Appel anti-guerre de l’Université de Saint-Pétersbourg

kiev lviv train 4 mars 2022
Alexander dit au revoir à sa fille Anna, âgée de cinq ans, qui part pour Lviv (Kiev, le 4 mars 2022).

Il y a quelques heures, l’Université de Saint-Pétersbourg a diffusé un appel anti-guerre, signé par plus de 2 000 étudiants, employés, universitaires et professeurs. Le même jour, un peu moins de 600 autres employés de l’Université publiaient aussi un appel… en faveur de l’invasion Russe en Ukraine. Nous partageons ci-après le premier appel :

Нет войне!

Nous considérons qu’il est moralement inacceptable de rester à l’écart et de garder le silence lorsque des personnes meurent dans un État voisin. Ils meurent par la faute de ceux qui ont préféré les armes à la diplomatie pacifique.

Nous nous opposons aux actions militaires de la Russie en Ukraine.

Nous estimons que :

  • Les méthodes juridiques et diplomatiques de résolution du conflit avec l’Ukraine n’ont pas été épuisées.
  • « L’opération militaire spéciale » de la Russie en Ukraine ne change pas son essence en changeant de nom. Une « opération militaire spéciale », c’est la guerre. Mener une « opération militaire spéciale » est un acte d’agression.
  • La guerre est un mal absolu. Nous ne reconnaissons pas l’action militaire comme un instrument efficace, juste ou conforme au droit international pour résoudre les conflits internationaux.
  • L’agression militaire est contraire à la culture et aux valeurs des citoyens de la Fédération de Russie, enseignées par l’amère expérience de la Grande Guerre patriotique, héritage de la culture artistique russe, de nature anti-guerre.
  • Les actions militaires de la Russie en Ukraine contredisent les valeurs constitutionnelles fondamentales de la Fédération de Russie – la vie humaine et la liberté.
  • Les actions militaires de la Russie en Ukraine contredisent la doctrine militaire de la Fédération de Russie, le concept de politique étrangère de la Fédération de Russie, la stratégie de sécurité nationale de la Fédération de Russie.
  • Les actions militaires de la Russie en Ukraine contredisent les dispositions fondamentales du droit international humanitaire, la Charte des Nations Unies, les obligations de la Russie en vertu de l’Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, la Charte de Paris, le Mémorandum de Budapest.

Nous appelons les communautés étudiantes et enseignantes de l’Université de Saint-Pétersbourg à s’unir contre la guerre et à s’opposer à la tenue d’une « opération militaire spéciale » en Ukraine.

Nous appelons les décideurs politiques de la Fédération de Russie à écouter les arguments en faveur de la paix et à s’élever contre la conduite d’une « opération militaire spéciale » en Ukraine.

Nous appelons le président russe Vladimir Poutine à retirer ses troupes du territoire ukrainien, à arrêter les bombardements des villes ukrainiennes et à entamer un processus de négociation honnête – sans ultimatums ni demandes de reddition pour l’autre partie

Nous remercions les diplômés de la Faculté des relations internationales d’avoir préparé et fourni un échantillon pour cet appel. Nous soutenons pleinement la lettre ouverte des diplômés de la Faculté des relations internationales de l’Université de Saint-Pétersbourg et sommes solidaires avec nos collègues internationaux qui l’ont signée (161 personnes).

Avec espoir pour la paix,
Les étudiants, le personnel et les anciens du SPbU soussignés.

Nous condamnons toute forme d’intimidation des étudiants, des anciens et du personnel du SPbU, tant de la part de l’université que de l’État russe.


Source : Meduza

Sur le mouvement anti-guerre en Russie : sondages d’opinion vs réalité

Action à Saint-Pétersbourg contre l'invasion russe de l'Ukraine, le 27 février 2022.
Action à Saint-Pétersbourg contre l’invasion russe de l’Ukraine, le 27 février 2022.

Selon les sondages d’opinion de l’État Russe, la majorité de la population soutiendrait la guerre en Ukraine. Mais peut-on faire confiance à ces chiffres ? Pour le média indépendant Meduza, Alexei Bessudnov, professeur au département de sociologie de l’université d’Exeter (Angleterre), a analysé en détail les résultats de l’enquête VTsIOM.

Selon les résultats des sondages d’opinion du VTsIOM et du FOM, plus de 60 % des Russes soutiennent l’« opération militaire spéciale » en Ukraine [c’est ainsi que les organes de propagande Russe appellent leur invasion meurtrière en Ukraine – NdT.]. Mais ces données doivent être interprétées avec prudence : selon les mêmes instituts de sondages, en Russie, des millions de personnes s’opposent à la guerre. Parmi eux, les jeunes habitants des grandes métropoles qui regardent rarement la télévision et reçoivent des informations principalement sur Internet, représente la majorité des opposants à la guerre.

Mise à jour du 06/03/2022 – 13:00 GMT :

    • Des manifestations contre la guerre ont lieu dans différentes villes de Russie, plus de 1 000 personnes ont été arrêtées. 20 personnes ont été arrêtées à Saint Pétersbourg lors d’un rassemblement anti-guerre.
    • En Russie, Mediazona, 7×7, Republic, Meduza, le journal Troitsky Variant-Nauka et d’autres publications ont été bloqués. Radio Liberty a également dû suspendre ses activités en Russie.
    • À Saint-Pétersbourg, en raison d’une action anti-guerre, la Perspective Nevski a été bloquée à plusieurs endroits, selon la Rotonde. Les forces de sécurité ont séparé des groupes de manifestants et procèdent à des arrestations massives.
    • Et à Moscou, les journalistes sont violemment évacués de la place Manezhnaya, rapporte Avtozak Live.

Graphique 1. Les résultats des sondages d’opinion « étatiques » sont quasiment les mêmes. Mais cela ne signifie pas que les Russes soutiennent la guerre

Après le déclenchement des hostilités en Ukraine, deux sociétés sociologiques — VTsIOM et FOM — ont mené des enquêtes d’opinion et interrogé la population Russe sur leur attitude face à ces événements. Les résultats montrent qu’environ 65 % des Russes sont plus susceptibles de soutenir une « opération militaire spéciale » en Ukraine. Nous insistaons sur les guillemets, car ni la Russie ni les sondeurs ne parlent jamais de « guerre » ni d’ « invasion ». L’expression en vigueur est « opération militaire spéciale », une expression que l’on pouvait lire en boucle sur RT et Sputniknews avant qu’ils ne soient blacklistés par l’Europe.

Peut-on se fier à ces chiffres ? Notons que VTsIOM et FOM sont contrôlés par l’État russe (le premier appartient à l’État, le principal client du second est l’administration présidentielle).

sondage soutien russe operation militaire Ukraine
Source des données : VTsIOM & FOM (25-27 février)

Il n’y a aucune raison de penser que les sociologues « d’Etat » falsifient directement les résultats : à peu près les mêmes valeurs ont été obtenues au cours d’un sondage téléphonique mené du 28 février au 1er mars par un groupe de sociologues indépendants.

Cependant, il existe d’autres facteurs qui peuvent grandement affecter les résultats de toute enquête, et ils doivent être pris en compte lors de l’interprétation. Notamment :

  • La formulation des questions. VTsIOM et FOM ont interrogé les répondants sur leur attitude vis-à-vis d’une « opération militaire spéciale ». Si une autre formulation avait été utilisée (« envoi de troupes en Ukraine », « opérations militaires », « guerre », « invasion »), les résultats n’auraient probablement pas été les mêmes.
  • Les sondages ont été effectués la semaine dernière, du vendredi 25 février au dimanche 27 février. Depuis, la situation n’est plus la même et le ressenti des populations Russes non plus.
  • Enfin, nous savons qu’en Russie tout le monde ne répond pas franchement à ces questions, car il existe la crainte d’être poursuivi pour des propos « anti-patriotiques ». Ainsi, très probablement, le niveau de soutien à cette invasion militaire de l’Ukraine dans ces sondages est foretement surestimé.

Graphique 2 : Les jeunes sont moins susceptibles de soutenir cette action militaire que leurs aînés

Les jeunes Russes ne soutiennent pas l'invasion Russe en Ukraine
Source des données : VTsIOM (25-27 février).

La principale caractéristique sociodémographique qui détermine l’attitude à l’égard des opérations militaires en Ukraine est l’âge des personnes sondés. Parmi les personnes de plus de 70 ans, neuf sur dix sont plus susceptibles de soutenir cette « opération militaire spéciale ». Parmi les moins de 30 ans, environ la moitié s’y opposent et, du reste, beaucoup estiment qu’il est « difficile de répondre objectivement » à la question.

Vladimir Poutine lui-même fête ses 70 ans cette année, la plupart des membres du Conseil de sécurité, qui a approuvé la reconnaissance des républiques autoproclamées du Donbass, sont ses pairs. Parmi les militaires qui combattent actuellement en Ukraine, la plupart ont moins de 30 ans.

Graphique 3. Chez les femmes, le soutien à « l’opération militaire » est plus faible que chez les hommes

Les femmes Russes sont plus anti-guerre
Source des données : VTsIOM (25-27 février).

Le sexe des répondants est une autre caractéristique dont dépendent les réponses. Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de dire qu’elles ne soutiennent pas « l’opération militaire » ou qu’elles ont du mal à répondre. Cette différence est particulièrement notable à l’âge moyen (de 30 à 50 ans).

Graphique 4. Seuls les téléspectateurs russes sont favorable à « l’opération militaire »

part d'audience télévision propagande Russie
Source des données : VTsIOM (25-27 février).

Il n’est guère surprenant que le soutien à « l’opération militaire » soit significativement plus élevé parmi ceux qui regardent la télévision quotidiennement. Cette réalité est toutefois à double sens : non seulement la télévision se livre à la propagande, mais elle est principalement regardée par ceux qui sont d’accord à l’avance avec le contenu des programmes socio-politiques.

Encore une fois, il y a une différence d’âge importante. Parmi les plus de 45 ans, et surtout parmi les retraités, la majorité regarde la télévision tous les jours. Parmi la population jeune, quasiment personne ne le fait.

Graphique 5. Le sentiment anti-guerre est plus fort à Moscou et à Saint-Pétersbourg

Opposition anti-guerre en Russie selon villes et études
Source des données : VTsIOM & FOM (25-27 février)

Enfin, il existe une différence de soutien aux opérations militaires entre Moscou, Saint-Pétersbourg (ainsi que d’autres grandes métropoles) et les petites villes et villages. On recense plus de gens opposés à la guerre dans les grandes villes, majoritairement chez les jeunes. Enfin, les différences entre les personnes ayant fait des études supérieures et celles qui n’en ont pas faites sont moins importantes et perceptibles uniquement dans les grandes métropoles.

Mise à jour du Dimanche 6 mars 2022 :

À Novossibirsk, Taïga Info annonce que 96 personnes ont été arrêtées aujourd’hui dimanche 6 mars, lors d’un rassemblement anti-guerre. Irkutsk Insider rapporte 18 personnes arrêtées à Irkoutsk (image ci-dessous). Pour la seule journée du dimanche 6 mars 2022 et à l’heure où nous écrivons ces lignes (08:00 GMT), selon OVD-Info, 316 personnes ont été interpellées lors des manifestations anti-guerre en Russie.

18 manifestants anti-guerre arrêtés à Irkoutsk (source : Irkoutsk Insider).
18 manifestants anti-guerre arrêtés à Irkoutsk (source : Irkoutsk Insider).

De nombreuses actions ant-guerre ont lieu actuellement en Russie. Au total, selon OVD-Info, depuis le 24 février, date du début de la guerre en Ukraine, 8 349 personnes ont été arrêtées en Russie lors de manifestations anti-guerre.


Note de La Rédaction : Les données originales sont consultables sur https://meduza.io/, média indépendant en Russie (et blacklisté depuis le 5 mars 2022 en Russie).

Manifeste pour l’Abolition du Système Pénal

abolition système pénal

Par : La Rédaction.

Questions d’avant-propos

Le droit pénal, par définition, est fondé sur la peine. Une peine est une souffrance qu’on inflige. Est-ce bien de faire du mal à quelqu’un ? Est-ce intelligent ? Utile ? À qui ? Personne n’ose plus dire que la prison permet à celles et ceux qui y sont enfermés de s’amender. Elle ne sert qu’à une seule chose — qu’elle réussit d’ailleurs fort bien — : punir. Même les plus timides réformateurs se heurtent à cette évidence, adoucir les cruautés de l’incarcération s’oppose forcément à son principe : elle est une peine, elle est faite et uniquement faite pour punir, pour être pénible aux prisonniers.

Pourquoi punir ?

Le châtiment s’ancre dans l’histoire la plus archaïque de l’humanité, celle des terreurs suprêmes que les hommes ont traduites en dieux et déesses au cœur démoniaque. Pas une religion pour sauver l’autre lorsqu’il est question des supplices réservés aux damnés. L’enfer chrétien n’a rien à envier à l’enfer hindou. En Occident, la condamnation terrible de la faute lors d’un jugement de l’âme après la mort s’enracine dans le culte orphique introduit en Grèce entre le VIIe et le VIe siècle avant notre ère ; ses origines se perdent dans les traditions védiques du deuxième millénaire. Il est vraisemblable que l’idée d’une faute punie dans l’au-delà était déjà à l’époque bien ancienne. L’orphisme a beaucoup influencé les pythagoriciens puis Platon. Sous tous les cieux, les humains scandalisés de voir l’éternelle injustice du monde ont cherché à rétablir au séjour des ombres l’impossible équité. On a d’abord puni pour bien montrer aux dieux qu’on prenait leur parti contre ceux qui, volontairement ou non, les offensaient.

Nous avons connu en septembre 2001 un exemple parfait de ce qu’est une punition ; ce n’est pas un hasard si l’état-major américain a donné comme nom à l’opération militaire qui a suivi ces attentats « Justice sans limites ». On ne pouvait mieux dire. Les terroristes, quels qu’ils aient été, voulaient punir les États-uniens de leur politique, les États-uniens voulaient les punir en représailles. Au cours des vingt années qui ont suivi, le conflit s’est déplacé jusqu’en Irak, en Libye, en Syrie et n’en finit pas de laisser derrière lui de violents stigmates sanglants. Georges W. Bush a condamné un homme, Ben Laden et, faute de le trouver, a fait tuer froidement à cette intention des milliers d’innocents. 1 La question ici n’est pas de savoir si les guerres saintes d’un bord ou de l’autre sont justes ou injustes, mais assurément la conception que se font du bien certains présidents des États-Unis n’est pas celle de toute la planète. Ce qui est bien est bien pour certains, voilà tout ce que l’on peut dire.

Qu’est-ce que la Loi ?

La Loi n’est pas l’expression d’une éthique quelconque : au service du pouvoir disposant des plus grandes forces de coercition, elle n’existe que par la sanction. La Loi du Milieu ou la Loi d’un groupe rebelle peut s’affirmer aussi brutale que celle de l’État. Quelle que soit la situation, la Loi est toujours celle du plus fort. Entre la justice (l’équité) à laquelle chacun aspire et la Justice (l’institution) qui fait fonctionner la machine sociale au détriment des relations libres entre les êtres, le précipice est infranchissable.

Les philosophes se sont donné du mal pour justifier le châtiment (on peut remarquer que la clémence n’a aucun besoin d’être justifiée et qu’on s’est partout et toujours incliné devant les exemples qu’en a donnés l’histoire). Pour tenter de faire admettre qu’il est nécessaire de faire du mal, trois types d’arguments sont mis en avant par ceux que nous appellerons les légalistes (1), les sociétaires-réalistes (2) et les humanitaires (3).

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  1. L’ONU évalue entre 32 000 et 60 000 le nombre de civils afghans tués dans ce conflit (https://unama.unmissions.org/) En 2010, WikiLeaks révélait que selon des documents militaires secrets américains, 66 081 civils ont été tués en Irak par la coalition militaire occidentale.

Psychose sécuritaire : Mythe, fantasme et réalité

psychose

La France est un des pays du monde où règne le plus la sécurité des personnes et des biens. Les données statistiques sont incontournables. Les homicides sont rares : 863 victimes en 2020 1, pour une population de 67 millions d’habitants. Les morts de policiers et de gendarmes dans l’exercice de leurs fonctions sont plus rares encore : environ 20 par an de 2014 à 2018 2, 11 en 2020 3, pour un effectif total de près de 250 000 4. La délinquance est rare elle aussi. Ainsi, pour la période 2017-2019, 93% des ménages déclarent n’avoir subi aucun vandalisme sur leur voiture, 97% déclarent n’avoir subi aucune tentative de cambriolage, 97% déclarent n’avoir subi aucun acte de vandalisme, et 98,5% déclarent n’avoir subi aucun vol de voiture 5. Enfin, près de 90% des personnes interrogées dans les enquêtes de victimation de l’INSEE déclarent ne ressentir aucun sentiment d’insécurité dans leur quartier (ou leur village).

Alors que la France est donc un pays où la quasi-totalité de la population vit en sécurité, le thème de l’insécurité se classe pourtant quatrième préoccupation « tout à fait prioritaire » pour les Français 6. Comment expliquer un tel gouffre entre la réalité tangible et les représentations ?

La réponse est à chercher non pas dans ce que les Français vivent, mais dans ce que les journaux papiers et télévisés leur montrent. L’INA a ainsi constaté que le nombre de sujets qu’ils consacrent aux faits-divers (meurtres, cambriolages, rixes entre bandes, enlèvements d’enfants…) a doublé de 2003 à 2012. Or toutes les grandes chaînes et la quasi-totalité des grands médias français, privés comme publics, posent ce problème de « fait-diversion » de l’actualité, manipulant la réalité au profit d’un discours politique totalement faux (et très dangereux).

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  1. Interstats, Analyse n°32, janvier 2021.
  2. Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, Note n°39, 2019.
  3. https://www.sudouest.fr/politique/gerald-darmanin/onze-policiers-et-gendarmes-sont-morts-dans-l-exercice-de-leurs-fonctions-en-2020-selon-darmanin-1581713.php
  4. C’est-à-dire un peu moins de 250 000 ETP (équivalents temps plein).
  5. Insee Références, édition 2020, Fiches, Qualité de vie, page 269.
  6. IFOP, « Les enjeux saillants à un an de l’élection présidentielle », Avril 2021.

[Justice] Comment contester une contravention pour participation à une manifestation interdite ?

Je n'ai pas peur de vos nuées je suis oiseau

Le procédé qui suit a été élaboré à Bordeaux par un avocat engagé dans la lutte des Gilets Jaunes. Cette contestation est basée uniquement sur le droit pénal. À aucun moment elle ne tend à prouver que la personne amendée ne participait pas à la manifestation.

Ce document veut démontrer qu’aucunes des conditions prévues par le Code Pénal n’étant réunies pour fonder l’interdiction de manifestation sur la voie publique, l’amende contraventionnelle de 135,00 € s’en trouve parfaitement inapplicable, en vertu des dispositions des articles de ce même Code Pénal.

C‘est également un acte politique afin de rétablir le droit, aujourd’hui bafoué, de manifester et de revendiquer ses opinions dans l’espace public.

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Écrire aux détenu·es

Vies confisquées entre clôtures et quadrillages

Vies confisquées entre clôtures & quadrillages

Le système pénitentiaire est une chose infernale, où survivre, chercher à conserver sa dignité, est un combat de tous les jours. Car ce n’est pas du temps que l’on nous prend, c’est de la vie ! La vie confisquée devient alors la propriété du code pénal et des juges. Quant au temps, celui du calendrier n’est pas le temps vécu en prison : faire son temps, tuer le temps, c’est survivre dans un temps perdu pour l’existence.

Et les personnes emprisonnées sont seul·es, face à des équipes qui se relaient jour après jour, pendant des mois… et des années. C’est une politique menée pour détruire la personne qui est entrée en prison, quel que soit son chef d’inculpation.

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Solidaires dans les luttes, solidaires contre l’Industrie du Châtiment !

abolition carcerale prison

Nous écrivons en solidarité avec toutes les personnes incarcérées, en France et ailleurs.

Nous reconnaissons que les injustices auxquelles nous sommes confronté.e.s en prison sont enracinées dans le colonialisme, le racisme et le capitalisme.

Nous savons que les prisons sont là pour maintenir des structures de pouvoir raciales, économiques et sociales, et que les récits et les politiques sévères en matière de sécurité criminalisent les communautés opprimées.

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Jusqu’à Ce Que Toutes & Tous Soient Libres !

Solidarity With Anarchist

Nous approchons de la 7e Semaine internationale de solidarité avec les prisonniers anarchistes. Depuis 6 ans, nous vous appelons pour montrer votre solidarité avec nos camarades du monde entier. Les procès en Italie, en France, en Allemagne, en Russie font tomber de plus en plus d’anarchistes dans la gueule du système carcéral.

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Contre les Prisons et la Société qui en a besoin, Liberté pour Toutes et pour Tous !

Il n’y a pas de crimes de droit commun. Les contraintes sociales ont fait leur temps. Rien, ni la reconnaissance d’une faute accomplie, ni la contribution à la défense nationale ne sauraient forcer l’homme à se passer de la liberté. L’idée de prison, l’idée de caserne sont aujourd’hui monnaie courante. Ces monstruosités n’étonnent (presque) plus…

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Nantes : Justice obscène & violences magistrales

Tribunal de Grande Instance de Nantes

Par : La Rédaction

Cet article recense quelques propos tenus par de factieux procureurs et juges zélé·e·s du TGI de Nantes. Entre discours obscènes et billevesées magistrales, ces mots, retrouvés dans nos archives de mai 2016, sont toujours atrocement d’actualité.

Nous y ajoutons les propos — et les noms — de quelques BACeux biens connus qui vinrent également toucher leurs dommages et intérêts, comme après chaque manifestations. Les jours précédant ces audiences, ceux-là blessaient des dizaines de personnes, hommes, femmes, enfants, en toute impunité. Nous y rapportons aussi quelques plaidoiries remarquables de la défense, et certains compte-rendus ubuesques des audiences. Car, s’il est avéré que l’oppression des uns existe grâce au silence des autres : nous refusons à jamais de demeurer silencieux !

Si la loi est bonne, elle doit l’être pour tous. Si elle est mauvaise, il faut l’anéantir. » — Abbé Sieyes, 1788
(Ce texte figure en lettres lumineuses, sur une sombre colonne d’acier, au cœur même du TGI de Nantes).

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