[Publication] À travers // numéro 2 (Janvier 2020)

Creuser les murs Brûler les frontières

À travers est un petit journal contre les frontières. Il est distribué librement sur Internet et dans la rue.

Ici comme ailleurs, les actes de résistance et de révolte face à ce monde de frontières ne manquent pas ! Nous sommes solidaires de ces actes et souhaitons partager quelques-unes de ces histoires de solidarité et d’insoumission, mais aussi raconter comment se concrétisent les frontières au quotidien. »

Au sommaire de ce second numéro :

Un recensement chronologique de plusieurs actions menées en 2019 contre la construction d’une prison pour étranger.e.s à Laval (Québec), des brèves qui racontent des actes de résistance (dont celui des goëlands anti-drones à Paris) et quelques textes sur des technologies qui renforcent les frontières. Bonnes lectures !

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Contre la fermeture des frontières & pour la liberté de circulation

Por un mundo sin muros Tijuana Mexico

Comme le constatent chaque jour toutes nos associations, tous nos collectifs et  tou.te.s les humain.e.s engagé.e.s dans les luttes en faveur des sans-papiers et des exilés : loin de permettre l’intégration, toutes les politiques qui ont cherché à réaliser la fermeture des frontières ont, les unes après les autres, contribué à l’échec de l’insertion des étrangers, des Européens d’origine étrangère et même de certains Européens d’ascendance ancienne.

 

Liberté de circulation !

open borders
Nous savons tous que les nations sont des mythes et leurs frontières des illusions. Des tracés dessinés par les puissants sur des territoires eux-mêmes cartographiés par d’autres puissants. Et — qu’on l’accepte ou non — ce concept de « fermeture des frontières » accrédite nécessairement dans l’opinion publique l’idée que la présence d’étrangers et d’individus d’apparence étrangère serait anormale. Elle laisse également entendre que nos contrées devraient se protéger des flux migratoires, qui seraient donc logiquement vécus comme des menaces.

Au-delà des aberrations produites par toutes ces lois de fermeture, il y a la situation d’ensemble du monde. Au Nord, il y a un village global, les Internets, où chaque être peut traverser virtuellement une frontière sans visa ni passeport. Au Sud, on demande à une majorité de gens de continuer de vivre dans des conditions inhumaines pour le bien-être d’une minorité, on sépare « ceux qui ont » et « ceux qui ne sont rien » par des murs d’acier et de béton, on envoie des enfants dans des mines horribles pour récupérer le précieux Lithium qui alimentera les batteries de nos trottinettes électriques… Partout, il y a la déréglementation des marchés — produits et capitaux — qui interdit d’assurer la répartition équitable des richesses qui pourrait à terme limiter les déplacements de populations à la recherche de mieux être.

Après des années d’aveuglement, il faut que les Occidentaux prennent conscience de cette réalité. Puisque les pouvoirs publics ne font rien, il est de notre responsabilité de permettre à toutes et tous de comprendre qu’aucune fermeture des frontières ne réduira à néant les flux migratoires. Il est de notre devoir de rappeler qu’aucune invasion ne pointe à l’horizon. Il est de notre compétence de continuer à élaborer des actions qui placent les migrants dans les meilleures conditions possibles pour qu’ils réussissent leur projet personnel, pour qu’ils trouvent la place qui leur revient de droit dans la société tout au long de leur séjour, pour qu’ils puissent entretenir des relations étroites et riches avec leur pays d’origine.

C’est à ce prix que les migrations deviendront un facteur positif de codéveloppement et que l’on sortira de la logique d’une répression qui met d’autant plus à mal les libertés publiques et individuelles qu’elle ne cesse de montrer son impuissance à fermer des frontières qui resteront — et c’est tant mieux — perméables. C’est à ce prix aussi que les peuples cesseront d’être désorientés. D’un côté, on leur affirme la « maîtrise » des flux migratoires ; de l’autre, ils cohabitent avec des étrangers censés ne pas être là et qui y sont pourtant bel et bien, dans les plus mauvaises conditions. Ces politiques de fermeture ne servent les intérêts de personne et ne font qu’alimenter les fallacieux mensonges des extrémistes de tout poil, des essayistes de carnaval et d’autres tartufes hypocrites du Rassemblement National.

Feu aux frontières !

À travers // numéro 1

Heureusement, ici comme ailleurs, les actes de résistance et de révolte face à ce monde de frontières ne manquent pas ! À travers est le premier numéro d’un petit journal contre les frontières. Il est distribué librement en ligne (ici) et dans la rue.

Retrouvez le journal À travers sur Paris-Luttes.info

Photo de couverture : © Max Böhme – « Por un mundo sin muros », Tijuana (Mexique).

#OpenEurope : Frontières des égoïsmes aveugles refermés sur eux-mêmes

Frontières égoïstes

Quand on parle de frontières, on parle d’États, on parle de nations mais, surtout, on parle d’étrangers à ces nations. Dans toutes les doctrines politiques, dans tous les dogmes religieux les ennemis de l’unité de l’Homme ont toujours fermé les frontières entre les clans, entre les « races » et les groupes sociaux. Sic transit gloria Mundi…

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État d’Urgence : Il est urgent de désobéir !

France État d'Urgence

La chute du Pacte de Varsovie devait entraîner le monde dans un élan de démocratie, de liberté, d’équité et de solidarité. Hélas, il n’en est rien. Au contraire, les disparités n’ont jamais été aussi fortes. Les pays pauvres restent dominés par l’oligarchie occidentale, laquelle n’hésite pas à piller les ressources des autres pour s’enrichir honteusement. Dans les pays occidentaux, l’écart entre pauvres et riches ne cessent de s’accentuer, plongeant une partie de la population dans les bras des partis populistes, écœurée par les manœuvres politiciennes et les promesses non tenues. Les injustices et la loi du plus fort restent de mise dans notre société tant idéalisée par les néo-libéraux, lesquels décident du sort des peuples, à l’abri de leur parlement Européen. Aujourd’hui, il est temps de nous libérer de ce joug capitaliste inhumain, où l’argent vaut plus que la vie et la dignité humaine. L’exploitation des prolétaires par des patrons millionnaires, amis des politiciens qui nous dirigent, ne doit pas rester la règle dans une société qui se doit d’être plus égalitaire.

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