Pandémie, crise éco-sociale et capitalisme mondial

Némésis Médicale

Par : La Rédaction.

Les épidémies ne sont pas des phénomènes naturels. Il faut plutôt les considérer comme des phénomènes socio-historiques d’apparition relativement récente.

Les premières épidémies humaines sont apparues dans le contexte de la révolution néolithique. La diffusion de l’agriculture et de l’élevage a profondément transformé notre relation avec l’environnement. La destruction et la transformation des habitats pour étendre les terres arables et la domestication des animaux pour les utiliser comme nourriture ou comme bêtes de somme est ce qui a permis aux vaches de transmettre la rougeole et la tuberculose, aux porcs la coqueluche et aux canards la grippe.

Les premières sociétés urbaines, le développement du commerce, l’esclavage et les guerres entre empires ont créé les conditions pour que les premières maladies infectieuses deviennent des épidémies. Les transformations de nos rapports avec la nature, associées à l’évolution de nos modes de vie, ont créé les conditions propices à la propagation des infections, y compris la possibilité de zoonoses, c’est-à-dire la transmission de maladies des animaux aux humains.

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Vos urnes sont trop petites pour nos Rêves

la servitude volontaire

À nouveau, l’heure de choisir les bergers va bientôt sonner…

Bien que troublés, les électeurs s’apprêtent à reprendre au refrain. Sous la baguette des chefs d’orchestre, tous les votards donneront de la voix. Tant pis, s’ils ne chantent pas juste. Candidats ! à vos trombones. Peuple souverain ! attention… Nous rénoverons le parlement. Une, deux ! une, deux ! Peuple ! aux urnes !… Gauche, droite ! c’est pour la République ! Une, deux ! gauche, droite ! En mesure…
— Vous n’êtes que des poires ! Zo d’Axa (1900).

« Une chose m’étonne prodigieusement – j’oserai dire qu’elle me stupéfie – c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose. Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ? Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l’électeur moderne ? Et le Charcot qui nous expliquera l’anatomie et les mentalités de cet incurable dément ? Nous l’attendons. » 1

« Nous n’irons plus aux urnes »

Tel est le titre de l’essai du québécois Francis Dupuis-Déri, le tout assorti du sous-titre : Plaidoyer pour l’abstention. 2 L’auteur ne se contente pas de couper les lauriers de l’électoralisme mais il argumente avec force sur l’inutilité du suffragisme. Son apologie de l’abstention est bâtie d’une part sur un refus du « vote utile » et du voter pour le moins pire, ritournelle très utilisée en France depuis plusieurs années. D’autre part sur l’inefficacité du vote en matière de transformation sociale ; d’autant que pendant longtemps les « élites » se réservèrent ce « devoir civique » par crainte des pauvres, des femmes ou des esclaves qui auraient pu en faire mauvais usage. « Élites » qui d’ailleurs, quand cela les arrange, n’hésitent à jouer de l’abstention. Pour exemple, François de Rugy dépositaire d’une proposition de loi visant à rendre le vote obligatoire, s’est abstenu de voter 398 fois sur les 648 scrutins à l’Assemblée de 2012 à 2016. 3 Son cas n’est pas unique. Le 10 mai 2019, l’Assemblée nationale débattait sur la Loi de restauration de la cathédrale Notre-Dame, suite au discours solennel de Macron déclarant que l’État restaurerait le bâtiment en moins de cinq ans. Ce jour-là, sur les 577 députés [sensés « représenter » les françaises et français- N.d.Zeka], seuls 47 étaient présents. Le taux d’abstention des parlementaires a donc atteint 92 % !

Carte postale eugène petit 1909
Vive l’Anarchie ! Carte postale d’Eugène Petit (1909)

Voter ou ne pas voter, telle est la question qu’on n’ose pas poser dans nos régimes parlementaires, où les élections sont des rituels sacrés. En défendant la légitimité de l’abstention, cet essai attaque de front la conviction selon laquelle le vote serait un devoir, et le refus de voter une dangereuse hérésie. Bien plus qu’une simple apologie de l’abstention, cet ouvrage propose ainsi une critique radicale du système électoral.

Au-delà, l’auteur dénonce les rituels d’embrigadement et d’endoctrinement de la jeunesse mis en place un peu partout pour conditionner le futur électeur. Que ce soit, lors d’élections dans les établissements scolaires, les conseils municipaux de jeunesse, etc. De fait, la critique de l’auteur porte sur le système délégataire et parlementaire du vote. En effet, il prône comme dans les écoles alternatives l’utilisation du conseil comme lieu d’apprentissage de la démocratie réelle voire de l’autogestion. En bref, Dupuis-Déri défend globalement le principe de l’action directe politique et le refus de délégation.

Le vote de facto, même dans sa forme obligatoire ou pas, n’a d’autre fonction que d’entretenir l’illusion d’un pouvoir politique détenu par d’autres. Un tour de passe-passe habilement orchestrer par les libéraux. Alors, à quoi bon élire ceux qui sont « en grande partie responsable de la situation misérable » de beaucoup ? A quoi bon, par le vote délégataire « légitimer l’élite qui gouverne, commande, autorise et interdit » ? A quoi bon, « élire des parlementaires qui ne décident plus grand-chose » quand de fait le pouvoir est ailleurs ; au FMI, à l’OMC… Enfin, « les parlementaires prétendent servir le peuple mais n’est-ce pas plutôt la population qui travaille pour les parle-menteurs ?
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  1. Octave Mirbeau, La Grève des Électeurs. 1888.
  2. Nous n’irons plus aux urnes : Plaidoyer pour l’abstention (2019), par Francis Dupuis-Déri, Lux éditeur, A Publico, 192 p, 12 €.
  3. Soit environ 62% d’abstention à lui tout seul…

J’avais envie d’écrire une lettre…

Par : La Rédaction.


Bonjour,

Comment ça va ?
Ça va ?
J’aurai dû vous le demander tout à l’heure déjà, pardonnez-moi de ne pas l’avoir fait : est-ce que vous voulez que je mette mon masque ?
Ça va pour vous si je le laisse dans ma poche ?
Je vous demande, parce que j’ai entendu comme vous les annonces, ces derniers jours, des gens qui nous « gouvernent » parler des restrictions nouvelles liées à la pandémie et bon… voilà… je sais que ça peut être angoissant. Et je voulais amener un peu d’optimisme.
Et puis je suis heureux qu’on puisse quand même se parler.
Disons… tant que c’est possible.

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Lettre à celles et ceux qui sont avides d’émerveillements

Open your eyes

Avant-prоpоs

Quand vоus passez dans la classe оù je suis parfоis, оu pоur une heure de permanence ; quand je vоus crоise dans un cоulоir du lycée ; quand je vоus accоmpagne dans vоtre vоlоnté d’en savоir plus au sujet du mоnde qui vоus entоure ; quand je vоus invite à partager avec les autres vоtre sensibilité, vоtre créativité, vоs richesses intérieures ; vоus n’êtes pas seulement des élèves, vоus n’êtes pas seulement une suite de « présences et retards » dans Prоnоte : vоus passez dans ma vie ! оr il y a un endrоit dans mоn cоeur оù je cоllectiоnne vоs visages, vоs jоies et vоs déceptiоns, vоs rires et parfоis vоs larmes, et qui me permettent d’être heureux en faisant ce que j’aime le plus au mоnde : vоus aider à devenir vоus-mêmes !

Une écоle оù la vie s’ennuie n’enseigne que l’ignоrance…

L’écоle a-t-elle perdu le caractère rebutant qu’elle présentait aux XIXe et XXe siècles, quand elle rоmpait les esprits et les cоrps aux dures réalités du rendement et de la servitude, se faisant une glоire d’éduquer par devоir, autоrité et austérité, nоn par plaisir et par passiоn ? Rien n’est mоins sûr, et l’оn ne saurait nier que, sоus les apparentes sоllicitudes de la mоdernité, nоmbre d’archaïsmes cоntinuent de scander la vie des lycéennes et des lycéens. L’entreprise scоlaire n’a-t-elle pas оbéi jusqu’à ce jоur à une préоccupatiоn dоminante : améliоrer les techniques de dressage afin que l’humain sоit rentable ? Aucun enfant ne franchit le seuil d’une écоle sans s’expоser au risque de se perdre ; je veux dire de perdre cette vie exubérante, avide de cоnnaissances et d’émerveillements, qu’il serait si exaltant de nоurrir, au lieu de la stériliser et de la désespérer sоus l’ennuyeux travail du savоir abstrait. Quel terrible cоnstat que ces regards brillants sоudain ternis !

Vоilà quatre murs. L’assentiment général cоnvient qu’оn y sera, avec d’hypоcrites égards, emprisоnné, cоntraint, culpabilisé, jugé, hоnоré, châtié, humilié, étiqueté, manipulé, chоyé, viоlé, cоnsоlé, traité en avоrtоn quémandant aide et assistance. « De quоi vоus plaignez-vоus ? » оbjecterоnt les fauteurs de lоis et de décrets. N’est-ce pas le meilleur mоyen d’initier les enfants aux règles immuables qui régissent le mоnde et l’existence ? Sans dоute… Mais pоurquоi les jeunes gens s’accоmmоderaient-ils plus lоngtemps d’une sоciété sans jоie et sans avenir, que les adultes n’оnt plus que la résignatiоn de suppоrter avec une aigreur et un malaise crоissants ?

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[Contrôle Social] Parlez-vous « Macron » ?

Parlez-vous Macron

Par : La Rédaction

Nous publions cet article pour étudier une forme de contrôle social dont notre langage a fait l’objet à partir des années 1980. Il s’agit de la volonté, de la part du management et des politiques au pouvoir, de mettre en place un « langage commun » au sein de l’entreprise et, in fine, au sein même de la société civile. En conclusion de cet article, nous apporterons quelques idées pour lutter contre le capitalisme, et « créer » des cerveaux disponibles pour la Révolution en puisant dans les richesses de nos intelligences collectives.

La réalité est ce que nous tenons pour « vrai »

Ce que nous tenons pour « vrai » est ce que nous croyons. Or ce que nous croyons prend appui sur nos perceptions et sur notre langage. Lorsque nous pensons, nous n’inventons pas de mots, nous puisons dans notre langage les mots qui nous servent à penser. Mais lorsque ces mots n’existent plus, lorsqu’ils sont volés, transformés par le pouvoir ultralibéral, comment savoir si ce que nous pensons est « vrai » ?
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Réflexions sur la Culture (avec un grand « Q »)

think nothing

Par : La Rédaction

« La culture coûte cher ? Essayez l’ignorance. » Cette célèbre citation de Robert Orben (qui sera reprise plus tard par Derek Bok de l’Université de Harvard : « If you think education is expensive, try ignorance. ») est souvent analysée, pour la plupart des masses, de façon littérale : puisque la culture coûte cher, alors je choisis l’ignorance. Erreur ! Car, il est évident que l’ignorance coûte encore plus cher que la culture. Cependant, nous ne nous reconnaissons pas totalement dans cette citation, partant du principe que cultiver l’esprit des gens comme on cultive des pommes de terre n’a jamais permis une émancipation intellectuelle ou culturelle. La culture (avec un grand « Q ») telle qu’elle est prodiguée à l’école et au travers des ministères de la Culture et des Sports — on se demande bien d’ailleurs ce que le sport peut apporter de culturel alors qu’on y cultive en permanence l’esprit de compétition — n’est qu’un mensonge. C’est pourtant avec cette compréhension que les gouvernements investissent dans l’éducation. L’avantage économique différé créé par une future génération éduquée ne fait pas de mal, mais l’avantage immédiat demeure la richesse et l’activité économique générées par les parents capables de retourner au travail plus tôt, grâce à ce qui est essentiellement un service de garde subventionné et social.

Arroser les masses de quelques onces de « savoir » pour fertiliser les esprits, c’est comme croire en ce fantasme de l’ « ascenseur social » où, tandis que les uns, en bas de l’échelle, tentent désespérément d’accéder à un savoir qui leur permettrait, hypothétiquement, de rejoindre le dessus du panier, les « premiers de cordée » (pour paraphraser ce petit président dont le nom s’effacera bientôt de nos mémoires) font de même. Ainsi, l’ascenseur dont il est question ici est un leurre et demeure un outil pour maintenir l’écart existant entre les élites et le reste des populations.

Au contraire, nous affirmons que partager la culture, c’est faire de la culture. La culture devrait toujours être libre et partagée. On est donc loin, très loin des initiateurices du ministère des affaires culturelles, institution créée à la fin de la Seconde Guerre mondiale et dont le projet, aujourd’hui méconnu, était l’éducation politique des jeunes adultes, conçu comme un outil d’émancipation humaine où culture devait rimer avec égalité et universalité. Or, aujourd’hui le mot Culture, au singulier et avec une majuscule, suscite une disposition quasi religieuse et à forte tendance affective appuyée sur ce nouveau sacré, l’art, essence exceptionnelle incarnée par quelques individus elleux-mêmes touché·e·s par une grâce — les « vrais » artistes. Le commun des mortels, lui, est invité à contempler le mystère.

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[Plessé] Au Domaine de La Roche : comment la délation est-elle devenue la norme ?

cinq enfants assis sur un banc

Par : La Rédaction

À lire la plaquette sur le harcèlement édité par la Société publique locale (SPL) La Roche (Plessé, Loire-Atlantique, France), on pourrait penser que les supposés « éducateurs » dudit site se sont donné les moyens de faire accuser les enfants (ou les enseignants) avant même qu’ils puissent agir. Ce que nous vous invitons à regarder, ce ne sont pas les signaux annonciateurs de prétendus harcèlements, mais plutôt la norme, celle prônée par l’équipe de La Roche à Plessé, laquelle s’est associée à la Brigade de Prévention de la Délinquance juvénile (de la Gendarmerie nationale) pour assurer ses formations en milieu scolaire !

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À BAS LA DISCIPLINE ! À BAS LA HIÉRARCHIE !

Un peuple debout ne rond-point

Les Anarchistes à l’Assemblée, les ami.e.s à nos côtés, les « experts » chez eux, la télévision aux ordures, les ordures à la poubelle ! La distraction dans les écoles. Les grèves dans les écoles. Des Slogans écrits en CARACTÈRES ÉNORMES collés sur les murs des cours de récréation. L’Art partout. La beauté spirituelle partout. L’indolence partout. La publicité dans les musées. Les maisons dans les arbres. Les arbres dans la rue. L’écologie radicale, le climat social, notre Univers Miss Terre. Des ponts entre nous et le ciel. Les guichets des banques au bûcher. Les banquiers aux oubliettes. Les feux d’artifice tirés illégalement dans les halls des banques. Nos poèmes gribouillés dans les toilettes des palais de Justice. Les enfants avec nous. Les enfants en nous. La danse dans la rue. Les clowns dans la rue. Les ballets dans la rue. L’Amour à l’angle de chaque rue. Notre colère sur les rond-points. Nos espoirs dans la rue. Notre détermination dans la rue. La beauté et la poésie dans la rue. La Résistance dans la rue. Nos désirs dans la rue !

VIE MAGIQUE !

La Bouillabaise

La Bouillabaise n’est pas une recette de poisson dont on aurait mal orthographié le nom. C’est un poème anarchiste rédigé le 14 Juillet 1989, à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française. Ouvertement anti-républicain, il s’agit d’une parodie en argot de La Marseillaise… Initialement diffusée dans un cercle privé, La Bouillabaise a été publiée et déclamée lors du couronnement d’un tout petit président de rien du tout, en 2007. Toujours d’actualité, chantez-là fièrement et sans modération lors de toute manifestation politique !

Refrain :

Aux flingues, les michetons !
Foutez-vous en pacsons !
Archons, archons !
Qu’le résineux dégouline sur nos blés !

Premier couplet

Allez poteaux d’la même galetouze,
Le dur s’est levé sur nos cafetières.
Contre nozigue de la Tyranouze,
La cravate à Gaston est en l’air (bis).
Esgourdez-vous dans vos cambrousses
Beugler ces enfoirés d’grivetons ?
Ils carburent dans vos brandillons,
Ébouffer vos mioches et vos gonzesses.

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