Police raciste, Dérive fasciste : Ne nous laissons pas (anti)terroriser !

En prison pour des opinions

Ce texte revient sur l’Affaire du 8/12, ce coup de filet Qui Tombe à Pic témoigne des dérives fascistes qui nous concernent tou·te·s. Elle montre encore une fois qu’il est possible pour la police, grâce à l’outil antiterroriste, d’emprisonner des militant·es (et assimilé·es) pour de « vagues soupçons » d’intentions de « s’en prendre aux forces de l’ordre ». Nous pensons important de mettre en perspective cette affaire avec la remontée des fascismes — et du fascisme d’État — en France (articulés autours de l’islamophobie, le nationalisme et l’antiterrorisme) et les collaborations avec le régime turc, dont la répression des kurdes résidant en France.

Depuis plus de 24 semaines maintenant, 7 enfants, frangin·es, ami·es et camarades arraché·es à leurs proches, sont inculpé·es pour « association de malfaiteurs terroristes » (AMT). Trois d’entre elleux sont encore emprisonné·es sous régime « terroriste » (Détenus Particulièrement Signalés), et un à l’isolement. Il s’agit-là de ce que l’on appelle cyniquement la « torture blanche » : interrogatoires quotidiens, interdiction de boire, de manger, de dormir, éclairage sous des néons 24h/24 et 7j/7, une pression psychologique terrible et bien vénère. La Police les soupçonne d’avoir eu l’intention de planifier des « actions violentes » contre la Police. La boucle s’est bouclée sur les Inculpé·es du 8/12.

À propos des incarcérations du 8 décembre, avec le Comité de soutien aux inculpé-e-s du 8/12 de Rennes : https://hearthis.at/radiopikez/acentrale-060221-pikez/

Les Forces de quel Ordre ?

En quelques mois, nous avons vu l’État passer des lois sécuritaires et islamophobes au nom de la République, imposer un contrôle policier général au nom de la santé de la Nation, hurler contre l’islamogauchisme et emprisonner nos ami·es au nom de l’Antiterrorisme. Nous voyons aussi les avant-gardes néo-fascistes multiplier les attaques (Action Française, Loups Gris, Génération Identitaire, membres de la Police Nationale, anciens-militaires, etc.) contre des manifestations, des mosquées, des squats, des exiléEs, des universitaires, des librairies…

Un des inculpé·es du 8/12, en Quartier d’Isolement depuis bientôt 6 mois maintenant, était sous surveillance depuis son retour du Rojava en 2018. Tous les éléments « pro-kurde » trouvés lors des perquisitions ont été saisis (quelques affiches, livres ou brochures) et utilisés “à charge” par l’a-Justice, comme par exemple cette interview de Zehra Dogan publiée par la revue Ballast : « Un jour nous vaincrons ». 1

Criminaliser toute forme de contestation

De manière systématique et graduelle, la France organise une criminalisation violente de sa population. Qu’elle soit racisée, révoltée, et/ou appauvrie. Elle use de l’outil antiterroriste pour étendre le domaine du non-droit et soumettre le peuple à des désirs punitifs et des peurs. Enfin, elle psychiatrise la déviance, la marginalité et la révolte.

L’ « islamo-gauchisme », le « racisme anti-blancs », l’ « ultragauche », les « valeurs de la république », le « délit de solidarité » ou de « séparatisme » … sont autant d’indices logiques du désastre prévu que nous vivons en direct. La pénétration croissante des thèmes conçus par l’extrême-droite dans le débat public et dans la presse est un prémisse de mauvaise augure, maintes fois décrit comme étape préliminaire à l’avènement d’un régime fasciste.

La production médiatique méticuleuse de “menaces” (« ultragauche », « immigration », « islam politique”, « racialisateurs », etc.) fonctionne chez beaucoup de gens, les rendant complices inconscients de la nécrose républicaine. Et pour ce qui est des milieux de gôche, parlons-en ! Nous sommes bien loin des déclarations de François Hollande affirmant en 2008 au sujet de Tarnac :

Au nom d’une cause juste – lutter contre le terrorisme – on est en train de faire des amalgames et des confusions. Celui qui n’est plus dans la norme, qui peut avoir un comportement déviant, peut être assimilé à un terroriste, ce qui est une atteinte grave aux libertés. »

Comment se fait-il qu’un des plus grands traîtres de l’histoire du socialisme, tienne des propos bien plus critiques sur l’antiterrorisme que la plupart de la gauche radicale aujourd’hui ? Avons-nous oublié que le terme de “terrorisme” vient de la Terreur d’État, théorisée dans la philosophie politique au fondement même de la République française, et ayant servi de modèle dans le monde entier ?

La terrorisation démocratique (Guillon 2009) est au fondement même de la politique étatique. « L’antiterrorisme n’a pas vocation à anihiler un certain niveau de violence, mais un niveau de dissidence politique. »

Cette apathie des « progressistes » de tous bords pour la critique de l'(anti)terrorisme ; à l’heure du rebasculement de l’État dans ses racines fascistes; est la résultante de l’efficacité de l’antiterrorisme et d’une radicalisation de la République. Six années d’État d’Urgence, de lois sécuritaires et de défaites sociales auront réussi à faire de toutes les aspirations, – hors et au delà de la « république » – des aspirations « séparatistes » ou « extrémistes » : alors que l’État se radicalise, toutes les autres formes de radicalisations nécessaires (écologistes, féministes, antispécistes, anti-racistes, décoloniales, etc…) peuvent tomber sous le vaste joug de l’antiterrorisme. En témoignent les approbations nauséabondes de l’élite politicienne à la récente tribune des militaires, inspirés par le fasciste Renaud Camus (théoricien du « Grand Remplacement ») Ou encore les soutiens aux défilés de flics.

Qu’en sera-t-il bientôt chez nous ?

À l’heure où les masses statistiques jouissent déjà de l’écrasement des ZAD, s’indifèrent [ou se réjouissent] des milliers de meurtres aux frontières de l’Europe, mais pleurent la perte d’un flic, le pire est déjà-là. L’antiterrorisme est la même marionnette d’un pouvoir dissimulant ses propres horreurs. Et le gouvernement continue de doter l’a-Justice des outils pour terroriser les minorités culturelles et les dissidences politiques, ainsi que leurs soutiens.

Un de ses derniers outils, la loi séparatisme, prévoit une peine de 7 ans de prison et 100 000€ d’amende « le fait de provoquer directement à des actes de terrorisme ou de faire publiquement l’apologie de ces actes ». Nous vivons le moment de l’épuration vitale d’un pouvoir qui se doit d’être l’Unique quand prendre d’autres chemins n’a jamais été aussi désirable. Là où nos sens ne demandent qu’à s’en séparer ; tout savoir, toute critique, toute différence et toute liberté sont méticuleusement comprimé·es dans Un futur autoritaire. À l’heure où il est plus que nécessaire de rompre avec les racines marchandes et coloniales de notre société, l’État ne supporte plus aucune critique profonde, aucune dissidence, aucune pluralité radicale. Dans son délire autoritaire, il impose de choisir un camp : Charlie ou terroriste ? Patriote ou séparatiste ?

Brandir la « menace d’ultragauche » et ses « projets d’actions violentes » participe de cette stratégie. Tout comme la mémoire des victimes des attentats sont souillés par le gouvernement, empaillés pour servir ses intérêts. Être gouverné sera toujours être marionnette. Samuel Paty [paix à son âme] ne restera dans l’histoire qu’une malheureuse aubaine pour un gouvernement liberticide. L’article 18 de la loi Séparatisme (sensé empêcher qu’un meurtre identique ne se répète) prévoit de punir la « diffusion d’informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d’une personne permettant de l’identifier ou de la localiser ». Elle prévoit jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 € d’amende lorsque la personne visée est dépositaire de l’autorité publique. Nul doute qu’elle sera utilisée pour les personnes pratiquant le copwatching ou la vigilance antifasciste. Et nul doute que cela n’empêchera pas d’autres meurtres. Le terme « séparatisme » est d’ailleurs entré pour la première fois dans le droit français en 1937, sombre époque où la police fusillait syndicalistes et communistes lors de la contre-manif de Clichy qui voulait empêcher un rassemblement d’extrême-droite.

Autorisation d’un rassemblement fasciste et répression des contre-manifestant·es, ça ne vous rappelle rien ? À Rennes par exemple, c’étaient les néo-fascistes de l’action française, [les mêmes qui ont attaqué le centre culturel islamique de Villjean à deux reprises], qui tabaissaient des pro-PMA et des membres de la communauté LGBT lors de la contre-manif pour tous il y a quelques mois.

Mais il reste des gentes, dans le monde entier, que cet Ordre du monde répugne, sensibles et hostiles face aux saccages et à l’immonde. C’est ce qu’on reproche aux inculpé·es du 8/12 qui ont cela en commun, et plus que jamais aujourd’hui — de voir au delà du mirage. C’est ce qu’o reproche aux militant·es en général, de tendre à faire sécession avec l’Ordre qui nous est imposé. C’est aussi ce que font les composantes de la révolution écologiste, féministe et communaliste en cours au Rojava, contre deux régimes fascistes : l’État Islamique et la Turquie. Et ce sont aujourd’hui des personnes qui militent pour ces rares « étincelles d’espoir » qui sont victimes de la terrorisation démocratique.

Pour que le monde ne devienne pas une prison : Abrogation des lois Antiterroristes, Abolition de la Police, de la Prison et du système Pénal !

Jin, Jiyan, Azadî !

Abolir Frontex et le régime des frontières de l’UE !

Abolish Frontex

Stop the War on Migrants et AbolishFrontex sont des campagnes contre les politiques actuelles de l’UE en matière de frontières et de migration. Elles se concentrent sur la manière dont l’UE militarise la sécurité des frontières, à la fois à ses propres frontières (extérieures) et dans les pays tiers, et les sociétés d’armement et de sécurité, telles qu’Airbus et Thales, font pression et en profitent.

Ces deux campagnes réclament la fin de la sécurité aux frontières, des détentions et des expulsions, et la création d’itinéraires sûrs pour les réfugié·es, de bons abris ainsi qu’une importante remise en question sociale et environnementale pour éliminer les causes qui forcent les gens à fuir.

Arrière-plan

L’UE mène une guerre contre la migration, qui est également au cœur de la politique étrangère de l’UE. La migration est perçue comme une menace pour la sécurité, plutôt que comme un problème humanitaire et politique. La réponse de l’UE à cette « menace » consiste à militariser la sécurité des frontières, à la fois aux frontières extérieures de l’UE et dans les pays tiers, pour arrêter les réfugiés déjà en route vers l’Europe. Cela comprend l’envoi de forces armées aux frontières, l’érection de barrières de sécurité (avec toutes sortes de technologies de surveillance et de détection), l’utilisation croissante de systèmes autonomes (drones, intelligence artificielle, reconnaissance faciale, etc.), l’utilisation de moyens militaires par la police des frontières, des opérations (para)militaires de Frontex en Méditerranée, l’opération Sophia devant les côtes libyennes, avec le soutien de l’OTAN, et la formation et la fourniture d’équipements militaires aux gardes-frontières dans les pays tiers.

L’industrie militaire et de sécurité européenne a été très influente dans la définition de ce discours qui fait le lien entre migration et sécurité et dans l’élaboration des politiques pour y répondre. Les grandes entreprises d’armement et de technologie, en particulier Airbus, Thales, Leonardo et Indra, ainsi que les organisations de lobbying, telles que l’Organisation européenne pour la sécurité (EOS), ont été très efficaces pour faire pression sur l’UE. Grâce à d’innombrables réunions avec des représentants de l’UE, des tables rondes avec la participation de commissaires européens, la production de documents de lobbying, etc., ils ont réussi à faire avancer leur programme. Cela est particulièrement visible, notamment dans la façon dont le financement de la R&T sécuritaire (et désormais militaire) par l’UE est presque entièrement basé sur des documents de conseil des organes de consultation installés par l’UE, dans lesquels ont joué des représentants des entreprises d’armement et des instituts de recherche militaire. Ces entreprises y jouent un rôle de premier plan.

Outre les dépenses croissantes de l’UE pour ses propres mesures de sécurité aux frontières, l’UE finance des achats de sécurité aux frontières par les États membres de l’UE et par des pays tiers, principalement en Afrique, pour lesquels les budgets de la coopération au développement sont pillés. L’industrie militaire et de sécurité est le principal bénéficiaire de ces dépenses. Ils vendent de tout, des navires et des hélicoptères à la technologie de surveillance et d’identification (biométrique), dans un marché de la sécurité frontalière en pleine croissance. Airbus, Thales, Leonardo et Indra sont à nouveau des acteurs importants dans ce domaine.

Pendant ce temps, l’UE ferme les yeux à la fois sur son propre rôle dans les raisons pour lesquelles les gens sont contraints de fuir et sur les conséquences horribles de ses politiques. Les politiques commerciales internationales de l’UE se résument à l’exploitation de l’hémisphère sud et l’UE coopère de plus en plus avec, et donc légitime et renforce, les régimes bafouant les droits de l’homme dans les pays tiers, en particulier en matière de lutte contre les migrations. Des politiques environnementales faibles ne parviennent pas à enrayer le changement climatique, qui sera une cause de plus en plus importante de nouvelles crises obligeant les gens à quitter leur foyer. Les opérations militaires de l’UE et de l’OTAN en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie ont contribué au chaos et à la violence au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Comme cela a été fait en autorisant l’exportation d’armes, pour plus de 80 milliards d’euros depuis les pays de l’UE au cours de la seule dernière décennie, vers cette région, où elles alimentent les violations des droits de l’homme, les conflits internes (Irak, Libye) et les guerres (Syrie, Yémen).

Le renforcement et la militarisation de la sécurité aux frontières ont conduit à des attaques contre des réfugiés, par exemple par des gardes-frontières hongrois, bulgares, grecs et espagnols. Elle oblige également les réfugiés à rechercher d’autres routes migratoires, souvent plus dangereuses. Après l’accord avec la Turquie et la quasi-fermeture subséquente de la route migratoire dite des Balkans occidentaux, de nombreux réfugiés ont divergé vers la Libye pour tenter de se rendre en Italie. Une route connue plus dangereuse, cela a conduit à des taux de mortalité beaucoup plus élevés de personnes décédées en Méditerranée. Les politiques de l’UE mettent les réfugiés en danger d’expulsion vers des pays dangereux, de détention (prolongée) en Europe ou dans des pays tiers, par exemple dans l’enfer de la Libye, et compromettent le développement économique et social des pays tiers, en particulier en Afrique. Et en décrivant les réfugiés comme des menaces pour la sécurité, l’UE alimente la montée du nationalisme, du racisme, de la xénophobie et de l’islamophobie en Europe. Les politiciens d’extrême droite surfent sur les vagues anti-immigration suscitées par les politiques et le langage officiels de l’UE et de tous ses États membres.

Abolissons FRONTEX

Frontex

Frontex est l’agence des frontières de l’Union européenne et est un acteur clé dans l’application du régime des frontières de l’UE. Il est responsable des violations systémiques des droits humains par le biais de ses opérations ; participation à des expulsions; coopération avec les pays tiers et rôle dans le renforcement des frontières de l’UE.

Pour la délocalisation des contrôles, renforcée par la possibilité de constituer un corps d’« officiers de liaison » appelés à intervenir hors UE, Frontex s’appuie pour une large part sur la collaboration des pays tiers desquels s’effectuent les départs. L’inscription de la « lutte contre l’immigration clandestine » au cœur de la politique de coopération entre l’Europe et ses voisins fait depuis longtemps déjà partie du programme de l’UE. Cet aspect a été rappelé dans le Pacte européen pour l’asile et l’immigration de 2008, qui soulignait que « la migration doit devenir une composante importante des relations extérieures des États membres et de l’Union, ce qui suppose de prendre en compte, dans les relations avec chaque pays tiers, la qualité du dialogue existant avec lui sur les questions migratoires ». Frontex dispose en outre de la capacité de négocier ses propres accords opérationnels avec les autorités de pays tiers. Elle a déjà conclut des partenariats techniques avec les polices d’Ukraine, de Moldavie, de Géorgie, d’Albanie, ou encore de Turquie, de Libye et de Mauritanie afin d’y faciliter la gestion commune des flux migratoires. Sur la base de ces « accords de travail », des fonctionnaires de ces pays sont associés aux opérations conjointes et Frontex a les coudées franches pour exercer ses activités hors du territoire européen.

Aux critiques des conséquences de certaines alliances, dangereuses pour le respect des droits humains, le directeur de Frontex oppose le caractère strictement technique de ce partenariat établi non avec un pays tiers ou un gouvernement, mais avec « les autorités de contrôles des frontières de ce pays ». Une façon d’écarter tout contrôle démocratique ou juridictionnel sur les négociations qu’elle mène dans une opacité totale. (sic)

Airbus

Airbus est une entreprise aérospatiale et militaire trans-européenne. Il s’agit d’une fusion d’entreprises allemandes, françaises et espagnoles, et la plupart de la production a encore lieu dans ces pays, tandis que leurs gouvernements détiennent ensemble plus d’un quart des actions. Pour des raisons fiscales, le siège est toutefois à Leyde (Pays-Bas). Airbus est le deuxième producteur d’armes d’Europe et le septième au monde (2016). Ses principaux produits militaires sont des hélicoptères, des avions de chasse et des missiles. Airbus est également impliqué dans la production et la maintenance d’armes nucléaires.

L’entreprise vend des armes dans le monde entier, y compris à des pays en conflit, à des régimes autoritaires et à des violateurs des droits humains. C’est également un acteur majeur sur le marché de la sécurité aux frontières. Elle a vendu des hélicoptères pour la sécurité des frontières à la Biélorussie, la Bulgarie, la Finlande, l’Allemagne, la Lituanie, la Roumanie et la Slovénie. Les achats de la Finlande et de la Roumanie ont été financés par l’UE. La division de sécurité aux frontières d’Airbus, désormais une société distincte appelée Hensoldt, a vendu des systèmes de sécurité aux frontières à la Roumanie (toujours avec un financement de l’UE), à la France, à l’Espagne et à la Bulgarie. En collaboration avec l’industrie aérospatiale israélienne (IAI), Airbus a développé le drone Harfang (drone), qu’il promeut pour les travaux de sécurité aux frontières.

Airbus est membre des deux plus importantes organisations de lobbying de l’industrie militaire et de la sécurité dans l’UE : l’Organisation européenne pour la sécurité (EOS) et l’Association des industries aérospatiales et de défense d’Europe (ASD). La société elle-même compte douze lobbyistes en poste à Bruxelles et a rencontré la Commission européenne au moins 119 fois depuis novembre 2014.

Thales

Thales est une entreprise française d’armement et de technologie. C’est le quatrième producteur d’armes d’Europe et le dixième au monde (2016). La société d’armement néerlandaise Hollandse Signaalapparaten (HSA) fait partie de Thales depuis 1990 et s’appelle désormais Thales Pays-Bas. Son principal site de production se trouve à Hengelo (Overijssel), tandis qu’il possède également des succursales à Delft, Den Haag, Eindhoven et Huizen. Les produits comprennent le radar, les systèmes de conduite de tir, la cybersécurité et la biométrie. Le groupe Thales produit en général une large gamme d’armes, notamment des drones, des armes légères et des véhicules blindés. Elle est également impliquée dans la production et la maintenance d’armes nucléaires.

L’entreprise vend des armes dans le monde entier, y compris à des pays en conflit, à des régimes autoritaires et à des violateurs des droits humains. C’est également un acteur majeur sur le marché de la sécurité et du contrôle des frontières. Elle a livré un système de sécurité frontalière à la Lettonie, vendu des unités thermiques mobiles et des systèmes de sécurité frontalière à l’Espagne et son équipement radar est utilisé sur de nombreux navires à travers le monde, y compris ceux qui sont utilisés pour les patrouilles frontalières. En collaboration avec la société espagnole Aerovisión, elle a développé le drone Fulmar (drone), qui a déjà été présenté à l’agence de sécurité des frontières de l’UE Frontex.

Thales est également très actif dans la gestion électronique des identités, il a vendu des systèmes pour cela à l’Ouzbékistan, la France, le Maroc, le Kenya, le Royaume-Uni et sept autres pays non identifiés en Afrique. Au cours de l’année 2018, Thales rachètera Gemalto, une société néerlandaise de sécurité numérique et de biométrie. Les clients des passeports et cartes d’identité biométriques de Gemalto sont l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Liban, la Moldavie, le Nigeria et la Turquie.

Comme Airbus, Thales est membre des groupes de pression EOS et ASD. La société elle-même compte six lobbyistes en poste à Bruxelles et a rencontré la Commission européenne au moins 18 fois depuis novembre 2014.

ABOLISHFRONTEX

Les politiques frontalières de l’UE sont intrinsèquement racistes et renforcent les structures de pouvoir coloniales et capitalistes. Il est temps d’abolir Frontex et le système qu’il représente !

Abolish Frontex

Vos urnes sont trop petites pour nos Rêves

la servitude volontaire

À nouveau, l’heure de choisir les bergers va bientôt sonner…

Bien que troublés, les électeurs s’apprêtent à reprendre au refrain. Sous la baguette des chefs d’orchestre, tous les votards donneront de la voix. Tant pis, s’ils ne chantent pas juste. Candidats ! à vos trombones. Peuple souverain ! attention… Nous rénoverons le parlement. Une, deux ! une, deux ! Peuple ! aux urnes !… Gauche, droite ! c’est pour la République ! Une, deux ! gauche, droite ! En mesure…
— Vous n’êtes que des poires ! Zo d’Axa (1900).

« Une chose m’étonne prodigieusement – j’oserai dire qu’elle me stupéfie – c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose. Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ? Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l’électeur moderne ? Et le Charcot qui nous expliquera l’anatomie et les mentalités de cet incurable dément ? Nous l’attendons. » 1

« Nous n’irons plus aux urnes »

Tel est le titre de l’essai du québécois Francis Dupuis-Déri, le tout assorti du sous-titre : Plaidoyer pour l’abstention. 2 L’auteur ne se contente pas de couper les lauriers de l’électoralisme mais il argumente avec force sur l’inutilité du suffragisme. Son apologie de l’abstention est bâtie d’une part sur un refus du « vote utile » et du voter pour le moins pire, ritournelle très utilisée en France depuis plusieurs années. D’autre part sur l’inefficacité du vote en matière de transformation sociale ; d’autant que pendant longtemps les « élites » se réservèrent ce « devoir civique » par crainte des pauvres, des femmes ou des esclaves qui auraient pu en faire mauvais usage. « Élites » qui d’ailleurs, quand cela les arrange, n’hésitent à jouer de l’abstention. Pour exemple, François de Rugy dépositaire d’une proposition de loi visant à rendre le vote obligatoire, s’est abstenu de voter 398 fois sur les 648 scrutins à l’Assemblée de 2012 à 2016. 3 Son cas n’est pas unique. Le 10 mai 2019, l’Assemblée nationale débattait sur la Loi de restauration de la cathédrale Notre-Dame, suite au discours solennel de Macron déclarant que l’État restaurerait le bâtiment en moins de cinq ans. Ce jour-là, sur les 577 députés [sensés « représenter » les françaises et français- N.d.Zeka], seuls 47 étaient présents. Le taux d’abstention des parlementaires a donc atteint 92 % !

Carte postale eugène petit 1909
Vive l’Anarchie ! Carte postale d’Eugène Petit (1909)

Voter ou ne pas voter, telle est la question qu’on n’ose pas poser dans nos régimes parlementaires, où les élections sont des rituels sacrés. En défendant la légitimité de l’abstention, cet essai attaque de front la conviction selon laquelle le vote serait un devoir, et le refus de voter une dangereuse hérésie. Bien plus qu’une simple apologie de l’abstention, cet ouvrage propose ainsi une critique radicale du système électoral.

Au-delà, l’auteur dénonce les rituels d’embrigadement et d’endoctrinement de la jeunesse mis en place un peu partout pour conditionner le futur électeur. Que ce soit, lors d’élections dans les établissements scolaires, les conseils municipaux de jeunesse, etc. De fait, la critique de l’auteur porte sur le système délégataire et parlementaire du vote. En effet, il prône comme dans les écoles alternatives l’utilisation du conseil comme lieu d’apprentissage de la démocratie réelle voire de l’autogestion. En bref, Dupuis-Déri défend globalement le principe de l’action directe politique et le refus de délégation.

Le vote de facto, même dans sa forme obligatoire ou pas, n’a d’autre fonction que d’entretenir l’illusion d’un pouvoir politique détenu par d’autres. Un tour de passe-passe habilement orchestrer par les libéraux. Alors, à quoi bon élire ceux qui sont « en grande partie responsable de la situation misérable » de beaucoup ? A quoi bon, par le vote délégataire « légitimer l’élite qui gouverne, commande, autorise et interdit » ? A quoi bon, « élire des parlementaires qui ne décident plus grand-chose » quand de fait le pouvoir est ailleurs ; au FMI, à l’OMC… Enfin, « les parlementaires prétendent servir le peuple mais n’est-ce pas plutôt la population qui travaille pour les parle-menteurs ?
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  1. Octave Mirbeau, La Grève des Électeurs. 1888.
  2. Nous n’irons plus aux urnes : Plaidoyer pour l’abstention (2019), par Francis Dupuis-Déri, Lux éditeur, A Publico, 192 p, 12 €.
  3. Soit environ 62% d’abstention à lui tout seul…

Pour l’Abolition du Système Pénal

abolition système pénal

Questions d’avant-propos

Le droit pénal, par définition, est fondé sur la peine. Une peine est une souffrance qu’on inflige. Est-ce bien de faire du mal à quelqu’un ? Est-ce intelligent ? Utile ? À qui ? Personne n’ose plus dire que la prison permet à celles et ceux qui y sont enfermés de s’amender. Elle ne sert qu’à une seule chose — qu’elle réussit d’ailleurs fort bien — : punir. Même les plus timides réformateurs se heurtent à cette évidence, adoucir les cruautés de l’incarcération s’oppose forcément à son principe : elle est une peine, elle est faite et uniquement faite pour punir, pour être pénible aux prisonniers.

Pourquoi punir ?

Le châtiment s’ancre dans l’histoire la plus archaïque de l’humanité, celle des terreurs suprêmes que les hommes ont traduites en dieux et déesses au cœur démoniaque. Pas une religion pour sauver l’autre lorsqu’il est question des supplices réservés aux damnés. L’enfer chrétien n’a rien à envier à l’enfer hindou. En Occident, la condamnation terrible de la faute lors d’un jugement de l’âme après la mort s’enracine dans le culte orphique introduit en Grèce entre le VIIe et le VIe siècle avant notre ère ; ses origines se perdent dans les traditions védiques du deuxième millénaire. Il est vraisemblable que l’idée d’une faute punie dans l’au-delà était déjà à l’époque bien ancienne. L’orphisme a beaucoup influencé les pythagoriciens puis Platon. Sous tous les cieux, les humains scandalisés de voir l’éternelle injustice du monde ont cherché à rétablir au séjour des ombres l’impossible équité. On a d’abord puni pour bien montrer aux dieux qu’on prenait leur parti contre ceux qui, volontairement ou non, les offensaient.

Nous avons connu en septembre 2001 un exemple parfait de ce qu’est une punition ; ce n’est pas un hasard si l’état-major américain a donné comme nom à l’opération militaire qui a suivi ces attentats « Justice sans limites ». On ne pouvait mieux dire. Les terroristes, quels qu’ils aient été, voulaient punir les États-uniens de leur politique, les États-uniens voulaient les punir en représailles. Au cours des vingt années qui ont suivi, le conflit s’est déplacé jusqu’en Irak, en Libye, en Syrie et n’en finit pas de laisser derrière lui de violents stigmates sanglants. Georges W. Bush a condamné un homme, Ben Laden et, faute de le trouver, a fait tuer froidement à cette intention des milliers d’innocents. 1 La question ici n’est pas de savoir si les guerres saintes d’un bord ou de l’autre sont justes ou injustes, mais assurément la conception que se font du bien certains présidents des États-Unis n’est pas celle de toute la planète. Ce qui est bien est bien pour certains, voilà tout ce que l’on peut dire.

Qu’est-ce que la Loi ?

La Loi n’est pas l’expression d’une éthique quelconque : au service du pouvoir disposant des plus grandes forces de coercition, elle n’existe que par la sanction. La Loi du Milieu ou la Loi d’un groupe rebelle peut s’affirmer aussi brutale que celle de l’État. Quelle que soit la situation, la Loi est toujours celle du plus fort. Entre la justice (l’équité) à laquelle chacun aspire et la Justice (l’institution) qui fait fonctionner la machine sociale au détriment des relations libres entre les êtres, le précipice est infranchissable.

Les philosophes se sont donné du mal pour justifier le châtiment (on peut remarquer que la clémence n’a aucun besoin d’être justifiée et qu’on s’est partout et toujours incliné devant les exemples qu’en a donnés l’histoire). Pour tenter de faire admettre qu’il est nécessaire de faire du mal, trois types d’arguments sont mis en avant par ceux que nous appellerons les légalistes (1), les sociétaires-réalistes (2) et les humanitaires (3).

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  1. L’ONU évalue entre 32 000 et 60 000 le nombre de civils afghans tués dans ce conflit (https://unama.unmissions.org/) En 2010, WikiLeaks révélait que selon des documents militaires secrets américains, 66 081 civils ont été tués en Irak par la coalition militaire occidentale.

Psychose sécuritaire : Mythe, fantasme et réalité

psychose

La France est un des pays du monde où règne le plus la sécurité des personnes et des biens. Les données statistiques sont incontournables. Les homicides sont rares : 863 victimes en 2020 1, pour une population de 67 millions d’habitants. Les morts de policiers et de gendarmes dans l’exercice de leurs fonctions sont plus rares encore : environ 20 par an de 2014 à 2018 2, 11 en 2020 3, pour un effectif total de près de 250 000 4. La délinquance est rare elle aussi. Ainsi, pour la période 2017-2019, 93% des ménages déclarent n’avoir subi aucun vandalisme sur leur voiture, 97% déclarent n’avoir subi aucune tentative de cambriolage, 97% déclarent n’avoir subi aucun acte de vandalisme, et 98,5% déclarent n’avoir subi aucun vol de voiture 5. Enfin, près de 90% des personnes interrogées dans les enquêtes de victimation de l’INSEE déclarent ne ressentir aucun sentiment d’insécurité dans leur quartier (ou leur village).

Alors que la France est donc un pays où la quasi-totalité de la population vit en sécurité, le thème de l’insécurité se classe pourtant quatrième préoccupation « tout à fait prioritaire » pour les Français 6. Comment expliquer un tel gouffre entre la réalité tangible et les représentations ?

La réponse est à chercher non pas dans ce que les Français vivent, mais dans ce que les journaux papiers et télévisés leur montrent. L’INA a ainsi constaté que le nombre de sujets qu’ils consacrent aux faits-divers (meurtres, cambriolages, rixes entre bandes, enlèvements d’enfants…) a doublé de 2003 à 2012. Or toutes les grandes chaînes et la quasi-totalité des grands médias français, privés comme publics, posent ce problème de « fait-diversion » de l’actualité, manipulant la réalité au profit d’un discours politique totalement faux (et très dangereux).

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  1. Interstats, Analyse n°32, janvier 2021.
  2. Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, Note n°39, 2019.
  3. https://www.sudouest.fr/politique/gerald-darmanin/onze-policiers-et-gendarmes-sont-morts-dans-l-exercice-de-leurs-fonctions-en-2020-selon-darmanin-1581713.php
  4. C’est-à-dire un peu moins de 250 000 ETP (équivalents temps plein).
  5. Insee Références, édition 2020, Fiches, Qualité de vie, page 269.
  6. IFOP, « Les enjeux saillants à un an de l’élection présidentielle », Avril 2021.

Radiofréquences et 5G – Détruire la menace !

radio waves

Des mesures immédiates doivent être prises pour protéger l’humanité et l’environnement, conformément aux impératifs éthiques et aux conventions internationales.

Toutes les études effectuées sur la question des ondes radiofréquences se heurtent à des limites car ; d’une part l’exposition est déterminée soit sur la base d’une liste d’abonnés fournie par les opérateurs, soit sur l’utilisation autodéclarée du téléphone mobile ; d’autre part l’ICNIRP, la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (qui sert de « base référente » aux industriels du secteur en Europe) est accusée de conflits d’intérêts avec l’industrie des télécommunications et d’un manque cruel de transparence dans ses recherches. Or c’est cette même autorité, l’ICNIRP, qui continue de plaider une thèse négationniste sur les soi-disant effets non thermiques à moyen et long terme des ondes électromagnétiques.

Un groupe de recherche scientifique suédois a constaté à plusieurs reprises des risques accrus de tumeurs cérébrales. En 2006, le groupe a signalé des augmentations de risque statistiquement significatives pour les téléphones mobiles analogiques et numériques ainsi que pour les téléphones sans fil après seulement un an d’utilisation. Les estimations du risque relatif ont doublé après 10 ans d’utilisation du téléphone mobile. Ce groupe de recherche a également trouvé un risque accru pour un type de tumeur bénigne de l’oreille interne connue sous le nom de neurinome acoustique. Certaines études suggèrent également de possibles effets sur l’ADN à des niveaux d’exposition proches des valeurs limites recommandées.

Effets nocifs du rayonnement de radiofréquence

Notons que dans le rapport final du National Toxicology Program, les nouvelles données épidémiologiques permettent aux chercheurs d’affirmer que « des preuves évidentes que des rats mâles exposés à des niveaux élevés de rayonnement radiofréquence, tels que 2G et 3G, développent des tumeurs rares de leurs cellules nerveuses cardiaques » et « certaines preuves de tumeurs cérébrales et surrénales ». Or, les technologies 5G sont beaucoup moins étudiées pour les effets humains ou environnementaux. La plupart de ces études impliquent des expositions relativement faibles et qui ne reflètent aucunement la réalité.

Malgré ce déni généralisé, nous disposons pourtant de preuves accablantes indiquant que le rayonnement des radiofréquences (RF) est nuisible à la vie. Les données cliniques accumulées sur des personnes malades ou ayant des troubles de santé, les preuves expérimentales de dommages à l’ADN, aux cellules et aux organes d’une grande variété de végétaux et d’animaux et les données épidémiologiques qui prouvent que les grandes maladies de la civilisation moderne – le cancer, les maladies du cœur et le diabète – sont en grande partie provoquées par la pollution électromagnétique, constituent un corpus de plus de 10 000 études publiées dans des revues dotées de comités de lecture. Si les plans de l’industrie des télécommunications pour la 5G se concrétisent, pas un être humain, pas un mammifère, pas un oiseau, pas un insecte et pas un brin d’herbe sur terre, quel que soit le lieu de la planète où il se trouve, ne pourra se soustraire à une exposition, 24 heures sur 24 et 365 jours par an, à des niveaux de rayonnement de radiofréquence qui sont des dizaines voire des centaines de fois supérieurs à ceux que l’on connaît aujourd’hui. Toutes les issues de secours seront barrées. Ces plans pour la 5G risquent d’avoir des effets graves et irréversibles sur les êtres humains et de causer des dommages permanents à tous les écosystèmes terrestres.

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TER 858253 Nantes-Quimper, comme un petit air de Vichy

Road to Oblivion Milena Kancheva

Le lieu : Lundi matin, 6h45. Dans le train TER 858253 au départ de Nantes et à destination de Quimper, un camarade est confronté au zèle et à des brimades humiliantes de la part d’un contrôleur.

Le flic/contrôleur : individu de forte stature, la cinquantaine, cheveux poivre et sel, calot et costume bleu marine, œil morne, regard semis-clos, joues pendantes. Teint écarlate. Postillonnant.

Les faits : notre ami grignote un biscuit sablé. L’agent commercial du train [comprendre : chef de bord & contrôleur – N.dZeka] lui impose de remonter son masque : « Monsieur, votre masque ! ». Avec respect, notre ami lui répond qu’il va le remettre mais qu’il finit sa bouchée avant. C’est le drame. Le contrôleur-flic éructe : « Qu’est-ce que vous dites Monsieur ? », « Vous vous révoltez ? », « C’est criminel ». À cet instant, un poto se lève avec l’intention de recadrer le type dont la chemise vient de virer du bleu au brun. Finalement, on se ravise, le spécimen menace désormais d’envoyer la « Pôoolice » à l’arrivée si on ne baisse pas d’un ton. En bon maniaque, il persiste dans sa folie : « Vous ne mangez pas ! Non messieurs, vous ne mangez pas ! Vous grignotez ». Pathétique. Nous lui répétons que ce n’est pas la fin du monde, que notre ami porte le masque dix-sept heures par jour et qu’il est plutôt respectueux. Ce qui est vrai. « Non, vous ne l’êtes pas » insiste-t-il. Il répète, en postillonnant violemment dans son masque, qu’il ne va pas « baisser son froc » devant nous ! Nous le rassurons en lui expliquant poliment qu’on ne lui en demandait pas tant… Le fonctionnaire s’enflamme et nous accuse carrément de mettre en danger la vie des autres passagers. Il répète à l’envi que des gens comme nous sont « une menace » pour les autres.

Quelques humiliation et intimidations publiques plus tard, ça sentait bon le totalitarisme dans la rame ce matin… Mais l’histoire se répèterait-elle ?! À une époque pas si lointaine, des agents des Chemins de Fer Français collaient des étoiles jaunes sur les gens dans les wagons. Quatre-vingt ans plus tard, il suffit de prendre le train (de son plein gré) pour tomber sur des agents de la SNCF qui s’autorisent à agir comme des kapos.

Note aux ami·es

Camarade voyageur, libre-fraudeuse ou resquilleur, si tu croises le rail de ce fanatique de l’autorité, arrondis les angles : met-lui la tête au carré !

Co-Errance

co errance

Pourquoi toute cette violence ? Pourquoi toute cette haine ? Tout cela n’a aucun sens. Évidemment… tout cela n’a aucun sens.

L’individu n’est pas compatible avec cette idée de société, parce que l’homme n’est pas un être rationnel et encore moins lorsqu’il fait partie d’un groupe. Est-ce que les civilisations humaines ont vraiment évoluées depuis ces 5 000 dernières années ? Pour être soi, entier, l’humain a conçu des empires paradoxalement invivables ; où l’on incite chacun à vivre ses pulsions primaires, tout en se conformant aux principes et aux lois de la société, dans le but de préserver « l’Ordre Social » et de ne pas nuire à son prochain. Des désirs saupoudrés d’un peu de raison. Pas grand-chose de plus. Quelques besoins fondamentaux, qu’il souhaite assouvir sans entraves. Paradoxe que nul ne sait résoudre.

Question(s) : notre monde peut-il vraiment fonctionner avec les humains ? Est-ce que chaque tentative n’est pas destinée à engendrer une société inégalitaire et violente ? Une grande part de l’humanité a fait le choix de s’enfermer dans un monde de désirs égoïstes, parce que nous sommes incapables de penser en tant qu’espèce. C’est pourquoi les écarts de richesses se creusent inexorablement et que la violence de l’État devient légitime. Au final, les personnes qui n’agissent qu’en fonction de leurs besoins ou de leurs pulsions sans se soucier des autres sont sans doute inadaptés à un modèle de société égalitaire, mais elles sont conformes à leur nature. Peut-être avons-nous simplement mis les humains sur un piédestal un peu trop haut ?

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Guerre au Tigré, Starbucks complice du génocide en Éthiopie

Starbucks Genocide

La région du Tigré, en Éthiopie, est un territoire où vivent de nombreux peuples autochtones dont la minorité ethnique éponyme, actuellement victimes d’un véritable génocide entamé par l’État Éthiopien.

Le 4 novembre 2020, le Premier ministre non élu de l’Éthiopie Abiy Ahmed a déclaré une guerre génocidaire contre le Tigré, l’État régional le plus septentrional d’Éthiopie, en collaboration avec le président totalitaire de l’Érythrée Isaias Afwerki. Depuis lors, son administration a bloqué l’accès à l’électricité, à toutes aides extérieures, à la nourriture et à l’eau potable pour des millions de civils Tigréens. Sous la direction d’Abiy et d’Isaias, les troupes éthiopiennes, les troupes érythréennes et les milices amhara ont commis d’importants crimes de guerre et de nettoyage ethnique, en massacrant des civils, en affamant les populations locales et en utilisant comme arme la violence sexuelle et sexiste contre les femmes et les jeunes filles.

Autrefois, la région du Tigré était recouverte de forêts, dont une grande partie ont été détruites au profit notamment de la culture du café, exposant les sols à l’érosion et à la désertification. Le Tigré est également l’une des régions les plus riches en métaux d’Éthiopie. On y trouve, entre autres, de l’or, du minerai de cuivre, du minerai de fer, du zinc et du plomb.

L’exportation la plus importante pour l’État éthiopien demeure néanmoins le café, qui se vend un milliard de dollars par an, alimentant en même temps la machine génocidaire. L’un des acheteurs les plus importants de café éthiopien est Starbucks, corporation qui possède pas moins de 16 858 boutiques implantées dans près de 50 pays à travers le monde. Une partie de leurs revenus alimente directement les fonds de guerre de l’État éthiopien.

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