Ensemble, défendons… La liberté, quelle liberté ?

La Vita e Bella

En répоnse à la tribune « ensemble, défendоns la liberté » initiée par le caricaturiste Riss et relayée par une centaine de médias régiоnaux et natiоnaux. Parce qu’оn se demande bien de quelle liberté ils nоus parlent !?

En préambule, une évidence : la vraie liberté pоur les médias mainstream actuels, la seule qui vaille, celle qui détermine tоutes les autres, c’est la liberté ÉCONOMIQUE. A partir du mоment, оù vоtre jоurnal est aux mains d’une persоnne оu d’une multinatiоnale, et qu’en plus vоtre jоurnal fоnctiоnne grâce aux annоnces publicitaires, alоrs vоus ne faites pas du jоurnalisme. Vоus faites de la cоmmunicatiоn déguisée en jоurnalisme, avec tоus les cоdes de rigueur qui lui sоnt assоciés.

Alоrs quand je vоis une centaine de médias, presque tоus détenus par des milliardaires оu par l’État français, faire un appel à leurs « cоncitоyens » pоur sоutenir la liberté d’expressiоn, je me dis qu’ils sоnt grоtesques. Et aberrants !

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J’avais envie d’écrire une lettre…

Bonjour,

Comment ça va ?
Ça va ?
J’aurai dû vous le demander tout à l’heure déjà, pardonnez-moi de ne pas l’avoir fait : est-ce que vous voulez que je mette mon masque ?
Ça va pour vous si je le laisse dans ma poche ?
Je vous demande, parce que j’ai entendu comme vous les annonces, ces derniers jours, des gens qui nous « gouvernent » parler des restrictions nouvelles liées à la pandémie et bon… voilà… je sais que ça peut être angoissant. Et je voulais amener un peu d’optimisme.
Et puis je suis heureux qu’on puisse quand même se parler.
Disons… tant que c’est possible.

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Fausses rumeurs presque vraies

Avant la Lettre…

Hypothèse 1 :

Tous des youyous. Des grands patrons. Des gars d’l’arnaque. De vrais de vrais. Et quand ça va être la baston et qu’les pavetons s’prendront pour des nuages, comme d’hab’ la rnoucha nous tombera sur l’paletot. Mais là nos ardoises vont prendre une avène ! Va y’avoir du grabuge. Fini l’appel du large ! Y vont nous jarreter la Belle des Belles, à lui faire bouffer son acte de naissance. Ouais, pour ces pharos et autres badingouins qu’sont au pouvoir, c’est pour nous qu’le four chauffe… À c’tarif là not’ bureau de tabac s’ra bientôt l’bagneux des fachos !

Hypothèse 2 :

Ça va péter ! Un vrai barouf ! On va s’prendre une carte de visite et ça va taper comme un Chinois ! Ou bien c’est l’caïdat qui va nous descendre sur le coin d’la tronche ! Qu’on soit du trou ou Versailleux on va s’faire aplatir ! Les pavés s’ront couleur résineux. « Vaut mieux s’planquer dans ton pav en bord du TER plutôt qu’bouffer les pissenlits par la racine, qu’y disent comme ça ». Les besognards, à Babylone, soit tu la boucle et tu fous l’antipuant soit t’es H.L.L et c’est la taule !

Hypothèse 3 :

Cézigue, l’autre dabe, c’lui qu’y z’appellent grand Manitou, il a pas inventé l’eau chaude ! Trop le bulbe à reluquer les biftons. Mais tellement qu’il est de l’arcan l’est à côté de ses pompes. L’est encore à s’dire qu’y faudrait pas qu’y chope la crève ! Et y’a de l’afflure à s’faire ! Alors les totos et le toutime, peuh ! Tu penses bien qu’c’est pas ses emmerdes…


— On en r’parle tantôt les aminches ? …

L’Opinion majoritaire ou la « Liberté » d’être asservi·e·s

esclaves canne a sucre

Il est incroyable de voir comme le peuple, dès qu’il est assujetti, tombe soudain dans un si profond oubli de sa liberté qu’il lui est impossible de se réveiller pour la reconquérir : il sert si bien, et si volontiers, qu’on dirait à le voir qu’il n’a pas seulement perdu sa liberté mais gagné sa servitude… »
— Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, 1576

Avoir une opinion sur un sujet émane d’une réflexion. Or, si un individu n’a pas mené cette réflexion, il considérera indéniablement l’opinion majoritaire comme étant vraie. En sociologie, on apprend que cela porte un nom : l’effet de masse, appelée également la preuve sociale, que l’on pourrait résumer ainsi : si quelqu’un n’a pas d’avis sur une question, il suivra naturellement l’opinion du plus grand nombre. À première vue, le concept de « rassemblement des esprits » pourrait paraître essentiel pour créer un état social digne de ce nom. Pourtant, cela est un paradoxe puisque l’opinion majoritaire est toujours une force oppressante. C’est une forme de domination qui nous asservit. La tyrannie de la majorité naît de l’espace public. L’opinion publique, résultat des discussions libres entre citoyens au sein de l’espace public, est en fait l’opinion de la majorité. Or, cette majorité, que l’on pourrait qualifier de rationnelle et de légitime, possède une force de coercition sur les opinions minoritaires en les poussant à se plier à l’opinion dominante.

À titre d’exemple, citons la vague de schizophrénie qui s’est emparée d’une bonne part d’entre nous au sujet de la pandémie. En effrayant les populations sur ce sujet pendant deux mois, celles-ci ont sombré, toutes classes sociales confondues, dans la psychose avec une déconcertante rapidité. Et aujourd’hui, quiconque ose affirmer qu’il rejète la pensée majoritaire est taxé d’ « égoïste », de « complotiste », voire de faire partie d’une mouvance « d’extrême droite »  1 ou de préférer la mort à la vie (pour reprendre les propos aberrants du Dr Stahl 2, pseudo spécialiste des maladies infectieuses et exotiques du CHU de Grenoble). Dans nos réseaux aussi, celui qui s’oppose à cette « pensée » devient un « gauchiste complotiste » de la pire espèce, et ses suppliques lui vaudront — à coup sûr — de belles mazarinades dans des organes que l’on croyait pourtant antiautoritaires ! En réalité, ce qui se passe sous nos yeux est la continuité de cette stratégie argumentative néolibérale qui vient faire reposer sur les individus la responsabilité d’une crise politique, économique ou sanitaire…
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  1. Nous n’oublions pas cependant que l’extrême droite surfe aussi sur la vague de la « liberté d’expression » quand il est question d’obligation de port du masque.
  2. Jean-Paul Stahl, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Grenoble, avoue « penser le plus grand mal » des manifestants anti-masques, Franceinfo, 30/05/2020

Critique de la servitude volontaire & autres rituels d’obéissance

Masquées mais pas muselées

Fort de la théorie et de l’expérience, j’ai le droit de soupçonner le premier venu d’être un porteur de germes. Vous, par exemple, absolument rien ne me prouve que vous n’en êtes pas un. »
— Jules Romains, « Knock ou le triomphe de la médecine » (1924)

En mars 2020, nous nous sommes retrouvé·e·s confronté·e·s à la pandémie de covid-19 et à l’absence totale de toute forme de liberté. Dans ce monde (virtuel) toujours privé de sincérité et souvent de radicalité, nous avons pensé que c’était le bon moment pour manifester notre refus d’obéissance.

Même si les indicateurs ne l’ont pas encore démontrés, nous comprenons que l’usage massif du masque par la population est peut-être un des leviers essentiels pour freiner la remontée du virus. Cependant, plutôt que de nous positionner pour ou contre son utilisation — ce qui serait une bêtise — nous préférons prendre le temps de réagir aux traumatismes et aux difficultés des autres et de chacun·e·s.

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Communication & empathie dans un contexte de santé publique

You'll never riot alone !

Il est plus que jamais nécessaire de débattre en profondeur de la question de la santé publique — d’autant plus qu’aujourd’hui, trouver le moyen de contourner l’énorme quantité d’informations disponibles semble très difficile. Quant aux origines du virus, aux traitements possibles, aux mesures drastiques et planétaires prises pendant la crise Covid-19, etc., on trouve des milliers de documents qui ont été publiés sur Internet pendant l’état d’urgence de CoVid-19 de mars à aujourd’hui. D’autres informations, théories et études sur les nouvelles thérapies, qui changent nos idées sur la pandémie, sont continuellement publiées, mais l’ambiguïté de la communication, que nous essayons de souligner dans cet article, demeure.

Cet article n’impose à personne une interprétation particulière. C’est juste une contribution pour nous inviter à approfondir la question de la communication dans un contexte de santé publique.

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Shut the power !

Shut the Power

La réglementation pour lutter contre la pandémie de COVID-19 entraîne de nombreux couvre-feux dans certaines villes, une interdiction de contact, la distanciation sociale physique imposée et d’autres mesures liberticides sans précédent tant par leur nature que par la rapidité de leur mise en œuvre.

Ces mesures politiques sont toujours accompagnées par un langage martial. Qu’on l’accepte ou qu’on le déplore, c’est la gestion de la crise par la Chine qui a dicté ces « règles » sanitaires. Mais faut-il rappeler que la Chine demeure une dictature qui surveille et contrôle la totalité de ses citoyen·ne·s, interdit toute contestation publique et punit sévèrement quiconque violerait les « règles » établies par l’élite communiste-capitaliste ? L’isolement de millions de citoyen·ne·s ne peut être réalisé que dans un système totalitaire efficace. Or le modèle de confinement chinois est devenu, à court terme, un modèle pour les gouvernements du reste du monde. Début janvier, de telles mesures liberticides étaient encore dénoncées comme totalitaires et violant les droits fondamentaux des êtres humains. Trois mois plus tard, ces mesures deviennent la norme et semblent s’enraciner désormais durablement dans les politiques d’autres régions du monde sous des formes modifiées.

Comment une pandémie peut-elle déclencher de tels programmes d’urgence et des mesures drastiques à l’échelle planétaire, là où l’effondrement climatique ne peut pas ? Cette question se doit d’être posée.

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La Peur : virus sécuritaire

carnivorous

À partir du constat largement partagé selon lequel « le monde est dangereux », les dispositifs de coercition se sont considérablement renforcés, et cela est d’autant plus vrai avec la crise sanitaire actuelle. Il est flagrant, à l’heure où nous écrivons ces mots, que l’« insécurité » contre laquelle l’État veut s’édifier est celle de nos corps, de notre santé physique, psychique et mentale, et beaucoup moins la précarité sociale, laquelle bien que déjà catastrophique ne cesse de s’accroître avec le confinement. Si l’on accorde à Zigmunt Bauman que la « vulnérabilité et l’incertitude humaines sont les fondements de tout pouvoir politique » 1, il ne s’agit plus pour l’État de justifier son autorité par la protection qu’il accorde en regard des pénuries alimentaires ou des violences du marché engendrées par la crise, mais de légitimer, et d’accroître, son pouvoir par le recours théâtralisé à une « peur officielle » provoquée par le virus et transmise jusqu’aux recoins les plus éloignés des mondes « civilisés. »

Dramatisation de l’insécurité des corps

On dira qu’il s’agit de la même illusion qui consiste à croire dans la fonction protectrice de l’État, en lui conférant la charge invraisemblable de parer aux incertitudes de l’existence. Mais, là où l’État était confronté à la société comme à un interlocuteur qui interrogeait son autorité, l’État sécuritaire ne donne plus que deux directions possibles : la « menace » d’une crise sanitaire et économique sans précédent et celle des citoyen·ne·s recentré·e·s sur leurs peurs. D’un côté le modèle du conflit, de l’autre celui de la « guerre ». Cette dramatisation de l’insécurité des corps et l’exagération de l’insécurité économique n’a pas d’autre objectif : nous faire oublier l’autorité et restaurer la puissance.

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  1. Zigmunt Bauman, « Pouvoir et insécurité. Une généalogie de la “peur officielle“ », Esprit, novembre 2003.

Ce que l’on ressent – Journaux des Invisibles

bouche de soleil

Pour nombre d’entre nous, le « confinement » n’est qu’un autre « emprisonnement ». Parce que sortir une fois pas semaine lorsqu’on vit au cœur d’un Pandémonium, dans un enfer à la figure de tombe où chaque centimètre carré compte, c’est une histoire que l’on préfère ne pas raconter aux autres… Cette histoire, — mais quelques belles aussi — iels la raconte ici, dans ce journal des invisibles…
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« Je suis irresponsable ! » : lettre aux bon·ne·s citoyen·ne·s si soudainement altruistes

Je suis irresponsable

[Reçu par mail – 20 mars 2020]

J’ai écrit cet article comme un geste d’autodéfense intellectuelle. Je voulais réagir à l’air ambiant présent sur les plateaux télé, sur les conversations Facebook et même dans les bavardages entre ami.e.s. Une petite musique s’est doucement installée dans ma tête, me convaincant de mon propre héroïsme à rester cloîtré chez moi comme si le virus allait se répandre au moindre pas que je poserais à l’extérieur. Je trouve qu’il y a un fond de doctrine néolibérale qui doucement se répand et qui vient nous persuader de notre responsabilité individuelle dans la crise.

Ce que je vais dire est pour le moment inaudible, inaudible parce que nous sommes recouvert·e·s du son des rappels à l’ordre infantilisants et des dénonciations pavées de bonnes intentions. Inaudible et pourtant essentiel.
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