A-t-on encore le droit d’exercer son esprit critique en France ?

Exercer son esprit-critique en France

Les principes de liberté et d’égalité, de même que les droits humains fondamentaux, ne se discutent pas, ne se compromettent pas. Ils sont les socles de notre société politique et le vrai fondement de la cohésion sociale. La liberté d’expression est l’un de ces droits fondamentaux. Ceux qui tentent d’une façon ou d’une autre d’en empêcher l’exercice agissent contre la démocratie.

Dans une tribune exclusive publiée par Quartier Général, près de 2 800 chercheurs, universitaires, soignants, juristes, artistes et enseignants, dénoncent la censure inédite opérée autant par les médias que par les GAFAS au sujet de tout ce qui contredit le discours officiel sur le Covid. Chasse aux sorcières, règlements de compte, rien n’est épargné aux personnes qui contestent le bien-fondé du pass sanitaire, et réclament simplement plus de transparence concernant le processus vaccinal, ainsi qu’un débat contradictoire sur la stratégie sanitaire nationale.

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Passe sanitaire : quelle surveillance redouter ?

QR Code Labyrinthe

La Quadrature du Net – Mediapart, le 19/08/2021.

Les critiques du passe sanitaire dénoncent unanimement un « danger autoritaire ». Assez justement, la CNIL elle-même présente ce danger comme « le risque d’accoutumance et de banalisation de tels dispositifs attentatoires à la vie privée et de glissement, à l’avenir, et potentiellement pour d’autres considérations, vers une société où de tels contrôles deviendraient la norme et non l’exception ». Prenons un instant pour détailler ce danger et répondre à la question : de quel type de surveillance le passe sanitaire est-il l’expression ?

Il existe déjà de nombreux « dispositifs attentatoires à la vie privée » contre la généralisation desquels nous luttons depuis des années : écoutes téléphoniques, fichage, caméras, drones, géolocalisation, logiciels espions… Pour comprendre et prévenir les dangers posés par le passe sanitaire, il faut le situer précisément au sein de cet écosystème. Certains outils de surveillance sont plus ou moins faciles à déployer, à plus ou moins grande échelle, de façon plus ou moins visible et avec des conséquences très variables. En comprenant dans quel mouvement technologique et à partir de quels outils pré-existants le passe sanitaire s’est construit, nous espérons lutter plus efficacement contre la banalisation du type de surveillance qu’il permet.

Contrôler pour exclure

Pour prendre du recul, décrivons de façon générale l’action que permet de réaliser le passe sanitaire : exclure de certains emplois, transports et lieux des personnes dont la situation diffère de certains critères fixés par l’État.

Formulé ainsi, ce mode de régulation n’a rien de nouveau. C’est notamment de cette façon que l’État français traite les personnes étrangères : l’accès aux transports vers le territoire national, puis l’accès au séjour et à l’emploi sur le-dit territoire n’est permis que si la situation des personnes étrangères est conforme à des critères fixés par l’État (situation personnelle familiale et économique, pays d’origine, âge…). Le respect des critères est vérifié une première fois en amont puis se traduit par la délivrance d’un titre : visa, cartes de séjour, etc. Ensuite, la police n’a plus qu’à contrôler la possession de ces titres pour contrôler la situation des personnes, puis leur ouvrir ou leur fermer les accès correspondants. En menaçant d’exclure du territoire ou de l’emploi les personnes ne disposant pas du bon titre, l’État déploie une lourde répression – les conséquences pour les personnes exclues sont particulièrement dissuasives.

Toutefois, jusqu’à peu, ce type de répression avait d’importantes limitations pratiques : les titres ne pouvaient être délivrés qu’avec un certain délai et à un certain coût, de nombreux policiers devaient être déployés pour les vérifier et certains policiers devaient même être spécifiquement formés pour en vérifier l’authenticité. Ces limitations expliquent sans doute en partie pourquoi ce type de répression s’est jusqu’ici centré sur des cas précis (tel que le contrôle des personnes étrangères) sans être systématiquement déployé pour gérer n’importe quelle situation que l’État souhaiterait réguler.

Le passe sanitaire est la traduction d’évolutions techniques qui pourraient supprimer ces anciennes limites et permettre à cette forme de répression de s’appliquer à l’ensemble de la population, pour une très large diversité de lieux et d’activités.

Passage à l’échelle technologique

Au cours de la dernière décennie, la majorité de la population française (84% en 2020) s’est équipée en smartphone muni d’un appareil photo et capable de lire des code-barres en 2D, tels que des codes QR. En parallèle, l’administration s’est largement appropriée les outils que sont le code-barre en 2D et la cryptographie afin de sécuriser les documents qu’elle délivre : avis d’imposition, carte d’identité électronique… Le code en 2D rend quasi-nul le coût et la vitesse d’écriture et de lecture d’informations sur un support papier ou numérique, et la cryptographie permet d’assurer l’intégrité et l’authenticité de ces informations (garantir qu’elles n’ont pas été modifiées et qu’elles ont été produites par l’autorité habilitée).

Si ces évolutions ne sont pas particulièrement impressionnantes en elles-même, leur concomitance rend aujourd’hui possible des choses impensables il y a encore quelques années. Elle permet notamment de confier à des dizaines de milliers de personnes non-formées et non-payées par l’État (mais simplement munies d’un smartphone) la mission de contrôler l’ensemble de la population à l’entrée d’innombrables lieux publics, et ce, à un coût extrêmement faible pour l’État puisque l’essentiel de l’infrastructure (les téléphones) a déjà été financée de manière privée par les personnes chargées du contrôle.

Désormais, et soudainement, l’État a les moyens matériels pour réguler l’espace public dans des proportions presque totales.

Une brique de plus à la Technopolice

La crise sanitaire a très certainement facilité ces évolutions, mais son rôle ne doit pas être exagéré. Cet emballement dramatique des pouvoirs de l´État s’inscrit dans un mouvement d’ensemble déjà à l’œuvre depuis plusieurs années, qui n’a pas attendu le coronavirus, et contre lequel nous luttons sous le nom de « Technopolice ». Il s’agit du déploiement de nouvelles technologies visant à transformer les villes en « safe cities » capables de réguler l’ensemble de l’espace public.

La Technopolice est l’expression d’évolutions technologiques qui, comme on l’a vu avec le cas du passe sanitaire, ont permis de rendre totales des formes de régulations qui, jusqu’alors, étaient plus ou moins ciblées. Prenons le cas emblématique des caméras : jusqu’à peu, la police était matériellement limitée à une politique de vidéosurveillance ciblée. Elle ne pouvait exploiter les enregistrements vidéo que pour analyser quelques situations ciblées, à défaut de pouvoir mettre un agent derrière chaque caméra 24 heures sur 24. De même, l’identification d’une personne filmée demandait des efforts importants.

Ces limitations ont depuis volé en éclat. La reconnaissance faciale rend presque triviale l’identification des personnes filmées (voir notre exposé). L’analyse automatisée d’images permet de détecter en continu tous les événements définis comme « anormaux » : faire la manche, être trop statique, courir, former un grand groupe de personnes, dessiner sur un mur… (voir par exemple les projets imaginés à Marseille ou à Valenciennes). Plus besoin de placer un agent derrière chaque caméra pour avoir une vision totale. Qu’il s’agisse du passe sanitaire ou de l’analyse d’image automatisée, dans les deux cas, la technologie a permis à des techniques ciblées de se transformer en outils de contrôle de masse de l’espace public.

Contrôle permanent des corps

Ce parallèle nous permet d’apporter une précision importante : qu’il s’agisse du passe sanitaire ou de la détection automatique des comportements « anormaux », ces systèmes ne nécessitent pas forcément un contrôle d’identité. Le logiciel d’imagerie qui signale votre comportement « anormal » se moque bien de connaître votre nom. De même, en théorie, le passe sanitaire aussi pourrait fonctionner sans contenir votre nom – c’est d’ailleurs ce que prévoyait la loi initiale sur la sortie de crise ou, plus inquiétant, ce que proposent désormais certaines entreprises en se fondant non plus sur le nom mais le visage. Dans ces situations, tout ce qui compte pour l’État est de diriger nos corps dans l’espace afin de renvoyer aux marges celles et ceux qui – peu importe leurs noms – ne se conforment pas à ses exigences.

Ce contrôle des corps se fait en continu et à tous les niveaux. D’abord pour détecter les corps jugés « anormaux », que ce soit par leur comportement, leur apparence, leur visage, leur statut vaccinal, leur âge… Ensuite pour contraindre les corps et les exclure de la société, que ce soit par la force armée de la police ou par des interdictions d’entrée. Enfin pour habiter les corps et les esprits en nous faisant intérioriser les règles dictées par l’État et en poussant à l’auto-exclusion les personnes qui ne s’y soumettent pas. Tout cela à l’échelle de l’ensemble de la population.

Une accoutumance injustifiée

L’adoption massive du passe sanitaire relève d’une bataille culturelle menée par le gouvernement visant à habituer la population à se soumettre à ce contrôle de masse. Cette accoutumance permettrait à l’État de poursuivre plus facilement sa conquête totale de l’espace public telle qu’il l’a déjà entamée avec la Technopolice.

Pourtant, paradoxalement, dans son format actuel, le passe sanitaire n’apparaît pas comme étant lui-même un outil de régulation très efficace. Il semble difficile d’empêcher les médecins qui le souhaitent de fournir des passes à des personnes qui ne devraient pas en recevoir. Et, quand bien même les passes seraient attribués aux « bonnes personnes », en l’état celles-ci peuvent facilement les partager avec les « mauvaises personnes ». Certes, la police entend réaliser des contrôles d’identité pour lutter contre ces échanges mais, si l’efficacité du système repose au final sur des contrôles de police aléatoires, il n’était pas nécessaire de déployer des mécanismes de surveillance de masse pour aller au-delà ce qui se fait déjà en la matière, par exemple avec les ordonnances manuscrites délivrées par les médecins que la police peut vérifier en cas de soupçons. Cela permettrait au moins de diminuer les risques d’accoutumance à un nouveau système de contrôle de masse.

Hélas, il semble plus sérieux d’envisager le scénario inverse : l’inefficacité du passe sanitaire pourrait servir de prétexte pour le perfectionner, notamment en permettant aux contrôleurs non-policiers de détecter les échanges de passe. Comme vu plus haut, certains proposent déjà un nouveau système affichant le visage des personnes contrôlées. Une telle évolution nous livrerait la version pleinement aboutie et efficace du système de contrôle de masse rêvé par la Technopolice – et la police n’aurait presque plus à travailler pour contrôler les passes.

Obligation de prouver la nécessité

Même dans son format le plus sophistiqué, l’efficacité du passe sur le plan sanitaire resterait toujours à démontrer – il demeure de nombreuses incertitudes, que ce soit sur la valeur des tests au bout de 72 heures, sur le taux de transmission même une fois vacciné, sur le cas des nouveaux variants, sur l’efficacité de la contrainte pour inciter la population à se faire vacciner, ou sur la durée de validité à retenir pour les tests de dépistage.

Au plan juridique et politique, et tel que nous l’avions rappelé pour StopCovid, l’État est soumis à une règle simple mais fondamentale : il a l’obligation de prouver qu’une mesure causant des risques pour les libertés fondamentales est absolument nécessaire avant de la déployer. Dans notre cas, non seulement le gouvernement n’a pas encore démontré l’efficacité du passe sanitaire mais, plus grave, il a refusé de déployer ou de tester l’efficacité de mesures alternatives qui ne causeraient aucun risque pour les libertés (telles que des campagnes de communication bienveillantes, transparentes et non-paternalistes pour inviter à se faire vacciner), ou des mesures complémentaires ambitieuses (tel que le déblocage de financements pour permettre le dédoublement des salles de classe et leur aération, ce que le gouvernement à tout bonnement écarté).

Conclusion

Résumons : le passe sanitaire illustre des évolutions technologiques qui permettent à un mode de répression ancien (la répression par l’exclusion, illustrée notamment par le contrôle des personnes étrangères) de passer d’une échelle relativement restreinte à une échelle presque totale, concernant l’ensemble de la population et de l’espace public, afin de renvoyer à ses marges les personnes qui ne se soumettent pas aux injonctions de l’État.

Si, aujourd’hui, ces injonctions ne sont que d’ordre sanitaire, il faut encore une fois redouter que ce genre d’outil, une fois banalisé, soit mis au service d’injonctions dépassant largement ce cadre. Cette crainte est d’autant plus pesante que ce processus a déjà commencé au sein de la Technopolice, qui esquisse d’ores et déjà un mode de régulation social fondé sur la détection et l’exclusion de toute personne considérée comme déviante ou comme ayant un comportement « anormal » aux yeux de l’État et des entreprises de sécurité qui définissent ensemble et de manière opaque les nouvelles normes de comportement en société.

Dernier rappel stratégique : si le gouvernement français se permet d’imposer de tels outils de détection et d’exclusion des personnes qu’il juge indésirables, c’est notamment car il peut reprendre à son compte, et redynamiser à son tour, les obsessions que l’extrême droite est parvenue à banaliser dans le débat public ces dernières années afin de traquer, de contrôler et d’exclure une certaine partie de la population. La lutte contre les risques autoritaires du passe sanitaire serait vaine si elle ne s’accompagnait pas d’une lutte contre les idées d’extrême droite qui en ont été les prémices. La lutte contre le passe sanitaire de doit pas se faire avec, mais contre l’extrême droite et ses obsessions, qu’elles soient dans la rue ou au gouvernement.


Source : La Quadrature du Net

Plesséole : STOP au projet d’éoliennes à Plessé !

Le Dresny Plessé

Reçu par mail.

Des citoyens qui s’étaient déjà impliqués dans les parcs éoliens citoyens Bégawatts et Isac-Watts ont décidé d’en impulser un sur notre belle commune, Plessé, en Loire-Atlantique. Derrière un discours « écolo » et soi-disant « citoyen » se cache une toute autre réalité que la plupart d’entre nous refusent encore de voir. Un éclaircissement s’impose :

Les industriels, de façon à pérenniser leurs marchés, doivent s’adapter à un discours écologiste, via le développement de concepts tels que le « développement durable » (un oxymore que nous dénoncions dans cet article). Manipuler la sémantique de l’écologie permet donc d’invisibiliser des processus industriels qui n’ont rien à voir avec les notions utilisées.

La mise en avant de l’énergie éolienne fait partie de ces processus. En effet, en s’intéressant de plus près à qui bénéficie et participe à l’implantation de sites d’éoliennes, nous nous retrouvons face aux mêmes acteurs faisant la promotion du nucléaire ou autres immondices industriels. Tout est prévu pour faciliter l’ouverture d’un marché financier juteux qui n’a rien à voir avec une recherche d’autonomie énergétique impliquant un minimum d’impact sur l’environnement. Il en est de même, hélas, pour les parcs dits « citoyens. »

Un impact destructeur sur les écosystèmes

Une éolienne, c’est entre 1 300 et 2 400 tonnes de béton armé (et les machines qui vont creuser les trous, broyer la terre, aplatir les sols, pulvériser des millions d’individus végétaux et d’insectes), un pylône en acier de 100 mètres et des pales gigantesques en plastique (non recyclable évidemment). L’éolien ce n’est pas de l’écologie, c’est de l’industrie. De plus, l’énergie produite par le futur parc sera envoyée directement dans le réseau national de RTE. Impossible alors pour les habitant·es de Plessé de savoir si l’énergie qu’iels consommeront vient réellement de leur joli parc éolien…

Aujourd’hui toute marchandise est « verte », « écologique », « durable »… L’écologisme ce sont de nouvelles entreprises, l’exploitation de nouvelles sources d’énergie, des entreprises de recyclage, des bâtiments aux nouvelles normes à construire, etc. Le développement durable ça rapporte. Les éoliennes, les panneaux solaires, les banques éthiques… autant de nouvelles perspectives de profit. De plus, le discours écolo vient à point pour faire passer des augmentations des taxes et autres ponctions sur les salaires, etc. Quoi de mieux que de se servir de réels problèmes pour faire augmenter le taux d’exploitation ? Vive le capital (sic) !

Idéologie écologique

L’écologisme n’est pas quelque chose de nouveau mais en quelques décennies c’est devenu le centre de campagnes de plus en plus envahissantes. Toutes sortes de colloques, conférences, sommets, tous les rouages de l’État se mobilisent pour nous embrigader dans ces campagnes.

Mais les réponses de l’État sont aussi idiotes qu’assassines. Halte à la croissance, pour la décroissance, et la croissance « durable ». C’est oublier que tout capital ne survit qu’en s’accroissant, en se reproduisant de façon élargie et en n’obéissant qu’à son profit immédiat !

Vers la non-remise en cause de notre Système

De plus, il est demandé à des communes peu consommatrices d’énergie (les sites d’implantation d’éoliennes sont habituellement en milieu rural) de subir les excès des zones urbaines saturées. Nous n’allons donc pas dans le sens d’une remise en cause de notre façon de consommer mais bien dans une course sans fin à la conquête de nouvelles ressources jusqu’alors laissées intactes. Proposer une énergie « 100% renouvelable d’ici 2050 » est le rêve de tous les industriels du Système capitaliste actuel.

Il s’agit donc toujours de préserver le capital, son développement, sa capacité à faire du profit. Il nous faut cesser de croire qu’il pourrait être efficace de mettre des pansements sur un corps pourri à la base. De cette façon, nous ne touchons jamais à la racine du problème. Des pansements tel que le « recyclage » ou les énergies « renouvelables » ne changeront rien, au contraire. La saloperie continuera à s’entasser ! Les armes continueront à être produites pour mener la guerre du profit !

Au lieu d’arrêter cet engrenage, nous y apportons sans cesse un peu plus de graisse, encore et encore. Mais cette graisse est « verte », « écologique » et « durable ». Capitalisme à visage humain, économie verte, commerce équitable… tous les termes sont bons pour nous faire croire à un capitalisme bio-éthique à développement durable ! Faire durer le système et que le profit qu’il en tire soit durable ! Voilà bien le seul mobile de toutes ces campagnes moralisantes.

Pendant des siècles, la bourgeoisie nous a fait bouffer du progrès à toutes les sauces sous les auspices de la déesse Science. Le capital a développé la camelote à tout va. Aujourd’hui, les politiques nous répètent que notre confort coûte cher et ils nous gavent de sciences du recyclage, du souci d’économie de l’énergie, de sauvegarde de la planète, de développement durable, de simplicité volontaire, etc. Le capital veut laver plus blanc que blanc. Sous le goupillon de l’écologisme, l’humanitaire et de l’éthique, tout pourrait retrouver un sens moral pourvu qu’on y mette un peu du nôtre. La bourgeoisie ne cherche qu’à se blanchir de ses guerres et de sa responsabilité d’avoir conduit le monde à la catastrophe.

L’État se fait écologiste parce qu’il ne peut pas nier la catastrophe générale et qu’il doit mettre en place des chicanes afin d’éviter que tout n’explose — et notre colère en premier.

Mais alors que faire ?

Allons à la racine des choses : il faut détruire le capitalisme. Battons-nous ensemble pour sa destruction. Cette « solution » de l’éolien et du renouvelable est capitaliste. Elle ne résout rien du tout. Elle s’oppose même à notre lutte collective. Soyons ensemble car il n’y a pas de solutions individuelles.

NON à celleux qui espèrent créer un monde meilleur en s’enfermant dans une entreprise « durable », « éthique » et « bio » ! NON au comportement de l’autruche qui met sa tête dans le sable et ne veut pas voir dans quelle merde elle vit !


Des habitant·es de Plessé qui refusent de se cacher derrière des solutions qui n’en sont pas et qui nous divisent.

Photo : le site d’implantation du futur parc éolien Plesséole…

Abolir Frontex et le régime des frontières de l’UE !

Abolish Frontex

Stop the War on Migrants et AbolishFrontex sont des campagnes contre les politiques actuelles de l’UE en matière de frontières et de migration. Elles se concentrent sur la manière dont l’UE militarise la sécurité des frontières, à la fois à ses propres frontières (extérieures) et dans les pays tiers, et les sociétés d’armement et de sécurité, telles qu’Airbus et Thales, font pression et en profitent.

Ces deux campagnes réclament la fin de la sécurité aux frontières, des détentions et des expulsions, et la création d’itinéraires sûrs pour les réfugié·es, de bons abris ainsi qu’une importante remise en question sociale et environnementale pour éliminer les causes qui forcent les gens à fuir.

Arrière-plan

L’UE mène une guerre contre la migration, qui est également au cœur de la politique étrangère de l’UE. La migration est perçue comme une menace pour la sécurité, plutôt que comme un problème humanitaire et politique. La réponse de l’UE à cette « menace » consiste à militariser la sécurité des frontières, à la fois aux frontières extérieures de l’UE et dans les pays tiers, pour arrêter les réfugiés déjà en route vers l’Europe. Cela comprend l’envoi de forces armées aux frontières, l’érection de barrières de sécurité (avec toutes sortes de technologies de surveillance et de détection), l’utilisation croissante de systèmes autonomes (drones, intelligence artificielle, reconnaissance faciale, etc.), l’utilisation de moyens militaires par la police des frontières, des opérations (para)militaires de Frontex en Méditerranée, l’opération Sophia devant les côtes libyennes, avec le soutien de l’OTAN, et la formation et la fourniture d’équipements militaires aux gardes-frontières dans les pays tiers.

L’industrie militaire et de sécurité européenne a été très influente dans la définition de ce discours qui fait le lien entre migration et sécurité et dans l’élaboration des politiques pour y répondre. Les grandes entreprises d’armement et de technologie, en particulier Airbus, Thales, Leonardo et Indra, ainsi que les organisations de lobbying, telles que l’Organisation européenne pour la sécurité (EOS), ont été très efficaces pour faire pression sur l’UE. Grâce à d’innombrables réunions avec des représentants de l’UE, des tables rondes avec la participation de commissaires européens, la production de documents de lobbying, etc., ils ont réussi à faire avancer leur programme. Cela est particulièrement visible, notamment dans la façon dont le financement de la R&T sécuritaire (et désormais militaire) par l’UE est presque entièrement basé sur des documents de conseil des organes de consultation installés par l’UE, dans lesquels ont joué des représentants des entreprises d’armement et des instituts de recherche militaire. Ces entreprises y jouent un rôle de premier plan.

Outre les dépenses croissantes de l’UE pour ses propres mesures de sécurité aux frontières, l’UE finance des achats de sécurité aux frontières par les États membres de l’UE et par des pays tiers, principalement en Afrique, pour lesquels les budgets de la coopération au développement sont pillés. L’industrie militaire et de sécurité est le principal bénéficiaire de ces dépenses. Ils vendent de tout, des navires et des hélicoptères à la technologie de surveillance et d’identification (biométrique), dans un marché de la sécurité frontalière en pleine croissance. Airbus, Thales, Leonardo et Indra sont à nouveau des acteurs importants dans ce domaine.

Pendant ce temps, l’UE ferme les yeux à la fois sur son propre rôle dans les raisons pour lesquelles les gens sont contraints de fuir et sur les conséquences horribles de ses politiques. Les politiques commerciales internationales de l’UE se résument à l’exploitation de l’hémisphère sud et l’UE coopère de plus en plus avec, et donc légitime et renforce, les régimes bafouant les droits de l’homme dans les pays tiers, en particulier en matière de lutte contre les migrations. Des politiques environnementales faibles ne parviennent pas à enrayer le changement climatique, qui sera une cause de plus en plus importante de nouvelles crises obligeant les gens à quitter leur foyer. Les opérations militaires de l’UE et de l’OTAN en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie ont contribué au chaos et à la violence au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Comme cela a été fait en autorisant l’exportation d’armes, pour plus de 80 milliards d’euros depuis les pays de l’UE au cours de la seule dernière décennie, vers cette région, où elles alimentent les violations des droits de l’homme, les conflits internes (Irak, Libye) et les guerres (Syrie, Yémen).

Le renforcement et la militarisation de la sécurité aux frontières ont conduit à des attaques contre des réfugiés, par exemple par des gardes-frontières hongrois, bulgares, grecs et espagnols. Elle oblige également les réfugiés à rechercher d’autres routes migratoires, souvent plus dangereuses. Après l’accord avec la Turquie et la quasi-fermeture subséquente de la route migratoire dite des Balkans occidentaux, de nombreux réfugiés ont divergé vers la Libye pour tenter de se rendre en Italie. Une route connue plus dangereuse, cela a conduit à des taux de mortalité beaucoup plus élevés de personnes décédées en Méditerranée. Les politiques de l’UE mettent les réfugiés en danger d’expulsion vers des pays dangereux, de détention (prolongée) en Europe ou dans des pays tiers, par exemple dans l’enfer de la Libye, et compromettent le développement économique et social des pays tiers, en particulier en Afrique. Et en décrivant les réfugiés comme des menaces pour la sécurité, l’UE alimente la montée du nationalisme, du racisme, de la xénophobie et de l’islamophobie en Europe. Les politiciens d’extrême droite surfent sur les vagues anti-immigration suscitées par les politiques et le langage officiels de l’UE et de tous ses États membres.

Abolissons FRONTEX

Frontex

Frontex est l’agence des frontières de l’Union européenne et est un acteur clé dans l’application du régime des frontières de l’UE. Il est responsable des violations systémiques des droits humains par le biais de ses opérations ; participation à des expulsions; coopération avec les pays tiers et rôle dans le renforcement des frontières de l’UE.

Pour la délocalisation des contrôles, renforcée par la possibilité de constituer un corps d’« officiers de liaison » appelés à intervenir hors UE, Frontex s’appuie pour une large part sur la collaboration des pays tiers desquels s’effectuent les départs. L’inscription de la « lutte contre l’immigration clandestine » au cœur de la politique de coopération entre l’Europe et ses voisins fait depuis longtemps déjà partie du programme de l’UE. Cet aspect a été rappelé dans le Pacte européen pour l’asile et l’immigration de 2008, qui soulignait que « la migration doit devenir une composante importante des relations extérieures des États membres et de l’Union, ce qui suppose de prendre en compte, dans les relations avec chaque pays tiers, la qualité du dialogue existant avec lui sur les questions migratoires ». Frontex dispose en outre de la capacité de négocier ses propres accords opérationnels avec les autorités de pays tiers. Elle a déjà conclut des partenariats techniques avec les polices d’Ukraine, de Moldavie, de Géorgie, d’Albanie, ou encore de Turquie, de Libye et de Mauritanie afin d’y faciliter la gestion commune des flux migratoires. Sur la base de ces « accords de travail », des fonctionnaires de ces pays sont associés aux opérations conjointes et Frontex a les coudées franches pour exercer ses activités hors du territoire européen.

Aux critiques des conséquences de certaines alliances, dangereuses pour le respect des droits humains, le directeur de Frontex oppose le caractère strictement technique de ce partenariat établi non avec un pays tiers ou un gouvernement, mais avec « les autorités de contrôles des frontières de ce pays ». Une façon d’écarter tout contrôle démocratique ou juridictionnel sur les négociations qu’elle mène dans une opacité totale. (sic)

Airbus

Airbus est une entreprise aérospatiale et militaire trans-européenne. Il s’agit d’une fusion d’entreprises allemandes, françaises et espagnoles, et la plupart de la production a encore lieu dans ces pays, tandis que leurs gouvernements détiennent ensemble plus d’un quart des actions. Pour des raisons fiscales, le siège est toutefois à Leyde (Pays-Bas). Airbus est le deuxième producteur d’armes d’Europe et le septième au monde (2016). Ses principaux produits militaires sont des hélicoptères, des avions de chasse et des missiles. Airbus est également impliqué dans la production et la maintenance d’armes nucléaires.

L’entreprise vend des armes dans le monde entier, y compris à des pays en conflit, à des régimes autoritaires et à des violateurs des droits humains. C’est également un acteur majeur sur le marché de la sécurité aux frontières. Elle a vendu des hélicoptères pour la sécurité des frontières à la Biélorussie, la Bulgarie, la Finlande, l’Allemagne, la Lituanie, la Roumanie et la Slovénie. Les achats de la Finlande et de la Roumanie ont été financés par l’UE. La division de sécurité aux frontières d’Airbus, désormais une société distincte appelée Hensoldt, a vendu des systèmes de sécurité aux frontières à la Roumanie (toujours avec un financement de l’UE), à la France, à l’Espagne et à la Bulgarie. En collaboration avec l’industrie aérospatiale israélienne (IAI), Airbus a développé le drone Harfang (drone), qu’il promeut pour les travaux de sécurité aux frontières.

Airbus est membre des deux plus importantes organisations de lobbying de l’industrie militaire et de la sécurité dans l’UE : l’Organisation européenne pour la sécurité (EOS) et l’Association des industries aérospatiales et de défense d’Europe (ASD). La société elle-même compte douze lobbyistes en poste à Bruxelles et a rencontré la Commission européenne au moins 119 fois depuis novembre 2014.

Thales

Thales est une entreprise française d’armement et de technologie. C’est le quatrième producteur d’armes d’Europe et le dixième au monde (2016). La société d’armement néerlandaise Hollandse Signaalapparaten (HSA) fait partie de Thales depuis 1990 et s’appelle désormais Thales Pays-Bas. Son principal site de production se trouve à Hengelo (Overijssel), tandis qu’il possède également des succursales à Delft, Den Haag, Eindhoven et Huizen. Les produits comprennent le radar, les systèmes de conduite de tir, la cybersécurité et la biométrie. Le groupe Thales produit en général une large gamme d’armes, notamment des drones, des armes légères et des véhicules blindés. Elle est également impliquée dans la production et la maintenance d’armes nucléaires.

L’entreprise vend des armes dans le monde entier, y compris à des pays en conflit, à des régimes autoritaires et à des violateurs des droits humains. C’est également un acteur majeur sur le marché de la sécurité et du contrôle des frontières. Elle a livré un système de sécurité frontalière à la Lettonie, vendu des unités thermiques mobiles et des systèmes de sécurité frontalière à l’Espagne et son équipement radar est utilisé sur de nombreux navires à travers le monde, y compris ceux qui sont utilisés pour les patrouilles frontalières. En collaboration avec la société espagnole Aerovisión, elle a développé le drone Fulmar (drone), qui a déjà été présenté à l’agence de sécurité des frontières de l’UE Frontex.

Thales est également très actif dans la gestion électronique des identités, il a vendu des systèmes pour cela à l’Ouzbékistan, la France, le Maroc, le Kenya, le Royaume-Uni et sept autres pays non identifiés en Afrique. Au cours de l’année 2018, Thales rachètera Gemalto, une société néerlandaise de sécurité numérique et de biométrie. Les clients des passeports et cartes d’identité biométriques de Gemalto sont l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Liban, la Moldavie, le Nigeria et la Turquie.

Comme Airbus, Thales est membre des groupes de pression EOS et ASD. La société elle-même compte six lobbyistes en poste à Bruxelles et a rencontré la Commission européenne au moins 18 fois depuis novembre 2014.

ABOLISHFRONTEX

Les politiques frontalières de l’UE sont intrinsèquement racistes et renforcent les structures de pouvoir coloniales et capitalistes. Il est temps d’abolir Frontex et le système qu’il représente !

Abolish Frontex

Guerre au Tigré, Starbucks complice du génocide en Éthiopie

Starbucks Genocide

La région du Tigré, en Éthiopie, est un territoire où vivent de nombreux peuples autochtones dont la minorité ethnique éponyme, actuellement victimes d’un véritable génocide entamé par l’État Éthiopien.

Le 4 novembre 2020, le Premier ministre non élu de l’Éthiopie Abiy Ahmed a déclaré une guerre génocidaire contre le Tigré, l’État régional le plus septentrional d’Éthiopie, en collaboration avec le président totalitaire de l’Érythrée Isaias Afwerki. Depuis lors, son administration a bloqué l’accès à l’électricité, à toutes aides extérieures, à la nourriture et à l’eau potable pour des millions de civils Tigréens. Sous la direction d’Abiy et d’Isaias, les troupes éthiopiennes, les troupes érythréennes et les milices amhara ont commis d’importants crimes de guerre et de nettoyage ethnique, en massacrant des civils, en affamant les populations locales et en utilisant comme arme la violence sexuelle et sexiste contre les femmes et les jeunes filles.

Autrefois, la région du Tigré était recouverte de forêts, dont une grande partie ont été détruites au profit notamment de la culture du café, exposant les sols à l’érosion et à la désertification. Le Tigré est également l’une des régions les plus riches en métaux d’Éthiopie. On y trouve, entre autres, de l’or, du minerai de cuivre, du minerai de fer, du zinc et du plomb.

L’exportation la plus importante pour l’État éthiopien demeure néanmoins le café, qui se vend un milliard de dollars par an, alimentant en même temps la machine génocidaire. L’un des acheteurs les plus importants de café éthiopien est Starbucks, corporation qui possède pas moins de 16 858 boutiques implantées dans près de 50 pays à travers le monde. Une partie de leurs revenus alimente directement les fonds de guerre de l’État éthiopien.

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Dressons les Antennes – Un appel contre la 5G

Dressons les Antennes - Un appel contre la 5G

Résister au réseau 5G, à la digitalisation et à la médicalisation de nos vies

Ce sont des temps difficiles. Vous vous demandez peut-être quand ça allait mieux. Si nous relisons de nombreux textes, affiches ou écrits divers du milieu du XIXe siècle à nos jours, parus dans des cercles radicaux qui ont contesté le statu quo, nous trouverons des phrases telles qu’« il n’y a plus de temps à perdre », « maintenant ou jamais », « on ne peut plus attendre», « la catastrophe est imminente», « cela va changer nos vies à jamais » et ainsi de suite.

Or, une personne malicieuse pourrait dire : « Écoutez, cela fait presque deux siècles que vous nous embêtez et nous sommes toujours là, sains et saufs, nous vivons dans l’époque la plus démocratique de l’histoire, certes tout n’est pas parfait, mais c’est le meilleur des mondes possibles. »

Il faut l’admettre, ce genre de réflexions sont rassurantes et font apprécier toutes les belles commodités de notre civilisation moderne, assis sur le canapé et soupirant : « Mais oui, au fond ce n’est pas si mal ». Il nous faudra secouer cette inertie pour parler de l’énième « quelque chose » qui changera nos vies à jamais: 5G, digitalisation et médicalisation de la société globale, toutes choses qui vont ensemble, surtout les deux premières.

Mais étant donné la situation contextuelle dans laquelle nous nous trouvons, la pandémie mondiale de COVID19 et sa gestion, il est essentiel de partir d’un postulat qui concerne deux questions très difficiles.

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Initialement diffusé par le groupe éphémère CODA NERⒶ  et sur Attaque.

[EZLN] Première partie : Une déclaration… Pour la VIE

Enlace Zapatista - EZLN

Aux peuples du monde,
Aux personnes qui luttent sur les cinq continents,
Frères, sœurs, frœurs, compañeros, compañeras,

Durant ces derniers mois, nous avons pris contact entre nous de différentes manières. Nous sommes des femmes, des lesbiennes, des gays, des bisexuels, des transgenres, des travestis, des transsexuels, des personnes intersexes, des queers et d’autres encore, hommes, groupes, collectifs, associations, organisations, mouvements sociaux, peuples originaires, associations de quartier, communautés et un long et cætera qui nous donne une identité.

Nos différences et les distances entre nous viennent des terres, des cieux, des montagnes, des vallées, des steppes, des déserts, des océans, des lacs, des rivières, des sources, des lagunes, des races, des cultures, des langues, des histoires, des âges, des géographies, des identités sexuelles ou pas, des racines, des frontières, des formes d’organisation, des classes sociales, des capacités financières, du prestige social, de la popularité, des followers, des likes, des monnaies, des niveaux de scolarité, des manières d’être, des préoccupations, des qualités, des défauts, des pours, des contres, des mais, des cependant, des rivalités, des inimitiés, des conceptions, des argumentations, des contre-argumentations, des débats, des différends, des dénonciations, des accusations, des mépris, des phobies, des philies, des éloges, des rejets, des abus, des applaudissements, des divinités, des démons, des dogmes, des hérésies, des goûts, des dégoûts, des manières d’être, et un long et cætera qui nous rend différents et bien des fois nous oppose.

Zapatista EZLN

Il n’y a que très peu de choses qui nous unissent :

Faire nôtres les douleurs de la terre : la violence contre les femmes, la persécution et le mépris contre les différentEs dans leur identité affective, émotionnelle, sexuelle ; l’anéantissement de l’enfance ; le génocide contre les peuples originaires ; le racisme ; le militarisme ; l’exploitation ; la spoliation ; la destruction de la nature.

Comprendre que le responsable de ces douleurs est un système. Le bourreau est un système exploiteur, patriarcal, pyramidal, raciste, voleur et criminel : le capitalisme.

Savoir qu’il n’est pas possible de réformer ce système, ni de l’éduquer, de l’atténuer, d’en limer les aspérités, de le domestiquer, de l’humaniser.

S’être engagé à lutter, partout et à toute heure – chacunE là où on se trouve – contre ce système jusqu’à le détruire complètement. La survie de l’humanité dépend de la destruction du capitalisme. Nous ne nous rendons pas, nous ne nous vendons pas, nous ne titubons pas.

Avoir la certitude que la lutte pour l’humanité est mondiale. De même que la destruction en cours ne reconnaît pas de frontières, de nationalités, de drapeaux, de langues, de cultures, de races, la lutte pour l’humanité est en tous lieux, tout le temps.

Avoir la conviction que nombreux sont les mondes qui vivent et qui luttent dans le monde. Et que toute prétention à l’homogénéité et à l’hégémonie attente à l’essence de l’être humain : la liberté. L’égalité de l’humanité se trouve dans le respect de la différence. C’est dans sa diversité que se trouve sa ressemblance.

Comprendre que ce n’est pas la prétention d’imposer notre regard, nos pas, nos compagnies, nos chemins et nos destins qui nous permettra d’avancer, mais la capacité à écouter et à regarder l’autre qui, distinct et différent, partage la même vocation de liberté et de justice.

De par ce qui nous unit, et sans abandonner nos convictions ni cesser d’être ce que nous sommes, nous nous sommes mis d’accord pour :

Premièrement
Réaliser des rencontres, des dialogues, des échanges d’idées, d’expériences, d’analyses et d’évaluations entre personnes qui sommes engagées, à partir de différentes conceptions et sur différents terrains, dans la lutte pour la vie. Après, chacun continuera son chemin, ou pas. Regarder et écouter l’autre nous y aidera peut-être, ou pas. Mais connaître ce qui est différent, c’est aussi une partie de notre lutte et de notre effort, de notre humanité.

Deuxièmement
Que ces rencontres et ces activités se réalisent sur les cinq continents. Qu’en ce qui concerne le continent européen, elles se concrétisent durant les mois de juillet, août, septembre et octobre 2021, avec la participation directe d’une délégation mexicaine formée par le Congrès National Indigène-Conseil Indigène de Gouvernement, le Front des Villages en Défense de l’Eau et de la Terre des États de Morelos, Puebla et Tlaxcala, et par l’Armée Zapatiste de Libération Nationale. Et que nous aiderons selon nos possibilités à ce qu’elles se réalisent, à des dates postérieures encore à préciser, en Asie, en Afrique, en Océanie et en Amérique.

Troisièmement
Inviter les personnes qui partagent les mêmes préoccupations et des luttes similaires, toutes les personnes honnêtes et tous les en-bas qui se rebellent et résistent dans les nombreux recoins du monde, à rejoindre, à contribuer, à soutenir et à participer à ces rencontres et activités ; et à signer et à s’approprier cette déclaration POUR LA VIE.


Ejército Zapatista de Liberación Nacional
Le 01/01/2021

Manifs du 12 décembre : le carnage répressif en Marche

Que fait la police ? Ça crève les yeux !

Une soixantaine de mobilisations contre la proposition de loi « Sécurité globale »  1 ont rythmé cette fin de semaine dans tout l’Hexagone. Au moins 60 000 personnes ont marché ce samedi 12 décembre. Plus de 150 villes, des métropoles jusqu’aux localités plus modestes, ont déjà connu au moins un rassemblement depuis le 28 novembre. Nous nous en félicitons.

Toutefois, comme nous le redoutions, la manifestation parisienne, bien que dûment déclarée par un collectif d’organisations et autorisée par la préfecture de police, s’est transformée en un véritable carnage répressif.
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  1. Lien vers un décryptage de cette loi par l’association de défenses des droits et libertés sur internet La Quadrature du net

[Droit de réponse] Pourquoi on casse ?

Black Bloc Matter

Il est habituel de criminaliser la « casse »  1 lors des manifestations, mais nous  2 voulons ici proposer une analyse qui se tiendrait à l’écart du moralisme ou de la répression venant des discours dominants. Il ne s’agit de valoriser l’action directe violente tout en dénigrant la pluralité des formes de luttes, mais plutôt d’expliquer cette stratégie politique, qui peut se combiner à des actions pacifistes. Étant donné la complexité des problématiques sociales que l’on rencontre, une seule et unique façon de lutter a peu de chance d’être victorieuse.

Revenons un peu sur le mouvement…

Ce mouvement social que nous vivons actuellement, né en réaction aux mesures liberticides de la loi « sécurité globale » et des politiques en général du gouvernement Macron, s’élargit au fur et à mesure qu’il se heurte au durcissement totalitaire de l’État, à la répression et au déploiement de la Technopolice3 Bien sûr, tout cela a commencé bien avant et n’est que la juste continuité de nos réponses aux multiples oppressions de 2016  4 ou de celles à l’encontre des Gilets Jaunes en 2018 et 2019. Si des personnes n’y voient pas toutes le même sens — les revendications s’ajoutant les unes aux autres — il s’agit bien d’une réponse commune contre le système capitaliste tel que nous le connaissons, générateur de violences, d’oppressions et à l’origine de la destruction de notre monde et de nos vies.

Or le virus du capitalisme ne bénéficie qu’à une petite catégorie de privilégié·es, il serait difficile de le nier. Pour peu que l’on s’intéresse aux dynamiques économiques, on comprend que l’argent influence les pouvoirs, les régimes politiques et les lois, mais aussi nos relations et l’ensemble des rapports de domination existants au sein de notre société (en créant ou en maintenant des systèmes d’oppression liés à la classe, à la « race », au genre, à l’âge, à la validité physique, mentale ou émotionnelle, etc.)

Nos mouvements sociaux s’élèvent ainsi contre tout un monde, représenté par l’État, la police et les structures de l’économie capitaliste.
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  1. On entendra par là toutes les actions dites « violentes » et/ou de dégradations qui ont lieu lors de mouvements sociaux, qu’eles soient organisées ou spontanées.
  2. Ce texte, s’il est issu de discussions, de réflexions partagées et de rencontres, a été rédigé par une seule personne : ce « nous » est donc informel et ne saurait représenter l’ensemble des casseur·euses.
  3. Lire à ce sujet le manifeste de la Technopolice : la « Smart City » révèle son vrai visage, celui d’une mise sous surveillance totale de l’espace urbain à des fins policières – https://technopolice.fr/
  4. Avec le passage en force de la loi El Khomri par le biais du 49.3, les innombrables grèves, blocages et manifestations, le maintien de l’état d’urgence pour contrer la révolte populaire, etc.

[Nantes] Après la manif, gare au guet-apens médiatique !

Stop Media Control

Mercredi 9 décembre 2020, Ouest-France se surpassait dans le parti pris et les clichés, grâce à la plume du rennais Christophe Jaunet, chroniqueur zélé des campagnes électorales de la République en Marche, qui s’acharne tel un chieur d’encre d’extrême droite à salir les luttes locales depuis 1999. L’objectif de son « papier » : créer une division artificielle pour anéantir le mouvement en cours pour la défense des libertés et, in fine, légitimer une répression encore plus forte.

S’appuyant sur les déclarations du préfet Didier Martin selon lequel « il se passe des choses pas banales sur ce territoire », le quotidien prend à témoin les syndicats pour que ces derniers dénoncent les « violences ». Et plutôt que de remettre au centre le véritable sujet : l’accélération autoritaire du Régime politique, le piège fonctionne à merveille. Pour faire bonne figure, Fabrice David (CGT) et Jean Brunacci (Solidaires), deux responsables syndicaux adeptes des services d’ordre affirment être « coincés entre deux feux » : d’un côté celui de la police et de l’autre celui du cortège de tête. Comme si les tirs de LBD, les grenades, les blessures et les charges contre les manifestants pouvaient être mis à égalité avec quelques tags, des fumigènes et une ou deux vitrines de banque étoilées !

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