L’Europe abandonne une application open source contre Covid-19

Quantum calculator

Carmela Troncoso était l’ingénieur en charge d’un projet Bluetooth open-source, sans tracking, pour traiter le problème de covid-19. Il s’agissait d’une technologie différente à celle proposée par Google et Apple, lesquels œuvrent de concert au déploiement d’une nouvelle infrastructure technologique.

Note importante : Cet article, initialement paru dans El Salto, un journal d’investigation libre (Espagne), n’a pas été publié pour alimenter la polémique. Qu’ils soient open-source, portés par des instances collectives démocratiques ou à l’initiative de gouvernements totalitaires, nous demeurons à jamais opposés à tous outils technologiques visant à identifier les chaînes de transmission et suivre en temps réel les déplacements des populations.

Carmela Troncoso répond à El Salto par appel vidéo depuis la Suisse. elle explique qu’elle dirigeait depuis plusieurs semaines l’équipe de conception d’un protocole visant à réaliser un système de prévention des infections au covid-19 sans tracking ni tracing. DP-3P, le nom du protocole, a été commandé par le Pan-European Proximity Tracking Consortium for Privacy, Pepp-Pt, un conglomérat de sociétés et d’universités qui ont uni leurs forces pour développer une application pour lutter contre la propagation du virus. Le gouvernement espagnol avait annoncé son soutien au projet. L’Europe vient de l’abandonner au profit d’une solution de tracking proposée par les géants du capitalisme numérique, Google et Apple…

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Shut the power !

Shut the Power

La réglementation pour lutter contre la pandémie de COVID-19 entraîne de nombreux couvre-feux dans certaines villes, une interdiction de contact, la distanciation sociale imposée et d’autres mesures liberticides sans précédent tant par leur nature que par la rapidité de leur mise en œuvre.

Ces mesures politiques sont toujours accompagnées par un langage martial. Qu’on l’accepte ou qu’on le déplore, c’est la gestion de la crise par la Chine qui a dicté ces « règles » sanitaires. Mais faut-il rappeler que la Chine demeure une dictature qui surveille et contrôle la totalité de ses citoyen·ne·s, interdit toute contestation publique et punit sévèrement quiconque violerait les « règles » établies par l’élite communiste-capitaliste ? L’isolement de millions de citoyen·ne·s ne peut être réalisé que dans un système totalitaire efficace. Or le modèle de confinement chinois est devenu, à court terme, un modèle pour les gouvernements du reste du monde. Début janvier, de telles mesures liberticides étaient encore dénoncées comme totalitaires et violant les droits fondamentaux des êtres humains. Trois mois plus tard, ces mesures deviennent la norme et semblent s’enraciner désormais durablement dans les politiques d’autres régions du monde sous des formes modifiées.

Comment une pandémie peut-elle déclencher de tels programmes d’urgence et des mesures drastiques à l’échelle planétaire, là où l’effondrement climatique ne peut pas ? Cette question se doit d’être posée.

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[COVID-19] 9 Lignes directrices pour une politique féministe

Key Focus Areas for a Feminist Policy

Il est essentiel que les gouvernements utilisent une approche fondée sur les droits humains pour garantir que chaque femme a accès aux informations, aux systèmes de soutien et aux ressources nécessaires pendant la crise actuelle.

Nous avons reconnu neuf domaines prioritaires à considérer dans le contexte de la crise COVID-19. Ils sont énumérés ci-dessous avec une brève description des défis potentiels et des recommandations qui prennent en compte les expériences vécues des personnes en position vulnérable — en particulier les femmes et les filles qui subissent un impact disproportionné en raison de leur sexe, de leur genre et de leur orientation sexuelle — et orientent les décideurs politiques vers des solutions qui n’exarcerberont pas leurs vulnérabilités ou amplifieront les inégalités existantes et qui garantiront leurs droits fondamentaux.

Ces lignes directrices ne remplacent pas l’engagement des femmes et des filles et d’autres communautés marginalisées dans la prise de décisions, mais justifient la consultation et la diversité des dirigeant·e·s.

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[Analyse] Contre toutes les guerres, contre tous les gouvernements : comprendre la « guerre » USA-Iran

Against All Wars, Against All Governments

Via CrimeThInc.

Après la frappe aérienne américaine qui a tué le général iranien Qasem Soleimani le 3 janvier 2020 et les frappes de missiles iraniens contre les positions américaines en Irak le 7 janvier 2020, il y a eu des inquiétudes considérable quant à l’escalade de conflits, provocations ou de guerre entre les États-Unis et l’Iran.

Dans un écosystème médiatique principalement alimenté par la peur et l’indignation, les mauvaises nouvelles se propagent rapidement et les pires interprétations des nouvelles se propagent le plus rapidement. Pour notre part, nous nous attendons à ce que la guerre s’intensifie, mais qu’elle prenne une forme plus diffuse que le type de guerre conventionnelle que la plupart des gens attendent.

En tant qu’ennemi·e·s déclaré·e·s de la guerre et de la tyrannie, nous pensons qu’il est important d’élaborer une stratégie en conséquence.

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The other « Sides » of Honk Kong

Cerberus SIDES canon à eau antiémeutes répression Honk Kong

La SIDES, l’entreprise nazairienne spécialisée dans les véhicules incendie avait frôlé le crash en 2017. Reprise par le groupe Armoric en 2018, elle enregistre la même année un contrat de 25 M€ avec l’armée française ! Si le contrat est officiel, la SIDES demeure cependant très discrète sur sa livraison à Hong Kong de trois véhicules anti-émeute équipés de canons à eau.

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Chile : el oasis seco ~ Luis Sepulveda

Chili, l’oasis asséchée

Santiago de Chile, 19/12/19 (Ricardo Moraes)
Santiago de Chile, 19/12/19 (Ricardo Moraes).

C’était début octobre, quelques semaines à peine avant l’explosion sociale qui secoue le Chili dans toute la longueur de son étrange géographie. Une explosion qui, à la fin novembre, s’était traduite par plus de vingt morts, des centaines de mutilés, des milliers de blessés, un nombre indéterminé de détenus, des actes de torture, des agressions sexuelles et d’innombrables atrocités commises par la police et les forces armées. Juste avant ce basculement, le président chilien Sebastián Piñera s’était exprimé sur les convulsions qui balayaient le reste de la région. Il avait alors présenté le Chili comme une « oasis » de paix et de tranquillité au milieu de la tempête.

Ce n’était pas la présence d’une eau particulièrement douce, ni de palmiers au feuillage exubérant, qui caractérisait cette « oasis », mais les barrières apparemment infranchissables qui la ceinturaient. Les Chiliens se trouvaient du bon côté de cette clôture, forgée dans un alliage singulier : économie néolibérale, absence de droits civils et répression. Les trois métaux les plus vils.

Jusqu’à ce que la foule noircisse les rues chiliennes ces dernières semaines, les économistes et les dirigeants politiques qui s’accrochent au credo « moins d’État, plus de liberté d’entreprendre » comme à une bouée expliquaient qu’un miracle s’était produit au Chili. Presque par génération spontanée. De ce miracle, ils lisaient la preuve irréfutable dans les chiffres de la croissance et dans des statistiques économiques applaudies par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Mais ce petit paradis austral n’existait pas pour l’ensemble de la population. Il ignorait tout de détails apparemment aussi subjectifs que le droit à un salaire juste, à des retraites décentes, à une éducation publique de qualité, à un système de santé digne de ce nom. Il ne s’intéressait guère au droit des citoyens à décider de leur sort, au lieu d’être relégués à la seule fonction de déglutir les chiffres macroéconomiques dont le pouvoir s’emploie à les gaver.

Le 11 septembre 1973, un coup d’État emportait la démocratie chilienne (1). Une dictature brutale s’installait à Santiago, où elle se maintiendrait pendant seize années. Non pour restaurer un ordre menacé, ou pour sauver la patrie de la menace communiste : le projet qui a motivé le coup d’État était de mettre en œuvre les préceptes des gourous du néolibéralisme, emmenés par Milton Friedman et l’école de Chicago. Il s’agissait d’instaurer un modèle économique d’un type nouveau, lequel engendrerait à son tour un nouveau type de société. Un monde contraint au silence, où la précarité serait la norme et l’absence de droits la règle. Un monde où les fusils se chargeraient d’assurer la paix sociale.

La dictature civico-militaire a atteint ses objectifs. Elle les a inscrits dans une Constitution dont le texte consacre le modèle économique instauré par la force et l’érige en définition du pays. Aucune autre nation latino-américaine ne s’est dotée d’une boussole aussi fidèlement alignée sur le bien-être d’une minorité, au mépris du reste de la population.

Avec le « retour de la démocratie », ou, pour mieux dire, la « transition chilienne vers la démocratie », à partir de 1990, les règles du jeu n’évoluent pas. La Constitution de la dictature est retouchée sans qu’on en modifie l’essentiel. Tous les gouvernements de centre gauche et de droite qui se succèdent s’emploient à maintenir le sacro-saint modèle économique, cependant que la précarité gangrène des pans de plus en plus vastes de la société.

Si, lors d’un repas, vous avez deux personnes et deux gâteaux, d’un point de vue statistique, la consommation est d’un gâteau par personne. Même si l’une des deux mange tout, sans rien laisser à l’autre. Voilà le tour de passe-passe qui permet au Chili de présenter son modèle comme une réussite : pas vraiment une dictature, pas vraiment une démocratie, il assure sa survie grâce à la répression et à la peur.

L’un des hommes les plus riches du monde, M. Julio Ponce Lerou, ancien gendre du dictateur Augusto Pinochet et héritier, par ordre du général, d’un empire économique bâti en dépouillant les Chiliens de ce qui leur appartenait, a versé d’immenses sommes d’argent à la majorité des sénateurs, des députés et des ministres afin qu’ils poursuivent servilement les privatisations. Lorsque la société l’a découvert, l’État a répondu en deux temps : il a suggéré que critiquer ces faits revenait à mettre fin au « miracle chilien » ; il a organisé la répression des manifestants.

Au Chili, l’eau appartient à une poignée de multinationales. Toute l’eau. Celle des rivières, des lacs, des glaciers. Lorsque des gens sont descendus dans la rue pour protester contre cette situation, l’État a engagé le seul dialogue qu’il tolère : celui qui répond aux revendications populaires par des coups de matraque.

Même chose lorsque la société s’est mobilisée pour défendre le patrimoine naturel menacé par les transnationales de la production d’électricité ; lorsque les lycéens ont exigé une éducation publique de qualité, libérée du monopole du marché ; ou lorsqu’une grande partie du pays a pris la défense du peuple mapuche, systématiquement opprimé. Chaque fois, l’État a eu la même réponse : réprimer et affirmer que les protestataires menaçaient le miracle économique chilien.

La paix de l’oasis chilienne n’a pas volé en éclats à cause d’une simple hausse du prix du ticket de métro à Santiago.

Elle a été rongée par les injustices commises au nom des statistiques macroéconomiques. Par l’insolence de ministres qui conseillent aux gens de se lever plus tôt pour économiser sur le coût des transports en commun (2) ; qui, face à la hausse du prix du pain, recommandent d’acheter des fleurs parce qu’elles, au moins, n’ont pas augmenté ; qui invitent à organiser des soirées bingo dans l’espoir de récolter des fonds pour réparer la toiture de ces écoles que la première ondée inonde.

La paix de l’oasis chilienne a volé en éclats parce qu’il n’y a rien de juste dans le fait de terminer ses études universitaires lesté d’un fardeau de dettes qu’il faudra quinze ou vingt ans pour rembourser.

La paix de l’oasis chilienne a volé en éclats parce que le système des retraites se trouve aux mains d’entreprises vampires, qui investissent les fonds qu’elles récoltent sur les marchés spéculatifs et font payer les pertes qu’elles enregistrent aux retraités, ces petites gens auxquels elles versent des pensions de misère, calculées sur la base d’une évaluation morbide du nombre d’années qu’il leur reste à vivre.
La paix de l’oasis chilienne a volé en éclats parce que, au moment de choisir la société qui gérera son compte de capitalisation pour la retraite, le travailleur, l’ouvrier, le petit patron doit avoir à l’esprit cette mise en garde des autorités : « La plus grande partie de ta retraite dépendra de l’intelligence dont tu auras fait preuve en plaçant ton épargne sur les marchés financiers. »

La paix de l’oasis chilienne a volé en éclats parce qu’une majorité de gens ont commencé à dire « non » à la précarité et se sont lancés à la reconquête des droits qu’ils avaient perdus.

Il n’existe pas de rébellion plus juste et plus démocratique que celle qui secoue le Chili.

Les manifestants exigent une nouvelle Constitution, qui représente l’ensemble de la nation, dans toute sa diversité.

Ils exigent qu’on revienne sur la privatisation de l’eau et de la mer.
Ils exigent le droit d’exister, et d’être considérés comme les sujets actifs du développement du pays.

Ils exigent d’être traités comme des citoyens, pas comme la portion congrue d’un modèle économique condamné à l’échec par son inhumanité.
Il n’existe pas de rébellion plus juste et plus démocratique que celle qui secoue le Chili.

Et il n’existe pas de répression, si dure et criminelle soit-elle, qui puisse entraver un peuple qui se lève.

Luis SEPULVEDA, El Diplo.org

De nombreux lycées bloqués partout en France

Un policier attaque des lycéens à Lyon

Bonjour à vous, qui êtes enfants, qui avez des enfants, qui vivez avec des enfants, qui vous occupez d’enfants, qui avez des ami.e.s enfants, qui avez été enfants !

Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Melun, Paris, Tourcoing, Nouvion (Somme), Le Thor (Vaucluse), Lyon, Créteil, Poitiers, Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), Tonnerre (Yonne), les blocages des lycées continuent et les échauffourées entre lycéen.ne.s et flics aussi. À Grenoble, 7 lycées ont été bloqués la semaine passée. Il en est de même à Nîmes, Nantes, Montpellier, Lille et Caen. Dans l’Oise, la préfecture a décidé la fermeture de 17 lycées sur les 35 que compte le département, après un jeudi mouvementé.

Réforme après réforme, le système scolaire se complaît dans son apparente inefficacité. Il est temps de se poser sérieusement la question de son véritable but.

L’instruction et l’éducation sont des notions propres aux valeurs de notre nation. L’École de la République ne sert qu’une seule chose : transformer les étudiants en de bons citoyens dociles et respectueux des valeurs d’ordre et de sécurité de l’État. Elle aspire seulement à créer un peuple qui obéit, qui se vend sur le marché du travail comme une prostituée du savoir.

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[Chili] – El Baile De Los Que Sobran

vamos hacia la vida

Pour l’État, il n’y a qu’une loi unique et inviolable : la survie de l’État.
— Karl Marx.

Ce qui se passe actuellement en Amérique latine n’est pas sans précédent. Dans les années 1960 et 1970, les Latino-Américains ont été les protagonistes de révoltes et de manifestations contre les modèles économiques qui maintenaient la population dans une situation de pauvreté et d’inégalités.

Depuis le grand soulèvement du 18 octobre, l’État a montré son vrai visage, le terrorisme, qui est toujours en dessous de sa légalité supposée et de sa légitimité démocratique.

La domination capitaliste utilise des formes démocratiques pour imposer sa dictature sociale et l’étendre à tout le corps social en tant que système productif de marchandises. Cela n’est pas du tout incompatible avec le recours à des formes ouvertes de terrorisme d’État : en 1973 et 2019, dans la dictature ou la « démocratie », l’État reste un terroriste, et la continuité de ses moyens de prévention et de contrôle de la révolte le prouvent : enlèvements, torture, viol, agression et emprisonnement collectif.

L’État est terroriste par définition, et le seul moyen d’écraser le terrorisme d’État est de mettre fin à l’État lui-même ! Nous ne devons pas laisser seuls nos compatriotes qui sont enfermés indéfiniment dans les oubliettes de la dictature démocratique du capitalisme ! Nos mouvements beaux et multiformes régleront tous les comptes avec le passé et ne laisseront plus jamais personne seul ! Sans perdre un millimètre de ce que nous avons conquis jusqu’à présent ! Vive le retour de la révolution sociale !

Nous relayons ici un communiqué de nos camarades de lutte du Chili, diffusé par Proletarixs en revuelta le 25 octobre 2019 lors de la manifestation sauvage de Santiago du Chili qui a rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues de la capitale.

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[Plessé] Au Domaine de La Roche : comment la délation est-elle devenue la norme ?

cinq enfants assis sur un banc

À lire la plaquette sur le harcèlement édité par la Société publique locale (SPL) La Roche (Plessé, Loire-Atlantique, France), on pourrait penser que les supposés « éducateurs » dudit site se sont donné les moyens de faire accuser les enfants (ou les enseignants) avant même qu’ils puissent agir. Ce que nous vous invitons à regarder, ce ne sont pas les signaux annonciateurs de prétendus harcèlements, mais plutôt la norme, celle prônée par l’équipe de La Roche à Plessé, laquelle s’est associée à la Brigade de Prévention de la Délinquance juvénile (de la Gendarmerie nationale) pour assurer ses formations en milieu scolaire !

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Lettre ouverte aux militantes et militants d’XR

manifestation Londres punk

Le 5 octobre, Extinction Rebellion co-organisait l’occupation d’un centre commercial, Italie 2, avec d’autres collectifs (gilets jaunes, écologistes radicaux, luttes sociales, féministes, queer, antiracistes), actant le début d’alliances prometteuses.

Cette date du 5 octobre a servi d’ouverture à une semaine de Rébellion Internationale d’Octobre (RIO), qui s’est manifestée notamment par l’occupation de la place du Châtelet, des prises de parole, et des actions de blocages. Cette intéressante semaine de rébellion fut cette fois organisée par Extinction Rebellion en solo (mais ouverte aux autres luttes), sur le modèle de ce qui se passe en Angleterre. Si cette occupation fut indéniablement très rafraîchissante (depuis quand avait-on pu occuper aussi longtemps, et de nuit, le cœur de Paris ?), elle n’en comportait pas moins certaines limites.

Le collectif Grozeille a publié cette lettre, rédigée par des jeunes de Désobéissance Ecolo Paris et signée par d’autres collectifs : ACTA, Cerveaux non disponibles, le CLAQ, et le Comité Adama.

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[Nantes] – Communiqué de la Maison du Peuple

Maison du Peuple de Nantes

La Maison Du Peuple de Nantes est ouverte

Des personnes sans logements occupent depuis début juillet une maison située au 15 rue Jules Ferry. 

Les habitants décident le 21 juillet 2019 de créer un collectif d’occupation baptisé Maison du Peuple de Nantes (MdP), qui vise à réaliser une expérience sociale autogérée, et favoriser le lien entre ses membres.

La MdP entend développer le tissu local en s’inscrivant dans la vie du quartier, en proposant des moyens de rencontre, d’entraide, de soutien fraternel et solidaire.

Elle est organisée en Assemblées directes qui décident des modalités de fonctionnement, de sa charte et de ses utilisations.

Des commissions envisagent et réalisent des projets concrets :

  • Éducation populaire
  • Entraide administrative
  • Soutien Scolaire
  • Bibliothèque
  • Ateliers récupération, réparation et recyclage
  • Cuisine collective
  • Consommation sobre et responsable
  • Débats

La MdP encourage l’émulation et la créativité, en un lieu apaisé et libéré des contraintes hiérarchiques et marchandes.

La Maison Du Peuple de Nantes

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[Plessé] Phallus invasif & bikini : une après-midi au Wake Park

Philippe Romagon Rabineau

Plessé, petite bourgade de Loire-Atlantique à 50 km au Nord de Nantes accueille depuis deux ans le plus grand téléski nautique de Loire-Atlantique, Wake Park Plessé, au milieu du cadre (jadis) enchanteur de l’Étang de Buhel

Pour les promoteurs de ce projet inutile et imposé, l’Homme aurait toujours ressenti l’impérieuse nécessité de se mesurer et de rivaliser physiquement avec ses semblables. Le désir de comparer ses capacités physiques, d’élire le plus fort, le plus rapide et de chercher sans cesse le dépassement de ses limites biologiques serait inhérent à la vie de l’homme, à son existence même. La compétition physique serait ainsi une donnée anthropométrique fondamentale, « enracinée au plus profond de la nature humaine », inscrite dans la part animale de l’homo sapiens. Dans son essence, la compétition sportive a toujours été présentée comme un besoin fondamental de l’homme, une tendance instinctive, une sorte de disposition naturelle et primitive.

Or, ce qu’il faut affirmer, c’est que cette représentation du sport est un mythe. Un mythe tenace qui permet d’occulter la réalité peu reluisante du spectacle sportif contemporain tel qu’on peut le voir chaque été sur le Wake Park de l’Étang de Buhel de Plessé.

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À BAS LA DISCIPLINE ! À BAS LA HIÉRARCHIE !

Un peuple debout ne rond-point

Les Anarchistes à l’Assemblée, les ami.e.s à nos côtés, les « experts » chez eux, la télévision aux ordures, les ordures à la poubelle ! La distraction dans les écoles. Les grèves dans les écoles. Des Slogans écrits en CARACTÈRES ÉNORMES collés sur les murs des cours de récréation. L’Art partout. La beauté spirituelle partout. L’indolence partout. La publicité dans les musées. Les maisons dans les arbres. Les arbres dans la rue. L’écologie radicale, le climat social, notre Univers Miss Terre. Des ponts entre nous et le ciel. Les guichets des banques au bûcher. Les banquiers aux oubliettes. Les feux d’artifice tirés illégalement dans les halls des banques. Nos poèmes gribouillés dans les toilettes des palais de Justice. Les enfants avec nous. Les enfants en nous. La danse dans la rue. Les clowns dans la rue. Les ballets dans la rue. L’Amour à l’angle de chaque rue. Notre colère sur les rond-points. Nos espoirs dans la rue. Notre détermination dans la rue. La beauté et la poésie dans la rue. La Résistance dans la rue. Nos désirs dans la rue !

VIE MAGIQUE !

VIVA LA LIBERTÉ ! Pour l’Émancipation Individuelle & la Libre-Association des Individus

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La Liberté ne peut être que TOUTE LA LIBERTÉ ; un morceau de liberté n’est pas la Liberté.
Max Stirner

Les mythes de l’Ordre et de la Nation

Nos sociétés et nos États existent, sans que nous les fassions, ils sont réunis sans notre assentiment, ils sont prédestinés, ils ont une existence propre, indépendante, ils sont contre nous, les individualistes, ce qui existe de façon indissoluble. Le monde d’aujourd’hui est, comme on dit, en lutte contre l’ « état des choses existant ». Cependant, on se méprend, en général, sur le sens de cette lutte, comme s’il ne s’agissait que de troquer ce qui existe actuellement contre un nouvel ordre qui serait meilleur.

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Conquérir notre autonomie

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Chapitre 1

Tout commence par une explosion. Non, en fait on ne sait pas si c’est le commencement, et ce n’est pas vraiment une explosion. Mais le « big-bang », c’est pour l’instant la construction théorique la plus solide sur laquelle on peut s’accorder. Cause-conséquences, réactions en chaîne, l’univers se déploie, déterminé. La matière s’agrège, se compose, se recompose.

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