À la recherche du bonheur…

Manif contre la Loi travail
Désolé pour le dérangement… © ValK

C’est la recherche du bonheur qui meut l’humanité. Alors qu’au fil des âges, tout n’était que mystère, l’Homme a cherché à comprendre le monde qui l’entourait et à améliorer sa condition mortelle. C’était encore le monde des dieux et des oracles. Et c’est de ce monde qu’est née la notion de bonheur : un bienfait, une amélioration de l’existence accordée par les divinités. Mais l’humain veut tout, mais en ayant tout, il finit par se lasser. Pour avancer et trouver le bonheur, faut-il s’en remettre au hasard du destin ou au destin du hasard ?Le temps est passé et jamais l’Homme n’a cessé de s’interroger sur la manière de l’obtenir. La définition qui fait aujourd’hui consensus est la suivante : le bonheur est un état de satisfaction pérenne, de bien-être et d’équilibre. Cette quête personnelle, qui ne peut pourtant être complète sans la présence des autres, est un Graal que peu d’entre nous savent obtenir.

Le Dieu mystérieux et la Sainte consommation

Dans sa quête du bonheur, l’humanité a dû faire face à bien des écueils. Le premier péril a été, à certains égards, l’arrivée d’un dieu unique. L’homme n’avait plus besoin de chercher, ni de comprendre. Dieu seul avait les réponses, et les réponses n’appartenaient qu’à lui. L’Homme ne devait son salut – et donc son bonheur – que dans l’obéissance stricte du message divin. Le mystère était fait pour faire peur, pour manipuler.

Les philosophes antiques ont taché de démontrer que seule la connaissance des causes et des conséquences pouvaient nous apporter la sérénité nécessaire au bonheur. Nous devions désormais fermer les yeux et considérer le monde comme un mystère ne nous appartenant pas, que nous ne pouvions pas maîtriser et, l’humain, bien que doué de capacités pour comprendre, n’était qu’un animal sans cervelle qui devait demeurer ignorant.

Puis vint le vingtième siècle et un nouvel écueil surgi : les années cinquante nous apportèrent le « bonheur » dans la consommation. Il ne fut plus question que d’une seule chose : le renouvellement et l’accumulation des plaisirs et des biens. Et une erreur se glissa alors dans la pensée humaine : la croyance que plaisir et bonheur étaient deux termes synonymes. Nous nous mîmes alors à chercher le bonheur dans les catalogues de vacances et les supermarchés. Le bonheur lui-même devint une denrée périssable. Alors que le dogme autour du Dieu unique nous interdisait de comprendre le monde, la société contemporaine a masqué le monde qui nous entourait au profit des plaisirs fugaces. Pourtant, ces deux visions du monde ont cru sincèrement pouvoir donner le bonheur aux hommes, que ce soit par la recherche du salut, ou l’accumulation des richesses. L’être humain veut tout, mais lorsqu’on a tout, ne finit-on pas par se lasser ?

Le bonheur dans la Connaissance

Pourtant, nombreux sont les penseurs et philosophes, qui au cours des siècles ont mis en garde l’homme contre les faux espoirs. Rien n’est acquis et le bonheur se construit. Il est un long chemin d’apprentissage où l’écoute de soi-même doit se faire en écoutant les autres. Est-ce là un paradoxe ? En apparence seulement. Car il s’agit de chercher le bonheur dans les bons rapports. C’est-à-dire les rapports constructeurs. Il ne s’agit pas de juger le mal, comme le firent les religieux, ou de penser à son bonheur matériel terrestre, comme le fait la société contemporaine, mais d’agir en fonction des causes et des conséquences. La recherche de l’équilibre et de bien-être ne peut se faire que dans la connaissance. Connaissance de l’univers qui nous entoure, et du fonctionnement des êtres comme des atomes.

Ainsi d’ailleurs parlait Spinoza, qui dans l’éthique, en disant que le bonheur ne se trouve que dans la connaissance parfaite de Dieu, parle en réalité de la Nature, c’est à dire de l’Univers et de tout ce qu’il contient. Il s’agit d’écouter ce qui nous meut et ce qui meut notre univers pour atteindre le bonheur.

En guise de conclusion (?)

Il est peut-être vrai que chercher les situations nouvelles et modifier ses habitudes procureront certes des plaisirs, mais le bonheur ne s’offre qu’à celui qui vit en adéquation avec les êtres et les choses, en s’interrogeant sur le monde qui nous entoure et en tachant, chaque jour, de comprendre les causes qui le régissent. Ainsi, le bonheur est accessible : il suffit d’ouvrir les yeux sur le monde et de regarder au-delà des apparences.