Infos santé à Guenrouët : plongée dans la nébuleuse conspi-gourou du Covid

À Guenrouët, en Loire-Atlantique, une nouvelle association vient de naître : Infos Santé. Pour les fondateurs de l’organisation, les buts semblent à première vue plutôt louables. « Nous allons organiser des soirées, conférences-débats, et donner la parole à des professionnels qui vont venir témoigner au sujet de la crise du Covid. Notre objectif, c’est informer le public », précise son président Paul Roullaud.

En effet, l’association s’est donnée pour objectif « d’informer au mieux le public »… Oui mais, là où le bât blesse, c’est dans la liste des invités de leur première conférence du 25 mai dernier. On y retrouvait notamment le docteur Gonet, un des membres influents de Covisoins, un portail internet lancé par le réseau RéinfoCovid de Louis Fouché et spécialisé dans la prescription illégale d’ordonnances pour des traitements « alternatifs » au Covid-19, très prisés des antivax. À la tribune, on pût écouter aussi Amine Umlil, responsable de pharmacovigilance au centre hospitalier de Cholet, invité régulier de FranceSoir et récemment interviewé par André Bercoff sur les ondes de la radio d’extrême droite SudRadio. Amine Umlil que l’on retrouvera, sans surprise, candidat pour Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan dans la 4e circonscription de Vendée, celle des Herbiers et de Montaigu.

Le vendredi 10 juin, à 20 h 30, dans un petit hameau limitrophe de Guenrouët, Organisation Infos Santé invitait cette fois-ci le sociologue Laurent Mucchielli, une autre figure majeure de la complosphère covido-sceptique, auteur de la première heure de propos controversés et de fausses nouvelles sur la dangerosité du virus, la gestion institutionnelle de la crise ainsi que sur de supposés effets secondaires de la vaccination, participant ainsi à la désinformation sur la pandémie de Covid-19. Ce dernier y présentait son livre La doxa du Covid.


Note à la population locale : là ou Infos santé avait prévu d’informer les habitants de la région, nous avions donc décidé de faire de même et de nous présenter (avec bienveillance) lors de cette petite soirée du 10 juin à Guenrouët. Nous vous invitons à la plus grande prudence concernant cette association et à nous signaler toute autre manifestation future.

La Rédaction.

Boîte à outils d’autodéfense intellectuelle

bibliotheque vigilante

Le site Bibliothèque vigilante est né d’une constatation alarmante : derrière les sites de « réinformation » se cache bien souvent des personnalités et des groupes politiques dont les prises de position et les collusions laissent peu de doutes sur leurs intentions. Face aux croyances dans les théories du complot, il n’existe pas de réponse uniforme. Toutefois, il importe que nous soyons correctement armés sur ce sujet pour y faire face.

Chacun est en droit d’avoir sa propre opinion, mais les faits sont les mêmes pour tous. (Michael Specter)

Boîte à outils d’autodéfense intellectuelle et de vérification des faits, les principaux objectifs de la Bibliothèque vigilante sont les suivants :

  • Analyser les processus de l’actuelle dynamique idéologique des sites de désinformation, au travers d’analyses, de réflexions et de décryptages.
  • Dénoncer les brouillages intellectuels et politiques bien présents dans tous nos espaces sociaux (et nos mouvements radicaux ne sont, hélas, pas imperméables à la désinformation).
  • Lutter pour un accès à une information exacte, transparente et de qualité.
  • 

Le complotisme est un produit qui génère beaucoup de plaisirs : celui d’être parmi les initiés, celui de pouvoir initier d’autres personnes, l’impression de connaître le dessous des cartes, l’impression de comprendre le monde qui nous entoure, l’impression d’une revanche culturelle face au monde savant…

Les recommandations du site ne visent donc pas à éradiquer l’ensemble des désordres liés aux fausses informations, ou « fake news », mais à renforcer la vigilance des internautes et pour aider à enrichirir notre compréhension de ce phénomène.

Historiquement diffusé sur ce blog (depuis 2013), la Bibliothèque vigilante est désormais accessible depuis un site dédié, administré et animé par un de nos fidèles compagnons de route :
https://bibliotheque-vigilante.info/

Sabotages anti-guerre en Russie

саботаж

Depuis quelque semaines, de mystérieux incendies ou des plasticages se produisent presque tous les jours dans des endroits stratégiques en Russie ou sur le territoire ukrainien occupé par la Russie. Principalement dans les oblasts de Koursk et de Belgorod, lesquels sont frontaliers avec l’Ukraine . Mais ils se produisent aussi dans l’Extrême-Orient russe voire à Moscou même, comme en témoigne le récent incendie d’un dépôt de carburant.

Ainsi, Lundi 1er Mai 2022, au cœur de la ville de Mytichtchi (oblast de Moscou), à 30 minutes à peine du Kremlin, des réservoirs de fioul ont été incendiés. Un pont ferroviaire a également été dynamité avec succès à Kursk.

L’objectif de ces attaques est évidemment de perturber les chaînes d’approvisionnement de l’armée d’invasion Russe en Ukraine.

Сопротивление и саботаж !
Нет войне !

Guerre en Ukraine : ressources pour venir en aide à la population

Action des femmes de Biélorussie en faveur de l'Ukraine

Le 24 février, l’armée russe a envahi l’Ukraine sous le commandement de Vladimir Poutine. Simultanément aux manifestations qui retentissent aux quatre coins du monde, diverses associations et organisations se mobilisent pour venir en aide aux victimes de la guerre.

Les organisations en France

L’Alliance Occitanie Ukraine est une association basée dans les Pyrénées-Orientales qui œuvre directement au sein des espaces de santé (hôpitaux, cliniques) afin de leur fournir des produits alimentaires et vestimentaires, mais surtout du matériel médical tel que des pansements, des compresses ou encore des perfusions, même si la date de péremption est dépassée. L’association reçoit les colis (matériel médical de premier secours uniquement) au 1 rue des Prairies, 66 370 Pézilla-la-Rivière. Une cagnotte a aussi été créée.

En réponse à l’appel à l’aide au peuple ukrainien lancé le 25 février dernier par l’Association des maires de France, les élus de Lorient organisaient ce 28 février une collecte de produits essentiels, qui seront directement envoyés en Ukraine. Parmi les fournitures recherchées : literie (couvertures, sacs de couchage, matelas), produits d’hygiène (gels douche, dentifrices, brosses à dents, couches, serviettes, masques, désinfectant), alimentation et équipements (tentes, lits, habillement, sets de vaisselle réutilisables, bougies, lampes torches, piles).

L’association Amicale de Pédagogies Positives et Arts Collectifs des Humaines Éditions – sigle APPACHE, dont le siège social se situe c/o Mairie, Place de la Résistance au 29640 Plougonven, répond dans ses statuts à l’objet suivant : « initier des projets locaux soutenables et de codéveloppement international autour des arts, de la pédagogie, des liens intergénérationnels et inter-culturels; de diffuser et promouvoir l’action humaniste. » Certains de leurs membres internationaux habitent depuis quelques années en Ukraine. Ils font actuellement tout ce qui est en leurs moyens pour qu’ils puissent s’extraire des territoires de la guerre. Pour les soutenir et les contacter : lappache[at]riseup[dot]net.

Les organisations à l’international

Come Back Alive est une organisation caritative ukrainienne engagée auprès de l’armée nationale depuis les premiers tourments de 2014. Recommandée par le journal The Kyiv Independent, elle apporte aux militaires des protections corporelles, des logiciels spécialisés et met en place des formations.

La Croix rouge ukrainienne fournit des produits alimentaires, d’hygiène et s’implique dans l’approvisionnement et la protection des espaces de santé. Le Comité international de la Croix-Rouge s’emploie à subvenir aux besoins urgents des habitants en leur fournissant des secours de première nécessité, des articles médicaux et d’autres services essentiels, et en aidant les membres de familles dispersées à rétablir le contact”, selon son site Internet. Faire un don.

ONG Care, association luttant contre la pauvreté et les injustices, a lancé une cagnotte en ligne qui s’engage à apporter aux civils ukrainiens des produits de première nécessité, ainsi qu’un soutien psychosocial. Les femmes, enfants, personnes âgées et familles seront aidées en priorité.

Géré par l’ONU, le Fonds humanitaire ukrainien récolte des contributions qui sont directement mises à disposition des organisations partenaires lorsque celles-ci sont dans le besoin. Faire un don.

Save the Children est un organisme consacré à la protection infantile qui s’engage à apporter nourriture, vêtements et soin aux enfants ukrainiens. Faire un don.

British-Ukrainian Aid est un organisme de bienfaisance qui unit ses forces anglaises avec celles de l’Ukraine pour venir en aide aux Ukrainien·nes vulnérables (personnes âgées, handicapées et enfants) et défavorisé·es, victimes des conflits au sein du pays. Faire un don.

Inclusion Europe opère auprès des personnes handicapées et de leur famille afin de faire entendre leurs voix et leurs droits. En Ukraine, 80 000 personnes handicapées placées en institution encourent le risque d’être abandonnées alors même que leur situation nécessite une aide médicalisée. Faire un don.

Médecins du Monde est un mouvement international indépendant présent dans 74 pays (France comprise). Depuis huit ans, l’organisation honore son engagement auprès de Donetsk et de Lougansk (dans l’est de l’Ukraine), en fournissant “une aide humanitaire et des services de santé aux personnes vulnérables”. Faire un don.

Soutenir un média indépendant ukrainien

 

The Kyiv Independent est un journal indépendant ukrainien. Alors que la propagande fait rage, le média tient à préserver ses valeurs d’intégrité et à offrir à la population des informations fiables. Une cagnotte a été lancée afin de permettre aux journalistes de continuer à couvrir le conflit qui ravage le pays.

Niet Voijni – нет войне – NON A LA GUERRE


Illustration : Action des femmes de Biélorussie en faveur de l’Ukraine. Géorgie, 24 mars 2022 (Olga Bigel).

Appel anti-guerre de l’Université de Saint-Pétersbourg

kiev lviv train 4 mars 2022
Alexander dit au revoir à sa fille Anna, âgée de cinq ans, qui part pour Lviv (Kiev, le 4 mars 2022).

Il y a quelques heures, l’Université de Saint-Pétersbourg a diffusé un appel anti-guerre, signé par plus de 2 000 étudiants, employés, universitaires et professeurs. Le même jour, un peu moins de 600 autres employés de l’Université publiaient aussi un appel… en faveur de l’invasion Russe en Ukraine. Nous partageons ci-après le premier appel :

Нет войне!

Nous considérons qu’il est moralement inacceptable de rester à l’écart et de garder le silence lorsque des personnes meurent dans un État voisin. Ils meurent par la faute de ceux qui ont préféré les armes à la diplomatie pacifique.

Nous nous opposons aux actions militaires de la Russie en Ukraine.

Nous estimons que :

  • Les méthodes juridiques et diplomatiques de résolution du conflit avec l’Ukraine n’ont pas été épuisées.
  • « L’opération militaire spéciale » de la Russie en Ukraine ne change pas son essence en changeant de nom. Une « opération militaire spéciale », c’est la guerre. Mener une « opération militaire spéciale » est un acte d’agression.
  • La guerre est un mal absolu. Nous ne reconnaissons pas l’action militaire comme un instrument efficace, juste ou conforme au droit international pour résoudre les conflits internationaux.
  • L’agression militaire est contraire à la culture et aux valeurs des citoyens de la Fédération de Russie, enseignées par l’amère expérience de la Grande Guerre patriotique, héritage de la culture artistique russe, de nature anti-guerre.
  • Les actions militaires de la Russie en Ukraine contredisent les valeurs constitutionnelles fondamentales de la Fédération de Russie – la vie humaine et la liberté.
  • Les actions militaires de la Russie en Ukraine contredisent la doctrine militaire de la Fédération de Russie, le concept de politique étrangère de la Fédération de Russie, la stratégie de sécurité nationale de la Fédération de Russie.
  • Les actions militaires de la Russie en Ukraine contredisent les dispositions fondamentales du droit international humanitaire, la Charte des Nations Unies, les obligations de la Russie en vertu de l’Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, la Charte de Paris, le Mémorandum de Budapest.

Nous appelons les communautés étudiantes et enseignantes de l’Université de Saint-Pétersbourg à s’unir contre la guerre et à s’opposer à la tenue d’une « opération militaire spéciale » en Ukraine.

Nous appelons les décideurs politiques de la Fédération de Russie à écouter les arguments en faveur de la paix et à s’élever contre la conduite d’une « opération militaire spéciale » en Ukraine.

Nous appelons le président russe Vladimir Poutine à retirer ses troupes du territoire ukrainien, à arrêter les bombardements des villes ukrainiennes et à entamer un processus de négociation honnête – sans ultimatums ni demandes de reddition pour l’autre partie

Nous remercions les diplômés de la Faculté des relations internationales d’avoir préparé et fourni un échantillon pour cet appel. Nous soutenons pleinement la lettre ouverte des diplômés de la Faculté des relations internationales de l’Université de Saint-Pétersbourg et sommes solidaires avec nos collègues internationaux qui l’ont signée (161 personnes).

Avec espoir pour la paix,
Les étudiants, le personnel et les anciens du SPbU soussignés.

Nous condamnons toute forme d’intimidation des étudiants, des anciens et du personnel du SPbU, tant de la part de l’université que de l’État russe.


Source : Meduza

Sur le mouvement anti-guerre en Russie : sondages d’opinion vs réalité

Action à Saint-Pétersbourg contre l'invasion russe de l'Ukraine, le 27 février 2022.
Action à Saint-Pétersbourg contre l’invasion russe de l’Ukraine, le 27 février 2022.

Selon les sondages d’opinion de l’État Russe, la majorité de la population soutiendrait la guerre en Ukraine. Mais peut-on faire confiance à ces chiffres ? Pour le média indépendant Meduza, Alexei Bessudnov, professeur au département de sociologie de l’université d’Exeter (Angleterre), a analysé en détail les résultats de l’enquête VTsIOM.

Selon les résultats des sondages d’opinion du VTsIOM et du FOM, plus de 60 % des Russes soutiennent l’« opération militaire spéciale » en Ukraine [c’est ainsi que les organes de propagande Russe appellent leur invasion meurtrière en Ukraine – NdT.]. Mais ces données doivent être interprétées avec prudence : selon les mêmes instituts de sondages, en Russie, des millions de personnes s’opposent à la guerre. Parmi eux, les jeunes habitants des grandes métropoles qui regardent rarement la télévision et reçoivent des informations principalement sur Internet, représente la majorité des opposants à la guerre.

Mise à jour du 06/03/2022 – 13:00 GMT :

    • Des manifestations contre la guerre ont lieu dans différentes villes de Russie, plus de 1 000 personnes ont été arrêtées. 20 personnes ont été arrêtées à Saint Pétersbourg lors d’un rassemblement anti-guerre.
    • En Russie, Mediazona, 7×7, Republic, Meduza, le journal Troitsky Variant-Nauka et d’autres publications ont été bloqués. Radio Liberty a également dû suspendre ses activités en Russie.
    • À Saint-Pétersbourg, en raison d’une action anti-guerre, la Perspective Nevski a été bloquée à plusieurs endroits, selon la Rotonde. Les forces de sécurité ont séparé des groupes de manifestants et procèdent à des arrestations massives.
    • Et à Moscou, les journalistes sont violemment évacués de la place Manezhnaya, rapporte Avtozak Live.

Graphique 1. Les résultats des sondages d’opinion « étatiques » sont quasiment les mêmes. Mais cela ne signifie pas que les Russes soutiennent la guerre

Après le déclenchement des hostilités en Ukraine, deux sociétés sociologiques — VTsIOM et FOM — ont mené des enquêtes d’opinion et interrogé la population Russe sur leur attitude face à ces événements. Les résultats montrent qu’environ 65 % des Russes sont plus susceptibles de soutenir une « opération militaire spéciale » en Ukraine. Nous insistaons sur les guillemets, car ni la Russie ni les sondeurs ne parlent jamais de « guerre » ni d’ « invasion ». L’expression en vigueur est « opération militaire spéciale », une expression que l’on pouvait lire en boucle sur RT et Sputniknews avant qu’ils ne soient blacklistés par l’Europe.

Peut-on se fier à ces chiffres ? Notons que VTsIOM et FOM sont contrôlés par l’État russe (le premier appartient à l’État, le principal client du second est l’administration présidentielle).

sondage soutien russe operation militaire Ukraine
Source des données : VTsIOM & FOM (25-27 février)

Il n’y a aucune raison de penser que les sociologues « d’Etat » falsifient directement les résultats : à peu près les mêmes valeurs ont été obtenues au cours d’un sondage téléphonique mené du 28 février au 1er mars par un groupe de sociologues indépendants.

Cependant, il existe d’autres facteurs qui peuvent grandement affecter les résultats de toute enquête, et ils doivent être pris en compte lors de l’interprétation. Notamment :

  • La formulation des questions. VTsIOM et FOM ont interrogé les répondants sur leur attitude vis-à-vis d’une « opération militaire spéciale ». Si une autre formulation avait été utilisée (« envoi de troupes en Ukraine », « opérations militaires », « guerre », « invasion »), les résultats n’auraient probablement pas été les mêmes.
  • Les sondages ont été effectués la semaine dernière, du vendredi 25 février au dimanche 27 février. Depuis, la situation n’est plus la même et le ressenti des populations Russes non plus.
  • Enfin, nous savons qu’en Russie tout le monde ne répond pas franchement à ces questions, car il existe la crainte d’être poursuivi pour des propos « anti-patriotiques ». Ainsi, très probablement, le niveau de soutien à cette invasion militaire de l’Ukraine dans ces sondages est foretement surestimé.

Graphique 2 : Les jeunes sont moins susceptibles de soutenir cette action militaire que leurs aînés

Les jeunes Russes ne soutiennent pas l'invasion Russe en Ukraine
Source des données : VTsIOM (25-27 février).

La principale caractéristique sociodémographique qui détermine l’attitude à l’égard des opérations militaires en Ukraine est l’âge des personnes sondés. Parmi les personnes de plus de 70 ans, neuf sur dix sont plus susceptibles de soutenir cette « opération militaire spéciale ». Parmi les moins de 30 ans, environ la moitié s’y opposent et, du reste, beaucoup estiment qu’il est « difficile de répondre objectivement » à la question.

Vladimir Poutine lui-même fête ses 70 ans cette année, la plupart des membres du Conseil de sécurité, qui a approuvé la reconnaissance des républiques autoproclamées du Donbass, sont ses pairs. Parmi les militaires qui combattent actuellement en Ukraine, la plupart ont moins de 30 ans.

Graphique 3. Chez les femmes, le soutien à « l’opération militaire » est plus faible que chez les hommes

Les femmes Russes sont plus anti-guerre
Source des données : VTsIOM (25-27 février).

Le sexe des répondants est une autre caractéristique dont dépendent les réponses. Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de dire qu’elles ne soutiennent pas « l’opération militaire » ou qu’elles ont du mal à répondre. Cette différence est particulièrement notable à l’âge moyen (de 30 à 50 ans).

Graphique 4. Seuls les téléspectateurs russes sont favorable à « l’opération militaire »

part d'audience télévision propagande Russie
Source des données : VTsIOM (25-27 février).

Il n’est guère surprenant que le soutien à « l’opération militaire » soit significativement plus élevé parmi ceux qui regardent la télévision quotidiennement. Cette réalité est toutefois à double sens : non seulement la télévision se livre à la propagande, mais elle est principalement regardée par ceux qui sont d’accord à l’avance avec le contenu des programmes socio-politiques.

Encore une fois, il y a une différence d’âge importante. Parmi les plus de 45 ans, et surtout parmi les retraités, la majorité regarde la télévision tous les jours. Parmi la population jeune, quasiment personne ne le fait.

Graphique 5. Le sentiment anti-guerre est plus fort à Moscou et à Saint-Pétersbourg

Opposition anti-guerre en Russie selon villes et études
Source des données : VTsIOM & FOM (25-27 février)

Enfin, il existe une différence de soutien aux opérations militaires entre Moscou, Saint-Pétersbourg (ainsi que d’autres grandes métropoles) et les petites villes et villages. On recense plus de gens opposés à la guerre dans les grandes villes, majoritairement chez les jeunes. Enfin, les différences entre les personnes ayant fait des études supérieures et celles qui n’en ont pas faites sont moins importantes et perceptibles uniquement dans les grandes métropoles.

Mise à jour du Dimanche 6 mars 2022 :

À Novossibirsk, Taïga Info annonce que 96 personnes ont été arrêtées aujourd’hui dimanche 6 mars, lors d’un rassemblement anti-guerre. Irkutsk Insider rapporte 18 personnes arrêtées à Irkoutsk (image ci-dessous). Pour la seule journée du dimanche 6 mars 2022 et à l’heure où nous écrivons ces lignes (08:00 GMT), selon OVD-Info, 316 personnes ont été interpellées lors des manifestations anti-guerre en Russie.

18 manifestants anti-guerre arrêtés à Irkoutsk (source : Irkoutsk Insider).
18 manifestants anti-guerre arrêtés à Irkoutsk (source : Irkoutsk Insider).

De nombreuses actions ant-guerre ont lieu actuellement en Russie. Au total, selon OVD-Info, depuis le 24 février, date du début de la guerre en Ukraine, 8 349 personnes ont été arrêtées en Russie lors de manifestations anti-guerre.


Note de La Rédaction : Les données originales sont consultables sur https://meduza.io/, média indépendant en Russie (et blacklisté depuis le 5 mars 2022 en Russie).

Merci Nantes, Révoltée !

pochoir Merci Nantes Révoltée

Jamais n’entrave nos rêves,
merci Nantes Révoltée.

Le gouvernement a décidément un problème avec la liberté d’informer. Le 25 janvier, le ministère de l’Intérieur a annoncé qu’il allait engager le processus de dissolution administrative du média indépendant Nantes Révoltée.

Présenté par le ministère de l’Intérieur comme un groupement représentant « l’ultra-gauche », Nantes Révoltée – qui se définit comme un média autonome et engagé sur les luttes sociales et environnementales à Nantes et dans le monde – réalise un travail d’information, nourri par des documents, des articles et des vidéos, des témoignages. Nantes Révoltée s’est fait l’écho de nombreuses violences policières à Nantes (notamment l’affaire Steve Maia Caniço, ce jeune noyé dans la Loire après une charge de la police lors de la fête de la musique), d’articles sur des faits de société et de réflexions pour un autre modèle de société.

La dissolution d’un média, une première depuis 1945, constituerait une grave atteinte à la liberté d’informer et d’être informé, à la liberté d’opinion et à la liberté d’expression.

En soutien, un pochoir signé Zeka à imprimer, partager, découper et peinturlurer partout !

Stencil — Zeka (28/01/2022)

« La Furia » : la haine ou l’apanage de la médiocrité

La haine est le virus

Par : la Rédaction.

Laurent Obertone, Papacito, Laura Magné et le belliqueux caricaturiste Marsault – autrement dit quatre des plus abjectes figures des youtubeurs fascistes et bas-de-plafond – viennent d’éditer un dernier pamphlet, sordide immondice aux relents xénophobes assumés, un tas de fumier putride et nauséabond qui sent bon le fanatisme extrémiste. Inutile de vous faire un dessin, on parle de La Furia, parfaite illustration de la bataille culturelle visant à banaliser les idées d’extrême-droite tout en tentant vainement de ridiculiser celles de la gauche. Analyse.

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Si l’information permet l’autonomisation, la désinformation déresponsabilise

Apocalypse 1913

La pandémie de Covid-19 a conduit à une pandémie parallèle de désinformation qui a des répercussions directes sur les vies et les moyens de subsistance de milliers de personnes à travers le monde. Les mensonges et la désinformation se sont avérés mortels et leur capacité à semer la confusion sur les choix personnels et politiques qui contribuent à sauver des vies est aujourd’hui évidente.

Pour reprendre les mots du Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, « notre ennemi est aussi la propagation croissante de la mésinformation », lors de la crise que nous traversons. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrit la désinformation sur la pandémie de Covid-19 comme une « infodémie massive », constituant un facteur important dans la propagation du virus au niveau mondial.
Continuer la lecture de « Si l’information permet l’autonomisation, la désinformation déresponsabilise »

Lettre d’excuse à notre lectorat – Luttons contre la désinformation !

peinture digitale avec des oiseaux

Entre les remèdes de grand-mère proposés par les uns et les théories conspirationnistes alimentées par d’autres, il faut décidément bien s’accrocher en cette période de Covid-19 où l’infodémie sévit alors que l’on pensait justement que la pandémie qui nous touche toutes et tous allait signer le grand retour de la science et de l’information droite et honnête…

Hélas… nous avons bien conscience d’y avoir aussi — dans une moindre mesure — participé. Ainsi, nous vous demandons pardon ! Nous faisons amende honorable pour nous être parfois dévoyés, détournés de notre route, ou pour avoir relayé des informations ou des analyses qui ont pu vous égarer, ou vous faire penser que notre réflexion, jadis humaniste et lucide, avait cédé sa place à la simplicité. Ce n’était pas notre intention. Abusés par certaines personnalités, chercheurs, philosophes, « sociologues » ou par des ami·e·s et des groupes de réflexion en lesquels nous avions jadis confiance, nous avons parfois perdu de vue le sens de notre « mission » : transmettre l’empathie, le respect de l’autre et du vivant, partager avec vous nos réflexions pour un présent (et un à venir) meilleur.

Cela arrive. Certes, c’est peut-être un peu facile de dire cela maintenant, mais il arrive à tout le monde de commettre des erreurs avec les informations. Nous avons l’humilité de nous en excuser. Très critiques ces deux dernières années des mesures de confinement visant à enrayer la propagation de la pandémie de Covid-19, nous admettons que ce que nous avions qualifié auparavant de petite épidémie est en réalité un des plus grands défis pour l’humanité. Le risque de propagation de ce virus mortel a nécessité de déterminer en qui nous avions réellement confiance.

Apprendre à s’excuser de manière significative ne devrait jamais être entravé par ce principe culturel archaïque selon lequel divulguer nos erreurs revient à montrer de la faiblesse. L’introspection est pourtant quelque chose d’essentiel, particulièrement en ces temps troublés ou tant de fausses nouvelles et de rumeurs complotistes polluent les Internets, nos groupes sociaux et divisent nos familles. C’est la raison de cette déclaration personnelle d’empathie et de regret : nous reconnaissons que certaines de nos paroles ont pu être nuisibles, même involontairement.

Il n’y a pas de vaccin contre le mal que l’on peut faire en relayant ce genre de propos et d’égarements. Seuls les mots comptent, l’autocritique et le regard intérieur. Le comportement et nos gestes comptent, et notre détermination à nous améliorer et à réformer notre pensée si celle-ci est dans l’erreur. Le changement n’est pas facile. Mais tant que nous vivrons dans une culture qui promeut davantage « d’aller de l’avant » plutôt que de prononcer de véritables expressions d’excuses, nous sommes destinés à vivre dans la division.

Alors que nous exigeons des changements dans le discours public, nous pouvons également pratiquer le pouvoir de donner et de recevoir des excuses dans nos vies personnelles, dans nos groupes affinitaires et sociaux ou sur les réseaux numériques et réduire ainsi la quantité de souffrances, en nous et tout autour de nous.

Il est primordial de savoir faire face à ses erreurs, à ses méfaits. Il y a tellement de maux contre lesquels on pense ne rien pouvoir faire. Il y a de terribles inégalités, des destructions et des souffrances qu’il est si difficile de réparer. Mais cela ne signifie pas que nous ne devrions pas faire ce que nous pouvons pour réparer nos torts, ou du moins les redresser. Puisse ce mea culpa sincère soulager le fardeau spirituel qui est le nôtre aujourd’hui…

Puis, nous avons ressorti des cartons notre « notre petit guide de l’esprit critique », initiée fin 2013 et publiée dans notre analyse des réseaux conspis à cette époque. Ce document, toujours disponible sur le site s’intitulait « Alliances extrêmes chez les anti-systèmes. » Alliances et collusions qui perdurent aujourd’hui avec une force et une véhémence très inquiétante ! En poussant nos analyses au-delà de nos croyances personnelles et des biais cognitifs dont nous fûmes victimes, en cessant d’écouter les défenseurs d’une pensée comme les détracteurs d’une autre, nous avons pu constater avec une certaine amertume — j’ose le mot « honte » — nos graves manquements déontologiques et journalistiques.

Encore une fois, nous nous en excusons. Et nous nous engageons à tout mettre en œuvre pour réparer les torts que nous avons pu faire. Pour commencer, nous avons remanié l’ensemble du site, nous avons corrigé voire supprimé quelques articles, nous avons ajouté notre déclaration d’intérêts et, par souci de transparence envers celles et ceux qui nous lisent ou à l’attention des internautes qui se posent des questions sur nos propos, nous avons décidé d’un commun accord de révéler qui nous étions.

Ce n’est pas une « révolution », juste une petite révélation. Chose que les partisan·es de la « doxa » extrémiste ne font que très rarement — pour ainsi dire jamais. C’est chose rare aussi dans nos groupes, mais cela est parfaitement compréhensible lorsqu’on désire agir tout en se protégeant de la répression, qu’elle vienne de l’État, de la police, du capital ou des fascistes. C’est donc un choix risqué, mais c’est avant tout un choix clair. Puis, nous avons republié La Bibliothèque Vigilante, en l’enrichissant de nombreux contenus et en dénonçant de nombreuses autres plateformes de désinformation (« réinformation ») que nous avons pu identifier ces deux dernières années. Nous espérons que notre travail — dans les faits c’est un projet commun avec de nombreux autres chercheurs — trouvera l’écho qu’il mérite et qu’il permettra à d’autres de trouver les réponses à leurs questions, voire de remettre en cause certaines de nos croyances trop bien ancrées.

Merci à vous de la confiance dont vous nous témoignez.
Prenez attention. À vous, aux autres, à l’infime.
Tâchez d’être heureu·ses·x.

Et que vive l’empathie !

La Rédaction.