#Balancetonindic : les cafards infiltrent les GJ et le Contre-Sommet du G7

« Elle poussait à des actions, elle mettait en relation des gens afin que la police puisse procéder à des arrestations »

policière infiltrée Gilets JaunesDeux témoignages, initialement parus sur IAATA lèvent le voile sur les infiltrations de l’État français dans le mouvement des Gilets Jaunes et lors du contre-commet du G7 à Biarritz. La police politique tente de recruter des indics au sein des Gilets Jaunes, ou envoie directement des agents infiltrés dans le mouvement, lesquels nouent des relations, préparant même certaines actions dans le but de mieux ficher et d’interpeller les camarades en lutte.

Deux textes à lire, à faire lire et à partager avec le plus grand nombre.

La police tente de recruter des capons

Trouvé sur un groupe FB de Gilets Jaunes bretons :

« Il y a quelques semaines, une personne a pris contact avec les GJ pour nous avertir que la police lui avait donné rendez-vous pour discuter. Afin de ne pas la laisser seule, plusieurs personnes se sont présentées sur place pour se rendre compte de la situation, et cela s’avère particulièrement curieux. Le service des Renseignements territoriaux donne des rendez-vous aux gens, dans des lieux tenus secrets jusqu’au dernier moment pour leur proposer un marché. Le deal étant de balancer des infos sur les gens, les manifestations, en échange d’argent, mais également contre une protection au cas où ces derniers seraient interpelés. Ces personnes ne sont pas choisies au hasard. Le plus souvent, ces personnes sont connues par les services et ils menacent de donner des dossiers au procureur ou de les coincer pour qu’ils acceptent. […] Nous avons bien entendu vérifié à plusieurs reprises les dires, et tout concorde. […] N’hésitez pas à enregistrer, et mettre en place des gens de confiance à différents endroits du rendez-vous, qui puissent aussi faire des vidéos ! »

Source : Nantes Révoltée

Une indic infiltrée à Toulouse, Bordeaux et au G7

Lu sur de nombreux médias alternatifs :

« Ceci est un texte rédigé en urgence afin que l’info tourne et que toutes les personnes et tous les groupes que cette personne a approchés ces derniers mois puissent s’organiser en conséquence. Il semble que cette flic infiltrée se faisait appeler « Dan », « Rose », « Rose des sables » ou « Clara » en fonction des villes et des groupes dans lesquels elle évoluait. Elle a la soixantaine, est assez fine, mesure entre 1,55 m et 1,65 m. »

[…]

« Sur le camp du contre-sommet, lors d’une assemblée assez sensible portant notamment sur l’organisation du départ de la manif de Bayonne, cette femme a été remarquée (par des personnes la connaissant du mouvement GJ à Toulouse) en train de prendre discrètement, avec son téléphone portable, des photos des gens participant à l’AG. Ces personnes ont décidé d’intervenir et de se confronter à elle, à l’écart de l’AG. Lorsque son téléphone fut checké, il apparaît que plusieurs centaines de photos d’actions, de manifs et d’AG ont été prises les jours précédents. Par la suite, les camarades se sont rendu compte que certaines de ces photos, notamment celles de personnes prises en gros plan — donc clairement identifiables,  — ont été expédiées accompagnées de rapports détaillés sur leurs activités, ainsi que des comptes-rendus de réunion en groupe restreint à l’attention d’un destinataire qui lui demandait des précisions et lui donnait des consignes. »

« Dans la confusion qu’a provoquée cette découverte, elle réussi à disparaître du camp (on suppose qu’elle a été exfiltrée du centre Pierre & Vacances, lors de la charge policière qui a eu lieu quelques heures plus tard). À noter qu’elle a tenté, juste avant, d’envoyer un message intitulé « téléphone HS » sur un groupe Telegram d’organistaion du G7, ce qui nous indique qu’elle était en contact avec d’autres indics présents sur ces listes. »

Bien plus qu’une simple taupe

« Ce qui frappe dans cette histoire, c’est l’ampleur des connexions et des informations auxquelles cette personne avait accès. À ce jour, on sait qu’elle est apparue dans le mouvement Gilets Jaunes à Toulouse courant janvier, qu’elle a participé à l’organisation des parcours de manifestations, qu’elle s’est positionnée sur de nombreux groupes Telegram et Facebook, qu’elle a pris part aux assemblées et à différentes commissions du mouvement, qu’elle a réussi à approcher et à se connecter avec des personnes et des groupes qui pouvaient être perçus comme les plus déterminés du mouvement. »

« Il faut également savoir qu’elle était dans les groupes d’organisation Telegram des hébergements GJ lors des Actes nationaux de Toulouse et qu’elle a donc pu procéder à un fichage conséquent. Nous sommes donc loin d’avoir affaire à une simple indic de la police, comme il y en a bien sûr ici et là. Cette personne organisait, impulsait et poussait à des actions ; elle mettait en relation des gens afin que la police puisse procéder à des arrestations. C’est l’État qui organisait ses coups de filet…»

Nous avions vécu cette situation à Notre-Dame-des-Landes, puis nous l’avons retrouvé à Toulouse, à Bordeaux et Montpellier, mais également et surtout dans l’organisation du contre-sommet du G7. Pour paraître crédible, cet agent s’appuyait sur ses connexions, mettant en avant la place qu’elle occupait dans d’autres villes et dans d’autres réseaux.

« Concernant le contre-sommet du G7, cette personne a incité pendant plusieurs mois de nombreuses personnes de différentes villes à s’y rendre, leur promettant une mise à disposition sur place de matériel défensif et offensif. Il est apparu qu’elle avait facilité de nombreuses actions, et qu’elle était le seul contact sur place pour des personnes venant des quatre coins de la France et d’autres pays. Cette technique policière propre aux Renseignements Généraux est bien connue : pousser à l’infraction puis interpeller. Elle organisait la venue de personnes sur le camp et elle occupait une grande place dans la logistique du contre-sommet (organisation de la manif à Bayonne, autres « camps » près de Bayonne, et ouvertures possibles de squats, connexions avec des participants aux réunions de la plate-forme officielle de l’anti-G7, etc.). Le plan des policiers a sûrement été mis à mal par la découverte de l’une de leurs taupes. Cependant, il est aujourd’hui certain que cette infiltration a contribué à emprisonner de nombreux camarades ces derniers mois. Il reste encore difficile aujourd’hui de connaître l’ampleur des dégâts. »

« Ces deux témoignages ne sont malheureusement pas des cas isolés. Le gouvernement use de grands moyens pour briser les mouvements sociaux : répression policière d’une violence inédite, sanctions judiciaires extrêmement lourdes, et travaux d’infiltration et de renseignement dans les groupes. Nous le savons : il y a de nombreux agents infiltrés parmi nous. »

Malgré tout, il s’agit de ne pas se laisser envahir par la paranoïa. Ne nous refermons pas sur nous-mêmes ! Notre force réside également dans nos espaces d’organisation collective. La répression que nous subissons est à la hauteur de la force de notre mouvement. Le meilleur moyen de se défendre de la police reste de détruire ce qui la produit : le système qui a besoin d’elle.

Si vous avez des informations concernant cette personne, n’hésitez pas à les transmettre à : deratisation1312[at]riseup.net

Lire l’article complet : Information Anti Autoritaire Toulouse et Alentours

Photo : © Koshu Kunii