« Je hais les indifférents »

Héroïnes et héros aux vies englouties

Par : La Rédaction.

« Un évènement tragique… », titrent les chroniqueurs adeptes de l’avilissement, les pauvres d’esprits et les réacs de comptoir, noyés dans les vapeurs apéritives de leurs agapes de fin ou de nouvelle année, tous munis de leur attestation de double dose de sérum et donc immortels, pour un instant, pour un instant seulement.

Je paraphrase Gramsci qui, en 1917 écrivait à-peu-près ceci :

« Je hais les indifférents parce que leurs pleurnicheries d’éternels innocents me fatiguent. Je demande à chacun d’eux de rendre compte de la façon dont il a rempli le devoir que la Vie lui a donné et lui donne chaque jour, de ce qu’il a fait et spécialement de ce qu’il n’a pas fait. Et je sens que je peux être inexorable, que je n’ai pas à gaspiller ma pitié, que je n’ai pas à partager mes larmes. […] Et celui qui reste à la fenêtre, à guetter, veut profiter du peu de bien que procure l’activité de peu de gens et passe sa déception en s’en prenant à celui qui s’est sacrifié, à celui qui a disparu parce qu’il n’a pas réussi ce qu’il s’était donné pour but. Je vis, je suis partisan. C’est pourquoi je hais qui ne prend pas parti. Je hais les indifférents. »

Aucun être humain n’est illégal

Chaque personne a le droit de décider dans quel endroit elle vit. Chaque personne a le droit de décider de le quitter comme d’y revenir. On ne lutte pas contre les discriminations par des discriminations. On ne lutte pas contre la xénophobie en en reprenant sinon les termes, du moins les problématiques. On ne lutte pas contre le racisme en faisant semblant d’accueillir, pour ensuite passer au cas par cas, en demeurant dans l’inégalité des droits, qui est en soi une discrimination.

Husain, Shahwali, Maryam…

Plus je lis ces cruelles odyssées, plus me prend à penser que les mémoires de ces femmes, de ces hommes et de ces enfants sacrifiés sur l’autel de la honte, sont bien plus vivantes que nombre d’entre « nous ».

Je m’incline. Et je rend honneur à toutes celles et à tous ceux que ces drames rendent encore malades.

Pour la Vie !

La Haine, mal incurable

Par : C’’ Nabum (27 août 2021).

Le Tonneau de la Haine Charles Baudelaire peinture John William Waterhouse les Danaïdes 1903De cette crise qui risque fort de s’éterniser tant tous les ingrédients qui y ont été distillés sont d’abord pensés pour fracturer la société, diviser les nations, insuffler la peur, la méfiance et la suspicion. Le mensonge a été le moteur premier d’une stratégie qui ensuite a visé à faire de l’argent de tout et surtout de nos vies.

Il a fallu avaler des couleuvres, renoncer à des droits, accepter des régressions immenses pour au final se contenter de n’être plus que des pions dans les mains d’apprentis sorciers. La science a voulu prendre le pouvoir, bien aidée par des politiques incapables de convaincre autrement que par la sanction, la menace et la contrainte. Depuis longtemps les pédagogues savent que ce sont les pires solutions pour obtenir l’adhésion de tous.

Puis la mayonnaise a fini par prendre en constituant deux camps, assez inégaux numériquement mais pareillement odieux dans leur manière de penser l’autre camp. Les chantres du miracle vaccinal vouent désormais les inquiets, les sceptiques, les hostiles, les réfractaires au vaccin à la mort lente, sans assistance médicale et avec tous les coûts à leur charge. Un sentiment d’une remarquable humanité, la même qui du reste laisse les pays pauvres à l’écart de la solution vaccinale. Ceux-là ont tout oublié de la solidarité, de la charité et de l’amour de leur prochain.

Les autres s’en prennent non aux décideurs mais à ceux qui œuvrent en conscience pour venir en aide aux autres : pharmaciens, infirmiers, médecins. Ils deviennent intolérants, niant aux autres le droit de ne pas penser comme eux. Ils se font ainsi aussi tyranniques qu’un pouvoir qui n’agit que par la contrainte. Pour ne pas être en reste dans la nouvelle empathie sanitaire, ils vouent les vaccinés à la mort sous le énième variant, enfant illégitime de vaccins mortifères.

Pour corser le tout, les références historiques pleuvent dans les deux camps avec une exagération qui n’a rien à voir avec la réalité d’une épidémie qui ne peut se comparer aux fléaux du passé. C’est une fois encore en jouant à plaisir d’une communication anxiogène et répétitive à la nausée que le pouvoir a voulu créer cette comparaison fallacieuse. Le Covid n’est ni la peste, ni le choléra, ni même la grippe espagnole. Mais en face, pour symboliser les dérives de l’Apartheid sanitaire, l’étoile jaune est venue ternir le débat. Comparaison indigne et sans aucun objet.

Cependant, la facilité des uns à bénéficier de droits désormais retirés aux autres atteste que le naturel revient vite au galop, qu’une majorité peut se penser légitime à bénéficier de droits qui sont interdits aux autres. C’est cette suffisance de ceux qui exhibent ce sésame de la honte qui entraîne des réactions plus exécrables encore chez ceux qui se sont exclus d’eux-mêmes de ce droit.

Dans les deux camps, à gauche, à droite, le même prosélytisme, la même morgue, la même certitude quasi-mystique en une pensée qui se prive radicalement du doute, de la raison, de la tolérance et de la sagesse. Tout ceci ne peut mener qu’à la fragmentation, au conflit, au pugilat et pire encore. Car il y a des dirigeants qui soufflent sur les braises, attisent l’incendie pour des fins électorales.

Il n’est pas de notre propos de savoir qui a raison et qui a tort. Nous croyons du reste que la vérité n’est pas si simple à débusquer dans ce maquis de contradictions et de données erronées, falsifiées et même fabriquées de toutes pièces chez les uns et chez les autres. Nous tenons simplement à vous mettre en garde et vous appeler à retrouver la raison.

La haine est un mal bien plus insidieux que cette maladie. Quand elle s’insinue ainsi, elle a des effets à long terme, souvent irrémédiables et terriblement nuisibles, parfois mortels. Nul ne sait qui pense tirer profit de cette plaie purulente qui touche désormais en profondeur toutes les composantes de notre réseau personnel : famille, amis, collègues, voisins, relations, inconnus… Nous sommes au bord de l’implosion et aucun vaccin ne viendra réparer cela.

Prophétiquement vôtre.

La Haine est le tonneau des pâles Danaïdes ;
La Vengeance éperdue aux bras rouges et forts
A beau précipiter dans ses ténèbres vides
De grands seaux pleins du sang et des larmes des morts,

Le Démon fait des trous secrets à ces abîmes,
Par où fuiraient mille ans de sueurs et d’efforts,
Quand même elle saurait ranimer ses victimes,
Et pour les pressurer ressusciter leurs corps.

La Haine est un ivrogne au fond d’une taverne,
Qui sent toujours la soif naître de la liqueur
Et se multiplier comme l’hydre de Lerne.

– Mais les buveurs heureux connaissent leur vainqueur,
Et la Haine est vouée à ce sort lamentable
De ne pouvoir jamais s’endormir sous la table.”

— Charles Baudelaire, Le tonneau de la haine, in Les Fleurs du mal (1857).

Co-Errance

co errance

Par : La Rédaction.

Pourquoi toute cette violence ? Pourquoi toute cette haine ? Tout cela n’a aucun sens. Évidemment… tout cela n’a aucun sens.

L’individu n’est pas compatible avec cette idée de société, parce que l’homme n’est pas un être rationnel et encore moins lorsqu’il fait partie d’un groupe. Est-ce que les civilisations humaines ont vraiment évoluées depuis ces 5 000 dernières années ? Pour être soi, entier, l’humain a conçu des empires paradoxalement invivables ; où l’on incite chacun à vivre ses pulsions primaires, tout en se conformant aux principes et aux lois de la société, dans le but de préserver « l’Ordre Social » et de ne pas nuire à son prochain. Des désirs saupoudrés d’un peu de raison. Pas grand-chose de plus. Quelques besoins fondamentaux, qu’il souhaite assouvir sans entraves. Paradoxe que nul ne sait résoudre.

Question(s) : notre monde peut-il vraiment fonctionner avec les humains ? Est-ce que chaque tentative n’est pas destinée à engendrer une société inégalitaire et violente ? Une grande part de l’humanité a fait le choix de s’enfermer dans un monde de désirs égoïstes, parce que nous sommes incapables de penser en tant qu’espèce. C’est pourquoi les écarts de richesses se creusent inexorablement et que la violence de l’État devient légitime. Au final, les personnes qui n’agissent qu’en fonction de leurs besoins ou de leurs pulsions sans se soucier des autres sont sans doute inadaptés à un modèle de société égalitaire, mais elles sont conformes à leur nature. Peut-être avons-nous simplement mis les humains sur un piédestal un peu trop haut ?

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Pour la Vie !

Fairy in Flames

Depuis plus d’un an, une majorité d’occidentaux, abreuvée au dogme capitaliste, parle de revenir à la « normale » ; de retrouver son quotidien serein, de traverser à nouveau les frontières, de reprendre l’avion, de recommencer, en somme, à profiter en toute insouciance des privilèges auxquels cette majorité s’était habituée. Ces folies sécuritaires et vaccinales devraient pourtant alerter davantage, car elles sont la juste continuité du processus en cours, tel qu’il a été pensé par ces puissances qui prétendent nous diriger.

En effet, nous savons que le vaccin n’est qu’un énième patch pour permettre au Système de « maintenir le cap » qu’il s’est lui-même fixé. Un pansement pour nous faire oublier l’essentiel : c’est notre société industrielle qui détruit ce monde. C’est notre mode de vie qui est à l’origine de ce virus, si petit et pourtant si tenace et fortement virulent lorsqu’il se combine à certains facteurs environnementaux, conséquents de cette « normalité » qui nous tient tant à cœur (pollutions, élevage intensif, maltraitance animale, aridification des sols et Paradis pas un radis destruction des écosystèmes, génocide des peuples, exploitation et spoliation, racisme et militarisme…). Un vaccin pour oublier que nous, humains, excellons dans l’art de détruire ce qui pourtant nous permet de vivre. À écouter journalistes aux ordres et politiques, cela devrait naturellement continuer, car ceux-là n’aspirent maintenant plus qu’à retrouver cette aliénante « normalité ».

Alors… pourquoi ? Pourquoi appliquer les mesures gouvernementales, pourquoi respecter les confinements et couvre-feux, pourquoi se vacciner, pourquoi vouloir continuer si c’est pour vivre dans un monde en flammes ? Faut-il être fou pour ne pas voir que nous allons tous devenir dingues ?! Notre bourreau est le Système, exploiteur, patriarcal, pyramidal, raciste, voleur et criminel : la Civilisation industrielle. Or il est impossible de réformer ce système, ni de le transformer, ni de l’adoucir et encore moins de l’humaniser. Nous n’avons pas d’alternative.

Nous devons combattre pour la Vie ! Nous devons démanteler et détruire, par tous les moyens, chacun·e là où nous sommes, ce système mortifère et toutes les structures technologiques, politiques, industrielles et militaires qui le supportent !

Il nous semble que c’est là l’unique moyen pour offrir un monde relativement plus apaisé à l’ensemble de l’humanité, et un avenir possible et vivant à nos enfants et à toutes celles et ceux qui viendront ensuite, qu’ils soient ou non humains.

Source : Perla VITA (7 mai 2021).
Traduit de l’Italien par la Rédaction.

La ville, pandémonium ivre d’ombres et d’orgueil

Pandemonium

Par : La Rédaction.

La ville. Urbaine auto-organisée. Planification, contrôle, mécanique des déplacements, gestion des populations, traçabilité, marcher dans les clous. Tracés figés dans l’espace et le temps, villes qui accueilleront la vie. Bien-être/Logique de bien-être. Dynamiques urbaines et maîtrise des territoires. Multiplication des espaces et des humains oubliés.

La ville. Lieu unique et uniformisé. Usines convertibles. Abrutissement des masses. Fabriques de consentement. Écœurement, lorsque la conscience et la possibilité d’un changement se font de plus en plus ténues.

Assemblage empirique d’acier et de ciment. Caméras. Surveillance. Équilibre fragile, maîtrise des forces en présence, entité abstraite. Inconsciente, la ville dort, repliée sur elle-même dans un amas de câbles électriques au fond d’une cave abstraite. La ville bâtie sur les ruines de la précédente, inexorablement.

Humain de papier, ambiance électronique, culture contemporaine, matières inertes, froideur du béton, géométrie pure. Conversion banalisée de cathédrales en galeries, d’entrepôts en discothèques, de logements en bureaux, de hangars à bananes en alcôves à pigeons, de squats vivants en tombeaux HLM.

La ville. Artères, bretelles, tunnels, parking sous-terrain, frénésie des voies rapides, ville d’ombres, villes bétonnées. Nature morte. Desseins grossiers. En un éclair, la ville ordinateur, la ville horloge, la ville machine, ville polymorphe et artificielle dévore nos dernières parcelles d’humanité.

« Ville folie. Ville mensonge. Ville fourmis. Ville de fer. Ville en flammes. »

Technocapitalisme et transition écologique : le piège du développement « durable » de la méga machine

Fractures

Par : La Rédaction.

Dans le monde techno-capitaliste et policier souhaité par les sociétés occidentales, les économies d’énergies, les « transitions écologiques », les carburants dits « verts » et les « énergies renouvelables » font partie d’un jeu de langage très dangereux. Derrière des expressions — en apparence positives — comme « développement durable » se cachent des destructions sociales, éco-systémiques et climatiques. Cette volonté de décarbonation et d’économies d’énergie ne font que conforter le Système industriel dans son entreprise destructrice.

« Développement durable », un oxymore prisé des industriels

Qu’elle soit « verte » ou fossile, le système en place a besoin d’une énergie colossale pour fonctionner. Il absorbe l’intégralité de l’énergie disponible. Toute l’énergie que nous produisons, qu’elle soit ou non carbonée, va alimenter les rouages du Système (Méga-machine). On imagine très bien pourquoi politiques et industriels rêvent de cette « neutralité carbone » et de « l’indépendance énergétique », dépensant des milliards et des milliards chaque année dans la recherche d’énergies à faible coût et inépuisables. Nombre d’entre eux souhaiteraient voir le développement devenir… « durable », mais tout développement entraîne, in fine — et par définition —, un appauvrissement environnemental, social et économique.

Des jolis mots pour cacher la misère

Ainsi, si le monde se recouvre de panneaux solaires, d’éoliennes ou d’usines marémotrices, cela proposera une énergie inépuisable et gratuite pour la Méga-machine Capitaliste. Le Système alors explosera, décuplant sa taille et sa voracité destructrice à l’infini, jusqu’à l’épuisement total des ressources planétaires voire l’annihilation de la vie elle-même. Que l’on survive dans une société industrielle carbonée ou dans une société industrielle décarbonée, le leitmotiv est le même : « Obéis. Travaille. Consomme. »

Les écologistes n’y voient qu’un unique problème écologique (carbonique), les fameuses émissions de carbone de la civilisation industrielle et le fait qu’elles précipitent un réchauffement climatique menaçant notre avenir. Dans ce combat réactionnaire, les idiots utiles de l’État-capitalisme s’inquiètent pour l’avenir de la méga-machine qui nous asservit, nous dépossède, nous aliène et nous exploite tous, plutôt que de se révolter contre cet asservissement ou de s’inquiéter de cette dépossession, de cette aliénation et de cette surexploitation généralisée. La « neutralité carbone » ne signifie pas « moins de carbone » ou l’utilisation à 100% d’énergies décarbonées. Cela devrait signifier, au contraire, le démantèlement de la civilisation industrielle, et par là même de l’État et du Capitalisme.

Il se trouve, en outre, qu’aucune technologie de production d’énergie dite propre, verte ou renouvelable n’a pas d’impact sur son environnement. Toutes impliquent différentes dégradations ou pollutions environnementales, sans compter que l’énergie produite servira toujours, immanquablement, à alimenter des machines ou des appareils eux-mêmes produits par le système techno-industriel, impliquant donc eux-mêmes diverses dégradations ou pollutions environnementales, etc. De même, si vous souhaitez conserver le dégré de production d’une société, tout en l’alimentant en énergies décarbonées, cela ne pourra jamais se faire sans l’État-capitalisme, sans la civilisation industrielle, sans les nombreuses hiérarchies qui la constitue et qu’elle requiert pour fonctionner. Avec, finalement, toujours autant d’inégalités, d’iniquités et de servitudes.

Les économies d’énergie servent-elles à quelque chose ?

Un exemple qui illustre bien la grande naïveté des politiques écologistes — et de ceux qui nous parlent de Earth Day et autres fantaisistes « heures pour la planète » —, ce sont toutes les ressources inutiles dépensées chaque jour dans les économies d’énergie par exemple, ou le simple tri sélectif des déchets industriels et ménagers. Il est vain d’essayer responsabiliser les gens sur les sujets écologiques, tandis que nous savons tous que c’est le monde industriel dans lequel nous vivons qui est le vrai problème.

Dans un système fondé sur des dynamiques de croissance, d’expansion et de consommation, les efforts visant à diminuer nos consommations personnelles, individuelles, n’ont en réalité aucun effet. L’énergie ou les ressources que nous n’utilisons ou n’utiliserons pas seront utilisées par d’autres (particuliers, États ou industriels.) En effet, dès que de l’énergie est libérée par des économies, le système-monde technologique l’engloutit puis en redemande. Peu importe la quantité d’énergie fournie, le système se propage toujours rapidement jusqu’à ce qu’il ait utilisé toute l’énergie disponible, puis il en redemande encore. La même chose est vraie des autres ressources. La Méga-machine s’étend immanquablement jusqu’à atteindre une limite imposée par un manque de ressources, puis elle essaie d’aller au-delà de cette limite, sans égard pour les conséquences.

La société industrielle décarbonée
Société industrielle carbonée = Société industrielle décarbonée (d’après https://ricochets.cc)

Que faire ?

Le « développement » d’une société industrielle ne sera jamais « durable ». Que faire ? Détruire le Système de la Méga-machine ou, tout du moins, réduire ses systèmes industriels, abandonner les sites de productions les plus destructeurs et construire des sociétés vivables et soutenables à base de basses technologies, plutôt que de chercher à économiser l’énergie et à produire des énergies qui n’auront de « vertes » que le nom.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, qu’elle utilise des énergies plus ou moins décarbonées (ou pas du tout), la méga-machine continue ses désastres en avalant tout…

La Nuit d’après, et autres nocturnes interdictions

Urbs Milena Kancheva

Pendant des années, on a rappelé que la première liberté supprimée par les autorités en cas de crise était celle de circuler la nuit. On citait les coups d’État, les guerres ou les mesures d’exception accompagnant certaines manifestations altermondialistes comme le sommet de Seattle. C’était toujours loin, dans un autre contexte ou avant. Jamais ici et maintenant, en France, en 2020-2021. Le diktat sanitaire aura eu raison de ces fragiles certitudes. Dans un premier temps, les mesures prises par les autorités ont beaucoup concerné la nuit, ses acteurs et ses pratiquants, impactant fortement l’économie du secteur, la culture nocturne, nos modes de vie et la fonction même de la ville comme lieu de maximisation des interactions. Dans un second temps, le couvre-feu s’est imposé sans grande résistance afin de permettre de freiner la propagation du virus.

Dans notre pays, le décret du 14 décembre 2020 mettant fin au re-confinement a instauré un couvre-feu entre 20 heures et 6 heures du matin. À partir de mardi 15 décembre, à 20h, les déplacements en journée et entre régions ont été à nouveau autorisés. En revanche, ils ont été interdits de 20 h à 6h du matin, sauf exceptions pour motifs professionnels, familiaux, de santé, pour des missions d’intérêt général et la sortie d’un animal de compagnie, sur présentation d’une attestation de déplacement. La raison invoquée est de gagner du temps pour éviter la saturation des hôpitaux tout en évitant le confinement. Mieux, depuis début janvier 2021, le couvre-feu a été instauré à 18 heures pour 15 millions de Français de vingt-cinq départements d’un Grand Est se prolongeant vers le Massif Central et de la région Sud (plus la Drôme), là où l’épidémie est la plus virulente ; cette mesure a été étendue le 15 janvier à toute la France. Déjà lors du premier confinement certaines villes du sud de la France avaient publié des arrêtés de couvre-feu visant à renforcer les interdictions. Des plages bondées en journée s’étaient trouvées interdites la nuit. Cette fois, tout le pays est concerné. Pourquoi cet acharnement sur la nuit ?
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À propos des temps à venir

Ville futuriste humaniste

Par : La Rédaction.

Ce qui se passe à l’échelle planétaire aujourd’hui est certainement la fin d’un Monde.

La Fin du Monde m’ennuie. C’est officiel ; ballades immondes, politiciennes, mirages pérennes. « Futur et progrès » crient des haut-parleurs paranoïaques. « Croissance » et après ? Comme un bonheur trompeur pour Travailleur maniaque. Pourtant, nous ne sommes ni esclaves du Passé, ni otages du Futur : un mensonge suranné ! Un mensonge… ça c’est sûr. Pourtant… c’est la fin d’un monde à chaque instant.
– Zeka, Nuits polychromes, 2016

Ce qui se passe aujourd’hui à l’échelle planétaire est certainement la fin d’un monde. Mais pas – comme le souhaiteraient ceux qui tentent de le gouverner selon leurs intérêts – dans le sens d’une transition vers un monde plus adapté aux nouveaux besoins du consortium humain. L’ère des démocraties bourgeoises est révolue, avec ses droits, ses constitutions et ses parlements. Au-delà de l’écorce juridique, certainement pas anodine, le monde qui a commencé avec la révolution industrielle et s’est développé jusqu’aux deux – ou trois – guerres mondiales et les totalitarismes – tyranniques ou démocratiques – qui les ont accompagnés se termine.

Si les puissances qui gouvernent le monde ont cru devoir recourir à des mesures et des dispositifs aussi extrêmes que la biosécurité et la terreur sanitaire, qu’ils ont instigué partout et sans réserve et menacent désormais de devenir incontrôlables, c’est parce qu’elles craignaient de ne pas avoir d’autre choix pour survivre, pour maintenir nos modes de vies aberrant au détriment de la souffrance des autres. Et si les gens ont accepté les mesures et les contraintes sans précédent auxquelles ils ont été soumis (sans aucune garantie d’en sortir un jour), ce n’est pas seulement à cause de la peur de la pandémie, mais probablement parce que, plus ou moins inconsciemment, ils savaient que le monde dans lequel ils avaient vécu jusque-là commençait à disparaître. Ce monde-là ne pouvait pas continuer, il était trop injuste et inhumain. Il va sans dire que la Civilisation industrielle nous annonce un monde encore plus inhumain, encore plus injuste et encore plus permissif/répressif ; mais en tout cas, des deux côtés, il semblait évident que l’ancien monde — c’est ainsi que l’on commence à l’appeler maintenant — ne pouvait pas continuer dans cette direction. Il y a certainement là, comme dans tout pressentiment sombre, un élément religieux. La santé a remplacé le salut, la vie biologique a remplacé la vie éternelle et l’Église, qui a longtemps été habituée à se compromettre avec les besoins du monde, a plus ou moins explicitement consenti à ce remplacement.

Conscients qu’il n’y a rien à reconstruire, nous ne regrettons pas ce monde qui s’achève. Nous n’avons aucune nostalgie pour l’humain ou le divin que les vagues incessantes du temps effacent comme un dessin sur le sable de l’histoire. Mais avec une égale détermination, nous rejetons la vie muette et la sacro-sainte religion sécuritaire que les gouvernements nous proposent. Nous n’attendons ni un nouveau dieu ni un humain nouveau – nous cherchons plutôt ici et maintenant, parmi les ruines qui nous entourent, une forme de vie humble et plus simple, qui n’est pas un mirage, car nous en avons la mémoire et l’expérience, même si, en nous et en dehors de nous, les puissances adverses la rejettent à chaque fois vers l’oubli.

Constats d’AED sur la situation en milieu scolaire

Londonderry kids Christine Spengler 1972

Par : La Rédaction.

Nous partageons ici une analyse de la situation en milieu scolaire au temps de la pandémie. L’originalité, ici, réside dans le point de départ : les auteur·ice·s ne sont ni des profs ni des lycéen·ne·s ou des étudiant·es, mais des assistant·es d’éducation, qui, plutôt que de s’indigner, s’engagent à soutenir les élèves faisant face à la répression, mais aussi à écrire et à s’organiser face à la situation.

Nous partons de constats et d’expériences locales aux similitudes dérangeantes.

Pour commencer, ce qui nous pousse à écrire est le résultat d’une politique gouvernementale à long terme et la récente et courte gestion de la pandémie. De plus, si nous prenons position, c’est qu’il n’existe pas de consensus au sein du milieu scolaire et que finalement, nous ne le recherchons pas. En revanche, ce que nous poursuivons (et pas seulement dans le milieu scolaire), est de révéler un conflit et d’alimenter un rapport de force, qui, de fait, nous est encore défavorable, pour conduire à des avancées stratégiques. Pour terminer, il nous parait nécessaire de défaire une idée et de souligner que les professeur·es ne sont pas les seul·e·s qui composent la longue liste du personnel au sein des établissements scolaires. Iels ont souvent été les seul·es interlocuteur·ice·s autorisé·e·s, position qu’ils ont souvent acceptée, alors qu’une pluralité de positions existent : AESH, AED, AVS, agents, personnel administratif, médecin, documentaliste, intervenants extérieurs et tant d’autres. Il s’agit alors de ne plus cacher la multitude des expériences qui règnent, ainsi, et avant toute chose, le sort réservé aux enfants, qui seront dans les années à venir, les propagateurs culpabilisés et traumatisés du virus.

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Ensemble, défendons… La liberté, quelle liberté ?

La Vita e Bella

Par : La Rédaction.

En répоnse à la tribune « ensemble, défendоns la liberté » initiée par le caricaturiste Riss et relayée par une centaine de médias régiоnaux et natiоnaux. Parce qu’оn se demande bien de quelle liberté ils nоus parlent !?

En préambule, une évidence : la vraie liberté pоur les médias mainstream actuels, la seule qui vaille, celle qui détermine tоutes les autres, c’est la liberté ÉCONOMIQUE. A partir du mоment, оù vоtre jоurnal est aux mains d’une persоnne оu d’une multinatiоnale, et qu’en plus vоtre jоurnal fоnctiоnne grâce aux annоnces publicitaires, alоrs vоus ne faites pas du jоurnalisme. Vоus faites de la cоmmunicatiоn déguisée en jоurnalisme, avec tоus les cоdes de rigueur qui lui sоnt assоciés.

Alоrs quand je vоis une centaine de médias, presque tоus détenus par des milliardaires оu par l’État français, faire un appel à leurs « cоncitоyens » pоur sоutenir la liberté d’expressiоn, je me dis qu’ils sоnt grоtesques. Et aberrants !

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