Cartographie des caméras de vidéosurveillance à Nantes

Carte des caméras de surveillance à Nantes

À tous les manifestants révoltés mais trop candides, ceux qui pensent encore pouvoir se pavaner devant les flics et leur montrer leur postérieur sans avoir peur des représailles, nous répondons d’une seule voix : « mets ta cagoule ! » Car Nantes est une des villes françaises les plus surveillées. Dans un silence médiatique quasi unanime, la ville s’est d’ailleurs récemment dotée d’un CSU, un « Centre de Supervisation Urbain » polyvalent qui intègre le plus possible de systèmes de vidéoprotection et surveillance sur le territoire. Si cela vous intéresse de savoir où se cachent ces petites merveilles de technologie qui nous espionnent jour et nuit, je vous invite à venir découvrir la cartographie dynamique des caméras de surveillance à Nantes.

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Nadedja Tolokonnikova – Lettre de Mordovie

Free Pussy Riot

Toute personne n’ayant jamais fait l’expérience de la prison ne connaît rien de la Russie. » — Léon TOLSTOÏ

À la suite d’une « prière punk » dans une église orthodoxe, trois des membres du groupe punk Pussy Riot sont condamnées le 17 août 2012 (lors d’un procès en sorcellerie !) à deux ans d’emprisonnement en goulag 1 pour vandalisme et incitation à la haine religieuse. Nadejda Tolokonnikova purge, pour expier son célèbre et splendide blasphème, une peine de deux ans au camp de travail IK-14 en Mordovie (Volga), l’un des pires du régime totalitaire voulu par Vladimir Poutine, auto-proclamé « maître de toutes les Russies ». Ekaterina Samoutsevitch sera libérée en octobre 2012. Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina retrouvent la liberté en décembre 2013.

Le 23 septembre 2013, Nadejda Tolokonnikova entame une grève de la faim en même temps que paraît cette lettre, où elle en explique les raisons. Le 30 septembre, elle est transférée de son camp de travail forcé à l’hôpital et doit, pour raisons médicales, arrêter son jeûne. Le 18 octobre, « craignant pour [sa] vie », elle écrit une nouvelle lettre et reprend sa grève de la faim pour protester contre l’absence de réponse à ses revendications. Le 23 octobre, son mari annonce qu’elle a été transférée dans une prison de la république de Tchouvachie, à Alatyr, dans l’ouest de la Russie. Entre-temps, par solidarité avec son amie, la Pussy Riot Maria Alekhina annule sa demande de remise en liberté (Ekaterina Samoutsevitch, la troisième des Pussy Riot emprisonnées depuis mars 2012, a bénéficié d’une libération anticipée le 10 octobre 2012).

Pussy Riot logo

Ce lundi 23 septembre, j’entame une grève de la faim. C’est une méthode extrême, mais je suis absolument certaine que, dans la situation où je me trouve, c’est la seule solution.

La direction de la colonie pénitentiaire refuse de m’entendre. Mais je ne renoncerai pas à mes revendications, je n’ai pas l’intention de rester sans rien dire et de regarder sans protester les gens tomber d’épuisement, réduits en esclavage par les conditions de vie qui règnent dans la colonie. J’exige le respect des droits de l’homme dans la colonie, j’exige le respect des lois dans ce camp de Mordovie. J’exige que nous soyons traitées comme des êtres humains et non comme des esclaves.
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  1. Contrairement aux idées véhiculées par les organes de propagande Russes à l’international (Sputnik News, Russia Today, etc.) et par quelques autres journaux partisans de l’hexagone (comme Le Figaro par exemple qui préfère parler de « colonies »), plusieurs ONG dont Amnesty International estiment à environ 800 000 hommes et femmes dans des camps de concentration travaux forcés en Russie. Prisonnières et prisonniers qui, dans une persistante tradition stalinienne, y sont réduits en esclavage.