Passe sanitaire : quelle surveillance redouter ?

QR Code Labyrinthe

La Quadrature du Net – Mediapart, le 19/08/2021.

Les critiques du passe sanitaire dénoncent unanimement un « danger autoritaire ». Assez justement, la CNIL elle-même présente ce danger comme « le risque d’accoutumance et de banalisation de tels dispositifs attentatoires à la vie privée et de glissement, à l’avenir, et potentiellement pour d’autres considérations, vers une société où de tels contrôles deviendraient la norme et non l’exception ». Prenons un instant pour détailler ce danger et répondre à la question : de quel type de surveillance le passe sanitaire est-il l’expression ?

Il existe déjà de nombreux « dispositifs attentatoires à la vie privée » contre la généralisation desquels nous luttons depuis des années : écoutes téléphoniques, fichage, caméras, drones, géolocalisation, logiciels espions… Pour comprendre et prévenir les dangers posés par le passe sanitaire, il faut le situer précisément au sein de cet écosystème. Certains outils de surveillance sont plus ou moins faciles à déployer, à plus ou moins grande échelle, de façon plus ou moins visible et avec des conséquences très variables. En comprenant dans quel mouvement technologique et à partir de quels outils pré-existants le passe sanitaire s’est construit, nous espérons lutter plus efficacement contre la banalisation du type de surveillance qu’il permet.

Contrôler pour exclure

Pour prendre du recul, décrivons de façon générale l’action que permet de réaliser le passe sanitaire : exclure de certains emplois, transports et lieux des personnes dont la situation diffère de certains critères fixés par l’État.

Formulé ainsi, ce mode de régulation n’a rien de nouveau. C’est notamment de cette façon que l’État français traite les personnes étrangères : l’accès aux transports vers le territoire national, puis l’accès au séjour et à l’emploi sur le-dit territoire n’est permis que si la situation des personnes étrangères est conforme à des critères fixés par l’État (situation personnelle familiale et économique, pays d’origine, âge…). Le respect des critères est vérifié une première fois en amont puis se traduit par la délivrance d’un titre : visa, cartes de séjour, etc. Ensuite, la police n’a plus qu’à contrôler la possession de ces titres pour contrôler la situation des personnes, puis leur ouvrir ou leur fermer les accès correspondants. En menaçant d’exclure du territoire ou de l’emploi les personnes ne disposant pas du bon titre, l’État déploie une lourde répression – les conséquences pour les personnes exclues sont particulièrement dissuasives.

Toutefois, jusqu’à peu, ce type de répression avait d’importantes limitations pratiques : les titres ne pouvaient être délivrés qu’avec un certain délai et à un certain coût, de nombreux policiers devaient être déployés pour les vérifier et certains policiers devaient même être spécifiquement formés pour en vérifier l’authenticité. Ces limitations expliquent sans doute en partie pourquoi ce type de répression s’est jusqu’ici centré sur des cas précis (tel que le contrôle des personnes étrangères) sans être systématiquement déployé pour gérer n’importe quelle situation que l’État souhaiterait réguler.

Le passe sanitaire est la traduction d’évolutions techniques qui pourraient supprimer ces anciennes limites et permettre à cette forme de répression de s’appliquer à l’ensemble de la population, pour une très large diversité de lieux et d’activités.

Passage à l’échelle technologique

Au cours de la dernière décennie, la majorité de la population française (84% en 2020) s’est équipée en smartphone muni d’un appareil photo et capable de lire des code-barres en 2D, tels que des codes QR. En parallèle, l’administration s’est largement appropriée les outils que sont le code-barre en 2D et la cryptographie afin de sécuriser les documents qu’elle délivre : avis d’imposition, carte d’identité électronique… Le code en 2D rend quasi-nul le coût et la vitesse d’écriture et de lecture d’informations sur un support papier ou numérique, et la cryptographie permet d’assurer l’intégrité et l’authenticité de ces informations (garantir qu’elles n’ont pas été modifiées et qu’elles ont été produites par l’autorité habilitée).

Si ces évolutions ne sont pas particulièrement impressionnantes en elles-même, leur concomitance rend aujourd’hui possible des choses impensables il y a encore quelques années. Elle permet notamment de confier à des dizaines de milliers de personnes non-formées et non-payées par l’État (mais simplement munies d’un smartphone) la mission de contrôler l’ensemble de la population à l’entrée d’innombrables lieux publics, et ce, à un coût extrêmement faible pour l’État puisque l’essentiel de l’infrastructure (les téléphones) a déjà été financée de manière privée par les personnes chargées du contrôle.

Désormais, et soudainement, l’État a les moyens matériels pour réguler l’espace public dans des proportions presque totales.

Une brique de plus à la Technopolice

La crise sanitaire a très certainement facilité ces évolutions, mais son rôle ne doit pas être exagéré. Cet emballement dramatique des pouvoirs de l´État s’inscrit dans un mouvement d’ensemble déjà à l’œuvre depuis plusieurs années, qui n’a pas attendu le coronavirus, et contre lequel nous luttons sous le nom de « Technopolice ». Il s’agit du déploiement de nouvelles technologies visant à transformer les villes en « safe cities » capables de réguler l’ensemble de l’espace public.

La Technopolice est l’expression d’évolutions technologiques qui, comme on l’a vu avec le cas du passe sanitaire, ont permis de rendre totales des formes de régulations qui, jusqu’alors, étaient plus ou moins ciblées. Prenons le cas emblématique des caméras : jusqu’à peu, la police était matériellement limitée à une politique de vidéosurveillance ciblée. Elle ne pouvait exploiter les enregistrements vidéo que pour analyser quelques situations ciblées, à défaut de pouvoir mettre un agent derrière chaque caméra 24 heures sur 24. De même, l’identification d’une personne filmée demandait des efforts importants.

Ces limitations ont depuis volé en éclat. La reconnaissance faciale rend presque triviale l’identification des personnes filmées (voir notre exposé). L’analyse automatisée d’images permet de détecter en continu tous les événements définis comme « anormaux » : faire la manche, être trop statique, courir, former un grand groupe de personnes, dessiner sur un mur… (voir par exemple les projets imaginés à Marseille ou à Valenciennes). Plus besoin de placer un agent derrière chaque caméra pour avoir une vision totale. Qu’il s’agisse du passe sanitaire ou de l’analyse d’image automatisée, dans les deux cas, la technologie a permis à des techniques ciblées de se transformer en outils de contrôle de masse de l’espace public.

Contrôle permanent des corps

Ce parallèle nous permet d’apporter une précision importante : qu’il s’agisse du passe sanitaire ou de la détection automatique des comportements « anormaux », ces systèmes ne nécessitent pas forcément un contrôle d’identité. Le logiciel d’imagerie qui signale votre comportement « anormal » se moque bien de connaître votre nom. De même, en théorie, le passe sanitaire aussi pourrait fonctionner sans contenir votre nom – c’est d’ailleurs ce que prévoyait la loi initiale sur la sortie de crise ou, plus inquiétant, ce que proposent désormais certaines entreprises en se fondant non plus sur le nom mais le visage. Dans ces situations, tout ce qui compte pour l’État est de diriger nos corps dans l’espace afin de renvoyer aux marges celles et ceux qui – peu importe leurs noms – ne se conforment pas à ses exigences.

Ce contrôle des corps se fait en continu et à tous les niveaux. D’abord pour détecter les corps jugés « anormaux », que ce soit par leur comportement, leur apparence, leur visage, leur statut vaccinal, leur âge… Ensuite pour contraindre les corps et les exclure de la société, que ce soit par la force armée de la police ou par des interdictions d’entrée. Enfin pour habiter les corps et les esprits en nous faisant intérioriser les règles dictées par l’État et en poussant à l’auto-exclusion les personnes qui ne s’y soumettent pas. Tout cela à l’échelle de l’ensemble de la population.

Une accoutumance injustifiée

L’adoption massive du passe sanitaire relève d’une bataille culturelle menée par le gouvernement visant à habituer la population à se soumettre à ce contrôle de masse. Cette accoutumance permettrait à l’État de poursuivre plus facilement sa conquête totale de l’espace public telle qu’il l’a déjà entamée avec la Technopolice.

Pourtant, paradoxalement, dans son format actuel, le passe sanitaire n’apparaît pas comme étant lui-même un outil de régulation très efficace. Il semble difficile d’empêcher les médecins qui le souhaitent de fournir des passes à des personnes qui ne devraient pas en recevoir. Et, quand bien même les passes seraient attribués aux « bonnes personnes », en l’état celles-ci peuvent facilement les partager avec les « mauvaises personnes ». Certes, la police entend réaliser des contrôles d’identité pour lutter contre ces échanges mais, si l’efficacité du système repose au final sur des contrôles de police aléatoires, il n’était pas nécessaire de déployer des mécanismes de surveillance de masse pour aller au-delà ce qui se fait déjà en la matière, par exemple avec les ordonnances manuscrites délivrées par les médecins que la police peut vérifier en cas de soupçons. Cela permettrait au moins de diminuer les risques d’accoutumance à un nouveau système de contrôle de masse.

Hélas, il semble plus sérieux d’envisager le scénario inverse : l’inefficacité du passe sanitaire pourrait servir de prétexte pour le perfectionner, notamment en permettant aux contrôleurs non-policiers de détecter les échanges de passe. Comme vu plus haut, certains proposent déjà un nouveau système affichant le visage des personnes contrôlées. Une telle évolution nous livrerait la version pleinement aboutie et efficace du système de contrôle de masse rêvé par la Technopolice – et la police n’aurait presque plus à travailler pour contrôler les passes.

Obligation de prouver la nécessité

Même dans son format le plus sophistiqué, l’efficacité du passe sur le plan sanitaire resterait toujours à démontrer – il demeure de nombreuses incertitudes, que ce soit sur la valeur des tests au bout de 72 heures, sur le taux de transmission même une fois vacciné, sur le cas des nouveaux variants, sur l’efficacité de la contrainte pour inciter la population à se faire vacciner, ou sur la durée de validité à retenir pour les tests de dépistage.

Au plan juridique et politique, et tel que nous l’avions rappelé pour StopCovid, l’État est soumis à une règle simple mais fondamentale : il a l’obligation de prouver qu’une mesure causant des risques pour les libertés fondamentales est absolument nécessaire avant de la déployer. Dans notre cas, non seulement le gouvernement n’a pas encore démontré l’efficacité du passe sanitaire mais, plus grave, il a refusé de déployer ou de tester l’efficacité de mesures alternatives qui ne causeraient aucun risque pour les libertés (telles que des campagnes de communication bienveillantes, transparentes et non-paternalistes pour inviter à se faire vacciner), ou des mesures complémentaires ambitieuses (tel que le déblocage de financements pour permettre le dédoublement des salles de classe et leur aération, ce que le gouvernement à tout bonnement écarté).

Conclusion

Résumons : le passe sanitaire illustre des évolutions technologiques qui permettent à un mode de répression ancien (la répression par l’exclusion, illustrée notamment par le contrôle des personnes étrangères) de passer d’une échelle relativement restreinte à une échelle presque totale, concernant l’ensemble de la population et de l’espace public, afin de renvoyer à ses marges les personnes qui ne se soumettent pas aux injonctions de l’État.

Si, aujourd’hui, ces injonctions ne sont que d’ordre sanitaire, il faut encore une fois redouter que ce genre d’outil, une fois banalisé, soit mis au service d’injonctions dépassant largement ce cadre. Cette crainte est d’autant plus pesante que ce processus a déjà commencé au sein de la Technopolice, qui esquisse d’ores et déjà un mode de régulation social fondé sur la détection et l’exclusion de toute personne considérée comme déviante ou comme ayant un comportement « anormal » aux yeux de l’État et des entreprises de sécurité qui définissent ensemble et de manière opaque les nouvelles normes de comportement en société.

Dernier rappel stratégique : si le gouvernement français se permet d’imposer de tels outils de détection et d’exclusion des personnes qu’il juge indésirables, c’est notamment car il peut reprendre à son compte, et redynamiser à son tour, les obsessions que l’extrême droite est parvenue à banaliser dans le débat public ces dernières années afin de traquer, de contrôler et d’exclure une certaine partie de la population. La lutte contre les risques autoritaires du passe sanitaire serait vaine si elle ne s’accompagnait pas d’une lutte contre les idées d’extrême droite qui en ont été les prémices. La lutte contre le passe sanitaire de doit pas se faire avec, mais contre l’extrême droite et ses obsessions, qu’elles soient dans la rue ou au gouvernement.


Source : La Quadrature du Net

Radiofréquences et 5G – Détruire la menace !

radio waves

Des mesures immédiates doivent être prises pour protéger l’humanité et l’environnement, conformément aux impératifs éthiques et aux conventions internationales.

Toutes les études effectuées sur la question des ondes radiofréquences se heurtent à des limites car ; d’une part l’exposition est déterminée soit sur la base d’une liste d’abonnés fournie par les opérateurs, soit sur l’utilisation autodéclarée du téléphone mobile ; d’autre part l’ICNIRP, la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (qui sert de « base référente » aux industriels du secteur en Europe) est accusée de conflits d’intérêts avec l’industrie des télécommunications et d’un manque cruel de transparence dans ses recherches. Or c’est cette même autorité, l’ICNIRP, qui continue de plaider une thèse négationniste sur les soi-disant effets non thermiques à moyen et long terme des ondes électromagnétiques.

Un groupe de recherche scientifique suédois a constaté à plusieurs reprises des risques accrus de tumeurs cérébrales. En 2006, le groupe a signalé des augmentations de risque statistiquement significatives pour les téléphones mobiles analogiques et numériques ainsi que pour les téléphones sans fil après seulement un an d’utilisation. Les estimations du risque relatif ont doublé après 10 ans d’utilisation du téléphone mobile. Ce groupe de recherche a également trouvé un risque accru pour un type de tumeur bénigne de l’oreille interne connue sous le nom de neurinome acoustique. Certaines études suggèrent également de possibles effets sur l’ADN à des niveaux d’exposition proches des valeurs limites recommandées.

Effets nocifs du rayonnement de radiofréquence

Notons que dans le rapport final du National Toxicology Program, les nouvelles données épidémiologiques permettent aux chercheurs d’affirmer que « des preuves évidentes que des rats mâles exposés à des niveaux élevés de rayonnement radiofréquence, tels que 2G et 3G, développent des tumeurs rares de leurs cellules nerveuses cardiaques » et « certaines preuves de tumeurs cérébrales et surrénales ». Or, les technologies 5G sont beaucoup moins étudiées pour les effets humains ou environnementaux. La plupart de ces études impliquent des expositions relativement faibles et qui ne reflètent aucunement la réalité.

Malgré ce déni généralisé, nous disposons pourtant de preuves accablantes indiquant que le rayonnement des radiofréquences (RF) est nuisible à la vie. Les données cliniques accumulées sur des personnes malades ou ayant des troubles de santé, les preuves expérimentales de dommages à l’ADN, aux cellules et aux organes d’une grande variété de végétaux et d’animaux et les données épidémiologiques qui prouvent que les grandes maladies de la civilisation moderne – le cancer, les maladies du cœur et le diabète – sont en grande partie provoquées par la pollution électromagnétique, constituent un corpus de plus de 10 000 études publiées dans des revues dotées de comités de lecture. Si les plans de l’industrie des télécommunications pour la 5G se concrétisent, pas un être humain, pas un mammifère, pas un oiseau, pas un insecte et pas un brin d’herbe sur terre, quel que soit le lieu de la planète où il se trouve, ne pourra se soustraire à une exposition, 24 heures sur 24 et 365 jours par an, à des niveaux de rayonnement de radiofréquence qui sont des dizaines voire des centaines de fois supérieurs à ceux que l’on connaît aujourd’hui. Toutes les issues de secours seront barrées. Ces plans pour la 5G risquent d’avoir des effets graves et irréversibles sur les êtres humains et de causer des dommages permanents à tous les écosystèmes terrestres.

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Dressons les Antennes – Un appel contre la 5G

Dressons les Antennes - Un appel contre la 5G

Résister au réseau 5G, à la digitalisation et à la médicalisation de nos vies

Ce sont des temps difficiles. Vous vous demandez peut-être quand ça allait mieux. Si nous relisons de nombreux textes, affiches ou écrits divers du milieu du XIXe siècle à nos jours, parus dans des cercles radicaux qui ont contesté le statu quo, nous trouverons des phrases telles qu’« il n’y a plus de temps à perdre », « maintenant ou jamais », « on ne peut plus attendre», « la catastrophe est imminente», « cela va changer nos vies à jamais » et ainsi de suite.

Or, une personne malicieuse pourrait dire : « Écoutez, cela fait presque deux siècles que vous nous embêtez et nous sommes toujours là, sains et saufs, nous vivons dans l’époque la plus démocratique de l’histoire, certes tout n’est pas parfait, mais c’est le meilleur des mondes possibles. »

Il faut l’admettre, ce genre de réflexions sont rassurantes et font apprécier toutes les belles commodités de notre civilisation moderne, assis sur le canapé et soupirant : « Mais oui, au fond ce n’est pas si mal ». Il nous faudra secouer cette inertie pour parler de l’énième « quelque chose » qui changera nos vies à jamais: 5G, digitalisation et médicalisation de la société globale, toutes choses qui vont ensemble, surtout les deux premières.

Mais étant donné la situation contextuelle dans laquelle nous nous trouvons, la pandémie mondiale de COVID19 et sa gestion, il est essentiel de partir d’un postulat qui concerne deux questions très difficiles.

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Initialement diffusé par le groupe éphémère CODA NERⒶ  et sur Attaque.

« Némésis Médicale » : enquête sur l’Ennemi Technico-sanitaire

Némésis Médicale

Avant-propos

Cette enquête fait suite à la publication d’un article publié le 23 avril 2020 sur le blog de Bill Gates. Au regard de l’actualité, nous avons souhaité en faire un décryptage éclairant, enrichi des considérations d’Ivan Illich au sujet de la “Némésis Médicale” — l’expropriation de la mort opérée par la médicalisation croissante des corps — et par les analyses de la philosophe italienne Bianca Bonavita, laquelle suit « l’évènement Covid-19 » avec une attention implacable.

« Homo sapiens, qui s’est éveillé au chamanisme dans une tribu et a grandi en politique en tant que citoyen, est maintenant prêt pour devenir un détenu à vie dans un monde industriel. La médicalisation pousse à l’extrême le caractère impérialiste de la société industrielle. » — Ivan Illich, Némésis médicale, p.98.

Prémisse

Dénoncer la mystification construite autour du grand événement spectaculaire de la Covid-19 (que nous distinguerons dans le texte du virus Sars-CoV-2) et les pratiques gouvernementales de contrôle de la population, ne signifie pas défendre la normalité dévastatrice du virus, cela ne veut pas dire non plus de préférer revenir à la « normalité ». Tout comme cela ne signifie pas nier la mort des gens.

Contrairement au « Monologue du virus », texte que nous avons lu, aimé et parfois même publié 1, le virus ne nous semble plus être, comme le souhaiteraient certaines critiques radicales, une conséquence particulière de la destruction provoquée par le capitalisme et ses fermes industrielles humaines et animales. Le nouveau coronavirus n’a rien du « démon de l’Appocalypse ».

Depuis de nombreuses décennies, les élevages humains et animaux produisent beaucoup plus de maladies chroniques mortelles : lequel d’entre nous n’a jamais pleuré des amis ou des parents décédés prématurément de tumeurs ou de maladies cardiovasculaires qui sont, si l’on veut utiliser ce mot, les deux véritables pandémies de notre temps ? Des pandémies produites par des formes de vie naturelles, dominées par le régime de la différenciation, enchaînées à des emplois aliénants, immergées dans un air irrespirable, abreuvées par des eaux polluées et gavées aux aliments industriels.

Par conséquent, déplacer l’attention des maladies chroniques, qui sont les véritables pandémies modernes, vers les maladies infectieuses à faible létalité (nous expliquons plus loin, données à l’appui, le pourquoi d’une telle affirmation), contribue à supprimer une discussion sérieuse sur le lien qui existe entre « prévention » et « mode de vie ».

Pour ces raisons, le virus ne nous semble pas être ce messager — ou ce messie — capable de mettre en évidence, à celles et ceux qui ne les ont pas vus auparavant, les maux du monde dans lequel nous vivons, mais plutôt un outil de distraction qui rend encore plus difficile toute observation et toute compréhension des perversions profondes et structurelles du capitalisme.

Si un pays tout entier (mais la discussion pourrait aussi s’étendre au-delà des frontières nationales), à de rares exceptions près, accepte, sans en remettre en cause les raisons, la suspension de nombreuses libertés fondamentales, en proie à la peur et à la suspicion ou simplement à une acceptation pacifique encore plus inquiétante 2 : exposition à la propagande, conformité de la pensée gobale, obéissance aveugle aux ordres et à l’autorité, ambition et peur de perdre son prestige social, besoin d’identités collectives fortes, sacrifice de l’individu au nom d’un bien supérieur, etc.], comment les habitant·es de ce pays se retourneront-iels contre les catastrophes produites par le capitalisme afin de remettre en question et redéfinir leur mode de vie ?

La plupart des gens ne voudraient-ils pas, au fond, un simple retour à la normalité ? Et au nom de ce désir, n’accepteront-iels aucun abus du pouvoir ? Et pour retrouver ne serait-ce que quelques éléments de l’ancienne normalité, n’accepteront-iels pas tous les dispositifs atroces et absurdes de la nouvelle normalité haineuse qui prend vie sous nos yeux ?

Déjà, en 2005, l’Organisation Mondiale de la santé, à l’occasion de la grippe aviaire, avait suggéré un scénario comme celui que nous vivons aujourd’hui, en le proposant aux gouvernements comme moyen d’assurer le soutien inconditionnel des citoyens. 3 4

Si l’hécatombe qui, chaque année, provoque les cancers et maladies cardiovasculaires (150 000 décès du cancer 5 et 140 000 décès liés à des maladies cardio-vasculaires 6 chaque année en France) n’a pas montré à la plupart des gens la réalité indéniable de la destruction que produit le capitalisme, comment un virus, qui a besoin d’une opération de propagande impressionnante pour augmenter sa létalité (certaines études, comme celle de l’Université de Kobe au Japon, parlent même d’une létalité inférieure à celle de la grippe saisonnière) 7, pourrait-il permettre à un individu dont l’œil est obscurci par l’épais écran de fumée de la fausseté de voir et de comprendre la réalité destructrice du monde industriel dans lequel il vit ?

« Aucune aide ne doit être imposée à un individu contre son gré : nul ne peut, sans son consentement, être emmené, enfermé, hospitalisé, soigné ou harcelé au nom de sa santé. » — Ivan Illich, Némésis Médicale, op.cit., p.245.

Le virus Sars-CoV-2, sous ses formes différentes et mutantes qui circulent, qu’il ait une origine malveillante, artificielle, accidentelle ou naturelle, nous apparaît plutôt comme un produit / événement (attendu, souhaité ou provoqué) géré par des oligarchies transnationales numériques, pharmaceutiques et biotechnologiques afin de pouvoir redéfinir les structures géopolitiques et les formes de gouvernementalité de notre monde.

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  1. Lire le Monologue du virus sur le site.
  2. Il nous semble intéressant de souligner comment l’institutionnalisation du « devoir de mémoire » de la Shoah, sacralisant ce moment historique et le plaçant dans un ailleurs séparé et « indicible », a eu pour effet de rendre méconnaissables les dispositifs et mécanismes qui l’ont rendu possible. Pour n’en nommer que quelques-uns [les mécanismes
  3. Le document en question, accessible en accès libre sur le site de l’OMS peut être téléchargé (en Français) à cette adresse.
  4. Bianca Bonavita, Bill Gates e la nemesi tecno-medica, Efesto, 2020.
  5. Source Institut National du Cancer : https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Les-chiffres-du-cancer-en-France/Epidemiologie-des-cancers/Donnees-globales. Qui rapporte les données de 1980 à 2019.
  6. Source : Ministère des Solidarités et de la Santé : https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-cardiovasculaires/article/maladies-cardiovasculaires
  7. Source : Corvelva.it – Des analyses de sang au Japon révèlent que la mortalité par coronavirus est inférieure à celle de la grippe : https://www.corvelva.it/.

    Bill Gates lui-même déclare dans une interview publiée le 25 mars que la létalité de Sars-CoV-2 est inférieure à celle de Sars et Mers : https://www.youtube.com/watch?v=Xe8fIjxicoo

    En outre, l’épidémie de grippe hivernale amorcée fin 2016 a entraîné un pic de décès exceptionnel en janvier 2017 : 67 000 décès en France métropolitaine ce mois-ci – Sources : https://www.insee.fr/ et https://www.lesechos.fr/

Rester Humain, c’est Résister !

Homme-Machine
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Ces derniers mois, les mots que nous entendons le plus souvent sont « santé », « bien-être » et « état d’urgence ». Dans ce contexte, renouvelé et renforcé avec les décrets gouvernementaux, la bonne santé coïncide – ou plutôt ne peut être séparée – de la mise en place d’un état d’urgence qui permet les pleins pouvoirs pour ceux qui prétendent nous gouverner. En plus de détruire toutes les formes de liberté, ce régime techno-sanitaire est également engagé dans la mortification de l’avenir des générations futures. On le constate avec ce qui se passe actuellement dans les écoles – mais pas seulement – à l’encontre de nos enfants. Ce pouvoir, qui ne cache désormais plus ses intentions, se prépare à changer le monde de manière irréversible.

Mais si nous sommes sous une dictature sanitaire, où sont les troupes ?

Ce régime techno-sanitaire va bien au-delà des quelques marionnettes qui s’agitent à Matignon mais fonctionne à travers des techniciens et des « experts » qui ne sont pas de simples consultants mais sont issus du monde de la finance. Aujourd’hui, l’obéissance est obtenue grâce au contrôle de la santé avec des données manipulées et créées ad hoc, gérées essentiellement par les entreprises du tout numérique.

Les actuelles mesures de limitation de la liberté, imposées par différents décrets, ont peu à voir avec l’urgence sanitaire en cours ; elles visent à vider les rues des villes de toute activité autre que productive et fonctionnelle au système, à mettre de côté toute dissension, à faire taire les voix étrangères […], à juguler le conflit social. Il n’y a pas besoin de trop d’analyses politiques, il suffit simplement d’observer la réalité qui se présente brutalement devant nos yeux : au-delà de la rhétorique du « tout ira bien », de l’effort commun demandé « pour le bien de tout le monde », avec ou sans pandémie, il n’y a qu’un seul domaine dans lequel l’État brille par sa diligence : la répression.
– Attaque, 17 nov. 2020

Nous subissons une attaque constante sur la dimension émotionnelle, attaque qui terrorise d’abord puis qui créé de l’espoir. Attaque qui oblige les gens à demeurer dans un état constant d’anxiété et de peur – et ce pouvoir a besoin de beaucoup de peur pour ses projets. Parce que la peur, étouffée derrière les masques ; évite la formation de pensées, la création de critiques et donc de réaction à ce que nous subissons depuis des mois. Nous atteignons une forme de contrôle et de la digitalisation de tout : aussi bien à l’extérieur comme à l’intérieur de nos foyers.

Ce nouveau monde mis en place à grande vitesse a besoin de notre soumission pour fonctionner, mais il a également besoin d’un nouveau réseau de téléphonie mobile : la 5G.
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« Des Lumières à la 5G »

homme qui escalade une antenne 5G

Lorsque vous accélérez, votre capacité d’accélération est limitée par des contraintes matérielles, mais il doit aussi y avoir une limite de vitesse transcendantale à un moment donné. La limite ultime […], c’est la mort, ou la schizophrénie cosmique. C’est l’horizon ultime. »
— Ray Brassier 1, « Mad Black Deleuzianism: On Nick Land (Accelerationism) », 2017

Michel Foucault, à son époque, exhortait à ne pas tomber dans le piège du chantage intellectuel et politique qui consistait à répondre à la question « pour ou contre les Lumières ». 2 A present que les lumières s’éteignent, la question n’est même plus « pour ou contre les Lumières », mais « pour ou contre l’innovation, aka la 5G ». Cette fausse question ou ce « chantage à l’innovation » auquel Macron – mais il n’est pas le seul – recourait récemment 3, fait partie de la stratégie d’oblitération de la matérialité des enjeux au profit d’un impératif d’accélération absolument creux. « There is an important sense in which the only thing that does not seem to matter any more is matter », écrit très justement Karen Barad. 4

La 5G ce n’est pas qu’une affaire de start-ups ou de licornes magiques: cette accélération des flux présente des coûts humains (a), climatiques et écologiques (b), psychiques (c) et politiques (d) exorbitants, et, pour tout dire, au dessus de nos moyens.

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  1. L’intervention de Ray Brassier : https://invidious.xyz/watch?v=3QSOuVnFhEw
  2. Michel Foucault (1984) « Qu’est-ce que les Lumières ? » in Rabinow (P.), éd., The Foucault Reader, New York: Pantheon Books, pp. 32-50, aussi dans Dits et écrits, texte n°339.
  3. « Évidemment on va passer à la 5G. Je vais être très clair. La France c’est le pays des Lumières, c’est le pays de l’innovation et beaucoup des défis que nous avons sur tous les secteurs se relèveront par l’innovation. Et donc on va expliquer, débattre, lever les doutes, tordre le cou à toutes les fausses idées, mais oui, la France va prendre le tournant de la 5G parce que c’est le tournant de l’innovation. Et j’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! Je ne crois pas au modèle Amish. Et je ne crois pas que le modèle amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine. » (Emmanuel Macron, 14 septembre 2020).
  4. Karen Barad (2003) « Posthumanist Performativity: Toward an Understanding of How Matter Comes to Matter », Signs: Journal of Women in Culture and Society, vol.28, no.3.

[Analyse] l’Anarchie en temps de pandémie

Alienation Daniel Loveday

Pour mener à bien la lutte, il faut s’approprier son temps. (Re) penser l’Anarchie à partir de notre historicité actuelle. Créer et développer nos conceptions en analysant la dimension historique. […] Cette tâche énorme nous oblige à re-poser les questions avant de donner des réponses. »

> D’après “COVID-19 : la Anarquía en tiempos de pandemia” de Gustavo Rodriguez (Juin 2020).

Nous assistons à la disparition du monde : le monde tel que nous le connaissons. Décidément, la pandémie causée par le nouveau coronavirus (SRAS-CoV-2) a accéléré son déclin, consolidant une « crise » multifactorielle aux « proportions terrifiantes », provoquée par l’altération brutale de la continuité des flux de marchandises et des humains qui les produisent et les consomment ; déclenchant une tempête au sein de l’économie mondiale avec des effets immédiats sur la dynamique de l’expansion et de l’accumulation de capital. Face à ce secret de polichinelle, se renforce un environnement de panique mondiale qui s’accroît grâce au rétrécissement quotidien du monde, de pair avec la rapidité et la complexité et l’intensité de l’interconnexion planétaire.

Dans ce contexte, la pandémie de l’information (beaucoup plus virale que le SRAS-CoV-2), qui oscille toujours entre la désinformation et l’induction de la peur collective, a également fait son œuvre, provoquant une servitude volontaire — régie par la panique et l’incertitudes — et donnant naissance à cette foule de « citoyens consciencieux », idolâtres du bonheur et de l’espoir, prodiges de la positivité et de la performance, capables de s’imposer une peine d’assignation à résidence indéfinie au nom du « commun », en se sacrifiant pour « raisons de sécurité », abandonnant finalement le peu d’autonomie individuelle qui leur restaient…

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5G : menace pour la santé publique et l’environnement

5G nouvelle menace pour nos territoires

Selon la Loi n° 2015-136 du 9 février 2015 relative à la sobriété, à la transparence, à l’information et à la concertation en matière d’exposition aux ondes électromagnétiques, la première mesure était : « l’instauration d’une procédure d’information des maires et des habitants en amont de l’implantation d’antennes-relais et la création d’une instance de concertation le cas échéant. »

Or dans le cadre de la Loi d’État d’urgence sanitaire, le Gouvernement a pris, par ordonnance n°2020-320 du 25 mars 2020, des dispositions dérogatoires concernant les antennes-relais et émetteurs radioélectriques, pour faire face à l’accroissement de l’usage du numérique. Concrètement, l’article 1 permet de déroger aux règles habituelles imposées par le code de l’urbanisme, de ne pas informer les maires de l’installation d’antennes-relais, et donc, in fine, le reste de la population. L’article 2 permet également aux opérateurs de se passer de l’accord de l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR).

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« Sous prétexte de se prémunir contre la montée en charge des réseaux, il s’agit d’une véritable aubaine pour les opérateurs qui pourront, en toute discrétion, augmenter la puissance d’antennes, couvrir à peu de frais les zones blanches ou grises, voire anticiper le déploiement de la 5G », s’alarment, dans un communiqué commun, les associations PRIARTEM (Pour une réglementation des antennes relais de téléphonie mobile), France Nature Environnement (FNE), le CNAFAL (Conseil National des Associations Familiales laïques) et Agir pour l’Environnement.

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