De quelle couleur est la Vie ?

femme avec un masque

Comme le montraient les données de Santé Publique France au 31/01/2021, notre pays enregistre aujourd’hui une mortalité d’environ 1 076 décès par million d’habitants. D’un point de vue statistique, il s’agit d’un pourcentage de risque extrêmement faible, égal à 1,07 pour mille. À peine plus que le risque quotidien de se faire renverser par une automobile au coin de la rue. Comment est-il possible que les humains, pour un risque qui reste extraordinairement faible même s’il est projeté sur toute l’année, acceptent-ils de renoncer non seulement à leur liberté, mais aussi à tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue : les contacts avec d’autres êtres vivants, les regards portés sur les visages, la mémoire de ces instants joyeusement célébrés ensemble ?

Gardiens de la pensée unique, répondez-nous : de quelle couleur est la vie ?

Le virus a gagné

Apocalypse 1913

Après des mois de travail, d’analyses pointilleuses et quelques dizaines de textes, nous devons bien le reconnaître, les jeux sont faits et rien ne va plus, nous ne sortirons pas de cette dystopie qui a définitivement bouleversé les normes sociales et politiques de nos vies, comme nous l’anoncions il y a déjà il y a quelques mois, fidèle à la réputation de Cassandre dont certains aiment nous affubler, bien que nos prévisions se soient avérées malheureusement exactes.

Nous ne nous répéterons donc plus sur les sujets principaux que nous avons tenté de traiter ici à plusieurs reprises, car il s’agit en fait d’une déclinaison infinie et répétitive lassante d’un même thème, le Covid, et qui tourne finalement en boucle dans un entre-soi sans aucun effet sur la réalité insupportable qu’une toute petite minorité de personnes perçoit mais qu’une immense majorité approuve, se vautrant dans une servitude volontaire à leurs maîtres sans se poser trop de questions probablement très dérangeantes, toutes étant encore convaincues du bien fondé et de la nécessité de ce régime dont elles sont persuadées qu’il n’est que transitoire, certaines en redemandant même une couche supplémentaire.

Errare humanum est, perseverare diabolicum [1]. La covidie virocratique hygiéniste, ce régime sanitaire abject, obscène, inique et selon nous totalement injustifié et bien plus préjudiciable que le virus lui-même, s’est emparé de toute l’Europe sans aucune opposition et avec la complicité de tous : classe politique, académique, universitaire, administrative, société civile, monde associatif, institutionnel, syndicats, etc.

Tous complices actifs ou passifs dans un silence généralisé, hormis quelques voix dissidentes isolées que les autorités s’efforcent de faire taire lorsqu’elles parlent un peu trop fort.
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Notes & références

  1. Locution latine signifiant : l’erreur est humaine, persévérer [dans son erreur] est diabolique. []

[EZLN] Première partie : Une déclaration… Pour la VIE

Enlace Zapatista - EZLN

Aux peuples du monde,
Aux personnes qui luttent sur les cinq continents,
Frères, sœurs, frœurs, compañeros, compañeras,

Durant ces derniers mois, nous avons pris contact entre nous de différentes manières. Nous sommes des femmes, des lesbiennes, des gays, des bisexuels, des transgenres, des travestis, des transsexuels, des personnes intersexes, des queers et d’autres encore, hommes, groupes, collectifs, associations, organisations, mouvements sociaux, peuples originaires, associations de quartier, communautés et un long et cætera qui nous donne une identité.

Nos différences et les distances entre nous viennent des terres, des cieux, des montagnes, des vallées, des steppes, des déserts, des océans, des lacs, des rivières, des sources, des lagunes, des races, des cultures, des langues, des histoires, des âges, des géographies, des identités sexuelles ou pas, des racines, des frontières, des formes d’organisation, des classes sociales, des capacités financières, du prestige social, de la popularité, des followers, des likes, des monnaies, des niveaux de scolarité, des manières d’être, des préoccupations, des qualités, des défauts, des pours, des contres, des mais, des cependant, des rivalités, des inimitiés, des conceptions, des argumentations, des contre-argumentations, des débats, des différends, des dénonciations, des accusations, des mépris, des phobies, des philies, des éloges, des rejets, des abus, des applaudissements, des divinités, des démons, des dogmes, des hérésies, des goûts, des dégoûts, des manières d’être, et un long et cætera qui nous rend différents et bien des fois nous oppose.

Il n’y a que très peu de choses qui nous unissent :

Faire nôtres les douleurs de la terre : la violence contre les femmes, la persécution et le mépris contre les différentEs dans leur identité affective, émotionnelle, sexuelle ; l’anéantissement de l’enfance ; le génocide contre les peuples originaires ; le racisme ; le militarisme ; l’exploitation ; la spoliation ; la destruction de la nature.

Comprendre que le responsable de ces douleurs est un système. Le bourreau est un système exploiteur, patriarcal, pyramidal, raciste, voleur et criminel : le capitalisme.

Savoir qu’il n’est pas possible de réformer ce système, ni de l’éduquer, de l’atténuer, d’en limer les aspérités, de le domestiquer, de l’humaniser.

S’être engagé à lutter, partout et à toute heure – chacunE là où on se trouve – contre ce système jusqu’à le détruire complètement. La survie de l’humanité dépend de la destruction du capitalisme. Nous ne nous rendons pas, nous ne nous vendons pas, nous ne titubons pas.

Avoir la certitude que la lutte pour l’humanité est mondiale. De même que la destruction en cours ne reconnaît pas de frontières, de nationalités, de drapeaux, de langues, de cultures, de races, la lutte pour l’humanité est en tous lieux, tout le temps.

Avoir la conviction que nombreux sont les mondes qui vivent et qui luttent dans le monde. Et que toute prétention à l’homogénéité et à l’hégémonie attente à l’essence de l’être humain : la liberté. L’égalité de l’humanité se trouve dans le respect de la différence. C’est dans sa diversité que se trouve sa ressemblance.

Comprendre que ce n’est pas la prétention d’imposer notre regard, nos pas, nos compagnies, nos chemins et nos destins qui nous permettra d’avancer, mais la capacité à écouter et à regarder l’autre qui, distinct et différent, partage la même vocation de liberté et de justice.

De par ce qui nous unit, et sans abandonner nos convictions ni cesser d’être ce que nous sommes, nous nous sommes mis d’accord pour :

Premièrement
Réaliser des rencontres, des dialogues, des échanges d’idées, d’expériences, d’analyses et d’évaluations entre personnes qui sommes engagées, à partir de différentes conceptions et sur différents terrains, dans la lutte pour la vie. Après, chacun continuera son chemin, ou pas. Regarder et écouter l’autre nous y aidera peut-être, ou pas. Mais connaître ce qui est différent, c’est aussi une partie de notre lutte et de notre effort, de notre humanité.

Deuxièmement
Que ces rencontres et ces activités se réalisent sur les cinq continents. Qu’en ce qui concerne le continent européen, elles se concrétisent durant les mois de juillet, août, septembre et octobre 2021, avec la participation directe d’une délégation mexicaine formée par le Congrès National Indigène-Conseil Indigène de Gouvernement, le Front des Villages en Défense de l’Eau et de la Terre des États de Morelos, Puebla et Tlaxcala, et par l’Armée Zapatiste de Libération Nationale. Et que nous aiderons selon nos possibilités à ce qu’elles se réalisent, à des dates postérieures encore à préciser, en Asie, en Afrique, en Océanie et en Amérique.

Troisièmement
Inviter les personnes qui partagent les mêmes préoccupations et des luttes similaires, toutes les personnes honnêtes et tous les en-bas qui se rebellent et résistent dans les nombreux recoins du monde, à rejoindre, à contribuer, à soutenir et à participer à ces rencontres et activités ; et à signer et à s’approprier cette déclaration POUR LA VIE.


Ejército Zapatista de Liberación Nacional
Le 01/01/2021

« Némésis Médicale » : enquête sur l’Ennemi Technico-sanitaire

Némésis Médicale

Avant-propos

Cette enquête fait suite à la publication d’un article publié le 23 avril 2020 sur le blog de Bill Gates. Au regard de l’actualité, nous avons souhaité en faire un décryptage éclairant, enrichi des considérations d’Ivan Illich au sujet de la “Némésis Médicale” — l’expropriation de la mort opérée par la médicalisation croissante des corps — et par les analyses de la philosophe italienne Bianca Bonavita, laquelle suit « l’évènement Covid-19 » avec une attention implacable.

« Homo sapiens, qui s’est éveillé au chamanisme dans une tribu et a grandi en politique en tant que citoyen, est maintenant prêt pour devenir un détenu à vie dans un monde industriel. La médicalisation pousse à l’extrême le caractère impérialiste de la société industrielle. » — Ivan Illich, Némésis médicale, p.98.

Prémisse

Dénoncer la mystification construite autour du grand événement spectaculaire de la Covid-19 (que nous distinguerons dans le texte du virus Sars-CoV-2) et les pratiques gouvernementales de contrôle de la population, ne signifie pas défendre la normalité dévastatrice du virus, cela ne veut pas dire non plus de préférer revenir à la « normalité ». Tout comme cela ne signifie pas nier la mort des gens.

Contrairement au « Monologue du virus », texte que nous avons lu, aimé et parfois même publié [1], le virus ne nous semble plus être, comme le souhaiteraient certaines critiques radicales, une conséquence particulière de la destruction provoquée par le capitalisme et ses fermes industrielles humaines et animales. Le nouveau coronavirus n’a rien du « démon de l’Appocalypse ».

Depuis de nombreuses décennies, les élevages humains et animaux produisent beaucoup plus de maladies chroniques mortelles : lequel d’entre nous n’a jamais pleuré des amis ou des parents décédés prématurément de tumeurs ou de maladies cardiovasculaires qui sont, si l’on veut utiliser ce mot, les deux véritables pandémies de notre temps ? Des pandémies produites par des formes de vie naturelles, dominées par le régime de la différenciation, enchaînées à des emplois aliénants, immergées dans un air irrespirable, abreuvées par des eaux polluées et gavées aux aliments industriels.

Par conséquent, déplacer l’attention des maladies chroniques, qui sont les véritables pandémies modernes, vers les maladies infectieuses à faible létalité (nous expliquons plus loin, données à l’appui, le pourquoi d’une telle affirmation), contribue à supprimer une discussion sérieuse sur le lien qui existe entre « prévention » et « mode de vie ».

Pour ces raisons, le virus ne nous semble pas être ce messager — ou ce messie — capable de mettre en évidence, à celles et ceux qui ne les ont pas vus auparavant, les maux du monde dans lequel nous vivons, mais plutôt un outil de distraction qui rend encore plus difficile toute observation et toute compréhension des perversions profondes et structurelles du capitalisme.

Si un pays tout entier (mais la discussion pourrait aussi s’étendre au-delà des frontières nationales), à de rares exceptions près, accepte, sans en remettre en cause les raisons, la suspension de nombreuses libertés fondamentales, en proie à la peur et à la suspicion ou simplement à une acceptation pacifique encore plus inquiétante [2], comment les habitant·es de ce pays se retourneront-iels contre les catastrophes produites par le capitalisme afin de remettre en question et redéfinir leur mode de vie ?

La plupart des gens ne voudraient-ils pas, au fond, un simple retour à la normalité ? Et au nom de ce désir, n’accepteront-iels aucun abus du pouvoir ? Et pour retrouver ne serait-ce que quelques éléments de l’ancienne normalité, n’accepteront-iels pas tous les dispositifs atroces et absurdes de la nouvelle normalité haineuse qui prend vie sous nos yeux ?

Déjà, en 2005, l’Organisation Mondiale de la santé, à l’occasion de la grippe aviaire, avait suggéré un scénario comme celui que nous vivons aujourd’hui, en le proposant aux gouvernements comme moyen d’assurer le soutien inconditionnel des citoyens. [3] [4]

Si l’hécatombe qui, chaque année, provoque les cancers et maladies cardiovasculaires (150 000 décès du cancer [5] et 140 000 décès liés à des maladies cardio-vasculaires [6] chaque année en France) n’a pas montré à la plupart des gens la réalité indéniable de la destruction que produit le capitalisme, comment un virus, qui a besoin d’une opération de propagande impressionnante pour augmenter sa létalité (certaines études, comme celle de l’Université de Kobe au Japon, parlent même d’une létalité inférieure à celle de la grippe saisonnière) [7], pourrait-il permettre à un individu dont l’œil est obscurci par l’épais écran de fumée de la fausseté de voir et de comprendre la réalité destructrice du monde industriel dans lequel il vit ?

« Aucune aide ne doit être imposée à un individu contre son gré : nul ne peut, sans son consentement, être emmené, enfermé, hospitalisé, soigné ou harcelé au nom de sa santé. » — Ivan Illich, Némésis Médicale, op.cit., p.245.

Le virus Sars-CoV-2, sous ses formes différentes et mutantes qui circulent, qu’il ait une origine malveillante, artificielle, accidentelle ou naturelle, nous apparaît plutôt comme un produit / événement (attendu, souhaité ou provoqué) géré par des oligarchies transnationales numériques, pharmaceutiques et biotechnologiques afin de pouvoir redéfinir les structures géopolitiques et les formes de gouvernementalité de notre monde.

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Notes & références

  1. Lire le Monologue du virus sur le site. []
  2. Il nous semble intéressant de souligner comment l’institutionnalisation du « devoir de mémoire » de la Shoah, sacralisant ce moment historique et le plaçant dans un ailleurs séparé et « indicible », a eu pour effet de rendre méconnaissables les dispositifs et mécanismes qui l’ont rendu possible. Pour n’en nommer que quelques-uns [les mécanismes] : exposition à la propagande, conformité de la pensée gobale, obéissance aveugle aux ordres et à l’autorité, ambition et peur de perdre son prestige social, besoin d’identités collectives fortes, sacrifice de l’individu au nom d’un bien supérieur, etc. []
  3. Le document en question, accessible en accès libre sur le site de l’OMS peut être téléchargé (en Français) à cette adresse. []
  4. Bianca Bonavita, Bill Gates e la nemesi tecno-medica, Efesto, 2020. []
  5. Source Institut National du Cancer : https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Les-chiffres-du-cancer-en-France/Epidemiologie-des-cancers/Donnees-globales. Qui rapporte les données de 1980 à 2019. []
  6. Source : Ministère des Solidarités et de la Santé : https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-cardiovasculaires/article/maladies-cardiovasculaires []
  7. Source : Corvelva.it – Des analyses de sang au Japon révèlent que la mortalité par coronavirus est inférieure à celle de la grippe : https://www.corvelva.it/.

    Bill Gates lui-même déclare dans une interview publiée le 25 mars que la létalité de Sars-CoV-2 est inférieure à celle de Sars et Mers : https://www.youtube.com/watch?v=Xe8fIjxicoo

    En outre, l’épidémie de grippe hivernale amorcée fin 2016 a entraîné un pic de décès exceptionnel en janvier 2017 : 67 000 décès en France métropolitaine ce mois-ci – Sources : https://www.insee.fr/ et https://www.lesechos.fr/ []

[Analyse] G. Agamben : Réponse aux questions de notre temps

extraction pierre de folie jerome bosch

L’influence du philosophe Giorgio Agamben est parfois réduite par les différents courants académiques italiens, mais c’est justement la réponse académique qui a généré les interventions du philosophe romain, publiées à partir de février 2020 dans la rubrique Una voce du site Quodlibet.it, et qui esquissent une autre réalité. Les interventions d’Agambien sur l’état d’exception gouvernementale et sur la terreur sanitaire à laquelle nous sommes soumis depuis le mois de janvier, en raison ou en vertu de l’épidémie de Covid-19, ont produit une série de réflexions directes ou indirectes, dans les magazines ou sur les réseaux sociaux. Il est donc difficile de minimiser l’importance de ce penseur contemporain.

Dans une conférence inaugurale tenue à l’IUAV à Venise en 2006, Agamben signalait de façon significative, à travers certains index, la relation entretenue entre un auteur dit « contemporain » [1] avec son propre présent. Il convient de rappeler ici quelques-unes de ces caractéristiques, en les séparant de l’argumentation d’origine, afin de comprendre les interventions publiées sur le site « Quodlibet » (dont certaines ont été retranscrite sur ce blog) et que l’on trouve dans le recueil Où en sommes-nous ? L’épidémie comme politique.

Partant du prologue de Où en sommes-nous ?, intitulé « Avertissement », Agamben explique le but de ses interventions qui, bien que claires dès les premières publications, ne sont pas toujours évidentes dans les rangs des détracteurs et des défenseurs de la doxa, lesquels n’ont de cesse d’intervenir pour critiquer ou, bien pire, se permettent de corriger sa pensée [2]. L’intention de son intervention était de réfléchir aux « conséquences éthiques et politiques de la pandémie et de définir la transformation des paradigmes politiques que dessinaient les mesures d’exception » [3].

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Notes & références

  1. Par contemporain, nous entendons ici celui/celle qui étudie ou présente des événements, des éléments, des objets d’analyse en tant qu’ils sont contemporains, en dehors de leur évolution. []
  2. Dénoncer la mystification construite autour du grand événement spectaculaire Covid-19 (que nous distinguons du virus Sars-CoV-2) et les formes de gouvernements et de contrôle des population qui se reféfinissent globalement, ne signifie pas défendre la normalité dévastatrice du premier, ni de de positionner en faveur d’un retour à la normalité. Tout comme cela ne signifie pas nier la mort des gens. Pourtant, nous constatons nous-mêmes chaque jour, de la part de penseurs auto-proclamés issus — et c’est là le plus inquiétant — de nos mouvements antiautoritaires (ou présentés comme tels) une volonté, consciente ou pas, d’obscurcir voire d’empêcher tout débat contradictoire. []
  3. G. Agamben, in Où sommes-nous ? L’épidémie comme politique, Quodlibet, Macerata 2020, p. 11. []

Manifs du 12 décembre : le carnage répressif en Marche

Que fait la police ? Ça crève les yeux !

Une soixantaine de mobilisations contre la proposition de loi « Sécurité globale » [1] ont rythmé cette fin de semaine dans tout l’Hexagone. Au moins 60 000 personnes ont marché ce samedi 12 décembre. Plus de 150 villes, des métropoles jusqu’aux localités plus modestes, ont déjà connu au moins un rassemblement depuis le 28 novembre. Nous nous en félicitons.

Toutefois, comme nous le redoutions, la manifestation parisienne, bien que dûment déclarée par un collectif d’organisations et autorisée par la préfecture de police, s’est transformée en un véritable carnage répressif.
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Notes & références

  1. Lien vers un décryptage de cette loi par l’association de défenses des droits et libertés sur internet La Quadrature du net []

[Droit de réponse] Pourquoi on casse ?

Black Bloc Matter

Il est habituel de criminaliser la « casse » [1] lors des manifestations, mais nous [2] voulons ici proposer une analyse qui se tiendrait à l’écart du moralisme ou de la répression venant des discours dominants. Il ne s’agit de valoriser l’action directe violente tout en dénigrant la pluralité des formes de luttes, mais plutôt d’expliquer cette stratégie politique, qui peut se combiner à des actions pacifistes. Étant donné la complexité des problématiques sociales que l’on rencontre, une seule et unique façon de lutter a peu de chance d’être victorieuse.

Revenons un peu sur le mouvement…

Ce mouvement social que nous vivons actuellement, né en réaction aux mesures liberticides de la loi « sécurité globale » et des politiques en général du gouvernement Macron, s’élargit au fur et à mesure qu’il se heurte au durcissement totalitaire de l’État, à la répression et au déploiement de la Technopolice[3] Bien sûr, tout cela a commencé bien avant et n’est que la juste continuité de nos réponses aux multiples oppressions de 2016 [4] ou de celles à l’encontre des Gilets Jaunes en 2018 et 2019. Si des personnes n’y voient pas toutes le même sens — les revendications s’ajoutant les unes aux autres — il s’agit bien d’une réponse commune contre le système capitaliste tel que nous le connaissons, générateur de violences, d’oppressions et à l’origine de la destruction de notre monde et de nos vies.

Or le virus du capitalisme ne bénéficie qu’à une petite catégorie de privilégié·es, il serait difficile de le nier. Pour peu que l’on s’intéresse aux dynamiques économiques, on comprend que l’argent influence les pouvoirs, les régimes politiques et les lois, mais aussi nos relations et l’ensemble des rapports de domination existants au sein de notre société (en créant ou en maintenant des systèmes d’oppression liés à la classe, à la « race », au genre, à l’âge, à la validité physique, mentale ou émotionnelle, etc.)

Nos mouvements sociaux s’élèvent ainsi contre tout un monde, représenté par l’État, la police et les structures de l’économie capitaliste.
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Notes & références

  1. On entendra par là toutes les actions dites « violentes » et/ou de dégradations qui ont lieu lors de mouvements sociaux, qu’eles soient organisées ou spontanées. []
  2. Ce texte, s’il est issu de discussions, de réflexions partagées et de rencontres, a été rédigé par une seule personne : ce « nous » est donc informel et ne saurait représenter l’ensemble des casseur·euses. []
  3. Lire à ce sujet le manifeste de la Technopolice : la « Smart City » révèle son vrai visage, celui d’une mise sous surveillance totale de l’espace urbain à des fins policières – https://technopolice.fr/ []
  4. Avec le passage en force de la loi El Khomri par le biais du 49.3, les innombrables grèves, blocages et manifestations, le maintien de l’état d’urgence pour contrer la révolte populaire, etc. []

Nihilisme de genre : un anti-manifeste

Respect my existence or expect resistance

Les critiques d’Alyson Escalante [1] quant à la dépendance de la communauté trans à l’essentialisme de genre, suivies d’une proposition de négation radicale comme solution à l’aliénation et aux oppressions sexistes.

Nous sommes dans une impasse

Les politiques actuelles de translibération ont adhéré à une notion d’identité rédemptrice. Que ce soit à travers un diagnostic par un médecin et un psychologue ou par une affirmation personnelle sous la forme d’une déclaration sociale, nous avons commencé à croire qu’il y a une vérité intérieure sur le genre que nous devons découvrir.

Une gamme infinie de projets politiques existants a tracé le chemin que nous empruntons actuellement ; un nombre infini de pronoms, étiquettes et drapeaux lors de la Pride Parade. Le mouvement trans actuel cherche à élargir les catégories de genre dans l’espoir d’atténuer les dommages que ses politiques créent. Cette position est naïve.

Judith Butler [2] se réfère au genre comme étant « l’appareil par lequel sont produits et normalisés les ensembles masculin et féminin, avec les formes interpolées des formes hormonales, chromosomiques, psychiques et performatives. » [3] Si les politiques libérales actuelles de nos camarades, frères et sœurs trans sont enracinées dans des tentatives d’élargissement de la dimension sociale que crée cet appareil, notre travail exige que cela soit ramené à ses fondations.

Nous sommes des radicales et des radicaux fatigué·es d’essayer de sauver nos idées. Nous ne pensons pas que cela nous aidera. Nous voyons la transmisogynie [4] à laquelle nous sommes confrontés au quotidien, nous voyons la violence sexiste à laquelle sont confrontés nos camarades – à la fois trans et cis – et nous nous rendons compte que le système lui-même rend cette violence inévitable. Nous en avons assez.

Nous ne cherchons pas à créer un meilleur système, car nous ne sommes pas du tout intéressés par les politiques existantes. Nous ne demandons plus qu’une attaque implacable contre le genre et les modes de production sociale du sens et de l’intelligibilité qu’il crée.

Au cœur du nihilisme de genre se trouvent plusieurs principes que nous explorerons en détail ici : l’antihumanisme comme fondement et base, l’abolition du genre comme exigence et la négativité radicale comme méthode.

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Notes & références

  1. Alyson Escalante, Department of Philosophy, University of Oregon. []
  2. Judith Butler, Défaire le genre. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Maxime Cervulle. Paris, Amsterdam, 2006, 311 p., bibl., index. https://doi.org/10.4000/lhomme.20562 []
  3. Judith Butler, Défaire le genre, Routledge, 2004, p. 42. []
  4. Voir à ce sujet Les Guérillères, Lexique féministe matérialiste ou La Réalité de la transmysoginie []

[Nantes] Après la manif, gare au guet-apens médiatique !

Stop Media Control

Mercredi 9 décembre 2020, Ouest-France se surpassait dans le parti pris et les clichés, grâce à la plume du rennais Christophe Jaunet, chroniqueur zélé des campagnes électorales de la République en Marche, qui s’acharne tel un chieur d’encre d’extrême droite à salir les luttes locales depuis 1999. L’objectif de son « papier » : créer une division artificielle pour anéantir le mouvement en cours pour la défense des libertés et, in fine, légitimer une répression encore plus forte.

S’appuyant sur les déclarations du préfet Didier Martin selon lequel « il se passe des choses pas banales sur ce territoire », le quotidien prend à témoin les syndicats pour que ces derniers dénoncent les « violences ». Et plutôt que de remettre au centre le véritable sujet : l’accélération autoritaire du Régime politique, le piège fonctionne à merveille. Pour faire bonne figure, Fabrice David (CGT) et Jean Brunacci (Solidaires), deux responsables syndicaux adeptes des services d’ordre affirment être « coincés entre deux feux » : d’un côté celui de la police et de l’autre celui du cortège de tête. Comme si les tirs de LBD, les grenades, les blessures et les charges contre les manifestants pouvaient être mis à égalité avec quelques tags, des fumigènes et une ou deux vitrines de banque étoilées !

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Les 3 F de Macron : Floutage, Filoutage, Flicage

Violences ACABlantes

Un commissariat est bombardé à coups de feu d’artifice pour venger un copain blessé suite au pare-chocage de son scooter par les flics, d’autres flics jouant aux cowboys sont piteusement dépouillés de leurs armes. Ce contexte est pris comme prétexte par le pouvoir pour satisfaire les exigences du FN/RN et de ses alliés de la droite, retransmises par les syndicats policiers.

Désormais, obligation de floutage des vidéos filmant les actions des forces de l’ordre qui circulent sur les réseaux, éloignement des journalistes et des observateurs humanitaires, peine planchers pour ceux qui sont qualifiés d’« agresseurs » de policiers.

Il ne reste que le droit de tirer à vue sur la foule. À ce rythme là, ça ne va pas tarder. Jusqu’ici les actes de barbarie de la police, yeux crevés, mains arrachées, morts par asphyxie, étranglements ou encore pare-chocages… sont restés pratiquement impunis. Mais une partie des ces crimes pouvaient au moins être démasqués grâce aux vidéos et témoignages. Avec les nouvelles mesures décidées et celles dans les cartons, la police peut maintenant les camoufler encore plus.

Cette logique de floutage/flicage est dans l’ADN du pouvoir. C’est elle qui est à l’œuvre dans la gestion de l’épidémie de coronavirus. Toutes les données statistiques de la 1ère vague ont été floutées ; le pouvoir n’a pas cessé de filouter concernant les masques puis les tests et le suivi des contaminations ; plutôt que d’ouvrir des lits d’hôpitaux le pouvoir en a supprimé (comme au CHU de Nantes où 100 lits ont été fermés), la seule réponse a été répressive et liberticide : le couvre feu qui assure le flicage de la population.

Floutage, filoutage, flicage, les 3 F de Macron agissent comme une logique aveugle et cynique même dans le cas de la tragédie de l’assassinat du professeur du collège de Conflans, Samuel Paty. Floutage des circonstances exactes qui ont conduit à ce meurtre ignoble ; filoutage du discours sur l’unité nationale qui conduit directement à la stigmatisation des musulmans ; flicage avec la chasse aux sorcières lancée contre toutes celleux qui oseraient dénoncer l’islamophobie ambiante.

Gardons les yeux ouverts malgré l’obscurité de l’époque, la logique des 3F continuera d’agir. Ne baissons pas la garde.

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À propos des temps à venir

Ville futuriste humaniste

Ce qui se passe à l’échelle planétaire aujourd’hui est certainement la fin d’un Monde.

La Fin du Monde m’ennuie. C’est officiel ; ballades immondes, politiciennes, mirages pérennes. « Futur et progrès » crient des haut-parleurs paranoïaques. « Croissance » et après ? Comme un bonheur trompeur pour Travailleur maniaque. Pourtant, nous ne sommes ni esclaves du Passé, ni otages du Futur : un mensonge suranné ! Un mensonge… ça c’est sûr. Pourtant… c’est la fin d’un monde à chaque instant.
– Zeka, Nuits polychromes, 2016

Ce qui se passe aujourd’hui à l’échelle planétaire est certainement la fin d’un monde. Mais pas – comme le souhaiteraient ceux qui tentent de le gouverner selon leurs intérêts – dans le sens d’une transition vers un monde plus adapté aux nouveaux besoins du consortium humain. L’ère des démocraties bourgeoises est révolue, avec ses droits, ses constitutions et ses parlements. Au-delà de l’écorce juridique, certainement pas anodine, le monde qui a commencé avec la révolution industrielle et s’est développé jusqu’aux deux – ou trois – guerres mondiales et les totalitarismes – tyranniques ou démocratiques – qui les ont accompagnés se termine.

Si les puissances qui gouvernent le monde ont cru devoir recourir à des mesures et des dispositifs aussi extrêmes que la biosécurité et la terreur sanitaire, qu’ils ont instigué partout et sans réserve et menacent désormais de devenir incontrôlables, c’est parce qu’elles craignaient de ne pas avoir d’autre choix pour survivre, pour maintenir nos modes de vies aberrant au détriment de la souffrance des autres. Et si les gens ont accepté les mesures despotiques et les contraintes sans précédent auxquelles ils ont été soumis sans aucune garantie, ce n’est pas seulement à cause de la peur de la pandémie, mais probablement parce que, plus ou moins inconsciemment, ils savaient que le monde dans lequel ils avaient vécu jusque-là commençait à disparaître. Ce monde-là ne pouvait pas continuer, il était trop injuste et inhumain. Il va sans dire que les gouvernements nous préparent un monde encore plus inhumain, encore plus injuste et encore plus permissif/répressif ; mais en tout cas, des deux côtés, il semblait évident que l’ancien monde – c’est ainsi que l’on commence à l’appeler maintenant – ne pouvait pas continuer dans cette direction. Il y a certainement là, comme dans tout pressentiment sombre, un élément religieux. La santé a remplacé le salut, la vie biologique a remplacé la vie éternelle et l’Église, qui a longtemps été habituée à se compromettre avec les besoins du monde, a plus ou moins explicitement consenti à ce remplacement.

Conscients qu’il n’y a rien à reconstruire, nous ne regrettons pas ce monde qui s’achève. Nous n’avons aucune nostalgie pour l’humain ou le divin que les vagues incessantes du temps effacent comme un dessin sur le sable de l’histoire. Mais avec une égale détermination, nous rejetons la vie muette et sans vie-sage, et la sacro-sainte religion de la santé que les gouvernements nous proposent. Nous n’attendons ni un nouveau dieu ni un humain nouveau – nous cherchons plutôt ici et maintenant, parmi les ruines qui nous entourent, une forme de vie humble et plus simple, qui n’est pas un mirage, car nous en avons la mémoire et l’expérience, même si, en nous et en dehors de nous, les puissances adverses la rejettent à chaque fois vers l’oubli.

Reçu par mail, le 25/11/2020.

Constats d’AED sur la situation en milieu scolaire

Londonderry kids Christine Spengler 1972

Nous partageons ici une analyse de la situation en milieu scolaire au temps de la pandémie. L’originalité, ici, réside dans le point de départ : les auteur·ice·s ne sont ni des profs ni des lycéen·ne·s ou des étudiant·es, mais des assistant·es d’éducation, qui, plutôt que de s’indigner, s’engagent à soutenir les élèves faisant face à la répression, mais aussi à écrire et à s’organiser face à la situation.

Nous partons de constats et d’expériences locales aux similitudes dérangeantes.

Pour commencer, ce qui nous pousse à écrire est le résultat d’une politique gouvernementale à long terme et la récente et courte gestion de la pandémie. De plus, si nous prenons position, c’est qu’il n’existe pas de consensus au sein du milieu scolaire et que finalement, nous ne le recherchons pas. En revanche, ce que nous poursuivons (et pas seulement dans le milieu scolaire), est de révéler un conflit et d’alimenter un rapport de force, qui, de fait, nous est encore défavorable, pour conduire à des avancées stratégiques. Pour terminer, il nous parait nécessaire de défaire une idée et de souligner que les professeur·es ne sont pas les seul·e·s qui composent la longue liste du personnel au sein des établissements scolaires. Iels ont souvent été les seul·es interlocuteur·ice·s autorisé·e·s, position qu’ils ont souvent acceptée, alors qu’une pluralité de positions existent : AESH, AED, AVS, agents, personnel administratif, médecin, documentaliste, intervenants extérieurs et tant d’autres. Il s’agit alors de ne plus cacher la multitude des expériences qui règnent, ainsi, et avant toute chose, le sort réservé aux enfants, qui seront dans les années à venir, les propagateurs culpabilisés et traumatisés du virus.

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La Doxa et le Complotisme

doxa

Il est aujourd’hui essentiel de tenir à distance à la fois la doxa et le complotisme. Ces deux écueils menacent en effet la compréhension libre et désintéressée de la « crise sanitaire » en cours et ils fonctionnent en miroirs.

Il n’est pas étonnant que la plèbe n’ait ni vérité ni jugement, puisque les affaires de l’Etat sont traitées à son insu, et qu’elle ne se forge un avis qu’à partir du peu qu’il est impossible de lui dissimuler. La suspension du jugement est en effet une vertu rare. Donc pouvoir tout traiter en cachette des citoyens, et vouloir qu’à partir de là ils ne portent pas de jugement, c’est le comble de la stupidité. Si la plèbe en effet pouvait se tempérer, suspendre son jugement sur ce qu’elle connaît mal, et juger correctement à partir du peu d’éléments dont elle dispose, elle serait plus digne de gouverner que d’être gouvernée » (Spinoza, Traité politique, VII, 27)

Le complotisme pour les nuls

Deux dangers guettent la vie des idées de nos jours. Et il n’est pas facile de les tenir tous deux à distance. Le premier est la doxa, le second le complotisme. Tous deux consistent en des raisonnements reposant sur une prémisse erronée, sur la base de laquelle se déploient ensuite des constructions plus ou moins informées ou plus ou moins sophistiquées. Tant que la prémisse n’est pas questionnée, la personne ne peut pas changer fondamentalement d’avis. La prémisse opère comme un filtre, un classement et une hiérarchisation des informations parvenant à la conscience. Elle filtre les informations disponibles afin de privilégier celles qui confortent la prémisse et d’évacuer le plus possible les autres. Ces dernières constituent des « dissonances cognitives » comme disait Léon Festinger [1], et elles sont évacuées ou minimisées. S’il ne parvient pas totalement à les évacuer, le raisonnement va les considérer comme secondaires pour sauvegarder la prémisse et la cohérence globale du raisonnement qui est construit dessus. Il va en somme hiérarchiser l’information pour complexifier le tableau tout en maintenant la cohérence globale de sa construction logique, jusqu’au jour où ce ne sera éventuellement plus tenable [2].

Quiconque prétend réfléchir rationnellement aux problèmes qui nous sont posés à propos de la « crise sanitaire mondiale de 2020 » doit parvenir à identifier ces deux dangers et à comprendre leur logique de construction. Pour ce faire, il faut également comprendre que ces deux systèmes de pensées progressent en réalité de concert car ils sont les deux côtés d’une même pièce de monnaie. Ils sont la norme et la déviance. C’est la doxa qui qualifie de complotisme tout ce qui n’adhère pas à ses prémisses, et le complotisme prolifère à mesure que la doxa se durcit et empêche de questionner ses prémisses. Il faut enfin comprendre que, derrière le clivage intellectuel, se cache aussi en partie un clivage social (les « élites » versus le « peuple ») dont la rigidification n’est pas une bonne nouvelle pour la démocratie. On commencera par traiter de la doxa avant de passer à l’examen du complotisme.
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Notes & références

  1. L. Festinger, Une théorie de la dissonance cognitive, Paris, Dunod, 2011 (première éd. en Anglais 1957). []
  2. Dans le champ des théories scientifiques et de l’histoire des sciences, et dans le langage de Thomas Kuhn, cela conduit à ajouter des « modifications ad hoc » à une théorie afin de sauver le « paradigme » central (T. Kuhn, La Structure des révolutions scientifiques, Paris, Flammarion, 1983 (première éd. en Anglais 1962). []

Données certaines

Fibonacci

Pour annexe de quelques précédents articles (ici ou ) et pour apporter un éclairage scientifique concordant à nos ressentis depuis le début de cette pandémie, ci-après quelques données certaines, suivies d’un extrait paru dans la revue de biologie ORGANISMS, n°4, le 01 novembre 2020.

Selon les communiqués de presse officiels (Santé publique France), les cas positifs de covid-19 en France au 22 novembre atteignaient 2 140 208, dont 2 091 476 guérisons. On dénombre à ce jour 48 732 décès depuis le début de l’épidémie (au 22/11/2020). Point positif ? La plupart des porteurs sont aujourd’hui « asymptomatiques ».

À titre de comparaison — et sans remettre en question la gravité de la situation actuelle — à la même période, en 2017, on dénombrait 606 000 décès en France, toutes maladies confondues, avec un taux de mortalité de 930 décès pour 100 000 habitants. En outre, l’épidémie de grippe hivernale amorcée fin 2016 a entraîné un pic de décès exceptionnel en janvier 2017 : 68 145 décès en France métropolitaine ce mois-ci (Source : INSEE).

C’est sur la base de ces données…

Que les libertés constitutionnelles sont aujourd’hui suspendues ; que la population est terrifiée ; que la vie sociale est annulée et que la santé mentale et physique des femmes et des hommes est gravement menacée !

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Rester Humain, c’est Résister !

Homme-Machine
À LIRE AUSSI :

Ces derniers mois, les mots que nous entendons le plus souvent sont « santé », « bien-être » et « état d’urgence ». Dans ce contexte, renouvelé et renforcé avec les décrets gouvernementaux, la bonne santé coïncide – ou plutôt ne peut être séparée – de la mise en place d’un état d’urgence qui permet les pleins pouvoirs pour ceux qui prétendent nous gouverner. En plus de détruire toutes les formes de liberté, ce régime techno-sanitaire est également engagé dans la mortification de l’avenir des générations futures. On le constate avec ce qui se passe actuellement dans les écoles – mais pas seulement – à l’encontre de nos enfants. Ce pouvoir, qui ne cache désormais plus ses intentions, se prépare à changer le monde de manière irréversible.

Mais si nous sommes sous une dictature sanitaire, où sont les troupes ?

Ce régime techno-sanitaire va bien au-delà des quelques marionnettes qui s’agitent à Matignon mais fonctionne à travers des techniciens et des « experts » qui ne sont pas de simples consultants mais sont issus du monde de la finance. Aujourd’hui, l’obéissance est obtenue grâce au contrôle de la santé avec des données manipulées et créées ad hoc, gérées essentiellement par les entreprises du tout numérique.

Les actuelles mesures de limitation de la liberté, imposées par différents décrets, ont peu à voir avec l’urgence sanitaire en cours ; elles visent à vider les rues des villes de toute activité autre que productive et fonctionnelle au système, à mettre de côté toute dissension, à faire taire les voix étrangères […], à juguler le conflit social. Il n’y a pas besoin de trop d’analyses politiques, il suffit simplement d’observer la réalité qui se présente brutalement devant nos yeux : au-delà de la rhétorique du « tout ira bien », de l’effort commun demandé « pour le bien de tout le monde », avec ou sans pandémie, il n’y a qu’un seul domaine dans lequel l’État brille par sa diligence : la répression.
– Attaque, 17 nov. 2020

Nous subissons une attaque constante sur la dimension émotionnelle, attaque qui terrorise d’abord puis qui créé de l’espoir. Attaque qui oblige les gens à demeurer dans un état constant d’anxiété et de peur – et ce pouvoir a besoin de beaucoup de peur pour ses projets. Parce que la peur, étouffée derrière les masques ; évite la formation de pensées, la création de critiques et donc de réaction à ce que nous subissons depuis des mois. Nous atteignons une forme de contrôle et de la digitalisation de tout : aussi bien à l’extérieur comme à l’intérieur de nos foyers.

Ce nouveau monde mis en place à grande vitesse a besoin de notre soumission pour fonctionner, mais il a également besoin d’un nouveau réseau de téléphonie mobile : la 5G.
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Soleil 22, Lune 9, Coronacycle 1 | Impasse de l’illusion

Bhagavat Gita 52

Lorsque votre intellect traversera le bourbier de l’illusion, vous acquerrez alors l’indifférence à ce qui a été entendu et à ce qui reste à entendre (à propos des plaisirs dans ce monde et dans le prochain).
– Bhagavat Gita | 52

Commentaire :
Krishna dit que les gens qui sont attachés à la jouissance du monde sont attirés par les paroles fleuries, ils propagent des rituels ostentatoires pour gagner des opulences mondaines. Cependant, celui dont l’intellect est éclairé par la connaissance spirituelle ne recherche plus les plaisirs sensoriels matériels, sachant qu’ils sont des signes avant-coureurs de la misère.

Traversez le bourbier de l’illusion avec moi, hors de portée de la télévision, loin de l’écran d’où vous lisez ceci, au-delà de la cacophonie des voix réconfortantes dont vous êtes entouré.

Regardez dans la vérité de votre être, le mystère qu’il présente au monde des objets et concepts nommés. Penchez-vous sur le caractère hypocrite de votre expérience, en évitant les bords saillants qui tentent de la définir à chaque tournant. Vous, le « vous » qui ne peut être défini, transcendez cette existence manifeste. Vos tentacules, vos connexions mycéliennes, s’étendent dans des royaumes invisibles aux yeux les plus aigus, non audibles aux oreilles les plus délicates.

Votre immensité ne peut pas être contenue par ce moment. Ce moment contient votre immensité.

Haiku.

« Des Lumières à la 5G »

homme qui escalade une antenne 5G

Lorsque vous accélérez, votre capacité d’accélération est limitée par des contraintes matérielles, mais il doit aussi y avoir une limite de vitesse transcendantale à un moment donné. La limite ultime […], c’est la mort, ou la schizophrénie cosmique. C’est l’horizon ultime. »
— Ray Brassier[1], « Mad Black Deleuzianism: On Nick Land (Accelerationism) », 2017

Michel Foucault, à son époque, exhortait à ne pas tomber dans le piège du chantage intellectuel et politique qui consistait à répondre à la question « pour ou contre les Lumières ».[2] A present que les lumières s’éteignent, la question n’est même plus « pour ou contre les Lumières », mais « pour ou contre l’innovation, aka la 5G ». Cette fausse question ou ce « chantage à l’innovation » auquel Macron – mais il n’est pas le seul – recourait récemment[3], fait partie de la stratégie d’oblitération de la matérialité des enjeux au profit d’un impératif d’accélération absolument creux. « There is an important sense in which the only thing that does not seem to matter any more is matter », écrit très justement Karen Barad.[4]

La 5G ce n’est pas qu’une affaire de start-ups ou de licornes magiques: cette accélération des flux présente des coûts humains (a), climatiques et écologiques (b), psychiques (c) et politiques (d) exorbitants, et, pour tout dire, au dessus de nos moyens.

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Notes & références

  1. L’intervention de Ray Brassier : https://invidious.xyz/watch?v=3QSOuVnFhEw []
  2. Michel Foucault (1984) « Qu’est-ce que les Lumières ? » in Rabinow (P.), éd., The Foucault Reader, New York: Pantheon Books, pp. 32-50, aussi dans Dits et écrits, texte n°339. []
  3. « Évidemment on va passer à la 5G. Je vais être très clair. La France c’est le pays des Lumières, c’est le pays de l’innovation et beaucoup des défis que nous avons sur tous les secteurs se relèveront par l’innovation. Et donc on va expliquer, débattre, lever les doutes, tordre le cou à toutes les fausses idées, mais oui, la France va prendre le tournant de la 5G parce que c’est le tournant de l’innovation. Et j’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! Je ne crois pas au modèle Amish. Et je ne crois pas que le modèle amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine. » (Emmanuel Macron, 14 septembre 2020). []
  4. Karen Barad (2003) « Posthumanist Performativity: Toward an Understanding of How Matter Comes to Matter », Signs: Journal of Women in Culture and Society, vol.28, no.3. []

[Tract] Nous refusons de respecter le couvre-feu !

Plus allume-feu que couvre-feu

Initialement publié sur Indymedia Nantes le 26 octobre 2020, un tract en A5 recto/verso dont voici une libre transcription :

Parce que ce couvre-feu est légitimé par la « lutte » contre le virus alors que c’est avant tout un outil de gestion de la population. Quelle est la logique à continuer les activités la journée, mais de les interdire le soir  ? Ou d’interdire les rassemblements de plus de 10 personnes, mais de garder la main d’œuvre d’aujourd’hui et de demain au travail et à l’école  ? Une logique selon laquelle ce qui n’est pas nécessaire à l’économie et au maintien de l’ordre peut être supprimé  !

Nous refusons de respecter le couvre-feu parce qu’on ne croit pas une seconde que l’état agit « pour notre bien », il est comme toujours là pour maintenir l’ordre en place, qui profite aux mêmes : les dominants de ce monde. Comme lorsqu’ils utilisent le vernis humanitaire pour leurs guerres néocoloniales, ils avancent l’excuse de « sauver des vies » pour justifier leurs mesures sécuritaires. Mais nous refusons cette idée fallacieuse de nous empêcher de vivre, au nom de la « vie ».

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Contre la terreur et les fanatiques libéraux qui en tirent profit

The Face of War Skull - Salvador Dali

Au-delà de l’émоtiоn suscité par l’assassinat de Samuel Paty, le pоuvоir macrоnien effectue un virage vers l’extrême drоite. Sur fоnd de déclaratiоns irrespоnsables et prоvоcatrices, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, semble оrchestrer cette оpératiоn dоnt les principales victimes serоnt les libertés d’оpiniоn, d’expressiоn et d’assоciatiоn.

Ci-après, un petit flоrilèges desdits cоmmentaires et quelques réflexiоns au sujet des « cоrpоratismes » et des « séparatismes » passés sоus silence : ceux des riches capitalistes et des technоcrates fascistes qui nоus gоuvernent. Enfin, nous ajoutons une analyse pertinente de ACTA au sujet de l’hypocrisie des « démocraties » libérales qui prétendent combattre le terrorisme.

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Pays masqué, pays sans visage

Graffiti faces in UK

Car les yeux extrêmement expressifs disent les émotions, le visage dénote le caractère ».
– Cicéron, Lois, 26.

Tous les êtres vivants vivent et s’aiment, paradent et communiquent entre eux. Je ne crois pas que seul l’humain ait un « visage », mais ce que l’on peut affirmer c’est que seul l’humain use de son visage pour communiquer aux autres humains sa propre expérience fondamentale. L’animal humain, seul, fait de son visage le lieu de sa propre vérité.

Ce que le visage raconte et révèle ne peut être traduit en mots. Parce que par son propre visage, l’humain se découvre devant les autres, de face et se révèle et s’exprime ainsi plus que dans la parole. Et ce que le visage exprime n’est pas seulement l’état d’esprit d’un individu, c’est avant tout son ouverture, sa compréhension, sa manière de communiquer et de transmettre sa bienveillance aux autres.

C’est pourquoi le visage est le lieu de la politique. S’il n’y a pas de politique animale non-humaine, c’est uniquement parce que ces autres « animaux », qui vivent et coexistent toujours « à découvert », ne font pas de leur « exposition » une difficulté. Ils vivent et habitent simplement sans se soucier de ce que leur apparence peut susciter en eux. C’est pourquoi la grande majorité ne s’intéresse pas aux miroirs, à l’image en tant qu’image. À l’inverse, l’homme désir par dessus-tout se reconnaître et être reconnu, il veut s’approprier sa propre image, il y cherche sa propre vérité. Il transforme ainsi ce qui était ouvert et libre en un monde où tout est connu, nommé, montré, représenté, dénombré, avec une dialectique politique incessante.

Si les êtres humains ne devaient essentiellement communiquer que des informations, il n’y aurait pas de politique au sens littéral, seulement un échange de messages. Mais pour l’humain, le visage est la condition même de la politique, celle sur laquelle tout ce que l’espèce humaine dit et échange se fonde. Le visage est en ce sens la véritable cité des communautés humaines, l’élément politique par excellence. C’est en se regardant en face que les humains se reconnaissent et se passionnent l’un pour l’autre, qu’iels perçoivent la similitude et la diversité, la distance et la proximité.

Un pays qui décide de renoncer à son propre visage, de couvrir partout le visage de ses femmes, de ses hommes, de ses enfants de masques est donc un pays qui a effacé de lui-même toute la dimension politique, au sens de la vie de la cité, la vie de nos villages, la vie en commun. Dans cet espace vide, soumis à chaque instant à un contrôle illimité, se déplacent désormais des individus isolés les uns des autres, qui ont perdu les fondements immédiats et sensibles de leur communauté et ne peuvent échanger que des messages dirigés vers des noms sans visages. Vers des noms, sans plus.


Traduction libre de « Un paese senza volto » de Giorgio Agamben (08/10/2020).

Vive l’Ours libre ! Démontons les cages !

Ours Libres Les Alpes

Entre 1999 et 2002, le projet Life Ursus financé par l’Union européenne a été développé dans la province de Trente, Italie, dans le but de reconstituer les populations d’ours bruns, alors entièrement éteintes dans les Alpes. Évidemment, nous comprenons que les ours dans les bois sont bons pour le tourisme, les parcs dits « naturels » et les fonds provinciaux. Mais quelques années suffisent pour prendre conscience que la présence de l’ours n’est pas compatible avec un modèle de tourisme consumériste et invasif, dans le contexte d’un territoire en réalité largement artificiel.

Résultat de Life Ursus. 20 ans plus tard : 34 ours « indisciplinés », disparus, tués, emprisonnés. Parmi eux, les ours (appelés par les autorités) M49 et M57 et l’ours DJ3, actuellement détenus dans la structure / prison de Casteller, dont la gestion est – avec une ironie macabre – confiée à l’Association des chasseurs de Trentini. Dans la nuit du 15 juillet 2019, moins d’une heure après sa capture suite à de nombreux rapports de dommages causés par les éleveurs de la région, M49 s’échappe bruyamment, forçant des barrières et des clôtures apparemment infranchissables. Il s’échappe à nouveau le 27 juillet 2020, pour être capturé de nouveau il y a quelques semaines. Ses codétenus, DJ3 (fille de Daniza) recluse depuis 9 ans (la moitié de sa vie) et M57, qui n’a réussi à passer que deux ans de sa vie en liberté avant d’être emprisonnée (la durée de vie moyenne d’un ours dans la nature est comprise entre 30 et 35 ans). Quid des conditions psycho-physiques des trois ours ? Elles ont été qualifiées « d’inacceptables » par les organes de contrôle institutionnels qui, comme chacun sait, proposent au travers des voix des associations vétérinaires la mise en place de « comités d’éthique » pour effacer leur responsabilité derrière la fable habituelle du « bien-être animal ».

Smontiamo la Gabbia

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Ensemble, défendons… La liberté, quelle liberté ?

La Vita e Bella

En répоnse à la tribune « ensemble, défendоns la liberté » initiée par le caricaturiste Riss et relayée par une centaine de médias régiоnaux et natiоnaux. Parce qu’оn se demande bien de quelle liberté ils nоus parlent !?

En préambule, une évidence : la vraie liberté pоur les médias mainstream actuels, la seule qui vaille, celle qui détermine tоutes les autres, c’est la liberté ÉCONOMIQUE. A partir du mоment, оù vоtre jоurnal est aux mains d’une persоnne оu d’une multinatiоnale, et qu’en plus vоtre jоurnal fоnctiоnne grâce aux annоnces publicitaires, alоrs vоus ne faites pas du jоurnalisme. Vоus faites de la cоmmunicatiоn déguisée en jоurnalisme, avec tоus les cоdes de rigueur qui lui sоnt assоciés.

Alоrs quand je vоis une centaine de médias, presque tоus détenus par des milliardaires оu par l’État français, faire un appel à leurs « cоncitоyens » pоur sоutenir la liberté d’expressiоn, je me dis qu’ils sоnt grоtesques. Et aberrants !

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