La Haine, mal incurable

D’après C’’ Nabum – 27 août 2021.

Effets secondaires irréversibles. Aucun antidote possible.

Le Tonneau de la Haine Charles Baudelaire peinture John William Waterhouse les Danaïdes 1903De cette crise qui risque fort de s’éterniser tant tous les ingrédients qui y ont été distillés sont d’abord pensés pour fracturer la société, diviser les nations, insuffler la peur, la méfiance et la suspicion. Le mensonge a été le moteur premier d’une stratégie qui ensuite a visé à faire de l’argent de tout et surtout de nos vies.

Il a fallu avaler des couleuvres, renoncer à des droits, accepter des régressions immenses pour au final se contenter de n’être plus que des pions dans les mains d’apprentis sorciers. La science a voulu prendre le pouvoir, bien aidée par des politiques incapables de convaincre autrement que par la sanction, la menace et la contrainte. Depuis longtemps les pédagogues savent que ce sont les pires solutions pour obtenir l’adhésion de tous.

Puis la mayonnaise a fini par prendre en constituant deux camps, assez inégaux numériquement mais pareillement odieux dans leur manière de penser l’autre camp. Les chantres du miracle vaccinal vouent désormais les inquiets, les sceptiques, les hostiles, les réfractaires au vaccin à la mort lente, sans assistance médicale et avec tous les coûts à leur charge. Un sentiment d’une remarquable humanité, la même qui du reste laisse les pays pauvres à l’écart de la solution vaccinale. Ceux-là ont tout oublié de la solidarité, de la charité et de l’amour de leur prochain.

Les autres s’en prennent non aux décideurs mais à ceux qui œuvrent en conscience pour venir en aide aux autres : pharmaciens, infirmiers, médecins. Ils deviennent intolérants, niant aux autres le droit de ne pas penser comme eux. Ils se font ainsi aussi tyranniques qu’un pouvoir qui n’agit que par la contrainte. Pour ne pas être en reste dans la nouvelle empathie sanitaire, ils vouent les vaccinés à la mort sous le énième variant, enfant illégitime de vaccins mortifères.

Pour corser le tout, les références historiques pleuvent dans les deux camps avec une exagération qui n’a rien à voir avec la réalité d’une épidémie qui ne peut se comparer aux fléaux du passé. C’est une fois encore en jouant à plaisir d’une communication anxiogène et répétitive à la nausée que le pouvoir a voulu créer cette comparaison fallacieuse. Le Covid n’est ni la peste, ni le choléra, ni même la grippe espagnole. Mais en face, pour symboliser les dérives de l’Apartheid sanitaire, l’étoile jaune est venue ternir le débat. Comparaison indigne et sans aucun objet.

Cependant, la facilité des uns à bénéficier de droits désormais retirés aux autres atteste que le naturel revient vite au galop, qu’une majorité peut se penser légitime à bénéficier de droits qui sont interdits aux autres. C’est cette suffisance de ceux qui exhibent ce sésame de la honte qui entraîne des réactions plus exécrables encore chez ceux qui se sont exclus d’eux-mêmes de ce droit.

Dans les deux camps, à gauche, à droite, le même prosélytisme, la même morgue, la même certitude quasi-mystique en une pensée qui se prive radicalement du doute, de la raison, de la tolérance et de la sagesse. Tout ceci ne peut mener qu’à la fragmentation, au conflit, au pugilat et pire encore. Car il y a des dirigeants qui soufflent sur les braises, attisent l’incendie pour des fins électorales.

Il n’est pas de notre propos de savoir qui a raison et qui a tort. Nous croyons du reste que la vérité n’est pas si simple à débusquer dans ce maquis de contradictions et de données erronées, falsifiées et même fabriquées de toutes pièces chez les uns et chez les autres. Nous tenons simplement à vous mettre en garde et vous appeler à retrouver la raison.

La haine est un mal bien plus insidieux que cette maladie. Quand elle s’insinue ainsi, elle a des effets à long terme, souvent irrémédiables et terriblement nuisibles, parfois mortels. Nul ne sait qui pense tirer profit de cette plaie purulente qui touche désormais en profondeur toutes les composantes de notre réseau personnel : famille, amis, collègues, voisins, relations, inconnus… Nous sommes au bord de l’implosion et aucun vaccin ne viendra réparer cela.

Prophétiquement vôtre.

La Haine est le tonneau des pâles Danaïdes ;
La Vengeance éperdue aux bras rouges et forts
A beau précipiter dans ses ténèbres vides
De grands seaux pleins du sang et des larmes des morts,

Le Démon fait des trous secrets à ces abîmes,
Par où fuiraient mille ans de sueurs et d’efforts,
Quand même elle saurait ranimer ses victimes,
Et pour les pressurer ressusciter leurs corps.

La Haine est un ivrogne au fond d’une taverne,
Qui sent toujours la soif naître de la liqueur
Et se multiplier comme l’hydre de Lerne.

– Mais les buveurs heureux connaissent leur vainqueur,
Et la Haine est vouée à ce sort lamentable
De ne pouvoir jamais s’endormir sous la table.”

— Charles Baudelaire, Le tonneau de la haine, in Les Fleurs du mal (1857).

[Récit d’expérience] Absorption de microdoses de LSD en manif

acid

Dans ce contexte insurrectionnel, la pratique de l’expansion de la conscience et de l’énergie représente aussi de fait une possible stratégie opérationnelle avancée pour combattre l’idéologie bourgeoise d’une société technocratique avancée. Les « drogues » au sens strict […] sont un mythe publicitaire longtemps lié au mode de production du capital et n’ont rien de commun, en matière de danger, avec les drogues qui impregnent la vie quotidienne. Le mythe de la science qui mesure la morphine en centimètres cubes mesure à la fois la misère d’une société dont l’idéologie – expression du pouvoir dominant – tente désespérément de miner la théorie révolutionnaire […] — Aa.vv, Ma l’amor mio non muore : origini documenti strategie della cultura alternativa e dell’underground in Italia, Arcana editrice, Novembre 1971

Dans un article publié sur le site de la Multidisciplinary Association for Psychedelic Studies, qui concerne l’absorption de microdoses de LSD pendant la pratique de sports extrêmes, on lit : « Pratiquement tous les athlètes qui apprennent à utiliser des dosages psycholytiques de LSD croient que l’utilisation de ces composés améliore à la fois leur endurance et leurs capacités. Selon les rapports combinés de 40 années d’utilisation par les sports extrêmes underground, le LSD peut augmenter votre temps de réflexe à la vitesse de l’éclair, améliorer votre équilibre jusqu’au point de perfection, augmenter votre concentration jusqu’à ce que vous expérimentiez la “vision tunnel” et vous rendre impassible à la faiblesse ou à la douleur. À cet égard, les effets du LSD dans la communauté des sports extrêmes sont en effet légendaires, universels et sans contestation. »

La thèse de l’auteur, J. Oroc, est la suivante : la pratique du microdosage de drogues psychédéliques est courante chez ceux qui pratiquent des sports extrêmes parce qu’elle ne met pas en danger leurs consommateurs. Au contraire, il semble que l’effet sous-seuil, c’est-à-dire inférieur au seuil d’apparition des altérations des perceptions sensorielles, donné par la microdose de LSD, aide les consommateurs à mieux se concentrer, à mieux percevoir leur corps, et permet donc non seulement d’obtenir une meilleure performance, mais aussi de tirer un plaisir accru de leur expérience sportive (souvent pratiquée dans des paysages naturels).

La situation à laquelle je me réfère ci-dessous est un autre exemple concret confirmant la thèse d’Oroc et de la communauté sportive américaine. Je vais raconter brièvement l’expérience de trois situations différentes qui se sont déroulées dans les rues de Paris, rigoureusement abordées à l’aide d’une très petite dose de LSD.

Les résultats des « expériences » rapportées dans cet article n’ont, bien sûr, rien de scientifique au sens strict. Ce texte est le résultat de la volonté d’un individu et les sensations sont principalement issues de l’expérience subjective. Néanmoins, il est important de souligner qu’aujourd’hui, plus que jamais, une réappropriation d’un savoir-faire lucide concernant l’utilisation des psychédéliques est nécessaire. Un tel amas de connaissances et de pratiques est depuis longtemps tombé entre les mains du Capital et de ses acolytes. En effet, alors que nos mouvements se tordent volontiers le cerveau avec des questions d’une importance relative en s’éternisant sur les habituelles guerres de chapelle, ils oublient que l’expérience psychédélique a constitué un moment-clé dans l’expérience du prolétariat de la jeunesse dans les années qui ont précédé la crise de 1977. Il est peut-être temps de reprendre en main cette histoire et d’en faire partie de nouveau ?

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Citoyens de seconde Zone & Contrôle Absolu

Seconde zone

Chaque fois qu’un régime d’exception despotique est instauré et que les garanties constitutionnelles sont suspendues, il en résulte — comme cela s’est produit sous les (trop) nombreux régimes fascistes de notre histoire commune — la discrimination d’une catégorie d’humains, relégués au rang de citoyens de seconde zone. Car il est évident que c’est là un des objectifs de la création de ce qu’on appelle le passe sanitaire. Ce n’est pas le seul et nous y reviendrons plus loin.

Qu’il s’agisse d’une discrimination fondée sur des convictions personnelles — et non sur la base d’une certitude scientifique objective — est prouvé par le fait que dans le domaine scientifique, les débats sont toujours en cours quant à la sécurité et l’efficacité de ces nouveaux vaccins, ce qui, selon l’avis de nombreux médecins et scientifiques, ne devrait pas être ignoré. Ces produits ayant été créés dans l’urgence et sans tests adéquats ne permet ni de garantir leur efficacité, ni leur innocuité.

Malgré cela, ceux qui s’en tiennent à leur conviction libre et fondée et refusent de se faire vacciner seront exclus de la vie sociale. Que le vaccin se transforme ainsi en une sorte de symbole politico-religieux visant à créer une discrimination entre les citoyens est évident. Un fait dont la gravité politique ne devrait être sous-estimée. Que devient un pays dans lequel se crée une classe discriminée ? Comment accepter de vivre avec des citoyens de seconde zone ? La volonté de discriminer est aussi vieille que la société elle-même et nous avons toutes et tous pu constater comment de telles formes de discrimination étaient présentes dans nos sociétés dites démocratiques ; mais que ces discriminations factuelles soient sanctionnées par la loi est une barbarie que nous ne pouvons accepter.

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Mais le passe sanitaire ne constitue pas seulement, pour celles et ceux qui ne l’ont pas, une discrimination. Car au travers de ce sésame vert, l’objectif inavoué de nos gouvernements est, en réalité, un contrôle méticuleux et inconditionnel de tout mouvement des citoyens, semblable au passeport intérieur, la Propiska que chaque Russe devait avoir pour se déplacer d’une ville à l’autre dans le régime soviétique. Dans notre cas, cependant, le contrôle est encore plus absolu, car il concerne tout déplacement du citoyen, qui devra désormais montrer son laissez-passer à chaque fois qu’il se déplace, même pour aller au cinéma, assister à un concert ou s’asseoir à la terrasse d’un café ou dans un restaurant.

Paradoxalement, le citoyen non-enregistré sera beaucoup plus libre que celui qui a un passe sanitaire, et ce devrait être la masse même des citoyens détenteurs de cet odieux sésame qui devrait maintenant protester et se rebeller. Car désormais ils seront comptés, surveillés et contrôlés dans une mesure sans précédent, mesure jamais acquise même dans les régimes les plus totalitaires. Il est important de noter que la Chine a annoncé qu’elle maintiendrait ce système de suivi et de surveillance même après la fin de la pandémie. Comme il devrait être évident, avec le passe sanitaire, que ce n’est nullement la santé mais bien le contrôle de la population qui est en jeu. Tôt ou tard, même le public partisan du passe sanitaire le comprendra à ses dépens. Il sera pour lui, hélas, bien trop tard pour espérer revenir en arrière…

Note personnelle

Ex-habitant d’une autre zone, je suis et reste un citoyen de seconde zone depuis que j’ai rejeté en bloc le récit dominant de l’histoire en cours, la science, la technopolice, le fonctionnement du monde capitaliste et sa réalité, bien avant la farce covidienne. C’est pourquoi je vis en marge de ce monde pour en tirer quelques avantages, mais dès que je le peux, je plonge et nage librement dans mon propre récit, infiniment plus vaste et stimulant, et dont je reviens toujours enrichi.

Co-Errance

co errance

Pourquoi toute cette violence ? Pourquoi toute cette haine ? Tout cela n’a aucun sens. Évidemment… tout cela n’a aucun sens.

L’individu n’est pas compatible avec cette idée de société, parce que l’homme n’est pas un être rationnel et encore moins lorsqu’il fait partie d’un groupe. Est-ce que les civilisations humaines ont vraiment évoluées depuis ces 5 000 dernières années ? Pour être soi, entier, l’humain a conçu des empires paradoxalement invivables ; où l’on incite chacun à vivre ses pulsions primaires, tout en se conformant aux principes et aux lois de la société, dans le but de préserver « l’Ordre Social » et de ne pas nuire à son prochain. Des désirs saupoudrés d’un peu de raison. Pas grand-chose de plus. Quelques besoins fondamentaux, qu’il souhaite assouvir sans entraves. Paradoxe que nul ne sait résoudre.

Question(s) : notre monde peut-il vraiment fonctionner avec les humains ? Est-ce que chaque tentative n’est pas destinée à engendrer une société inégalitaire et violente ? Une grande part de l’humanité a fait le choix de s’enfermer dans un monde de désirs égoïstes, parce que nous sommes incapables de penser en tant qu’espèce. C’est pourquoi les écarts de richesses se creusent inexorablement et que la violence de l’État devient légitime. Au final, les personnes qui n’agissent qu’en fonction de leurs besoins ou de leurs pulsions sans se soucier des autres sont sans doute inadaptés à un modèle de société égalitaire, mais elles sont conformes à leur nature. Peut-être avons-nous simplement mis les humains sur un piédestal un peu trop haut ?

Continuer la lecture de « Co-Errance »

Pour la Vie !

Fairy in Flames

Depuis plus d’un an, une majorité d’occidentaux, abreuvée à la doxa 1 capitaliste, parle de revenir à la « normale » ; de retrouver son quotidien serein, de traverser à nouveau les frontières, de reprendre l’avion, de recommencer, en somme, à profiter en toute insouciance des privilèges auxquels cette majorité s’était habituée. Ces folies sécuritaires et vaccinales devraient pourtant alerter davantage, car elles sont la juste continuité du processus en cours, tel qu’il a été pensé par ces puissances qui prétendent nous diriger.

En effet, nous savons que le vaccin n’est qu’un énième patch pour permettre au Système de « maintenir le cap » qu’il s’est lui-même fixé. Un pansement pour nous faire oublier l’essentiel : c’est notre société industrielle qui détruit ce monde. C’est notre mode de vie qui est à l’origine de ce virus, si petit et pourtant si tenace et fortement virulent lorsqu’il se combine à certains facteurs environnementaux, conséquents de cette « normalité » qui nous tient tant à cœur (pollutions, élevage intensif, maltraitance animale, aridification des sols et Paradis pas un radis destruction des écosystèmes, génocide des peuples, exploitation et spoliation, racisme et militarisme…). Un vaccin pour oublier que nous, humains, excellons dans l’art de détruire ce qui pourtant nous permet de vivre. À écouter journalistes aux ordres et politiques, cela devrait naturellement continuer, car ceux-là n’aspirent maintenant plus qu’à retrouver cette aliénante « normalité ».

Alors… pourquoi ? Pourquoi appliquer les mesures gouvernementales, pourquoi respecter les confinements et couvre-feux, pourquoi se vacciner, pourquoi vouloir continuer si c’est pour vivre dans un monde en flammes ? Faut-il être fou pour ne pas voir que nous allons tous devenir dingues ?! Notre bourreau est le Système, exploiteur, patriarcal, pyramidal, raciste, voleur et criminel : le capitalisme. Or il est impossible de réformer ce système, ni de le transformer, ni de l’adoucir et encore moins de l’humaniser. Nous n’avons pas d’alternative.

Nous devons combattre pour la Vie ! Nous devons démanteler et détruire, par tous les moyens, chacun·e là où nous sommes, ce système mortifère et toutes les structures technologiques, politiques, industrielles et militaires qui le supportent !

Il nous semble que c’est là l’unique moyen pour offrir un monde relativement plus apaisé à l’ensemble de l’humanité, et un avenir possible et vivant à nos enfants et à toutes celles et ceux qui viendront ensuite, qu’ils soient ou non humains.

Mort aux États, au capital et aux armées !
Feu au système et aux frontières !
Vive l’anarchie !

Perla VITA (7 maggio 2021)
Traduit de l’Italien par zeka

  1. À lire à ce sujet : La Doxa et le Complotisme, 24/11/2020.

La ville, pandémonium ivre d’ombres et d’orgueil

Pandemonium

La ville. Urbaine auto-organisée. Planification, contrôle, mécanique des déplacements, gestion des populations, traçabilité, marcher dans les clous. Tracés figés dans l’espace et le temps, villes qui accueilleront la vie. Bien-être/Logique de bien-être. Dynamiques urbaines et maîtrise des territoires. Multiplication des espaces et des humains oubliés.

La ville. Lieu unique et uniformisé. Usines convertibles. Abrutissement des masses. Fabriques de consentement. Écœurement, lorsque la conscience et la possibilité d’un changement se font de plus en plus ténues.

Assemblage empirique d’acier et de ciment. Caméras. Surveillance. Équilibre fragile, maîtrise des forces en présence, entité abstraite. Inconsciente, la ville dort, repliée sur elle-même dans un amas de câbles électriques au fond d’une cave abstraite. La ville bâtie sur les ruines de la précédente, inexorablement.

Humain de papier, ambiance électronique, culture contemporaine, matières inertes, froideur du béton, géométrie pure. Conversion banalisée de cathédrales en galeries, d’entrepôts en discothèques, de logements en bureaux, de hangars à bananes en alcôves à pigeons, de squats vivants en tombeaux HLM.

La ville. Artères, bretelles, tunnels, parking sous-terrain, frénésie des voies rapides, ville d’ombres, villes bétonnées. Nature morte. Desseins grossiers. En un éclair, la ville ordinateur, la ville horloge, la ville machine, ville polymorphe et artificielle dévore nos dernières parcelles d’humanité.

« Ville folie. Ville mensonge. Ville fourmis. Ville de fer. Ville en flammes. »


Librement inspiré de « Ville de Mort », La Sinse #9 (avril 2021).

icon pdf Télécharger La Sinse #9
(PDF – 960 Ko)

We’ll go and wreak havoc in these dens of death!

(01/05/2021) – Un dessin, reçu d’un petit collectif anglo-saxon d’enfants assidus dans leurs activités nocturnes (« en Mai, je révise mes gestes barrières ») et le texte qui l’accompagnait… Pour la rémanence de notre héritage de prétroleuses et de pyromanes !

For the continuation of our heritage of petrolheads and seditious arsonists

« The System has a weak point: it doesn’t like hot weather. Heatwaves, it’s a known fact, are time-consuming and disruptive to the machines. However, the supreme irony is for the fibre optic networks: extremly sensitive to « highlights » and hot conditions. Ball of flames and plume of smoke… And you get chaos! »

And you get chaos

– By TACK, a time-consuming arsonists collective kids (and a tight-knit family).

Technocapitalisme et transition écologique : le piège du développement « durable » de la méga machine

Fractures

Dans le monde techno-capitaliste et policier souhaité par les sociétés occidentales, les économies d’énergies, les « transitions écologiques », les carburants dits « verts » et les « énergies renouvelables » font partie d’un jeu de langage très dangereux. Derrière des expressions — en apparence positives — comme « développement durable » se cachent des destructions sociales, éco-systémiques et climatiques. Cette volonté de décarbonation et d’économies d’énergie ne font que conforter le Système industriel dans son entreprise destructrice.

« Développement durable », un oxymore prisé des industriels

Qu’elle soit « verte » ou fossile, le système en place a besoin d’une énergie colossale pour fonctionner. Il absorbe l’intégralité de l’énergie disponible. Toute l’énergie que nous produisons, qu’elle soit ou non carbonée, va alimenter les rouages du Système (Méga-machine). On imagine très bien pourquoi politiques et industriels rêvent de cette « neutralité carbone » et de « l’indépendance énergétique », dépensant des milliards et des milliards chaque année dans la recherche d’énergies à faible coût et inépuisables. Nombre d’entre eux souhaiteraient voir le développement devenir… « durable », mais tout développement entraîne, in fine — et par définition —, un appauvrissement environnemental, social et économique.

Juste des jolis mots pour cacher la merde

Ainsi, si le monde se recouvre de panneaux solaires, d’éoliennes ou d’usines marémotrices, cela proposera une énergie inépuisable et gratuite pour la Méga-machine Capitaliste. Le Système alors explosera, décuplant sa taille et sa voracité destructrice à l’infini, jusqu’à l’épuisement total des ressources planétaires voire l’annihilation de la vie elle-même. Que l’on survive dans une société industrielle carbonée ou dans une société industrielle décarbonée, le leitmotiv est le même : « Obéis. Travaille. Consomme. »

Les écologistes n’y voient qu’un unique problème écologique (carbonique), les fameuses émissions de carbone de la civilisation industrielle et le fait qu’elles précipitent un réchauffement climatique menaçant notre avenir. Dans ce combat réactionnaire, les idiots utiles de l’État-capitalisme s’inquiètent pour l’avenir de la méga-machine qui nous asservit, nous dépossède, nous aliène et nous exploite tous, plutôt que de se révolter contre cet asservissement ou de s’inquiéter de cette dépossession, de cette aliénation et de cette surexploitation généralisée. La « neutralité carbone » ne signifie pas « moins de carbone » ou l’utilisation à 100% d’énergies décarbonées. Cela devrait signifier, au contraire, le démantèlement de la civilisation industrielle, et par là même de l’État et du Capitalisme.

Il se trouve, en outre, qu’aucune technologie de production d’énergie dite propre, verte ou renouvelable n’a pas d’impact sur son environnement. Toutes impliquent différentes dégradations ou pollutions environnementales, sans compter que l’énergie produite servira toujours, immanquablement, à alimenter des machines ou des appareils eux-mêmes produits par le système techno-industriel, impliquant donc eux-mêmes diverses dégradations ou pollutions environnementales, etc. De même, si vous souhaitez conserver le dégré de production d’une société, tout en l’alimentant en énergies décarbonées, cela ne pourra jamais se faire sans l’État-capitalisme, sans la civilisation industrielle, sans les nombreuses hiérarchies qui la constitue et qu’elle requiert pour fonctionner. Avec, finalement, toujours autant d’inégalités, d’iniquités et de servitudes.

Les économies d’énergie ne servent à rien

Un exemple qui illustre bien la grande naïveté des politiques écologistes — et de ceux qui nous parlent de Earth Day et autres fantaisistes « heures pour la planète » —, ce sont toutes les ressources inutiles dépensées chaque jour dans les économies d’énergie par exemple, ou le simple tri sélectif des déchets industriels et ménagers. Il est vain d’essayer responsabiliser les gens sur les sujets écologiques, tandis que nous savons tous que c’est le monde industriel dans lequel nous vivons qui est le vrai problème.

Dans un système fondé sur des dynamiques de croissance, d’expansion et de consommation, les efforts visant à diminuer nos consommations personnelles, individuelles, n’ont en réalité aucun effet. L’énergie ou les ressources que nous n’utilisons ou n’utiliserons pas seront utilisées par d’autres (particuliers, États ou industriels.) En effet, dès que de l’énergie est libérée par des économies, le système-monde technologique l’engloutit puis en redemande. Peu importe la quantité d’énergie fournie, le système se propage toujours rapidement jusqu’à ce qu’il ait utilisé toute l’énergie disponible, puis il en redemande encore. La même chose est vraie des autres ressources. La Méga-machine s’étend immanquablement jusqu’à atteindre une limite imposée par un manque de ressources, puis elle essaie d’aller au-delà de cette limite, sans égard pour les conséquences.

La société industrielle décarbonée
Société industrielle carbonée = Société industrielle décarbonée (d’après https://ricochets.cc)

Tout détruire… et ne rien reconstruire

Le « développement » d’une société industrielle ne sera jamais « durable ». Que faire ? Détruire le Système de la Méga-machine ou, tout du moins, réduire ses systèmes industriels, abandonner les sites de productions les plus destructeurs et construire des sociétés vivables et soutenables à base de basses technologies, plutôt que de chercher à économiser l’énergie et à produire des énergies qui n’auront de « vertes » que le nom.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, qu’elle utilise des énergies plus ou moins décarbonées (ou pas du tout), la méga-machine continue ses désastres en avalant tout…

La fin du monde – Visions politiques et désertion populaire

the mud bath

Sur une carte imaginaire, sur les traces de Charlot et d’autres poètes, artistes, révolutionnaires, amoureux, des chemins sont tracés vers une possible désertion générale. »

I. Désert

« Les gens recommencent à être vus dans la rue, avec une certaine prudence au début, puis dans le sillage d’un sentiment de libération, tout le monde marche, se regarde, s’interroge, femmes et hommes, groupes d’adolescents au hasard, tous accompagnant les uns les autres alors qu’ils traversent l’insomnie massive de ce temps inouï. Et n’est-il pas étrange qu’ils semblent avoir accepté cette suspension, cette panne ? Peut-être que c’est quelque chose qu’ils ont toujours voulu au niveau subliminal, subatomique ? Certaines personnes, toujours et seulement quelques-uns, un petit nombre d’habitant·es humain·es de la planète Terre, la troisième planète la plus proche du soleil, royaume de l’existence mortelle » 1.

Huit, neuf, dix mois, c’est presque un an maintenant. Le décompte des mois est perdu : on savoure le privilège privé de tout ce qui n’est pas privé, de tout ce qui habituellement erre dangereusement dans les villes. Penser à retourner vivre sans répondre au commandement de la Loi, du virus, de la peur, est presque effrayant. Auto-certifications, zones rouges ou oranges, couvre-feux. Les commandes sont diversifiées : elles engourdissent ; oppriment. Elles sont contradictoires et ambigües. Nos contacts avec le monde sont furtifs, presque superflus. Nous sommes sans visage et masqué·es.

Que faire ? Certains veulent « faire », bouger, sortir de l’engourdissement, « admirer » : « faire » quelque chose pour ne pas rester immobile, avant de disparaître. Ouvrir écoles, cinémas, bars, gymnases, tout ouvrir, pour simplement vivre, au point, peut-être involontairement, de supprimer la brutalité d’une pandémie qui ne cesse de se renforcer car il n’est pas difficile de sous-estimer un virus à faible létalité mais très tenace. Il faut vivre, c’est indéniable ; secourez-nous de cette désolation. Mais, pour nous, il semble que tout reprendre comme avant fait partie de notre plus gros problème (politique). Recommencer, comme avant, n’est pas une alternative envisageable.

Que pourrait faire Léopold Bloom 2 dans la nature sauvage de la syndémie 3 de Covid-19 ? Que pouvons-nous faire aujourd’hui avec des rues abandonnées la nuit, des bars fermés, des villes perdues ? Que signifie écrire sur les rencontres et nos vies dans le vide ? Où les hommes et les femmes de Joyce se réfugieraient-ils, qui rencontreraient quelqu’un à chaque coin de rue, entreraient quelque part, laisseraient les choses se heurter à d’autres ? Nous avions l’habitude d’écrire, de réfléchir, de nous battre dans les rues grouillantes de monde, de Dublin le 16 juin 1904, jusqu’au Cosmopolis de DeLillo. Aujourd’hui, nous devons écrire, penser, lutter dans des espaces vides ; livré·es à une écriture de résidus comme si l’écriture elle-même dans le vide était devenue un résidu.

Traverser un désert, une période désertique, ce n’est pas une grande chose, ce n’est pas grave ; c’est terrible de naître, de grandir dans un désert. C’est effrayant. Je l’imagine, on doit avoir l’impression d’une grande solitude. »
— Gilles Deleuze

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  1. Si l’âge de « l’évènement Covid-19 » n’a pas encore son roman, fin 2020 a pourtant déjà eu son court-roman : Le silence, par Don DeLillo. Se déroulant dans une période post-pandémique, 2022, alors que la mémoire du virus est encore fraîche, l’auteur explore, à travers une scène anonyme, l’impossible retour à la normalité : un black-out général des technologies suspend le cours habituel des choses. Ordinateurs, téléphones portables, tous les appareils électroniques sont en panne ; Internet, les e-mails, etc., deviennent silencieux ; les écrans qui dominent habituellement notre paysage se noircissent. Il ne reste plus que l’obscurité : Max, l’hôte d’un petit rassemblement d’amis organisé pour officier le rite laïque américain par excellence (le Super-bowl), décide obstinément de « regarder l’écran noir » et scruter le vide « Dans un stupéfiant void ».
  2. Leopold Bloom est un antihéros du roman Ulysse de James Joyce. L’anniversaire de la journée du 16 juin 1904, décrite dans le roman, est célébrée en Irlande sous le nom de Bloomsday.
  3. Syndémie : une rencontre de plusieurs facteurs aggravants les effets d’un virus fondamentalement pas plus dangereux qu’un autre virus respiratoire de type grippal, mais qui fonctionne comme un accélérateur, un catalyseur d’effets toxiques chez certaines catégories de personnes à risques pour des raisons multifactorielles sur lesquelles il convient de sérieusement se pencher, plutôt que de condamner certains traitements ou de croire à l’univocité de la solution vaccinale désormais élevée au rang de totem ainsi qu’aux vertus supposées des confinements à répétition.

Acceptable

rangee de sieges vides

Nous nous sommes trompé·es, nous l’admettons. Mais c’était un réflexe conditionné qui a la peau dure. Ce matin, en lisant les nouvelles, nous n’avons pas pu contenir un élan de joie en apprenant que la nuit dernière, la porte d’entrée de l’Istituto Superiore di Sanità [équivalent de l‘Inserm] a été incendiée à Rome. Quelqu’un l’a aspergée de liquide inflammable et y a mis le feu, avant de disparaître. Les gardes sont aussitôt intervenus en donnant l’alerte et les dégâts sont limités, mais…

Mais ensuite, l’honorable ministre de la Santé Speranza a pensé à nous ramener les pieds sur terre, avec ses paroles admirables : « Les actes d’intimidation contre l’Institut Supérieur de la Santé sont inacceptables. L’ennemi est le virus. Pas ceux qui s’ingénient à le combattre ». Oui, c’est vrai, comment avons-nous pu l’oublier ? L’ennemi est le virus – et dire que nous le savions ! Nous faisons donc amende honorable en public et, en guise de pénitence, nous rappelons à nos lectrices et nos lecteurs que :

Est acceptable l’instauration d’un état d’urgence pour s’opposer à une pandémie un peu plus banale qu’à l’ordinaire ;
est acceptable la privation de toute bribe de liberté de mouvement ;
est acceptable l’interdiction de toucher ou serrer dans ses bras les proches qu’on désire toucher ou étreindre ;
est acceptable l’obligation d’endosser en permanence ce qui coupe le souffle sans apporter aucun avantage ;
est acceptable de ne pouvoir sortir de chez soi que si cela est justifié ;
est acceptable le confinement et le couvre-feu ;
est acceptable le massacre des prisonniers qui protestent contre leur propre isolement ;
est acceptable d’imposer un internement psychiatrique à ceux qui invitent publiquement les gens à sortir de chez eux ;
est acceptable la délation de masse ;
est acceptable de ne pas pouvoir assister ses proches sur le point de mourir ;
est acceptable le suicide de ceux qui se trouvent d’un coup sans aucun moyen de subsistance ;
est acceptable la répression étatique ou le lynchage privé de ceux qui prennent le soleil ou promènent leur chien ;
est acceptable de faire passer pour un vaccin salvateur une mixture pharmacologique dont les effets sont inconnus ;
est acceptable le terrorisme sanitaire-médiatique qui fait passer pour une victime du virus quiconque meurt… parce que positif au test anti-covid ;
est acceptable une vie privée de toute signification, de tout plaisir minimal, réduite dans le meilleur des cas à une simple survie biologique…

Il existe tant d’aberrations que nous avons découvert être acceptables au cours de cette dernière année, sur la vague de la grande mutation de l’être humain qui, en défiant la mort afin de défendre ou conquérir la liberté en est arrivé à renoncer à toute liberté afin de ne pas courir le risque de mourir. Qu’il en soit ainsi, nous sommes désormais résigné·es. Mais les ministres, les préfets et les généraux, les enquêteurs et les guideurs de peuples devraient aussi se résigner. Ce qu’ils nomment  « actes d’intimidation » vont augmenter, sinon en quantité, au moins en qualité. Parce que rien ni personne ne pourra empêcher qu’au cours des prochaines années, parmi les rares êtres humains de chair et de sang restés en circulation, ne devienne littéralement irrésistible la tentation de tirer les conclusions pratiques d’une évidence décennale :

C’est un grand malheur que de vivre en des temps aussi abominables. Mais c’est un malheur encore pire de ne pas tenter, au moins une fois, pour la beauté du geste, de les prendre à la gorge. »


Source : Sans Nom, traduit de l’italien de finimondo (15 mars 2021).