« Si on ne peut pas changer le monde, on peut au moins le tenir éveillé »

Cinq principes pour être en accord avec le Monde (et avec soi-même) :

  1. Ne respecter que ce qui est respectable (c’est-à-dire ni la richesse ni l’autorité) ;
  2. Toujours prendre la défense des plus faibles, des plus vulnérables et des plus fragiles, même lorsqu’ils ne sont pas sympathiques (ce qui signifie d’abord les êtres humains bien entendu, mais aussi les autres êtres vivants, la nature, les lieux et paysages, les choses de l’esprit, l’art et la poésie) ;
  3. Toujours tenter de se mettre à la place d’autrui, pour comprendre ses propres raisons culturelles ou psychologiques et pour coopérer avec sa part de sincérité, si précaire soit-elle ;
  4. Distribuer à tous sans compter bienveillance et bonne humeur ;
  5. Et pour finir, afin de rester complètement disponible à ces objectifs, savoir refuser à temps les positions de pouvoir et l’abus d’avantages personnels.

Citation : Ménis Koumandarèas, écrivain et poète grec.

Solidarité aux Nocturnes

Résister, c’est créer. Créer, c’est résister

Avant, pendant et après le procès politique de l’incendie de la voiture de flics du Quai Valmy, lequel avait eu lieu durant le mouvement contre la Loi Travail, de nombreux véhicules de gendarmerie ont été incendiés dans de nombreuses villes de France. Au total, près de cinquante véhicules sont partis en fumée à Limoges, Toulouse, Grenoble et Meylan (Isère). 

« Des activistes en lutte contre les forces de l’ordre ont frappé fort la gendarmerie grenobloise, dans la nuit de mercredi à jeudi. Et sur son propre terrain : la vaste caserne Offner, dans le sud de la ville, a été la cible d’un important incendie. Près de 2 000 mètres carrés d’un entrepôt ont été détruits. Au moins une trentaine de véhicules de la gendarmerie ont brûlé et le vaste local technique est ravagé, y compris les bureaux. »

Source : Libération, 21 septembre 2017.

En solidarité avec les incendiaires, ZeK a décidé de réaliser une petite couverture pour le Zad News, le journal de la ZAD de Notre-Dame des Landes (Loire-Atlantique).

Solidarité Incendiaires Quai Valmy Nocturnes

Nouvelle épine dans le pied du ministère de l’Intérieur, cette action directe nous rappelle que si quelque chose va à l’encontre de notre sens moral, de nos convictions ou de nos valeurs, alors l’action est nécessaire, l’Action Directe, sans avoir recours à la médiation d’intermédiaires.

Nous connaissons le prix de la Liberté et de l’Espoir et sommes prêts à le payer s’il le faut. Nous avons foi en nos convictions et le courage de nos opinions. Le NOUS qui s’exprime ici n’est pas le NOUS d’un groupe isolé, c’est le NOUS d’une position. Contre l’État Policier, contre tous ceux qui voudraient nous expulser, une seule réponse : l’action directe !

Projection du film “L’intérêt général et Moi” – ZAD de NDDL

Affiche du film L'Intérêt Général et MoiJeudi 14 Juin à 22h, Projection à la Wardine (ZAD de Notre-Dame-des-Landes) du film « L’intérêt général et moi » de Sophie Metrich et Julien Milanesi. En explorant les grands projets d’infrastructures que sont l’aéroport de Notre Dame des Landes, LGV Sud-Ouest et l’autoroute A65, les deux réalisateurs interrogent de façon sensible et intelligente sur la question : comment, au juste, se forge aujourd’hui en France cette notion d’intérêt général ?
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Lettre d’habitant.E.s de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes au Président de la République Française

« L’organisation du nouveau monde social de solidarité et de justice ne se fera point sans un grand effort de pensé » — Jean Jaurès (in Le Temps, 5 août 1905).

Monsieur le Président de la République,

Devant l’évidence de la catastrophe environnementale qui nous attend, il y a ceux qui s’indignent et ceux qui prennent acte, ceux qui dénoncent et ceux qui s’organisent. Nous sommes du côté de ceux qui s’organisent.

Ce qui nous frappe aujourd’hui, ce n’est ni l’arrogance des politiques sociales actuelles, ni que ce régime à l’agonie n’ait d’autre justification à sa toute-puissance que son absurde détermination à durer. Ce qui nous frappe, c’est plutôt la paralysie qui touche toutes les classes de notre société, l’apathie face au désastre qui vient. Une léthargie de masse, qui répète tantôt qu’il n’y a rien à faire et tantôt concède qu’il y a tant à faire, ce qui n’est pas si différent.

Puis, en marge de cette léthargie, il y a notre sensibilité et nos actions communes. Pour de nombreuses luttes, nous avons prit parti. Pourtant, vous savez que nous ne sommes pas pour le folklore contestataire. La perspective de passer pour des « casseurs » nous amuse. Nous ne combattons pas un empire qui serait une sorte de conspiration planétaire de gouvernements, de réseaux financiers et de multinationales. Nous combattons partout où rien ne se passe. Partout où ça fonctionne. Là où règne la situation normale.

Le nous qui s’exprime ici n’est pas un nous isolé, le nous d’un groupe. C’est le nous d’une position. Au contraire du système actuel, lequel oppose les pauvres contre les pauvres, nous plantons les germes d’une autre forme d’organisation sociale. Notre engagement est donc un combat de défense et de libération.

Pour cela, vous nous appelez « hors-la-loi ». En réalité, c’est l’urgence de la situation qui nous libère juste de toute considération de légalité. Là où les activistes scandent « Personne n’est illégal », nous reconnaissons exactement l’inverse : une existence entièrement légale serait aujourd’hui une existence entièrement complaisante. Face au fonctionnement hiérarchique et au système répressif de l’État, nous refusons de nous résigner. Abdiquer notre liberté serait un échec pour l’humanité toute entière.

Monsieur le Président de la République, il convient de reformuler cette question : sommes-nous des hors-la-loi ou des poètes ? Si nous sommes des bandits, demain tout sera fini. Mais si nous sommes des poètes alors la ZAD est juste une étincelle.

Qui peut dire quelle sera l’issue de tout cela ? Nous ne nous sommes pas engagés qu’à la seule condition de connaître la fin. Pour cela, nous pensons qu’il est déjà trop tard. Car ce combat n’a pas commencé quand nous avons décidé de nous unir et que nous nous sommes fixé un but. Ce combat, nous y avons été jetés bien avant notre naissance…

Ici à notre-Dame-des-Landes, celles et ceux qui restent savent le prix de la liberté et de l’espoir. Nous avons la volonté saine de sauver l’à venir. Nous savons cette cause juste et notre pensée cohérente. Si vos troupes se lancent pour évacuer nos lieux de vie, notre révolte s’élancera bien au-delà de ce que vous pouviez imaginer.

Nous sommes de ces femmes et de ces hommes soucieux du devenir de leurs enfants et qui, en préservant et en nourrissant la terre, font renaître l’espérance d’une société plus juste, où la conscience à sa juste place et où les jugements n’embrouillent pas la raison.

Représenter le peuple ne signifie pas décider pour lui. Monsieur le Président de la République, écoutez-nous et ce que vous appelez « folie » prendra peut-être un sens nouveau.

Gregor, Eli, Carla, Ben, Jira
Habitant.E.s de la Zone À Défendre

> Photographie : Valk. Collectif Syndical contre l’aeroport à Notre-Dame-des-Landes et son monde – Manif du 1er Mai 2017 à Nantes.

Comment vivre entre Vérité et laïcité ?

Paris, in Lettres Dévoilées (2015)La République laïque et « ses » croyances ?

Deux grands thèmes agitent les débats dans le monde occidental actuellement : la religion, d’un côté et la laïcité, de l’autre. La question de l’État face aux divergences religieuses, est une énigme que nous n’aurons certainement pas résolue avant la fin de ce siècle et voire même dans les autres, même si chacun détient certainement dans son esprit un début de réponse.

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Le voile n’est pas là où l’on pense

Femme voile burkini polémiqueBonjour. Je m’appelle Soraya. Je suis une Femme musulmane et je porte le voile. Ce voile n’est pas là pour cacher mon identité. Pourquoi me refusez-vous de ne pas souhaiter embrasser les canons de la beauté occidentale, de cacher mon visage ou d’enfiler un burkini lorsque j’accompagne des amies à la plage ?

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« Deuxième Ciel »

marias salants Guérande © Lemeephoto.frL’air est chaud, ville solitaire. Dans le vent de la Loire, berce les foules solidaires. Ardents, bruyants, conscients, les citoyens crient leur joie dans la rue. Sous le soleil, on s’émerveille. Vigilants, dans la clameur des luttes on se retrouve. Vivants, chaque nuit sous les étoiles on se découvre. Des différences, des ressemblances, des espérances et des croyances partagées. Loin des écrans, des périscopes et des prismes déformants, chacun célèbre à sa manière les premières lueurs d’une ère nouvelle, d’une ère de rien, ère comprimée qui se libère du joug des uns. La jeunesse est pleine de métamorphoses.

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Plongée dans un état d’excitation et de terreur

La Ville. Comme dans une aventure de Lemmy Caution, nos vies se mêlent aux faisceaux des autos qui passent, nos rêves s’habillent des grésillements des antennes, sous le regard bienveillant de la cité panoptique. La ville. Artères, bretelles, tunnels, parking sous-terrain, frénésie des voies rapides, ville d’ombres, villes bétonnées. Nature morte. Desseins grossiers. En un éclair, la ville ordinateur, la ville horloge, polymorphe et artificielle dévore nos dernières parcelles d’humanité.

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Démocratie : le paradoxe de l’individu libre et soumis

Tyrannie de la MajoritéÀ nos camarades de lutte, cet essai est une célébration de la liberté et de l’autonomie, un regard sur la vraie nature de ce que l’on nomme communément « l’âme collective » et qui n’est autre — à mon humble avis — qu’un raccourci théâtral pour qualifier l’absence d’individualité dans une société dominée par la pensée majoritaire. Ma réflexion s’appuie sur l’étude de plusieurs textes : De l’omnipotence de la majorité, De la Démocratie en Amérique et Comment la démocratie modifie les rapports du serviteur et du maître d’Alexis de Tocqueville, de 1984 de Georges Orwell ainsi que de l’essai Antidotes de Eugène Ionesco.
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L’écologie est-elle une science sociale ?

Borodur Java IndonesiaL’écologie a oublié ce qu’elle est : une science non pas naturaliste, mais sociale. Elle est une sociologie, voire la sociologie du monde. La sociologie humaine n’en serait qu’un département. L’écologie est également un socialisme, car elle défend l’intérêt général, celui des hommes et de la planète, à partir de règles concertées. Par Frédéric Denhez

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