futur parc sera envoyée directement dans le réseau national de RTE. Impossible alors pour les habitant·es de Plessé de savoir si l’énergie qu’iels consommeront vient réellement de leur joli parc éolien…

Aujourd’hui toute marchandise est « verte », « écologique », « durable »… L’écologisme ce sont de nouvelles entreprises, l’exploitation de nouvelles sources d’énergie, des entreprises de recyclage, des bâtiments aux nouvelles normes à construire, etc. Le développement durable ça rapporte. Les éoliennes, les panneaux solaires, les banques éthiques… autant de nouvelles perspectives de profit. De plus, le discours écolo vient à point pour faire passer des augmentations des taxes et autres ponctions sur les salaires, etc. Quoi de mieux que de se servir de réels problèmes pour faire augmenter le taux d’exploitation ? Vive le capital (sic) !

Idéologie écologique

L’écologisme n’est pas quelque chose de nouveau mais en quelques décennies c’est devenu le centre de campagnes de plus en plus envahissantes. Toutes sortes de colloques, conférences, sommets, tous les rouages de l’État se mobilisent pour nous embrigader dans ces campagnes.

Mais les réponses de l’État sont aussi idiotes qu’assassines. Halte à la croissance, pour la décroissance, et la croissance « durable ». C’est oublier que tout capital ne survit qu’en s’accroissant, en se reproduisant de façon élargie et en n’obéissant qu’à son profit immédiat !

Vers la non-remise en cause de notre Système

De plus, il est demandé à des communes peu consommatrices d’énergie (les sites d’implantation d’éoliennes sont habituellement en milieu rural) de subir les excès des zones urbaines saturées. Nous n’allons donc pas dans le sens d’une remise en cause de notre façon de consommer mais bien dans une course sans fin à la conquête de nouvelles ressources jusqu’alors laissées intactes. Proposer une énergie « 100% renouvelable d’ici 2050 » est le rêve de tous les industriels du Système capitaliste actuel.

Il s’agit donc toujours de préserver le capital, son développement, sa capacité à faire du profit. Il nous faut cesser de croire qu’il pourrait être efficace de mettre des pansements sur un corps pourri à la base. De cette façon, nous ne touchons jamais à la racine du problème. Des pansements tel que le « recyclage » ou les énergies « renouvelables » ne changeront rien, au contraire. La saloperie continuera à s’entasser ! Les armes continueront à être produites pour mener la guerre du profit !

Au lieu d’arrêter cet engrenage, nous y apportons sans cesse un peu plus de graisse, encore et encore. Mais cette graisse est « verte », « écologique » et « durable ». Capitalisme à visage humain, économie verte, commerce équitable… tous les termes sont bons pour nous faire croire à un capitalisme bio-éthique à développement durable ! Faire durer le système et que le profit qu’il en tire soit durable ! Voilà bien le seul mobile de toutes ces campagnes moralisantes.

Pendant des siècles, la bourgeoisie nous a fait bouffer du progrès à toutes les sauces sous les auspices de la déesse Science. Le capital a développé la camelote à tout va. Aujourd’hui, les politiques nous répètent que notre confort coûte cher et ils nous gavent de sciences du recyclage, du souci d’économie de l’énergie, de sauvegarde de la planète, de développement durable, de simplicité volontaire, etc. Le capital veut laver plus blanc que blanc. Sous le goupillon de l’écologisme, l’humanitaire et de l’éthique, tout pourrait retrouver un sens moral pourvu qu’on y mette un peu du nôtre. La bourgeoisie ne cherche qu’à se blanchir de ses guerres et de sa responsabilité d’avoir conduit le monde à la catastrophe.

L’État se fait écologiste parce qu’il ne peut pas nier la catastrophe générale et qu’il doit mettre en place des chicanes afin d’éviter que tout n’explose — et notre colère en premier.

Mais alors que faire ?

Allons à la racine des choses : il faut détruire le capitalisme. Battons-nous ensemble pour sa destruction. Cette « solution » de l’éolien et du renouvelable est capitaliste. Elle ne résout rien du tout. Elle s’oppose même à notre lutte collective. Soyons ensemble car il n’y a pas de solutions individuelles.

NON à celleux qui espèrent créer un monde meilleur en s’enfermant dans une entreprise « durable », « éthique » et « bio » ! NON au comportement de l’autruche qui met sa tête dans le sable et ne veut pas voir dans quelle merde elle vit !


Des habitant·es de Plessé qui refusent de se cacher derrière des solutions qui n’en sont pas et qui nous divisent.

Photo : le site d’implantation du futur parc éolien Plesséole…

Police raciste, Dérive fasciste : Ne nous laissons pas (anti)terroriser !

En prison pour des opinions

Ce texte revient sur l’Affaire du 8/12, ce coup de filet Qui Tombe à Pic témoigne des dérives fascistes qui nous concernent tou·te·s. Elle montre encore une fois qu’il est possible pour la police, grâce à l’outil antiterroriste, d’emprisonner des militant·es (et assimilé·es) pour de « vagues soupçons » d’intentions de « s’en prendre aux forces de l’ordre ». Nous pensons important de mettre en perspective cette affaire avec la remontée des fascismes — et du fascisme d’État — en France (articulés autours de l’islamophobie, le nationalisme et l’antiterrorisme) et les collaborations avec le régime turc, dont la répression des kurdes résidant en France.

Depuis plus de 24 semaines maintenant, 7 enfants, frangin·es, ami·es et camarades arraché·es à leurs proches, sont inculpé·es pour « association de malfaiteurs terroristes » (AMT). Trois d’entre elleux sont encore emprisonné·es sous régime « terroriste » (Détenus Particulièrement Signalés), et un à l’isolement. Il s’agit-là de ce que l’on appelle cyniquement la « torture blanche » : interrogatoires quotidiens, interdiction de boire, de manger, de dormir, éclairage sous des néons 24h/24 et 7j/7, une pression psychologique terrible et bien vénère. La Police les soupçonne d’avoir eu l’intention de planifier des « actions violentes » contre la Police. La boucle s’est bouclée sur les Inculpé·es du 8/12.

À propos des incarcérations du 8 décembre, avec le Comité de soutien aux inculpé-e-s du 8/12 de Rennes : https://hearthis.at/radiopikez/acentrale-060221-pikez/

Les Forces de quel Ordre ?

En quelques mois, nous avons vu l’État passer des lois sécuritaires et islamophobes au nom de la République, imposer un contrôle policier général au nom de la santé de la Nation, hurler contre l’islamogauchisme et emprisonner nos ami·es au nom de l’Antiterrorisme. Nous voyons aussi les avant-gardes néo-fascistes multiplier les attaques (Action Française, Loups Gris, Génération Identitaire, membres de la Police Nationale, anciens-militaires, etc.) contre des manifestations, des mosquées, des squats, des exiléEs, des universitaires, des librairies…

Un des inculpé·es du 8/12, en Quartier d’Isolement depuis bientôt 6 mois maintenant, était sous surveillance depuis son retour du Rojava en 2018. Tous les éléments « pro-kurde » trouvés lors des perquisitions ont été saisis (quelques affiches, livres ou brochures) et utilisés “à charge” par l’a-Justice, comme par exemple cette interview de Zehra Dogan publiée par la revue Ballast : « Un jour nous vaincrons ». 1

Criminaliser toute forme de contestation

De manière systématique et graduelle, la France organise une criminalisation violente de sa population. Qu’elle soit racisée, révoltée, et/ou appauvrie. Elle use de l’outil antiterroriste pour étendre le domaine du non-droit et soumettre le peuple à des désirs punitifs et des peurs. Enfin, elle psychiatrise la déviance, la marginalité et la révolte.

L’ « islamo-gauchisme », le « racisme anti-blancs », l’ « ultragauche », les « valeurs de la république », le « délit de solidarité » ou de « séparatisme » … sont autant d’indices logiques du désastre prévu que nous vivons en direct. La pénétration croissante des thèmes conçus par l’extrême-droite dans le débat public et dans la presse est un prémisse de mauvaise augure, maintes fois décrit comme étape préliminaire à l’avènement d’un régime fasciste.

La production médiatique méticuleuse de “menaces” (« ultragauche », « immigration », « islam politique”, « racialisateurs », etc.) fonctionne chez beaucoup de gens, les rendant complices inconscients de la nécrose républicaine. Et pour ce qui est des milieux de gôche, parlons-en ! Nous sommes bien loin des déclarations de François Hollande affirmant en 2008 au sujet de Tarnac :

Au nom d’une cause juste – lutter contre le terrorisme – on est en train de faire des amalgames et des confusions. Celui qui n’est plus dans la norme, qui peut avoir un comportement déviant, peut être assimilé à un terroriste, ce qui est une atteinte grave aux libertés. »

Comment se fait-il qu’un des plus grands traîtres de l’histoire du socialisme, tienne des propos bien plus critiques sur l’antiterrorisme que la plupart de la gauche radicale aujourd’hui ? Avons-nous oublié que le terme de “terrorisme” vient de la Terreur d’État, théorisée dans la philosophie politique au fondement même de la République française, et ayant servi de modèle dans le monde entier ?

La terrorisation démocratique (Guillon 2009) est au fondement même de la politique étatique. « L’antiterrorisme n’a pas vocation à anihiler un certain niveau de violence, mais un niveau de dissidence politique. »

Cette apathie des « progressistes » de tous bords pour la critique de l'(anti)terrorisme ; à l’heure du rebasculement de l’État dans ses racines fascistes; est la résultante de l’efficacité de l’antiterrorisme et d’une radicalisation de la République. Six années d’État d’Urgence, de lois sécuritaires et de défaites sociales auront réussi à faire de toutes les aspirations, – hors et au delà de la « république » – des aspirations « séparatistes » ou « extrémistes » : alors que l’État se radicalise, toutes les autres formes de radicalisations nécessaires (écologistes, féministes, antispécistes, anti-racistes, décoloniales, etc…) peuvent tomber sous le vaste joug de l’antiterrorisme. En témoignent les approbations nauséabondes de l’élite politicienne à la récente tribune des militaires, inspirés par le fasciste Renaud Camus (théoricien du « Grand Remplacement ») Ou encore les soutiens aux défilés de flics.

Qu’en sera-t-il bientôt chez nous ?

À l’heure où les masses statistiques jouissent déjà de l’écrasement des ZAD, s’indifèrent [ou se réjouissent] des milliers de meurtres aux frontières de l’Europe, mais pleurent la perte d’un flic, le pire est déjà-là. L’antiterrorisme est la même marionnette d’un pouvoir dissimulant ses propres horreurs. Et le gouvernement continue de doter l’a-Justice des outils pour terroriser les minorités culturelles et les dissidences politiques, ainsi que leurs soutiens.

Un de ses derniers outils, la loi séparatisme, prévoit une peine de 7 ans de prison et 100 000€ d’amende « le fait de provoquer directement à des actes de terrorisme ou de faire publiquement l’apologie de ces actes ». Nous vivons le moment de l’épuration vitale d’un pouvoir qui se doit d’être l’Unique quand prendre d’autres chemins n’a jamais été aussi désirable. Là où nos sens ne demandent qu’à s’en séparer ; tout savoir, toute critique, toute différence et toute liberté sont méticuleusement comprimé·es dans Un futur autoritaire. À l’heure où il est plus que nécessaire de rompre avec les racines marchandes et coloniales de notre société, l’État ne supporte plus aucune critique profonde, aucune dissidence, aucune pluralité radicale. Dans son délire autoritaire, il impose de choisir un camp : Charlie ou terroriste ? Patriote ou séparatiste ?

Brandir la « menace d’ultragauche » et ses « projets d’actions violentes » participe de cette stratégie. Tout comme la mémoire des victimes des attentats sont souillés par le gouvernement, empaillés pour servir ses intérêts. Être gouverné sera toujours être marionnette. Samuel Paty [paix à son âme] ne restera dans l’histoire qu’une malheureuse aubaine pour un gouvernement liberticide. L’article 18 de la loi Séparatisme (sensé empêcher qu’un meurtre identique ne se répète) prévoit de punir la « diffusion d’informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d’une personne permettant de l’identifier ou de la localiser ». Elle prévoit jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 € d’amende lorsque la personne visée est dépositaire de l’autorité publique. Nul doute qu’elle sera utilisée pour les personnes pratiquant le copwatching ou la vigilance antifasciste. Et nul doute que cela n’empêchera pas d’autres meurtres. Le terme « séparatisme » est d’ailleurs entré pour la première fois dans le droit français en 1937, sombre époque où la police fusillait syndicalistes et communistes lors de la contre-manif de Clichy qui voulait empêcher un rassemblement d’extrême-droite.

Autorisation d’un rassemblement fasciste et répression des contre-manifestant·es, ça ne vous rappelle rien ? À Rennes par exemple, c’étaient les néo-fascistes de l’action française, [les mêmes qui ont attaqué le centre culturel islamique de Villjean à deux reprises], qui tabaissaient des pro-PMA et des membres de la communauté LGBT lors de la contre-manif pour tous il y a quelques mois.

Mais il reste des gentes, dans le monde entier, que cet Ordre du monde répugne, sensibles et hostiles face aux saccages et à l’immonde. C’est ce qu’on reproche aux inculpé·es du 8/12 qui ont cela en commun, et plus que jamais aujourd’hui — de voir au delà du mirage. C’est ce qu’o reproche aux militant·es en général, de tendre à faire sécession avec l’Ordre qui nous est imposé. C’est aussi ce que font les composantes de la révolution écologiste, féministe et communaliste en cours au Rojava, contre deux régimes fascistes : l’État Islamique et la Turquie. Et ce sont aujourd’hui des personnes qui militent pour ces rares « étincelles d’espoir » qui sont victimes de la terrorisation démocratique.

Pour que le monde ne devienne pas une prison : Abrogation des lois Antiterroristes, Abolition de la Police, de la Prison et du système Pénal !

Jin, Jiyan, Azadî !

Analyse, astuces et tactiques – N’attendons pas qu’il soit trop tard !

astuces tactiques manifs

Au cours des dernières années, nos manifs ont fait l’objet de nombreuses évaluations et analyses, ce qui a suffi pour que certaines tentatives fructueuses soient menées à bien afin de rompre avec des comportements bien ancrés et de retrouver un espace d’action.

Nous espérons généralement autre chose de nos manifs que d’être vus et entendus, ou de bloquer quelque chose. Bien sûr, il s’agit de créer des moments partagés, des moments où nous nous rassemblons dans les rues, des moments où nous pouvons briser la normalité et surmonter l’inertie de masse et nous libérer du joug sociétal. Des moments dans lesquels nous pouvons reconnaître et expérimenter notre force commune. Non pas comme un événement, mais dans le but de créer un moment qui nous relie à d’autres moments de pratique radicale et qui s’en inspire. Des moments à partir desquels une dynamique peut se développer, dans lesquels il est possible de s’inscrire spontanément, d’essayer et d’acquérir de l’expérience.

Afin de ne pas nous attirer dans notre propre piège, il est indispensable de repenser et d’adapter sans cesse nos approches et de sortir des approches et des comportements bien ancrés. En guise de base, nous avons résumé ici quelques analyses et suggestions.
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À celleux qui sèment au vent

riot fist

Un texte diffusé par le Comité des Oisives Organisées et Libertaires, à Redon (Ille-et-Vilaine).

À celleux qui nous prennent tout, à celleux qui nous humilient, nous piétinent ! Nous signifions notre refus de nous laisser conduire dans une lente agonie vers le néant. Iels nous interdisent d’être libres ? Nous sommes et serons solidaires face à l’oppression. Cette fois-ci, pas de sauf-conduit mais une justice implacable et légitime.

Nous connaissons la valeur des choses, nous comprenons la valeur de la vie. L’énergie qui nous pousse depuis le fond de l’histoire vers notre émancipation, ne saurait s’échouer sur la haine de celleux qui chaque jour nous trahissent un peu plus.

Solidaires de tout·es les oppressé·es, les affranchi·es, les prisonnièr·es, nous descendrons les bourgeois de leur podium, de leur tour d’ivoire pour les faire trimer à l’usine, aux champs, à la mine ou croupir à Cayenne.

Entravons-les dans leur chair comme ils accablent le monde. Ensauvageons notre quotidien, libérons nos consciences du joug de la domination.

Nous déclarons la Commune Libre de Redon, comme tout·es nos pareilles partout en France. Partout les comités s’organisent pour enraciner le pouvoir populaire bien profond dans la terre, les communes libres fleurissent et refusent l’oppression constante de l’État illégitime et de ses complices.

La désobéissance, les boycotts et les sabotages seront nos armes, des armes puissantes pour danser sur un monde à bout de souffle dont nous ne voulons pas.

Redon, 1er mai 2021

[EZLN] Première partie : Une déclaration… Pour la VIE

Enlace Zapatista - EZLN

Aux peuples du monde,
Aux personnes qui luttent sur les cinq continents,
Frères, sœurs, frœurs, compañeros, compañeras,

Durant ces derniers mois, nous avons pris contact entre nous de différentes manières. Nous sommes des femmes, des lesbiennes, des gays, des bisexuels, des transgenres, des travestis, des transsexuels, des personnes intersexes, des queers et d’autres encore, hommes, groupes, collectifs, associations, organisations, mouvements sociaux, peuples originaires, associations de quartier, communautés et un long et cætera qui nous donne une identité.

Nos différences et les distances entre nous viennent des terres, des cieux, des montagnes, des vallées, des steppes, des déserts, des océans, des lacs, des rivières, des sources, des lagunes, des races, des cultures, des langues, des histoires, des âges, des géographies, des identités sexuelles ou pas, des racines, des frontières, des formes d’organisation, des classes sociales, des capacités financières, du prestige social, de la popularité, des followers, des likes, des monnaies, des niveaux de scolarité, des manières d’être, des préoccupations, des qualités, des défauts, des pours, des contres, des mais, des cependant, des rivalités, des inimitiés, des conceptions, des argumentations, des contre-argumentations, des débats, des différends, des dénonciations, des accusations, des mépris, des phobies, des philies, des éloges, des rejets, des abus, des applaudissements, des divinités, des démons, des dogmes, des hérésies, des goûts, des dégoûts, des manières d’être, et un long et cætera qui nous rend différents et bien des fois nous oppose.

Zapatista EZLN

Il n’y a que très peu de choses qui nous unissent :

Faire nôtres les douleurs de la terre : la violence contre les femmes, la persécution et le mépris contre les différentEs dans leur identité affective, émotionnelle, sexuelle ; l’anéantissement de l’enfance ; le génocide contre les peuples originaires ; le racisme ; le militarisme ; l’exploitation ; la spoliation ; la destruction de la nature.

Comprendre que le responsable de ces douleurs est un système. Le bourreau est un système exploiteur, patriarcal, pyramidal, raciste, voleur et criminel : le capitalisme.

Savoir qu’il n’est pas possible de réformer ce système, ni de l’éduquer, de l’atténuer, d’en limer les aspérités, de le domestiquer, de l’humaniser.

S’être engagé à lutter, partout et à toute heure – chacunE là où on se trouve – contre ce système jusqu’à le détruire complètement. La survie de l’humanité dépend de la destruction du capitalisme. Nous ne nous rendons pas, nous ne nous vendons pas, nous ne titubons pas.

Avoir la certitude que la lutte pour l’humanité est mondiale. De même que la destruction en cours ne reconnaît pas de frontières, de nationalités, de drapeaux, de langues, de cultures, de races, la lutte pour l’humanité est en tous lieux, tout le temps.

Avoir la conviction que nombreux sont les mondes qui vivent et qui luttent dans le monde. Et que toute prétention à l’homogénéité et à l’hégémonie attente à l’essence de l’être humain : la liberté. L’égalité de l’humanité se trouve dans le respect de la différence. C’est dans sa diversité que se trouve sa ressemblance.

Comprendre que ce n’est pas la prétention d’imposer notre regard, nos pas, nos compagnies, nos chemins et nos destins qui nous permettra d’avancer, mais la capacité à écouter et à regarder l’autre qui, distinct et différent, partage la même vocation de liberté et de justice.

De par ce qui nous unit, et sans abandonner nos convictions ni cesser d’être ce que nous sommes, nous nous sommes mis d’accord pour :

Premièrement
Réaliser des rencontres, des dialogues, des échanges d’idées, d’expériences, d’analyses et d’évaluations entre personnes qui sommes engagées, à partir de différentes conceptions et sur différents terrains, dans la lutte pour la vie. Après, chacun continuera son chemin, ou pas. Regarder et écouter l’autre nous y aidera peut-être, ou pas. Mais connaître ce qui est différent, c’est aussi une partie de notre lutte et de notre effort, de notre humanité.

Deuxièmement
Que ces rencontres et ces activités se réalisent sur les cinq continents. Qu’en ce qui concerne le continent européen, elles se concrétisent durant les mois de juillet, août, septembre et octobre 2021, avec la participation directe d’une délégation mexicaine formée par le Congrès National Indigène-Conseil Indigène de Gouvernement, le Front des Villages en Défense de l’Eau et de la Terre des États de Morelos, Puebla et Tlaxcala, et par l’Armée Zapatiste de Libération Nationale. Et que nous aiderons selon nos possibilités à ce qu’elles se réalisent, à des dates postérieures encore à préciser, en Asie, en Afrique, en Océanie et en Amérique.

Troisièmement
Inviter les personnes qui partagent les mêmes préoccupations et des luttes similaires, toutes les personnes honnêtes et tous les en-bas qui se rebellent et résistent dans les nombreux recoins du monde, à rejoindre, à contribuer, à soutenir et à participer à ces rencontres et activités ; et à signer et à s’approprier cette déclaration POUR LA VIE.


Ejército Zapatista de Liberación Nacional
Le 01/01/2021

[Tract] Nous refusons de respecter le couvre-feu !

Plus allume-feu que couvre-feu

Initialement publié sur Indymedia Nantes le 26 octobre 2020, un tract en A5 recto/verso dont voici une libre transcription :

Parce que ce couvre-feu est légitimé par la « lutte » contre le virus alors que c’est avant tout un outil de gestion de la population. Quelle est la logique à continuer les activités la journée, mais de les interdire le soir  ? Ou d’interdire les rassemblements de plus de 10 personnes, mais de garder la main d’œuvre d’aujourd’hui et de demain au travail et à l’école  ? Une logique selon laquelle ce qui n’est pas nécessaire à l’économie et au maintien de l’ordre peut être supprimé  !

Nous refusons de respecter le couvre-feu parce qu’on ne croit pas une seconde que l’état agit « pour notre bien », il est comme toujours là pour maintenir l’ordre en place, qui profite aux mêmes : les dominants de ce monde. Comme lorsqu’ils utilisent le vernis humanitaire pour leurs guerres néocoloniales, ils avancent l’excuse de « sauver des vies » pour justifier leurs mesures sécuritaires. Mais nous refusons cette idée fallacieuse de nous empêcher de vivre, au nom de la « vie ».

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Ensemble, défendons… La liberté, quelle liberté ?

La Vita e Bella

En répоnse à la tribune « ensemble, défendоns la liberté » initiée par le caricaturiste Riss et relayée par une centaine de médias régiоnaux et natiоnaux. Parce qu’оn se demande bien de quelle liberté ils nоus parlent !?

En préambule, une évidence : la vraie liberté pоur les médias mainstream actuels, la seule qui vaille, celle qui détermine tоutes les autres, c’est la liberté ÉCONOMIQUE. A partir du mоment, оù vоtre jоurnal est aux mains d’une persоnne оu d’une multinatiоnale, et qu’en plus vоtre jоurnal fоnctiоnne grâce aux annоnces publicitaires, alоrs vоus ne faites pas du jоurnalisme. Vоus faites de la cоmmunicatiоn déguisée en jоurnalisme, avec tоus les cоdes de rigueur qui lui sоnt assоciés.

Alоrs quand je vоis une centaine de médias, presque tоus détenus par des milliardaires оu par l’État français, faire un appel à leurs « cоncitоyens » pоur sоutenir la liberté d’expressiоn, je me dis qu’ils sоnt grоtesques. Et aberrants !

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J’avais envie d’écrire une lettre…

Bonjour,

Comment ça va ?
Ça va ?
J’aurai dû vous le demander tout à l’heure déjà, pardonnez-moi de ne pas l’avoir fait : est-ce que vous voulez que je mette mon masque ?
Ça va pour vous si je le laisse dans ma poche ?
Je vous demande, parce que j’ai entendu comme vous les annonces, ces derniers jours, des gens qui nous « gouvernent » parler des restrictions nouvelles liées à la pandémie et bon… voilà… je sais que ça peut être angoissant. Et je voulais amener un peu d’optimisme.
Et puis je suis heureux qu’on puisse quand même se parler.
Disons… tant que c’est possible.

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Choses vues : une prophétique observation

Oeil photo ValK Nantes

« Hier, 22 février, j’allais à la Chambre des pairs. Il faisait beau et très froid, malgré le soleil et midi. Je vis venir rue de Tournon un homme que deux soldats emmenaient. Cet homme était blond, pâle, maigre, hagard ; trente ans à peu près, un pantalon de grosse toile, les pieds nus et écorchés dans des sabots avec des linges sanglants roulés autour des chevilles pour tenir lieu de bas ; une blouse courte et souillée de boue derrière le dos, ce qui indiquait qu’il couchait habituellement sur le pavé, la tête nue et hérissée. Il avait sous le bras un pain. Le peuple disait autour de lui qu’il avait volé ce pain et que c’était à cause de cela qu’on l’emmenait. En passant devant la caserne de gendarmerie, un des soldats y entra et l’homme resta à la porte, gardé par l’autre soldat.

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