A-t-on encore le droit d’exercer son esprit critique en France ?

Exercer son esprit-critique en France

Les principes de liberté et d’égalité, de même que les droits humains fondamentaux, ne se discutent pas, ne se compromettent pas. Ils sont les socles de notre société politique et le vrai fondement de la cohésion sociale. La liberté d’expression est l’un de ces droits fondamentaux. Ceux qui tentent d’une façon ou d’une autre d’en empêcher l’exercice agissent contre la démocratie.

Dans une tribune exclusive publiée par Quartier Général, près de 2 800 chercheurs, universitaires, soignants, juristes, artistes et enseignants, dénoncent la censure inédite opérée autant par les médias que par les GAFAS au sujet de tout ce qui contredit le discours officiel sur le Covid. Chasse aux sorcières, règlements de compte, rien n’est épargné aux personnes qui contestent le bien-fondé du pass sanitaire, et réclament simplement plus de transparence concernant le processus vaccinal, ainsi qu’un débat contradictoire sur la stratégie sanitaire nationale.

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[ACTA.Zone] Pandémie, Vaccin, Passe sanitaire : pour une position révolutionnaire

évasion

Pourquoi donc notre camp cède t-il à cette tendance absurde qui renvoie dos à dos, sous l’appellation de « complotisme », les positions suprémacistes paranoïaques voire ésotériques, et les simples propensions à mettre en doute les récits hégémoniques, parfois sous forme d’une critique édentée du capitalisme et des formes contemporaines de contrôle social ? — Acta.zone, 25 juillet 2021

Face à l’ampleur des polarisations actuelles – souvent réduites à des conflits entre « pro » et « anti » vax – il est bien difficile d’adopter une position politique claire. D’un côté, une défiance importante contre le pass sanitaire et l’obligation à demi-mot de la vaccination se répand, entraînant des milliers de personnes dans les rues partout en France. De l’autre, une position de méfiance d’une partie de la gauche radicale envers ces mobilisations, qui la pousse au retrait, aux motifs indéniables qu’une partie de l’extrême-droite est à l’avant-garde des mobilisations contre la généralisation vaccinale ou encore que le confusionnisme, à tendance négationniste, traverse certains discours et symboles promus, en particulier les analogies avec la Shoah ou l’apartheid.

Si dans ces rassemblements, le fond de l’air paraît plus bleu (bien foncé) que rouge, le non-interventionnisme – qui se déploie dans une partie de la gauche radicale – sur les problématiques fondamentales de la surveillance de masse et de toutes les conséquences induites par la nouvelle mesure gouvernementale a de quoi interroger. Tout particulièrement à moins d’un an des élections présidentielles et des promesses de l’ombre qu’elles nous font déjà.

Reportage audio réalisé lors de la manifestation parisienne du 24 juillet contre le pass sanitaire :

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Citoyens de seconde Zone & Contrôle Absolu

Seconde zone

Chaque fois qu’un régime d’exception despotique est instauré et que les garanties constitutionnelles sont suspendues, il en résulte — comme cela s’est produit sous les (trop) nombreux régimes fascistes de notre histoire commune — la discrimination d’une catégorie d’humains, relégués au rang de citoyens de seconde zone. Car il est évident que c’est là un des objectifs de la création de ce qu’on appelle le passe sanitaire. Ce n’est pas le seul et nous y reviendrons plus loin.

Qu’il s’agisse d’une discrimination fondée sur des convictions personnelles — et non sur la base d’une certitude scientifique objective — est prouvé par le fait que dans le domaine scientifique, les débats sont toujours en cours quant à la sécurité et l’efficacité de ces nouveaux vaccins, ce qui, selon l’avis de nombreux médecins et scientifiques, ne devrait pas être ignoré. Ces produits ayant été créés dans l’urgence et sans tests adéquats ne permet ni de garantir leur efficacité, ni leur innocuité.

Malgré cela, ceux qui s’en tiennent à leur conviction libre et fondée et refusent de se faire vacciner seront exclus de la vie sociale. Que le vaccin se transforme ainsi en une sorte de symbole politico-religieux visant à créer une discrimination entre les citoyens est évident. Un fait dont la gravité politique ne devrait être sous-estimée. Que devient un pays dans lequel se crée une classe discriminée ? Comment accepter de vivre avec des citoyens de seconde zone ? La volonté de discriminer est aussi vieille que la société elle-même et nous avons toutes et tous pu constater comment de telles formes de discrimination étaient présentes dans nos sociétés dites démocratiques ; mais que ces discriminations factuelles soient sanctionnées par la loi est une barbarie que nous ne pouvons accepter.

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Mais le passe sanitaire ne constitue pas seulement, pour celles et ceux qui ne l’ont pas, une discrimination. Car au travers de ce sésame vert, l’objectif inavoué de nos gouvernements est, en réalité, un contrôle méticuleux et inconditionnel de tout mouvement des citoyens, semblable au passeport intérieur, la Propiska que chaque Russe devait avoir pour se déplacer d’une ville à l’autre dans le régime soviétique. Dans notre cas, cependant, le contrôle est encore plus absolu, car il concerne tout déplacement du citoyen, qui devra désormais montrer son laissez-passer à chaque fois qu’il se déplace, même pour aller au cinéma, assister à un concert ou s’asseoir à la terrasse d’un café ou dans un restaurant.

Paradoxalement, le citoyen non-enregistré sera beaucoup plus libre que celui qui a un passe sanitaire, et ce devrait être la masse même des citoyens détenteurs de cet odieux sésame qui devrait maintenant protester et se rebeller. Car désormais ils seront comptés, surveillés et contrôlés dans une mesure sans précédent, mesure jamais acquise même dans les régimes les plus totalitaires. Il est important de noter que la Chine a annoncé qu’elle maintiendrait ce système de suivi et de surveillance même après la fin de la pandémie. Comme il devrait être évident, avec le passe sanitaire, que ce n’est nullement la santé mais bien le contrôle de la population qui est en jeu. Tôt ou tard, même le public partisan du passe sanitaire le comprendra à ses dépens. Il sera pour lui, hélas, bien trop tard pour espérer revenir en arrière…

Note personnelle

Ex-habitant d’une autre zone, je suis et reste un citoyen de seconde zone depuis que j’ai rejeté en bloc le récit dominant de l’histoire en cours, la science, la technopolice, le fonctionnement du monde capitaliste et sa réalité, bien avant la farce covidienne. C’est pourquoi je vis en marge de ce monde pour en tirer quelques avantages, mais dès que je le peux, je plonge et nage librement dans mon propre récit, infiniment plus vaste et stimulant, et dont je reviens toujours enrichi.

Vos urnes sont trop petites pour nos Rêves

la servitude volontaire

À nouveau, l’heure de choisir les bergers va bientôt sonner…

Bien que troublés, les électeurs s’apprêtent à reprendre au refrain. Sous la baguette des chefs d’orchestre, tous les votards donneront de la voix. Tant pis, s’ils ne chantent pas juste. Candidats ! à vos trombones. Peuple souverain ! attention… Nous rénoverons le parlement. Une, deux ! une, deux ! Peuple ! aux urnes !… Gauche, droite ! c’est pour la République ! Une, deux ! gauche, droite ! En mesure…
— Vous n’êtes que des poires ! Zo d’Axa (1900).

« Une chose m’étonne prodigieusement – j’oserai dire qu’elle me stupéfie – c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose. Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ? Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l’électeur moderne ? Et le Charcot qui nous expliquera l’anatomie et les mentalités de cet incurable dément ? Nous l’attendons. » 1

« Nous n’irons plus aux urnes »

Tel est le titre de l’essai du québécois Francis Dupuis-Déri, le tout assorti du sous-titre : Plaidoyer pour l’abstention. 2 L’auteur ne se contente pas de couper les lauriers de l’électoralisme mais il argumente avec force sur l’inutilité du suffragisme. Son apologie de l’abstention est bâtie d’une part sur un refus du « vote utile » et du voter pour le moins pire, ritournelle très utilisée en France depuis plusieurs années. D’autre part sur l’inefficacité du vote en matière de transformation sociale ; d’autant que pendant longtemps les « élites » se réservèrent ce « devoir civique » par crainte des pauvres, des femmes ou des esclaves qui auraient pu en faire mauvais usage. « Élites » qui d’ailleurs, quand cela les arrange, n’hésitent à jouer de l’abstention. Pour exemple, François de Rugy dépositaire d’une proposition de loi visant à rendre le vote obligatoire, s’est abstenu de voter 398 fois sur les 648 scrutins à l’Assemblée de 2012 à 2016. 3 Son cas n’est pas unique. Le 10 mai 2019, l’Assemblée nationale débattait sur la Loi de restauration de la cathédrale Notre-Dame, suite au discours solennel de Macron déclarant que l’État restaurerait le bâtiment en moins de cinq ans. Ce jour-là, sur les 577 députés [sensés « représenter » les françaises et français- N.d.Zeka], seuls 47 étaient présents. Le taux d’abstention des parlementaires a donc atteint 92 % !

Carte postale eugène petit 1909
Vive l’Anarchie ! Carte postale d’Eugène Petit (1909)

Voter ou ne pas voter, telle est la question qu’on n’ose pas poser dans nos régimes parlementaires, où les élections sont des rituels sacrés. En défendant la légitimité de l’abstention, cet essai attaque de front la conviction selon laquelle le vote serait un devoir, et le refus de voter une dangereuse hérésie. Bien plus qu’une simple apologie de l’abstention, cet ouvrage propose ainsi une critique radicale du système électoral.

Au-delà, l’auteur dénonce les rituels d’embrigadement et d’endoctrinement de la jeunesse mis en place un peu partout pour conditionner le futur électeur. Que ce soit, lors d’élections dans les établissements scolaires, les conseils municipaux de jeunesse, etc. De fait, la critique de l’auteur porte sur le système délégataire et parlementaire du vote. En effet, il prône comme dans les écoles alternatives l’utilisation du conseil comme lieu d’apprentissage de la démocratie réelle voire de l’autogestion. En bref, Dupuis-Déri défend globalement le principe de l’action directe politique et le refus de délégation.

Le vote de facto, même dans sa forme obligatoire ou pas, n’a d’autre fonction que d’entretenir l’illusion d’un pouvoir politique détenu par d’autres. Un tour de passe-passe habilement orchestrer par les libéraux. Alors, à quoi bon élire ceux qui sont « en grande partie responsable de la situation misérable » de beaucoup ? A quoi bon, par le vote délégataire « légitimer l’élite qui gouverne, commande, autorise et interdit » ? A quoi bon, « élire des parlementaires qui ne décident plus grand-chose » quand de fait le pouvoir est ailleurs ; au FMI, à l’OMC… Enfin, « les parlementaires prétendent servir le peuple mais n’est-ce pas plutôt la population qui travaille pour les parle-menteurs ?
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  1. Octave Mirbeau, La Grève des Électeurs. 1888.
  2. Nous n’irons plus aux urnes : Plaidoyer pour l’abstention (2019), par Francis Dupuis-Déri, Lux éditeur, A Publico, 192 p, 12 €.
  3. Soit environ 62% d’abstention à lui tout seul…

Une atmosphère lourde, morne et suffocante…

Le règne du Feu

Une atmosphère lourde, morne et suffocante s’est installée dans le pays, les hommes sont déprimés et mécontents et, néanmoins, ils sont prêts à tout souffrir sans protester et sans être surpris. »

« Telle est la situation caractéristique des temps de tyrannie. Le mécontentement général, que les observateurs superficiels considèrent comme une indication de la fragilité du pouvoir, signifie en fait exactement le contraire. Un mécontentement terne et généralisé est compatible avec une soumission presque illimitée pendant des décennies ; lorsque le sentiment de désastre se conjugue, comme c’est le cas aujourd’hui, à l’absence d’espoir, les hommes obéissent jusqu’à ce qu’un contrecoup extérieur leur redonne espoir. »

« Le sentiment de sécurité est profondément altéré. Ce n’est pas forcément mauvais, car il ne peut y avoir de sécurité pour l’homme sur cette terre et le besoin de sécurité, au-delà d’une certaine limite, est une illusion dangereuse qui déforme tout et rend les esprits ennuyeux, superficiels et bêtement satisfaits; il était bien vu en période de prospérité, et on le voit encore dans les catégories sociales qui se croient en sécurité aujourd’hui. Mais l’absence totale de sécurité, surtout lorsque la catastrophe redoutée semble dépasser les ressources de l’intelligence et du courage, n’en est pas moins néfaste. Nous avons vu dans le passé les crises économiques priver les jeunes de tout espoir de pouvoir entrer pleinement dans les rangs de la société, gagner leur vie et nourrir une famille. Nous voyons maintenant toute une génération de jeunes dans la même impasse… Les moyens de communication modernes, la presse, la radio et le cinéma sont suffisamment puissants pour influencer l’humeur de tout un peuple. Bien sûr, la vie continue à se défendre, protégée par l’instinct et une certaine forme d’inconscience ; et pourtant la peur généralisée des grandes catastrophes collectives, attendues passivement comme une inondation ou un tremblement de terre, affecte de plus en plus le sentiment que chacun peut avoir sur son avenir. »

Simone Weil (1939)

Guerre et paix

« […] Les puissances qui veulent gouverner le monde doivent tôt ou tard recourir à une guerre, qu’elle soit réelle ou soigneusement simulée. Et comme dans l’état de paix la vie des hommes tend à sortir de toutes les dimensions historiques, il n’est pas étonnant que les gouvernements d’aujourd’hui ne se lassent pas de nous rappeler que la guerre contre le virus marque le début d’une nouvelle époque historique, dans laquelle rien ne sera plus comme avant. Même si cette ère sera un âge de servitude et de sacrifice, où tout ce qui vaut la peine d’être vécu devra subir la mortification et les restrictions, ils [les humains] s’y soumettent volontiers, car ils croient fermement avoir trouvé dans cette « guerre » un sens à leur vie, qu’ils avaient – sans s’en rendre compte – perdu en temps de paix. »

« On peut supposer, cependant, que la guerre contre le virus, qui semblait être un dispositif idéal, finisse, comme toute guerre, par devenir incontrôlable. Et peut-être qu’à ce moment-là, s’il n’est pas trop tard, l’humanité cherchera à nouveau cette paix ingouvernable qu’elle avait si imprudemment abandonnée. »

Giorgio Agamben (2021)

La Doxa et le Complotisme

doxa

Il est aujourd’hui essentiel de tenir à distance à la fois la doxa et le complotisme. Ces deux écueils menacent en effet la compréhension libre et désintéressée de la « crise sanitaire » en cours et ils fonctionnent en miroirs.

Il n’est pas étonnant que la plèbe n’ait ni vérité ni jugement, puisque les affaires de l’Etat sont traitées à son insu, et qu’elle ne se forge un avis qu’à partir du peu qu’il est impossible de lui dissimuler. La suspension du jugement est en effet une vertu rare. Donc pouvoir tout traiter en cachette des citoyens, et vouloir qu’à partir de là ils ne portent pas de jugement, c’est le comble de la stupidité. Si la plèbe en effet pouvait se tempérer, suspendre son jugement sur ce qu’elle connaît mal, et juger correctement à partir du peu d’éléments dont elle dispose, elle serait plus digne de gouverner que d’être gouvernée » (Spinoza, Traité politique, VII, 27)

Le complotisme pour les nuls

Deux dangers guettent la vie des idées de nos jours. Et il n’est pas facile de les tenir tous deux à distance. Le premier est la doxa, le second le complotisme. Tous deux consistent en des raisonnements reposant sur une prémisse erronée, sur la base de laquelle se déploient ensuite des constructions plus ou moins informées ou plus ou moins sophistiquées. Tant que la prémisse n’est pas questionnée, la personne ne peut pas changer fondamentalement d’avis. La prémisse opère comme un filtre, un classement et une hiérarchisation des informations parvenant à la conscience. Elle filtre les informations disponibles afin de privilégier celles qui confortent la prémisse et d’évacuer le plus possible les autres. Ces dernières constituent des « dissonances cognitives » comme disait Léon Festinger 1, et elles sont évacuées ou minimisées. S’il ne parvient pas totalement à les évacuer, le raisonnement va les considérer comme secondaires pour sauvegarder la prémisse et la cohérence globale du raisonnement qui est construit dessus. Il va en somme hiérarchiser l’information pour complexifier le tableau tout en maintenant la cohérence globale de sa construction logique, jusqu’au jour où ce ne sera éventuellement plus tenable 2.

Quiconque prétend réfléchir rationnellement aux problèmes qui nous sont posés à propos de la « crise sanitaire mondiale de 2020 » doit parvenir à identifier ces deux dangers et à comprendre leur logique de construction. Pour ce faire, il faut également comprendre que ces deux systèmes de pensées progressent en réalité de concert car ils sont les deux côtés d’une même pièce de monnaie. Ils sont la norme et la déviance. C’est la doxa qui qualifie de complotisme tout ce qui n’adhère pas à ses prémisses, et le complotisme prolifère à mesure que la doxa se durcit et empêche de questionner ses prémisses. Il faut enfin comprendre que, derrière le clivage intellectuel, se cache aussi en partie un clivage social (les « élites » versus le « peuple ») dont la rigidification n’est pas une bonne nouvelle pour la démocratie. On commencera par traiter de la doxa avant de passer à l’examen du complotisme.
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  1. L. Festinger, Une théorie de la dissonance cognitive, Paris, Dunod, 2011 (première éd. en Anglais 1957).
  2. Dans le champ des théories scientifiques et de l’histoire des sciences, et dans le langage de Thomas Kuhn, cela conduit à ajouter des « modifications ad hoc » à une théorie afin de sauver le « paradigme » central (T. Kuhn, La Structure des révolutions scientifiques, Paris, Flammarion, 1983 (première éd. en Anglais 1962).

Contre la terreur et les fanatiques libéraux qui en tirent profit

The Face of War Skull - Salvador Dali

Au-delà de l’émоtiоn suscité par l’assassinat de Samuel Paty, le pоuvоir macrоnien effectue un virage vers l’extrême drоite. Sur fоnd de déclaratiоns irrespоnsables et prоvоcatrices, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, semble оrchestrer cette оpératiоn dоnt les principales victimes serоnt les libertés d’оpiniоn, d’expressiоn et d’assоciatiоn.

Ci-après, un petit flоrilèges desdits cоmmentaires et quelques réflexiоns au sujet des « cоrpоratismes » et des « séparatismes » passés sоus silence : ceux des riches capitalistes et des technоcrates fascistes qui nоus gоuvernent. Enfin, nous ajoutons une analyse pertinente de ACTA au sujet de l’hypocrisie des « démocraties » libérales qui prétendent combattre le terrorisme.

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J’avais envie d’écrire une lettre…

Bonjour,

Comment ça va ?
Ça va ?
J’aurai dû vous le demander tout à l’heure déjà, pardonnez-moi de ne pas l’avoir fait : est-ce que vous voulez que je mette mon masque ?
Ça va pour vous si je le laisse dans ma poche ?
Je vous demande, parce que j’ai entendu comme vous les annonces, ces derniers jours, des gens qui nous « gouvernent » parler des restrictions nouvelles liées à la pandémie et bon… voilà… je sais que ça peut être angoissant. Et je voulais amener un peu d’optimisme.
Et puis je suis heureux qu’on puisse quand même se parler.
Disons… tant que c’est possible.

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Don’t let Tutanota down!

Don't let Tutanota down

En premier lieu, nous répétons notre volonté de ne pas vouloir offenser qui que ce soit, mais nous pensons que quitter Tutanota aujourd’hui serait vraiment une très mauvaise idée. Pourquoi nous vous parlons de Tutanota ? Parce que Tutanota est une petite structure originaire de Hanovre (Allemagne) et qui œuvre depuis maintenant quatre ans pour un Internet libre, sécurisé et respectueux de notre vie privée.

Et même si nous utilisons chaque jour les services de Riseup, d’A/I ou d’autres serveurs radicaux, nous ne pensons pas exagérer en affirmant que Tutanota est un service de messagerie parmi les plus sécurisés au monde. En juin dernier, l’université Leibniz de Hanovre et le service de messagerie sécurisé Tutanota ont conjointement obtenu un financement de l’UE pour un projet de recherche sur la cryptographie post-quantique. Car d’ici quelques années, lorsque les ordinateurs quantiques seront suffisamment efficaces, la plupart des algorithmes actuellement utilisés pourront être facilement « cassés » par ces ordinateurs innovants.

Ainsi, le déploiement d’algorithmes de chiffrement résistants aux ordinateurs quantiques est devenu une priorité pour Tutanota. Mais celà ne plaît pas à tout le monde et, depuis la mi-août, l’équipe de Tutanota doit faire face à de nombreuses attaques DDoS, ce qui entraîne des interruptions répétées de leurs services.
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Ebru Timtik… Me êfu bike !

Ebru Timkit

L’avocate kurde Ebru Timkit est décédée le 27 août dans un hôpital d’Istanbul. Son cœur s’est arrêté de battre après 238 jours de grève de la faim. Elle demandait un procès équitable.

Timtik a été condamné en mars 2019 à 13 ans et six mois de prison pour « appartenance à une organisation terroriste ». 17 avocats ont été condamnés en vertu de la législation « antiterroriste » turque à un total de 159 années de prison, au terme d’un procès controversé au cours duquel la défense avait dénoncé la falsification évidente des preuves et le fait que le tribunal ait accepté des témoignages anonymes.

Réclamant un procès équitable, Ebru Timkit avait entamé une grève de la faim le 2 janvier, suivie un mois plus tard par son collègue et ami Aytaç Ünsal. Ce dernier continue de se battre, mais son état est jugé extrêmement grave.

Le 14 août, la Cour suprême turque a rejeté la demande de libération des deux avocats emprisonné·e·s. L’Institut de médecine légale avait pourtant indiqué que leur état de santé était incompatible avec un emprisonnement. Malgré cela et contre l’avis de deux hôpitaux d’Istanbul, Timkit et Ünsal furent maintenus en détention. Comble de l’abomination, la Cour suprême a affirmé qu’il n’existait « aucune information permettant de penser que leur vie était en danger. »

Helin Bölek, Mustafa Koçak, Ibrahim Gökçek, trois musiciens du collectif Grup Yorum, sont également décédés en Turquie en avril et mai derniers après de longues grèves de la faim.

Ey welatê min… Me êfu bike !